Ariel Jacobs ne sort pas volontiers des individualités du lot après les matches de La Louvière, que le résultat soit positif ou négatif. Après la victoire de samedi dernier sur le terrain du Standard, il eut toutefois un mot pour Silvio Proto. " On joue à 11, le gardien fait partie du collectif et le nôtre a sorti ce qu'il fallait sortir ", signala le coach des Loups. Et c'est clair que le jeune portier hennuyer fut de nouveau à la hauteur, notamment quand il s'interposa sur un essai de près de Kaklamanos, à 0-1. Une interception techniquement remarquable.
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Ariel Jacobs ne sort pas volontiers des individualités du lot après les matches de La Louvière, que le résultat soit positif ou négatif. Après la victoire de samedi dernier sur le terrain du Standard, il eut toutefois un mot pour Silvio Proto. " On joue à 11, le gardien fait partie du collectif et le nôtre a sorti ce qu'il fallait sortir ", signala le coach des Loups. Et c'est clair que le jeune portier hennuyer fut de nouveau à la hauteur, notamment quand il s'interposa sur un essai de près de Kaklamanos, à 0-1. Une interception techniquement remarquable. Silvio Proto : J'ai avancé par petits pas en pensant aux deux possibilités qui s'offriraient à Kaklamanos. Soit il croisait, mais je pouvais alors tendre le bras pour arrêter son ballon, soit il le plaçait sur moi. C'est ce qu'il a fait. Tout à fait. Ne vous attendez pas à ce que je le critique. Pour moi, c'est un très bon gardien. Mais il n'est pas gâté au Standard, tellement on lui met de la pression. On lui a directement demandé de confirmer la tradition de grands keepers de ce club, alors qu'il devait encore tout découvrir en Belgique. Et on ne lui a pas fait un cadeau en annonçant que son transfert avait coûté cinq millions d'euros, et en répétant sans arrêt qu'il était sûrement très bon puisqu'il venait de la Juventus. Carini avait beaucoup d'éléments contre lui et je pense que cela peut expliquer ses erreurs. C'est vrai que je ne suis pas mauvais sur ces phases-là, mais je dois encore progresser, apprendre à mieux utiliser mon pied gauche dans les situations où je n'ai pas l'occasion de dégager du droit. Deux fois par semaine, je travaille spécifiquement les ballons en retrait avec Michel Piersoul. C'est un des aspects du métier que j'ai décidé de perfectionner à fond cette saison, avec les interventions sur les balles hautes. Je ne suis pas encore assez maître dans mon petit rectangle. Je n'en étais pas sûr en préparant ce match. Les Liégeois restaient sur deux défaites et on pouvait supposer qu'ils étaient dans le trou. Mais je me souvenais que, l'an dernier, ils s'étaient réveillés contre nous après une très mauvaise période. Il était donc difficile de faire un pronostic. Oui, je ne suis pas près d'oublier le traitement qu'ils m'avaient réservé. Mais ce n'était même pas nouveau. Le courant n'est jamais passé entre eux et moi. Je suis la bête noire du public de Sclessin, un peu comme Dante Brogno autrefois. Le jour où j'ai joué pour la première fois là-bas, ils m'ont lancé plein de briquets ! Peut-être parce qu'ils estiment que je suis le Louviérois le plus dangereux (il rit). Plus sérieusement, je suppose qu'ils espèrent me déstabiliser. Ils se disent sans doute que ça ne doit pas être compliqué avec un jeune gardien et que cela peut avoir des conséquences favorables pour leur équipe. Je ne le connais pas personnellement, mais je sais qu'il m'a déjà vanté dans la presse. Un jour, il m'a même mis dans son équipe idéale. Venant d'une légende pareille, ça fait terriblement plaisir. Me montrer à Preud'homme, c'était encore une source de motivation supplémentaire en préparant le match du week-end dernier. On m'a déjà cité au Standard : même s'il n'y a jamais eu de contact concret, ça donne du tonus. Cela a toujours été un de mes points forts. Déjà en Diablotins, je faisais des assists sur mes dégagements. Je pense que cette précision est innée : on l'a ou on ne l'a pas. J'ai aussi la chance de savoir y mettre beaucoup de puissance. Je n'ai pas des cuisses de décathlonien, mais je dégage très loin. Preud'homme non plus n'avait pas des jambons démesurés. Je garde en mémoire ses dégagements avec Malines : c'était presque systématiquement une occasion de but. Mon meilleur match de ce point de vue-là, je l'ai joué contre Gand : un premier dégagement vers Tilmant a obligé Cipi à commettre une faute professionnelle et il a été exclu ; quelques minutes plus tard, un autre dégagement a permis à Fred d'obtenir un penalty. J'utilise cette technique si je dois trouver un défenseur ou un médian, et aussi si je dois surmonter un adversaire. Je n'ai pas de secret : j'essaye simplement de jouer simple. Pour moi, ce qui est le moins compliqué est souvent le plus efficace. Ce 1-1 n'est pas mal du tout, mais le but inscrit par les Portugais me dérange. Ce ne sera pas facile d'aller marquer là-bas. Même si le déroulement du match aller doit nous convaincre que tout est possible. Nous avons eu plusieurs occasions franches et l'arbitre nous a privés d'un penalty. Finalement, Benfica est donc peut-être prenable. Ce n'est pas notre faute mais le mérite de Benfica. Je suis persuadé qu'ils ont eu une bonne discussion à la mi-temps et se sont dit que La Louvière était finalement une bonne équipe. Avant le début du match, ils n'en étaient pas du tout persuadés. Tous les Portugais, d'ailleurs, étaient certains qu'ils allaient nous croquer. Figurez-vous que, la veille du match, un journaliste de Lisbonne est venu me demander si nous étions tous professionnels dans le noyau ! Je lui ai répondu : -Quoi, vous pensez qu'on travaille et qu'on joue au ballon le soir pour se changer les idées ? Tous les Portugais nous ont clairement pris de haut. Ce qui s'est passé pendant les 20 premières minutes était révélateur : ils ne touchaient pas une balle, nous les faisions tourner. Après la première partie du match, nous sommes clairement devenus les favoris. Les données étaient très claires à ce moment-là : Benfica devait gagner mais La Louvière voulait gagner. C'est vrai que pas mal de joueurs étaient terriblement nerveux. Surtout les jeunes. Certains se demandaient ce qui allait se passer le lendemain, à quelle sauce nous allions être mangés. Même dans l'esprit des gamins du noyau, Benfica reste un très grand nom. Moi, je ne me sentais pas trop stressé. Michel Piersoul m'avait fait remarquer, en insistant, que j'avais des qualités et que le moment était venu de les montrer dans un tout gros match. Mais d'autres jeunes ne parvenaient pas à raisonner comme ça. Je n'avais jamais vu autant de ratés dans la circulation du ballon, lors d'un même entraînement. Les attaquants rataient des buts tout faits. Maintenant, les Portugais nous connaissent et, rien que pour cette raison, ils deviennent clairement les favoris. Ils ne vont plus nous snober, c'est certain. Ce sera un match fermé parce qu'ils ont constaté qu'il y avait énormément de vitesse dans notre ligne d'attaque avec Murcy, Djamba-Shango et Odemwingie. Nous laisserons jouer Benfica et nous essayerons de partir en contre. Je dirais que nous conservons 30 % de chances de passer. Une seule victoire, d'accord, mais une seule défaite aussi. Tout en ayant été fort peu gâtés par l'arbitrage. A Westerlo, on nous annule un but valable : il n'y avait rien à redire sur l'action de Cooreman. A Bruges, l'arbitre en accorde deux non valables à l'adversaire : d'abord quand Mendoza marque sur hors-jeu, ensuite quand Saeternes monte sur le dos de Siquet et passe à Mendoza. Contre Mouscron aussi, il y a eu une erreur arbitrale. La balle que Mamouni donne à Mbo Mpenza était d'abord sortie et je n'étais plus dans l'action parce que je me préparais à un corner. Ça fait beaucoup en six matches. C'est faux, effectivement. Nous sommes des pros et nous savons nous concentrer sur le match en cours. Nous voulions réussir un bon résultat pour attirer le maximum de supporters à Charleroi et nous avons toujours été convaincus que le championnat devait rester la première priorité. Mais le ballon n'a pas roulé pour nous ce soir-là et, en face, il y avait un gardien qui a pris des points. Ça fait toujours rêver. C'est beaucoup, mais cette statistique ne m'intéresse pas trop. Je préfère constater qu'en l'espace de sept matches, nous n'avons encaissé que deux fois : trois buts à Bruges et deux contre Mouscron. Dans toutes les autres rencontres, mon but est resté inviolé : à Westerlo, au GBA, au Standard, contre Charleroi et contre Heusden-Zolder. C'est une source de satisfaction. Pourquoi pas ? Nous avons des occasions dans chaque match. Nous assurerons notre part de spectacle dans ce championnat, c'est certain. Notre jeu n'a plus rien à voir avec celui que nous proposions la saison dernière. Une équipe de La Louvière défensive, c'est terminé. Par le recrutement : nous avons maintenant plus de possibilités offensives. Mais surtout par une année d'expérience en plus. Il y a un an, pas mal de joueurs de l'équipe de base découvraient la D1. Tous ceux-là ont pris de la bouteille et peuvent désormais assumer plus de responsabilités. On voit chaque jour à l'entraînement qu'ils ont beaucoup évolué dans leur processus d'apprentissage du métier. Aucune. J'ai fait une erreur sur un coup franc de Bruges, mais sans cette faute, j'aurais pu être l'homme du match. Le grand public s'est trop focalisé sur cette intervention ratée. Moi, j'avais mes certitudes. Je suis parti trois fois du bon côté mais ils étaient bien tirés. L'autre gardien, Stijnen, n'en a pas arrêté un seul non plus. Mais je ne l'ai lu nulle part... En tout début de carrière, je ruminais longtemps un match raté. C'est terminé. On ne peut pas comparer nos situations. Van Steenberghe est aujourd'hui troisième gardien de ce club. Il peut se le permettre à son âge. Pas moi. J'ai 20 ans et je veux jouer chaque semaine. C'est sur le terrain que je peux continuer à progresser, pas sur le banc. J'aurais voulu jouer ne fût-ce que quelques secondes, pour être sur cette fameuse fiche technique. L'entraîneur a voulu me lancer au jeu tout en fin de match, mais l'arbitre a sifflé trop vite. Effectivement, ce fut dur à vivre parce que j'avais la conviction d'avoir pris une part importante dans la qualification pour la finale. Je n'avais rien à me reprocher. Je n'ai dû céder ma place que sur blessure. Je me suis battu comme un fou en Réserves pour redevenir titulaire. J'ai disputé six matches avec l'équipe B et j'en ai gagné cinq à moi tout seul. Je retiens notamment un match contre le Standard, où j'ai sorti une dizaine de ballons très chauds. Nous avons gagné 1-0. Mais pendant ce temps-là, Van Steenberghe faisait aussi des miracles en Première. Il aurait été illogique de le faire sauter. Et sa prestation en finale a confirmé que le coach avait eu raison de le maintenir dans le but. J'en ai entendu parler, moi aussi. Mais Ariel Jacobs a prouvé que, le patron sportif à La Louvière, c'était lui et personne d'autre. " Déjà en Diablotins, je faisais des assists sur mes dégagements "