Ces derniers mois, la vue d'un Stayen à moitié vide faisait mal au coeur. " Tout le monde avait une raison de ne pas venir ", a concédé le président du STVV, David Meekers, à la radio Sporza. Mais pour le match le plus important de ces dernières années, contre Gand, match qui valait quelques millions, le stade était comble.

Malheureusement, à un quart d'heure du terme, tout le monde avait perdu foi en un dénouement positif. Les supporters gantois en ont ajouté une couché : " Le Stayen est à nous, olé, olé ", ont-ils chanté. Avec quatre Japonais sur le terrain, le Stayen avait surtout l'allure d'une pagode japonaise.

Peu avant 20 heures, après les deux buts du Gantois Roman Yaremchuk, les Trudonnaires étaient affalés sur la pelouse. Tous, sauf le capitaine Jordan Botaka, qui est parvenu à remobiliser ses troupes. L'image était éloquente : 40 hommes, en proie à l'émotion, écoutaient leur gourou pendant que Binkie, la mascotte de Saint-Trond, déplorait les événements.

Certains joueurs, frustrés par le résultat, ont exprimé leurs sentiments sans fard. Botaka a enjoint Yohan Boli, impliqué dans une querelle au coup de sifflet final, de garder la tête froide, avant de s'adresser au groupe : " Nous avons commis des erreurs durant le match, ce qui peut arriver, mais personne n'est mort. La vie continue. Nous ne pouvons pas changer ce qui vient de se passer. Pensons au prochain match. Je sais que c'est difficile mais c'est le moment de rester soudés. Nous ne pouvons pas nous laisser aller. Pas maintenant. "

Avant le coup d'envoi, le même Botaka avait usé d'un langage martial. " Ils vont devoir tomber, les uns après les autres, pour nous écarter des PO1. " Après la défaite contre Gand, le Néerlando-Congolais de 25 ans a mis l'accent sur la solidarité. Sous le leitmotiv " mieux vaut prévenir que guérir ", Botaka est intervenu en public pour éviter que le vestiaire ne s'imprègne de défaitisme.

Cette saison, la solidarité est un des mots-clefs du Stayen. Elle est aussi imposée. Ainsi, chaque joueur du noyau A qui n'est pas repris est obligé d'assister aux matches à domicile et de saluer ses camarades au vestiaire après le match. Celui qui est absent sans excuse reçoit une amende de 5.000 euros.

PEP TALK

Avant ce match de la dernière chance contre les Buffalos, entraîneurs, joueurs et direction avaient fait de leur mieux pour relativiser une éventuelle non-qualification. " Il n'y a pas de drames en football ", a déclaré Meekers. Par la suite, les protagonistes ont dû admettre que l'élimination faisait plus mal qu'ils ne le pensaient. " Les PO1 étaient à notre portée. C'est pour ça que cet échec est si douloureux ", a déclaré Botaka.

Cette saison, les Limbourgeois ont affiché énormément de caractère. Ils ont pris l'habitude de muer un retard en nul ou en victoire. Après leur succès 3-1 contre Charleroi, les footballeurs avaient vraiment le sentiment d'avoir presque réussi. L'équipe était motivée à la pensée du match suivant.

Puis elle n'a pris qu'un point sur neuf contre le Club Bruges, l'Excel Mouscron et Gand. Pourquoi donc Saint-Trond a-t-il échoué juste avant la ligne d'arrivée ? Était-il à bout de nerfs ? Les joueurs ont réfuté cette assertion et les faits leur donnent raison. Ils ont préparé ce money time avec beaucoup de décontraction.

Mardi, Lucas Pirard, le deuxième gardien, faisait un somme dans un divan pendant que Marc Brys donnait une interview et que Bram Verbist, l'entraîneur des gardiens, se préparait un croque-monsieur. La pression a toutefois augmenté d'un cran quand le management japonais s'est adressé au groupe, sans s'être annoncé, pour lui rappeler l'importance de ce match. Mais il n'y avait pas trace du moindre doute dans le chef des joueurs.

LIMITES FOOTBALLISTIQUES

Contre Gand, le STVV a surtout été confronté à ses limites footballistiques. Brys avait parfaitement préparé ses hommes mais ils n'ont pas trouvé de parade à un Gand qui pressait haut, avec six joueurs. Ça ne les a pas empêchés de continuer à jouer, envers et contre tout. Parce que, pour Botaka et Cie, l'attaque et le beau jeu restent la meilleure option.

Au fil de la saison, Brys a constaté que le niveau de jeu baissait systématiquement quand l'équipe procédait par longs ballons. Même sur les corners et même menés, les Trudonnaires ont donc privilégié les combinaisons courtes aux longs dégagements. Le staff technique est d'ailleurs convaincu de pouvoir obtenir plus de buts de coups de coin qui ne sont pas bottés directement.

En toutes circonstances, le mot d'ordre du Stayen est de bien jouer. Même si c'est naïf. " Nous avons notre philosophie - jouer au sol et laisser le gardien relancer le jeu - et nous lui resterons fidèles jusqu'à la dernière minute de la saison ", explique Alexis de Sart.

" Quand le ballon doit être expédié dans la tribune, nous essayons de le relancer proprement. Ça nous a coûté des points mais cette approche nous a aussi permis de gagner 47 points. Je ne vois pas pourquoi nous devrions tout bouleverser contre Gand. "

Après trente journées, une conclusion s'impose : Saint-Trond a raté sa campagne, sur le plan économique. Son budget sportif a été drastiquement augmenté et en échange, son propriétaire, DMM.com, escomptait un rendement direct sous la forme des PO1. La saison prochaine, le premier plan triennal des Japonais tombe à l'eau et le club va vraiment devoir répondre aux attentes : terminer parmi les six premiers.

Ces derniers mois, la vue d'un Stayen à moitié vide faisait mal au coeur. " Tout le monde avait une raison de ne pas venir ", a concédé le président du STVV, David Meekers, à la radio Sporza. Mais pour le match le plus important de ces dernières années, contre Gand, match qui valait quelques millions, le stade était comble. Malheureusement, à un quart d'heure du terme, tout le monde avait perdu foi en un dénouement positif. Les supporters gantois en ont ajouté une couché : " Le Stayen est à nous, olé, olé ", ont-ils chanté. Avec quatre Japonais sur le terrain, le Stayen avait surtout l'allure d'une pagode japonaise. Peu avant 20 heures, après les deux buts du Gantois Roman Yaremchuk, les Trudonnaires étaient affalés sur la pelouse. Tous, sauf le capitaine Jordan Botaka, qui est parvenu à remobiliser ses troupes. L'image était éloquente : 40 hommes, en proie à l'émotion, écoutaient leur gourou pendant que Binkie, la mascotte de Saint-Trond, déplorait les événements. Certains joueurs, frustrés par le résultat, ont exprimé leurs sentiments sans fard. Botaka a enjoint Yohan Boli, impliqué dans une querelle au coup de sifflet final, de garder la tête froide, avant de s'adresser au groupe : " Nous avons commis des erreurs durant le match, ce qui peut arriver, mais personne n'est mort. La vie continue. Nous ne pouvons pas changer ce qui vient de se passer. Pensons au prochain match. Je sais que c'est difficile mais c'est le moment de rester soudés. Nous ne pouvons pas nous laisser aller. Pas maintenant. " Avant le coup d'envoi, le même Botaka avait usé d'un langage martial. " Ils vont devoir tomber, les uns après les autres, pour nous écarter des PO1. " Après la défaite contre Gand, le Néerlando-Congolais de 25 ans a mis l'accent sur la solidarité. Sous le leitmotiv " mieux vaut prévenir que guérir ", Botaka est intervenu en public pour éviter que le vestiaire ne s'imprègne de défaitisme. Cette saison, la solidarité est un des mots-clefs du Stayen. Elle est aussi imposée. Ainsi, chaque joueur du noyau A qui n'est pas repris est obligé d'assister aux matches à domicile et de saluer ses camarades au vestiaire après le match. Celui qui est absent sans excuse reçoit une amende de 5.000 euros. Avant ce match de la dernière chance contre les Buffalos, entraîneurs, joueurs et direction avaient fait de leur mieux pour relativiser une éventuelle non-qualification. " Il n'y a pas de drames en football ", a déclaré Meekers. Par la suite, les protagonistes ont dû admettre que l'élimination faisait plus mal qu'ils ne le pensaient. " Les PO1 étaient à notre portée. C'est pour ça que cet échec est si douloureux ", a déclaré Botaka. Cette saison, les Limbourgeois ont affiché énormément de caractère. Ils ont pris l'habitude de muer un retard en nul ou en victoire. Après leur succès 3-1 contre Charleroi, les footballeurs avaient vraiment le sentiment d'avoir presque réussi. L'équipe était motivée à la pensée du match suivant. Puis elle n'a pris qu'un point sur neuf contre le Club Bruges, l'Excel Mouscron et Gand. Pourquoi donc Saint-Trond a-t-il échoué juste avant la ligne d'arrivée ? Était-il à bout de nerfs ? Les joueurs ont réfuté cette assertion et les faits leur donnent raison. Ils ont préparé ce money time avec beaucoup de décontraction. Mardi, Lucas Pirard, le deuxième gardien, faisait un somme dans un divan pendant que Marc Brys donnait une interview et que Bram Verbist, l'entraîneur des gardiens, se préparait un croque-monsieur. La pression a toutefois augmenté d'un cran quand le management japonais s'est adressé au groupe, sans s'être annoncé, pour lui rappeler l'importance de ce match. Mais il n'y avait pas trace du moindre doute dans le chef des joueurs. Contre Gand, le STVV a surtout été confronté à ses limites footballistiques. Brys avait parfaitement préparé ses hommes mais ils n'ont pas trouvé de parade à un Gand qui pressait haut, avec six joueurs. Ça ne les a pas empêchés de continuer à jouer, envers et contre tout. Parce que, pour Botaka et Cie, l'attaque et le beau jeu restent la meilleure option. Au fil de la saison, Brys a constaté que le niveau de jeu baissait systématiquement quand l'équipe procédait par longs ballons. Même sur les corners et même menés, les Trudonnaires ont donc privilégié les combinaisons courtes aux longs dégagements. Le staff technique est d'ailleurs convaincu de pouvoir obtenir plus de buts de coups de coin qui ne sont pas bottés directement. En toutes circonstances, le mot d'ordre du Stayen est de bien jouer. Même si c'est naïf. " Nous avons notre philosophie - jouer au sol et laisser le gardien relancer le jeu - et nous lui resterons fidèles jusqu'à la dernière minute de la saison ", explique Alexis de Sart. " Quand le ballon doit être expédié dans la tribune, nous essayons de le relancer proprement. Ça nous a coûté des points mais cette approche nous a aussi permis de gagner 47 points. Je ne vois pas pourquoi nous devrions tout bouleverser contre Gand. " Après trente journées, une conclusion s'impose : Saint-Trond a raté sa campagne, sur le plan économique. Son budget sportif a été drastiquement augmenté et en échange, son propriétaire, DMM.com, escomptait un rendement direct sous la forme des PO1. La saison prochaine, le premier plan triennal des Japonais tombe à l'eau et le club va vraiment devoir répondre aux attentes : terminer parmi les six premiers.