Beveren survivra-t-il à la trêve ? C'était la grande question début 1979, quand l'offensive hivernale a paralysé le football belge. On s'est remémoré l'hiver 1963, qui avait été pire encore et empêché tout match pendant onze semaines. En 1979, la neige n'avait persisté que quatre semaines. Le championnat avait repris ses droits le 4 février.
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Beveren survivra-t-il à la trêve ? C'était la grande question début 1979, quand l'offensive hivernale a paralysé le football belge. On s'est remémoré l'hiver 1963, qui avait été pire encore et empêché tout match pendant onze semaines. En 1979, la neige n'avait persisté que quatre semaines. Le championnat avait repris ses droits le 4 février. Le seul joueur professionnel de Beveren, l'avant allemand Erwin Albert, regardait chaque matin par la fenêtre, désespéré. Ses coéquipiers s'acquittaient de leur métier en journée avant l'entraînement vespéral de football car il n'était pas question de courir dans la neige pour le club, non-professionnel. Marc Baecke et Eddy Jaspers avaient amoché leur auto en dérapant sur les routes. Courir dans les bois n'était pas une bonne idée. L'alternative ? Le mini-foot, les exercices en salle, et, comme Jean-Marie Pfaff l'avait fait, poser en tenue de ski dans le stade. Beaucoup de clubs avaient accordé un week-end de liberté à leurs joueurs. On avait publié beaucoup de photos de joueurs s'ennuyant, jouant aux cartes, sautillant en salle, mais aussi de belles images de Rob Rensenbrink tirant le traîneau de ses enfants et une assiette de Chalet Geels sur le tas de neige, devant la maison de Ruud Geels, l'attaquant d'Anderlecht. Urbain Lespoix, le défenseur de Waterschei, s'était blessé en salle. Le Lierse avait organisé un cross du Lisp au centre d'entraînement de Kessel, à six kilomètres du stade. Les joueurs de Berchem découvraient le hall sportif qui venait d'être inauguré à côté de leur stade et s'adonnaient au basket, au mini tennis et à d'autres jeux. Courtrai avait fièrement déclaré : " Nous nous entraînons à Wembley ! " Pas au fameux stade de football mais dans une salle du même nom. Pendant cette interruption, seuls le Club et Anderlecht avaient disputé un match. Anderlecht à Toulouse et le Club, qui s'entraînait souvent sur la plage de Zeebrugge, qui n'était pas enneigée, sur le terrain de l'AS Ostende, alors pensionnaire de D2 et épargné par la neige. Pierre Geys avait raté la reprise. Le Limbourgeois ne figurait pas sur la feuille de match de Winterslag-FC Liège. Geys avait profité de l'interruption pour passer une semaine sous le soleil de Ténériffe, avec sa femme. Et la permission du club. Le week-end des 17 et 18 février, on avait encore joué sur de la neige fraîche. C'était passionnant mais les tribunes étaient à moitié vides. Le duel entre l'Antwerp et le RWDM, respectivement cinquième et sixième, n'avait attiré que 4.000 personnes au lieu des 10.000 escomptées. Et Beveren ? Il s'était imposé 2-4 à La Louvière. Il avait résisté à l'hiver et allait remporter son premier titre national.