Derniers jours de vacances obligent, les enfants sont présents pour assister à l'entraînement ouvert au public. Les bolides arrivent un par un. Petit déjeuner vite avalé et Laurent Ciman nous rejoint pour évoquer sa dernière saison où il officiait comme " bouche-trous " (le mot est de lui), et la nouvelle où il renaît comme titulaire.
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Derniers jours de vacances obligent, les enfants sont présents pour assister à l'entraînement ouvert au public. Les bolides arrivent un par un. Petit déjeuner vite avalé et Laurent Ciman nous rejoint pour évoquer sa dernière saison où il officiait comme " bouche-trous " (le mot est de lui), et la nouvelle où il renaît comme titulaire. J'ai connu pire dans le passé, à Bruges. A 27 ans, j'estime que je devais jouer. Surtout que derrière, il y a l'équipe nationale. Finalement, je jouais une fois sur deux, quand un titulaire était blessé ou suspendu. Une fois à droite, une fois dans l'axe. Quand on voit mon temps de jeu, je n'étais pas loin des autres mais la situation ne me convenait pas. Je savais qu'on me considérait comme un remplaçant de luxe et je refusais cette situation. Je voulais jouer, quitte à redescendre d'un échelon. J'ai évité d'exploser car cela se serait retourné contre moi mais il y a des jours où cela n'allait vraiment pas. Oui, je voulais repartir sur de nouvelles bases. Je voulais compter pour le club. Je préférais jouer. Quitte à perdre ma sélection chez les Diables Rouges. Car, le nouvel entraîneur, Ron Jans, a effectué quelques essais et j'ai vu que je ne faisais pas partie de l'équipe-type. J'ai décidé d'aller le trouver pour savoir ce qu'il avait en tête. Il m'a répondu qu'il était satisfait de mon travail et qu'il comptait sur moi. Et jusqu'à présent, je lui ai prouvé qu'il avait raison de me faire confiance. Il m'a dit que je n'étais pas le numéro un indiscutable et qu'il y aurait de la concurrence. Il voulait que je gomme certaines choses dans mon jeu et qu'à partir de ce moment, je recevrais ma chance, comme un autre. Des petits déchets à la relance et il me demandait davantage de concentration. Je l'ai écouté et j'ai essayé de me corriger. Lorsqu'il m'alignait, je ne déméritais pas. Or, la semaine d'après, je me retrouvais sur le banc, sans explication. Je ne trouvais pas cela logique et j'ai commencé à me poser des questions. Ce jour-là, j'ai reçu une claque. Il y avait pire que moi sur le terrain et comme par hasard, c'est moi qui ai payé les pots cassés. A partir de là, j'ai vraiment compris qu'il n'avait plus confiance en moi. J'ai parfois eu l'impression d'être le seul puni après les lourdes défaites comme celles d'Hanovre (4-0) ou d'Anderlecht (5-0). Jamais. Enfin, on se parlait sans se parler. Il n'y avait pas de franchise de sa part. Quand tu es sorti de l'équipe et que tu ne comprends pas pourquoi, c'est comme cela que ça part en c... Je lui reproche simplement de ne pas m'avoir dit clairement que je ne faisais pas partie de ses plans. Je pensais qu'il s'agissait d'une personne sincère, honnête et juste et au bout du compte, il l'a peut-être été avec certains mais certainement pas avec moi. Mais, pour lui non plus, cela n'a pas dû être évident. Il n'avait pas encore connu la pression d'un club comme le Standard. Au début, ça allait. Il était sauvé par son parcours européen. Mais au fur et à mesure de la saison, on l'a senti sous pression. C'est sans doute pour cette raison qu'il a décidé de ne pas rester. Il cherchait une sortie de secours et il l'a trouvée au Qatar. Non, je ne pense pas. A partir du moment où tu fais des play-offs de m..., c'est qu'il y a un souci, non ? Il n'y avait plus de gestion de groupe. On sentait que quelque chose allait se passer, d'autant plus que des bruits circulaient déjà quant à un possible départ au Qatar. Finalement, tous les joueurs étaient au courant avant qu'il ne nous l'apprenne. Je ne sais pas s'ils sont plus ou moins forts que moi mais à partir du moment où je fais mon match et que l'équipe gagne, je ne vois pas pourquoi je ne suis pas reconduit. Jouette ? Pendant un match, je ne saurais pas être jouette. En dehors du terrain, je sais rigoler, oui. Quant à mon côté nonchalant, je ne le recherche pas mais j'ai toujours dit à mes entraîneurs que c'était ma façon d'être. Vous ne pouvez pas demander à Cristiano Ronaldo de prendre une autre position sur un coup franc. C'est sa façon d'être. Cependant, je ne nie pas que j'ai eu des problèmes de concentration dans un match. A Courtrai, je l'avais toujours. Quand je suis arrivé au Standard, Dominique D'Onofrio et Sergio Conceiçao me le reprochaient encore mais j'ai vraiment travaillé cette faiblesse avec José Riga. Avant, lors des entraînements, j'avais tendance à rigoler et à perdre ma concentration et je pense que cela se reproduisait lors des matches. Désormais, je garde ma concentration en semaine également. Récemment, Ron Jans m'a reproché mon crochet face à Waasland. Mais il faut prendre des risques dans la vie. Je ne fais déjà pas grand-chose par rapport à ce que je pourrais montrer techniquement. J'essaie de jouer le plus simplement possible. Mais il faut bien avoir des poussées d'adrénaline de temps en temps. Il y a du spectacle à assurer ! J'ai été étonné de le voir à ce poste-là aussi tôt. Je savais qu'il finirait sa carrière derrière. Il suffit de regarder son gabarit et son jeu de tête. Il m'en avait d'ailleurs déjà parlé. Je pense que la position lui convient bien même si, parfois, il a encore ce fighting spirit qui le pousse vers l'avant. Mais ce n'est pas plus mal pour l'équipe. Au moins, cela pousse de derrière. Oui. Il doit juste encore travailler son placement mais il m'écoute beaucoup, contrairement à ce que j'aurais pu penser. Au fil des matches, il y aura de plus en plus d'automatismes et on va former une bonne paire complémentaire. Il est plus fort de la tête et, moi, j'ai peut-être une meilleure relance. Ce qui marche très bien, c'est qu'on se comprend. On anticipe ce que l'autre va faire. Oui mais avec des attaquants comme Tchité et Cyriac, on avait tendance à jouer vite vers l'avant. Cette année-ci, on passe plus par l'entrejeu. On utilise également mieux les transversales. On est plus serein dans notre possession de balle. On attend patiemment de trouver l'homme libre. Ron Jans insiste sur la nécessité de garder son calme. Il a saisi sa chance. Sa force, c'est qu'il va très, très vite mais il résiste aussi très bien à l'adversaire. Comme il est petit, on pense qu'il suffit de lui foncer dedans pour s'emparer de la balle. On découvre que quand on essaie, on se fait mal et lui, garde toujours le ballon. Et puis, il a des frappes déconcertantes et bizarres, comme lors du premier but à Charleroi. Il me fait d'ailleurs penser à Joseph Akpala. Je ne sais toujours pas comment il frappe la balle ! Il trouve toujours la solution. Même quand la balle semble perdue, il te sort un petit pont. Parfois, sur certaines de ses passes, je me dis - Wouaw, je n'avais même pas vu qu'il y avait un joueur là-bas ! Je me sens bien dans ce groupe. Je le côtoie depuis les Espoirs. J'ai connu les JO avec ce groupe. C'est toujours un plaisir de retrouver des potes qu'on ne voit plus beaucoup comme Jean-François Gillet, Kevin Mirallas, Daniel Van Buyten ou Axel Witsel. On est trois-quatre à prétendre à une place d'arrière-droit. Pour le moment, c'est Guillaume Gillet qui a les faveurs du sélectionneur. A chaque fois qu'on a eu besoin de moi, je pense avoir répondu présent. Quand on voit les gabarits et les noms en défense centrale, pour le moment, c'est barré. Oui mais si je dois percer un jour à l'étranger, on préférera toujours que j'évolue à droite. Je n'ai pas le gabarit pour jouer dans l'axe. Kompany ou Van Buyten, ce sont des armoires à glace ! Non. J'ai toujours été polyvalent. J'évolue dans l'axe mais ce n'est pas pour cela que je perds mes repères à droite. Gillet, il n'évolue pas non plus à droite à Anderlecht ! C'est au coach qu'il faut poser la question. (Il réfléchit) Peut-être parce qu'il est plus petit et qu'il a un meilleur centre. Il a sûrement deux, trois qualités que je ne possède pas. Je n'ai jamais vu un potentiel pareil en équipe nationale. Il y a un bon mélange entre joueurs techniques et physiques. On est très, très fort. On a un bon coach, à l'écoute des joueurs tout en plaçant des limites. Le match contre les Pays-Bas montre qu'on est sur la bonne route même si on ne peut pas s'enflammer après un match amical. Mais si on reproduit cette prestation contre le Pays de Galles et la Croatie, on peut faire quelque chose. Tout le monde est conscient qu'on ne peut plus se louper. Mais, avec les qualités présentes, c'est impossible qu'on ne se qualifie pas. Peut-être parce qu'en club, ils sont entourés de joueurs avec lesquels ils s'entraînent tous les jours et ont des automatismes. Mais quand on voit la cohésion face aux Pays-Bas, on peut être optimiste. C'est clair que quand on voit la composition du noyau de Pékin, il n'y en a plus beaucoup qui évoluent en Belgique. Je ne les jalouse pas, j'ai pris peut-être un peu de retard mais il n'est pas encore trop tard. Si j'explose cette année, pourquoi pas viser l'étranger ? C'est encore mon rêve. Je viens de plus loin. Ce n'est pas facile de se faire un nom quand tu viens d'un club comme Charleroi. Certains ont eu la chance d'être titulaire lors de l'EURO espoirs et des JO et de lancer leur carrière, par ce biais-là. Moi j'étais remplaçant. Si on m'avait donné une chance aux JO, je l'aurais saisie. Tout simplement parce que j'étais barré par des joueurs qui n'étaient pas plus forts que moi ( NDLR : A l'EURO et aux JO, c'est Sepp De Roover qui occupait le flanc droit). Ce genre de tournoi peut décider d'une carrière. Lombaerts a fait un excellent EURO et il est parti au Zenit. Au départ, je ne pense pas. Mais maintenant clairement oui. Vermaelen est devenu un pilier à Arsenal, Fellaini un emblème à Everton et je suis certain que Vertonghen va exploser à Tottenham.PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Je savais que Van Damme allait finir sa carrière derrière. Il suffit de regarder son gabarit et son jeu de tête. "" Mes prises de risques ? Il y a du spectacle à assurer ! "