L'espace d'un instant, ils ont certainement cru que tout ce spectacle avait été mis sur pied juste pour eux. Vendredi, des lecteurs de Sport/Foot Magazine ont pu découvrir les coulisses de la retransmission par Belgacom TV de la rencontre Charleroi-Genk. Et le moins qu'on puisse écrire, c'est qu'ils en ont eu pour leur argent. Les Zèbres ont offert une partition géniale, avec Fabien Camus comme chef d'orchestre. Ils n'ont jamais desserré l'étau, forçant le leader limbourgeois à la capitulation.
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L'espace d'un instant, ils ont certainement cru que tout ce spectacle avait été mis sur pied juste pour eux. Vendredi, des lecteurs de Sport/Foot Magazine ont pu découvrir les coulisses de la retransmission par Belgacom TV de la rencontre Charleroi-Genk. Et le moins qu'on puisse écrire, c'est qu'ils en ont eu pour leur argent. Les Zèbres ont offert une partition géniale, avec Fabien Camus comme chef d'orchestre. Ils n'ont jamais desserré l'étau, forçant le leader limbourgeois à la capitulation. Ce match fut certainement le meilleur de la saison de la part des Carolos et rejoint, parmi les grandes prestations de l'année, le partage contre Anderlecht (1-1), avec le résultat et la domination constante d'un bout à l'autre de la rencontre en plus. Les hommes de Jacky Mathijssen ont également démontré leur force mentale. Depuis le début de la semaine, le coach limbourgeois n'a cessé de marteler que ses hommes allaient gagner et devenir la première formation à faire plier le leader. Ils l'ont fait. Avec la grâce technique de Camus, l'abattage incessant de Julien Guérenne, le placement et la vista de Sébastien Chabaud, le jeu juste de Tim Smolders et l'intransigeance de la charnière centrale. Sans oublier la cerise sur le gâteau : les montées incessantes de celui qui incarne l'esprit de Charleroi : Frank Defays. Ce festival fut donc offert à quelques lecteurs privilégiés. Tout commença sur le coup de 16 h 45. Accueilli par David Steegen, le rédacteur en chef de 11, et Raoul De Weger, le responsable de production, les invités commencent un tour des installations techniques. La plate-forme de commentateur en premier lieu : " On a pu avoir des explications sur les différentes fonctions des caméras ", explique un des lecteurs David Pirenne, " et sur la manière de travailler de tous les techniciens ". Pour un match de cette ampleur, les premiers cars Belgacom TV arrivent à 12 h 30. " Chacun connaît le travail qu'il doit effectuer. L'installation va très vite d'autant plus que désormais, tous les stades sont précablés, ce qui n'était pas le cas lorsque nous sommes arrivés dans la danse, au début de la saison dernière ", commente Raoul De Weger. Le match est classé en modèle C (ce qui signifie qu'il y a sur cette rencontre 13 caméras). Deux jours plus tard, Bruges-Standard sera estampillé du modèle D (20 caméras), les autres rencontres variant du modèle A (6 caméras) au B (11 caméras). " C'est unique en Europe. En France, sur les petits matches, il n'y a que trois caméras ". La facture d'un tel déploiement par rencontre est très élevé mais le niveau de qualité exigé par Belgacom est tellement élevé, que c'est le prix à payer. Tout le monde passe ensuite par le car de régie, où l'effervescence se fait sentir, bien que l'on soit encore à deux heures du coup d'envoi. " C'est impressionnant de voir les moyens déployés. Dire qu'à Bruges, ce n'est pas un car régie qu'ils emportent mais deux ! On savait que Belgacom TV avait plus de caméras mais on a appris que c'était la seule TV en Europe qui en déployait autant ", continue Pirenne. Là, sans entrer dans les détails, De Weger explique le fonctionnement de chaque moniteur et de chaque personne. Pendant la rencontre, c'est le réalisateur Serge Bergli qui dicte la marche à suivre. Durant 90 minutes, il énonce ses ordres. " Parfois, cela gueule dans le car mais ce n'est jamais méchant ", se défend-il. Il est entouré de quatre opérateurs ralentis, d'un scripte et d'un truquiste. La tension redescend à l'issue du match. " Aujourd'hui, c'était plaisant car on a pu voir de beaux buts et cela nous permet de les remontrer de plusieurs angles. Il y a évidemment des stades qui se prêtent davantage à une retransmission que d'autres : Genk pour la lumière et la grandeur du stade, le Standard pour l'ambiance. A Charleroi, le stade est aéré. C'est bien pour les affiches. Par contre, quand il y a moins d'ambiance, c'est plus compliqué ". Pendant ce temps, les visiteurs continuent leur petite visite. Sous la conduite de Mehdi Bayat, les lecteurs peuvent se rendre dans la zone mixte et la zone neutre. Les joueurs se promènent dans le couloir et quelques minutes plus tard, Jacky Mathijssen commence sa théorie. " Si on rentre maintenant, on se fait tuer ", lance le guide. " On sent les joueurs relax. On voit que tout est mis à leur disposition. Deux heures avant le match, ils doivent déjà subir la théorie ! Je joue moi-même au foot et après cinq minutes, on en a déjà marre ", lâche Pirenne. Direction buisiness-seats. C'est dans la loge de Belgacom TV que les invités prendront place pour suivre la rencontre. Avant cela, place au souper. " C'est particulièrement intéressant de voir comment se met en branle le coin des affaires. On voit tout ce qui est mis à disposition pour que les convives soient dans les meilleures conditions possibles pour discuter affaires. La logistique est également impressionnante. En deux heures, tout le monde doit avoir mangé ", continue Pirenne. Le match peut commencer. " Je préfère quand même l'ambiance dans les tribunes. Heureusement que le match est vivant car si cela avait été soporifique, on peut facilement s'endormir... surtout après ce repas ", continue-t-il. Il est alors temps de prendre la route, plein de souvenirs en tête : " Genk n'a pas eu l'occasion de jouer ", conclut Pirenne. " Ils m'ont déçu mais Charleroi était particulièrement bien organisé. Les Zèbres ont marqué à des moments cruciaux. J'ai été impressionné par le boulot défensif de Defays. A la télévision, on dit toujours dans les résumés que Defays a réalisé un bon match mais on ne s'en rend pas compte. Par contre quand on assiste à la totalité d'une rencontre, on peut s'apercevoir de son apport ". STÉPHANE VANDE VELDE