Les jours passent et la Belgique tout entière continue de se passionner pour l'affaire qui secoue le milieu du football. Notre magazine avait publié l'été dernier le premier reportage d'une série portant sur des matches truqués en Belgique et avait déclenché une véritable avalanche. Exemple : le reportage télé de la VRT repris par la RTBF a totalisé près d'un million de téléspectateurs. Et ce n'est pas terminé. D'autres reportages sont en cours dans tous les médias belges.
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Les jours passent et la Belgique tout entière continue de se passionner pour l'affaire qui secoue le milieu du football. Notre magazine avait publié l'été dernier le premier reportage d'une série portant sur des matches truqués en Belgique et avait déclenché une véritable avalanche. Exemple : le reportage télé de la VRT repris par la RTBF a totalisé près d'un million de téléspectateurs. Et ce n'est pas terminé. D'autres reportages sont en cours dans tous les médias belges. L'affaire est devenue un feuilleton policier ponctué de coups de théâtre, mais il manque de révélations pour sortir d'une ambiance de fiction. Car c'est très exotique : on visite des tripots asiatiques clandestins, on assiste à des propositions de collaborations avec les fédérations sportives de sociétés de paris européens dépassées par les pratiques de la mafia du jeu, on rencontre un journaliste de la radio chinoise à Lierse-Lokeren et on parle de ramifications dans toute l'Europe du foot... Dans le même temps, à Turin, les Jeux Olympiques d'hiver avaient débuté par une belle cérémonie d'ouverture dont le moment sportif le plus important a été - comme toujours - le serment. Prononcé par le skieur italien Giorgio Rocca, toutes les valeurs sportives de base ont été abordées dans cette tradition qui a finalement plus de poids symbolique que les hymnes, les drapeaux et la flamme : fair-play, non au dopage, respect de soi-même et des autres,... Si tant de gens s'intéressent à un tel point à l'affaire des paris en Belgique, c'est parce qu'ils sont choqués que le sport roi puisse être atteint à un tel point par le cancer de la triche. Même si à Turin, il y a avait déjà une douzaine de cas de dopage un jour après la cérémonie d'ouverture ! Dans notre football, on en est arrivé à une situation où les spectateurs soupèsent et évaluent toutes les actions de terrain pour estimer si untel n'a pas joué le jeu tel qu'il devrait l'être. C'est devenu une chasse aux sorcières éc£urante qui ne prendra fin qu'avec l'intervention efficace de la justice. Alors, Laurette Onkelinckx, vous que nous avons déjà vu botter un penalty sur la pelouse du Brussels en prélude d'un match, on espère que vous mettrez énormément de pression sur votre ministère de la Justice pour qu'il score dans cette affaire. Si on a globalement tendance à avoir confiance, on a quand même la sensation que les autorités judiciaires estiment qu'il s'agit là de menu fretin. Sinon, pourquoi ne pas agir plus vite ? En attendant, l'Union Belge est clouée au pilori pour sa mollesse et sa fadeur en la cause, alors qu'elle exige - de par ses règlements - que tout affilié à qui on propose de truquer un match doit en référer obligatoirement à son club pour qu'il en saisisse la fédération. C'est ce qui s'est passé récemment en France lorsqu'un joueur de Metz avait été approché pour arranger un match. Mais en Belgique, ça ne se passe pas comme ça. On a appris la semaine dernière seulement que Laurent Wuillot avait été contacté la saison dernière alors qu'il était encore au Brussels. Un correspondant téléphonique lui demandait de faire en sorte que son équipe perde la prochaine partie. Wuillot a réfléchi dix minutes et a dit non. Mais il n'a prévenu personne et il aurait dû. Imaginons qu'une quinzaine de joueurs actifs en D1 aient trempé dans ces combines (les journalistes d'investigation parlent de bien plus...). Combien de joueurs les malfrats ont-ils dû contacter pour obtenir un oui ? Cinq, dix, 20, 25 ? En tout cas, on voit qu'un nombre potentiellement important de joueurs aurait dû tirer la sonnette d'alarme. Et pourquoi personne ne l'a fait ? Par manque de confiance à l'égard d'une U. B. qui doit lutter contre sa réputation d'ensabler des cas similaires. Ou par peur pour son intégrité physique ? Il est vrai que le magazine flamand Humo n'a jamais hésité à mêler un des principaux cités dans l'affaire à des meurtres... Fiction ou réalité ? On en a assez d'être en stand-by. Que la justice fasse son travail. Et vite, SVP. En attendant - bien évidemment - tout le monde est présumé innocent. John Baete