Le match aller des quarts de finale de la Ligue des Champions où le nouveau grand d'Europe, l'Olympique Lyonnais, recevait un club habitué depuis des décennies aux finales européennes, Milan, a donné lieu à une lutte acharnée et à un très bon 0-0 comme la veille d'ailleurs entre Benfica et Barcelone.
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Le match aller des quarts de finale de la Ligue des Champions où le nouveau grand d'Europe, l'Olympique Lyonnais, recevait un club habitué depuis des décennies aux finales européennes, Milan, a donné lieu à une lutte acharnée et à un très bon 0-0 comme la veille d'ailleurs entre Benfica et Barcelone. Comme le samedi précédent en championnat contre la Fiorentina, le changement effectué par Carlo Ancelotti à une demi-heure de la fin représente tout un symbole pour les tifosi milanisti. Deux légendes vivantes du club se sont croisées à ce moment du match et on peut dire que ces deux joueurs sont devenus des denrées excessivement rares dans le foot actuel et encore plus depuis l'arrêt Bosman. A lessandro Costacurta et Paolo Maldini sont des modèles de longévité à respectivement 40 et 38 ans mais surtout, ils sont fidèles aux couleurs rossoneri depuis de très longues années. Le fils de Cesare, que j'ai personnellement vu, mercredi dernier, évoluer à l'arrière droit pour la première fois depuis le début de sa carrière, a également accepté l'été, pour raisons économiques et par amour de son club, de voir réduits ses émoluments de 50 %. C'est quelqu'un qui peut se permettre cette démarche, mais je ne suis pas convaincu que beaucoup de footballeurs actuels auraient accepté ce deal sans tenter de monnayer une dernière fois leur talent en profitant de leur liberté. Les deux Milanisti sont des exemples atypiques pour tous les coaches qui essayent à tous les niveaux de conserver, chaque saison, une ossature leur permettant de travailler dans la continuité. Au niveau pro, souvent, les joueurs ont des contrats de longue durée, ce qui permet aux clubs de récupérer une somme de transfert en cas de départ prématuré. Au niveau amateur, par contre, il suffit de se désaffilier afin de retrouver sa liberté, et garder ses joueurs-clés dans ce contexte, n'est pas toujours évident. Aucun ne voudra, comme Maldini, revoir ses prétentions vers le bas, et bien souvent, en cas d'offre supérieure d'un autre club, il vous quittera sur-le-champ. C'est humain, mais les entraîneurs doivent en tenir compte. La longévité de Costacurta et Maldini au top niveau est également très rare aux postes qu'ils occupent sur le terrain. Des défenseurs qui doivent chaque semaine être au top au point de vue de l'engagement physique paient inévitablement les conséquences de tous ces duels et dans leur cas, ils ont en plus connu une évolution terrible au niveau du rythme du jeu qui a véritablement explosé depuis le début des années 90, avec des attaquants de plus en plus techniques et véloces. Il a fallu qu'ils s'y adaptent. On a connu d'autres joueurs qui ont terminé leur carrière après 40 ans mais à d'autres postes : les gardiens Dino Zoff, Peter Shilton ou Michel Preud'homme, l'attaquant Simon Tahamata, qui était un gabarit très léger (cela aide pour durer) et qui avait l'art d'éviter les coups. Mais je n'ai pas de souvenir de défenseur évoluant à ce niveau à cet âge-là. Et dire que Costacurta a prolongé son contrat jusqu'en 2007. Chapeau ! étienne delangre