" Celle-là, on est allé la chercher avec nos tripes ", sourit Gaëtan Hendrickx après les trois points arrachés par Charleroi contre Gand. " On est retourné aux bases, il fallait revenir au Charleroi d'avant. " Un flash-back footballistique confirmé par Cristophe Diandy, monté pour ressouder l'axe défensif des Zèbres en fin de rencontre : " Le coach nous a demandé de changer un peu notre manière de jouer, de rester en bloc. "
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" Celle-là, on est allé la chercher avec nos tripes ", sourit Gaëtan Hendrickx après les trois points arrachés par Charleroi contre Gand. " On est retourné aux bases, il fallait revenir au Charleroi d'avant. " Un flash-back footballistique confirmé par Cristophe Diandy, monté pour ressouder l'axe défensif des Zèbres en fin de rencontre : " Le coach nous a demandé de changer un peu notre manière de jouer, de rester en bloc. " Traumatisé par la défaite à Ostende, où un Charleroi séduisant avait encaissé un improbable triplé de Brecht Capon en contre, Felice Mazzù a décidé d'en revenir à ses principes de base, les fameuses " valeurs " qu'il met en exergue à chaque victoire, et dont il déplore l'absence au moindre revers. Un chapelet de mots en -ité, qu'il égrène invariablement : collectivité, humilité, et autres dérivés d'un football catalogué défensif. Une étiquette qui touche le coach carolo, qui préférait parler de défense à trois que de défense à cinq la saison dernière, et qui ne comprend pas qu'on définisse comme " défensif " son 4-4-2, si rarement pratiqué sur les pelouses du Royaume. Au bout d'un bilan peu flatteur de 7/21, Mazzù a pourtant décidé d'oublier les apparences. " Charleroi n'est pas capable d'être beau, mais il est capable d'être bon quand il joue comme ça ", souligne le mentor des Zèbres après la victoire face à Gand. " J'espère qu'on va continuer comme ça, dans ce style de jeu. Il faut savoir que nous sommes des petits qui veulent devenir grands, pas que nous sommes des grands comme nous l'avons cru ces dernières semaines sur base de notre classement. " Si Dodi Lukebakio a été relancé dans le onze de base, c'est après avoir été abreuvé de vidéos de Mario Mandzukic, attaquant de pointe devenu un ailier qui abat son travail défensif pour sublimer le collectif de la Juventus. Face à Gand, le dribbleur de Neerpede est devenu un ouvrier carolo comme les autres, plus brillant dans sa moitié de terrain que dans le camp d'en face. Quant à Kaveh Rezaei, à la base des deux buts des Zèbres, il a été complimenté par Damien Marcq pour son travail sans le ballon : " Ils ont un attaquant qui court partout, pour boucher tous les angles. On a joué 96 minutes, il a couru pendant les 96 minutes. " Même Cristian Benavente, présumé artiste fainéant, a poursuivi ses efforts jusqu'aux crampes pour maintenir le résultat face aux Gantois. Auteur d'un doublé salvateur, le Péruvien prend de plus en plus des airs de version actualisée de Neeskens Kebano, capable d'inventer des buts sans avoir besoin que son équipe se désorganise démesurément. De quoi laisser les deux lignes de quatre placées derrière lui se concentrer sur les " vraies valeurs de Charleroi ", maintes fois soulignées par Felice Mazzù devant les journalistes. Même hors du champ des caméras, le vestiaire carolo partage ce discours. Les " on ne doit pas faire les malins " succèdent aux " il ne faut pas se prendre pour ce qu'on n'est pas. " Charleroi est prêt à refermer les portes de son bloc à double tour. Ses certitudes sont là, car c'est toujours avec ces " valeurs " que les play-offs 1 avaient été atteints. Guillaume Gautier