Le regard des Trudonnaires s'allume lorsqu'on évoque leur STVV. Ils sont fiers des jeunes, recrutés dans tout le Limbourg et la Hesbaye, qui portent leurs couleurs. Ils ont remplacé le kick and rush qui caractérisait leur équipe au profit d'un jeu plus soigné, basé sur une excellente circulation du ballon mais toujours engagé et plus offensif que jamais. D'emblée, ils ont adopté ce nouveau style avec l'enthousiasme qui caractérise ces sept à huit mille spectateurs inconditionnels. St-Trond se modernise mais il conserve son cachet unique. Il reste un enfer pour ses visiteurs, harcelés au rythme des piétinements des supporters. Lorsqu'Anderlecht figure à l'affiche, c'est toute une ville qui discute l'événement. "On les aura!" Quelque part, c'est la revanche des "paysans", des petits provinciaux face à l'ogre de la capitale.
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Le regard des Trudonnaires s'allume lorsqu'on évoque leur STVV. Ils sont fiers des jeunes, recrutés dans tout le Limbourg et la Hesbaye, qui portent leurs couleurs. Ils ont remplacé le kick and rush qui caractérisait leur équipe au profit d'un jeu plus soigné, basé sur une excellente circulation du ballon mais toujours engagé et plus offensif que jamais. D'emblée, ils ont adopté ce nouveau style avec l'enthousiasme qui caractérise ces sept à huit mille spectateurs inconditionnels. St-Trond se modernise mais il conserve son cachet unique. Il reste un enfer pour ses visiteurs, harcelés au rythme des piétinements des supporters. Lorsqu'Anderlecht figure à l'affiche, c'est toute une ville qui discute l'événement. "On les aura!" Quelque part, c'est la revanche des "paysans", des petits provinciaux face à l'ogre de la capitale. Jacky Mathijssen est à l'origine de cet excellent début de saison. Il y a quelques mois, il a également valu à Anderlecht la perte de deux points au Staaienveld. "Je n'ai joué que ce match-là", sourit-il. "Et nous avons réalisé un match nul, 0-0. N'étant plus dans le but, je ne souhaiterais plus un tel score! Je préférerais un 2-2, si nous devons nous séparer sur un nul. J'ai toujours adoré ces confrontations car j'y avais beaucoup de travail. Parfois, je prenais cinq buts et les supporters adverses se moquaient de moi, parfois, nous gagnions, mais pour un gardien, affronter Anderlecht est mieux que jouer contre Beveren. J'avais davantage d'occasions de faire vraiment quelque chose pour l'équipe. En cas de réussite, j'en obtenais une large part. Il en a toujours été ainsi, que je défende le but de Charleroi, de Genk ou de Lommel". St-Trond attend l'événement avec impatience. "C'est l'affiche de l'année. Le club n'a pas le même sentiment positif lorsqu'il reçoit Bruges. Il en a peur. A Lommel, c'était différent: Bruges y a régulièrement perdu des points alors qu'Anderlecht prenait souvent la mesure des Lommelois. St-Trond est toujours sûr de malmener le Sporting". L'entraîneur ne se risque pas à un pronostic: "Ce qui compte, c'est de préserver notre réputation à domicile. Nous devons vivre une belle expérience et en conserver une bonne impression, comme les supporters".Votre vie a changé, depuis que vous êtes entraîneur?J'ai davantage de travail, en effet! Je dois anticiper, déceler ce qui peut arriver et y remédier. Je dois résoudre les problèmes de 25 personnes.Désiriez-vous devenir entraîneur?C'est arrivé vite mais ce n'est pas un hasard. Je possède mon diplôme depuis plusieurs années, j'ai évolué quinze ans en D1 et je suis diplômé en éducation physique. Il était donc logique qu'un jour, je tente ma chance. C'est en D1 mais ça aurait pu être en D2, en D3 voire en Promotion.Une nuit de réflexion et hop!Vous avez remplacé Willy Reynders après la trêve hivernale. Vous n'avez pas hésité à mettre fin à votre carrière active, alors que vous aviez 37 ans?J'avais été blessé au premier tour mais j'avais retrouvé ma forme quand le club m'a proposé ce poste. Je savais que j'étais mieux en mesure de l'aider comme entraîneur que comme gardien. En signant mon contrat, je m'engageais à aider mon nouveau club, que ce soit comme premier, deuxième ou troisième gardien, comme entraîneur-adjoint... Je suis passé par tous ces stades en quelques mois. J'estimais plus correct d'accepter, surtout qu'à terme, je voulais devenir entraîneur. J'avais la possibilité de réaliser mon apprentissage pendant le reste de la saison. Je n'aurais de toute façon pas voulu dégringoler les échelons au fil des saisons et évoluer à un niveau qui n'aurait pas été amusant. J'ai eu une nuit pour réfléchir. C'est assez long. Non, je n'ai pas dormi (il rit). J'ai tourné la page sans regrets. N'est-ce pas un cadeau empoisonné?Les dirigeants, le staff et les supporters me soutiennent. J'en ai besoin. Un entraîneur est sensé transmettre sa confiance aux autres mais pour cela, il doit en avoir aussi. C'est mon cas. L'essence du travail est identique à quelque échelon qu'on entraîne. C'est plus facile en D1 car les joueurs sont professionnels. Je sais ce que je peux exiger d'eux, je connais nos adversaires, tous les paramètres. Je n'ai pas besoin de transition. En fait, si j'entraînais en D3, je devrais m'appuyer sur quelqu'un d'autre, le temps de connaître ma série. Il me serait difficile de dire si un joueur de P1 a l'étoffe nécessaire pour évoluer en D3, par exemple. Ici, je sais de quels joueurs j'ai besoin pour jouer l'attaque. Les infrastructures sont meilleures aussi.Le club a un projetA St-Trond?Oui! Le club a enregistré d'énormes progrès. Si les terrains n'étaient pas convenables, nos nombreux jeunes ne pourraient progresser. Nous avons aussi un bon staff médical. On parle de réduire le championnat à quatorze, voire douze équipes d'ici 2005. St-Trond mérite sa place parmi ces privilégiés. C'est d'ailleurs son objectif. C'est pour cela qu'il veut un nouveau stade. Il a mis en place différentes cellules de travail. Les gens sont ultramotivés. Travailler dans ces conditions est formidable. St-Trond a un projet. A mes yeux, ce fut un facteur décisif. Je travaille en fonction de cette saison mais aussi des autres, de sorte qu'en quittant le club, je puisse dire: mission accomplie. C'est une de mes principales motivations. Je dois former un bon groupe, fixer des objectifs et les relever progressivement. Je travaille pour que d'autres puissent faire leur boulot. Pour que la cellule commerciale puisse présenter des résultats sportifs et une bonne assistance aux candidats investisseurs. Pourquoi les jeunes de la région signent-ils ici et pas à Genk? Parce que nous leur offrons une chance de jouer.Vous avez amené un nouveau style de jeu.Il ne faut pas exagérer. Je voulais offrir du spectacle car qu'est le football sans lui? Nous avons sept à huit mille supporters fidèles. Nous devons leur montrer quelque chose. Si nous nous livrons à fond, que nous attaquons, ils sont contents. Même si nous perdons, car ils savent que nous ne pouvons être champions de Belgique.Cette saison est particulièrement convaincante.Pourquoi? Plusieurs fois, l'équipe a connu un mauvais début. Mis sous pression, l'entraîneur a opté pour plus de sécurité au détriment du spectacle. L'an passé, il nous fallait 30 points. Pour y arriver rapidement, l'entraîneur a choisi de jouer le résultat mais c'est une solution sans avenir. J'ai eu de la chance, même si je l'ai forcée en axant la préparation sur les cinq ou six premiers matches. Je dis à mes joueurs: -Vous en êtes capables, donc on joue comme ça. Ils le pouvaient la saison passée aussi. Mais soit ils n'avaient pas assez de confiance, soit les directives leur imposaient d'autres tâches. J'essaie d'être positif. Ceci dit, si ça ne marche pas, je peux tourner la page. Sans que ce soit planifié, un moment donné, je dirai peut-être stop, sinon les problèmes vont commencer. La forme de BoffinQuel genre d'entraîneur êtes-vous?Je suis proche de joueurs. Après tout, il y a huit mois, j'était encore l'un d'eux. Je vais certainement évoluer. Je suis ouvert. J'accorde aux joueurs la chance de réagir les premiers, même pendant la tactique d'avant ou d'après-match. Je leur demande ce qu'ils pensent de telle phase.Guy Mangelschots est très impressionné par la qualité de vos analyses tactiques et la rapidité avec laquelle vous rectifiez le tir sur le terrain...Oh, la tactique... Il faut voir ce dont les joueurs sont capables et les aligner à leur meilleure position. Parler de 4-4-2 aide les joueurs, en fait. Nous évoluons comme ça même si ce n'est pas la tactique idéale. Je n'adapte pas ma tactique à l'adversaire mais je permute des pions. En fonction des circonstances, je peux aligner un élément offensif et technique ou un joueur défensif, plus agressif. Il ne faut pas demander à un footballeur d'évoluer contre son tempérament car alors, il ne sera pas bien dans a peau. J'aligne toujours les joueurs en forme. Quand on est en forme, on a de la chance. Boffin est en forme. Je dis ça par rapport à l'équipe nationale où il devrait être titulaire par rapport à sa forme. Une seule de ses action peut être décisive. En Croatie, trop de joueurs étaient en méforme, certes.Boffin est très important...Il s'est bien réadapté et il exerce une influence très positive dans le vestiaire. Tout le monde en profite, comme lui: il s'est retrouvé. Son expérience seule ne suffit pas. C'est grâce à ses prestations qu'il a tant d'influence. Je pense qu'au terme de sa carrière, le club devrait lui proposer un poste en son sein. Pascale Piérard