D'autres surprises en vue

Cette fois, ce sont les petits clubs qui ont soigné le prestige du football belge. La Louvière et Lokeren ont crânement défendu leurs chances face à des géants européens, respectivement Benfica et Manchester City. A ce stade des différentes compétitions continentales, je m'attendais à des sensations, et d'autres surprises sont en vue. De nombreuses équipes de renom n'ont pas encore trouvé leurs marques tactiques. Leurs prestations collectives laissent à désirer. Les exemples sont nombreux, que ce soit en Ligue des Champions ou en Coupe de l'UEFA : le Real Madrid essuie trop de buts et a testé ses nouveaux équilibres lors d'une tournée en Asie, ce qui n'est pas facile ou idéal, Lyon cherche ses vérités offensives, Benfica est hésitant, Arsenal doit encore intégrer de nouveaux joueurs dont un gardien de but, Manchester C...

Cette fois, ce sont les petits clubs qui ont soigné le prestige du football belge. La Louvière et Lokeren ont crânement défendu leurs chances face à des géants européens, respectivement Benfica et Manchester City. A ce stade des différentes compétitions continentales, je m'attendais à des sensations, et d'autres surprises sont en vue. De nombreuses équipes de renom n'ont pas encore trouvé leurs marques tactiques. Leurs prestations collectives laissent à désirer. Les exemples sont nombreux, que ce soit en Ligue des Champions ou en Coupe de l'UEFA : le Real Madrid essuie trop de buts et a testé ses nouveaux équilibres lors d'une tournée en Asie, ce qui n'est pas facile ou idéal, Lyon cherche ses vérités offensives, Benfica est hésitant, Arsenal doit encore intégrer de nouveaux joueurs dont un gardien de but, Manchester City n'a pas encore trouvé le bon dénominateur commun entre ses stars, Benfica songe à son passé, etc. Dans deux ou trois mois, les grosses cylindrées tourneront à plein régime mais, en attendant, des clubs huppés vont passer par la fenêtre. Par rapport à tout cela, La Louvière et Lokeren ont bien mené leur barque. Leur prestation respective démontre qu'on a tort de snober le championnat belge. Alors que Kevin Keegan a apprécié la performance de Lokeren face à son club, Manchester City, l'entraîneur de Benfica, José Camacho, a failli l'apprendre à ses dépens. Il a quasiment ignoré ce qui se passe chez nous avant d'aligner son équipe face aux Loups, à Charleroi. On assiste actuellement, en Belgique, à un retour aux sources et aux traditions du football belge. En gros, cela signifie qu'on laisse l'initiative à l'adversaire mais en n'oubliant pas d'avoir sa propre philosophie. Accepter la pression d'autrui dans son propre camp, cela ne veut pas dire qu'on reste les bras ballants sur le plan offensif. Au contraire, la reconversion offensive doit être immédiate avec une bonne recherche des espaces, donc de la profondeur. Cette façon de procéder, avec un bloc homogène, du pressing à la récupération et des contres dévastateurs, a fait la réputation du football belge. A la longue, notammentsuite aux critiques des Hollandais à notre égard, nos clubs ont parfois oublié leurs traditions. Nous faisions des complexes alors que Raymond Goethals, Guy Thys, Robert Waseige, et les autres, ont aussi été très réalistes quand il le fallait. La presse, et ce n'est qu'un constat, a longtemps critiquéle style belge. Elle a rêvé d'autre chose, d'un jeu plus offensif, mais c'était une utopie. Elle a exigé un pressing haut mais cela ne veut rien dire. Ce sont des chimères. Je ne connais aucune équipe qui presse haut. D'ailleurs, pour l'adversaire, ce serait une aubaine car il suffirait de lancer des ballons de loin pour exploiter les espaces libérés. Le mérite de La Louvière est de ne pas avoir changé son fusil d'épaule à l'occasion de ses grands débuts sur la scène européenne. Les Loups, c'est du solide en Belgique. Ce n'est pas une équipe qu'on bouge facilement. Elle a du répondant, une mécanique bien huilée et beaucoup de répondant. La tentation était grande de changer de cap tactique avec la venue de Benfica. Ariel Jacobs a répété les mêmes gammes avant le match et cela a permis à ses troupes d'être bien en ligne, en phase avec son organisation et son travail habituels, contre les Portugais. Lokeren a aussi joué à la belge et a pu profiter, entre autre, du mauvais match de David Seaman. Ce sont deux performances qui font plaisir. Benfica et Manchester City ont été bousculés dans leur orgueil. Maintenant, tout cela ne veut pas dire que La Louvière et Lokeren se retrouveront forcément au tour suivant. Il y a une indiscutable embellie mais il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. A mon avis, les deux clubs belges présents en Coupe de l'UEFA ne doivent pas rêver au retour, mais rester bien soudés et tout faire afin d'éviter une dégelée. Leur organisation à la belge et l'énervement de la partie adverse peuvent constituer des atouts importants. Dans ce cas, on ne sait jamais ce qui peut se passer. Mais l'exploit ne se réalisera qu'en gardant la tête sur les épaules.