Voilà déjà 19 ans que Josip Weber (51 ans) a quitté la Belgique pour retourner à Slavonski Brod en Croatie. L'ancien sérial-buteur, qui a porté à huit reprises le maillot des Diables Rouges en 1994 - notamment lors de la Coupe du Monde aux Etats-Unis - pour un total de six buts après avoir été naturalisé, n'a pas perdu sa bonne humeur ni sa connaissance du néerlandais. " Je le pratique encore quotidiennement ici avec mon épouse ", explique celui qui a été sacré meilleur buteur du championnat, trois fois consécutivement, entre 1992 et 1994 alors qu'il défendait les couleurs du Cercle de Bruges (avec une fois 26 et deux fois 31 buts, respectivement). Il a ensuite été transféré à Anderlecht pour un montant record de 2,25 millions d'euros alors qu'il avait déjà 30 ans. " Je ne couperai jamais le lien qui m'unit à la Belgique. J'ai vécu dans votre pays de 1988 à 1997 et je retourne encore régulièrement à Bruges, pour mon travail mais aussi pour retrouver des amis. Je reviendrai normalement en juin, et je...

Voilà déjà 19 ans que Josip Weber (51 ans) a quitté la Belgique pour retourner à Slavonski Brod en Croatie. L'ancien sérial-buteur, qui a porté à huit reprises le maillot des Diables Rouges en 1994 - notamment lors de la Coupe du Monde aux Etats-Unis - pour un total de six buts après avoir été naturalisé, n'a pas perdu sa bonne humeur ni sa connaissance du néerlandais. " Je le pratique encore quotidiennement ici avec mon épouse ", explique celui qui a été sacré meilleur buteur du championnat, trois fois consécutivement, entre 1992 et 1994 alors qu'il défendait les couleurs du Cercle de Bruges (avec une fois 26 et deux fois 31 buts, respectivement). Il a ensuite été transféré à Anderlecht pour un montant record de 2,25 millions d'euros alors qu'il avait déjà 30 ans. " Je ne couperai jamais le lien qui m'unit à la Belgique. J'ai vécu dans votre pays de 1988 à 1997 et je retourne encore régulièrement à Bruges, pour mon travail mais aussi pour retrouver des amis. Je reviendrai normalement en juin, et je trépigne déjà d'impatience à cette idée. " Weber semble un peu surpris, lorsque nous le contactons alors qu'il s'apprête à disputer sa partie de tennis hebdomadaire avec ses amis, le vendredi après-midi entre 15 et 16 heures. " Cela fait un moment que j'ai des ennuis de santé, mes forces me lâchent ", soupire-t-il, avant de se ressaisir aussitôt. " Avant, je jouais régulièrement en compétition, en simple et en double, avec les vétérans. C'était très intensif et physiquement éprouvant. C'est une drôle d'histoire. En août de l'année dernière, mon médecin m'a averti que je souffrais d'une forme sérieuse du cancer de la prostate. Je ressentais de vives douleurs aux bras, qui se prolongeaient parfois jusque dans les jambes. Une opération était impossible. Je faisais pourtant une prise de sang chaque année et les résultats étaient toujours très satisfaisants. Lorsque j'ai appris la nouvelle, j'ai pris un sérieux coup sur la tête. (après un silence) Mais, depuis janvier, je suis des séances de chimiothérapie. Il m'en reste deux. Après cela, j'en serai quitte pour un moment, mais je devrai rester attentif. En tout cas, je n'ai pas perdu le moral, car je continue à travailler. Je me sens encore en pleine forme, pas spécialement fatigué. Mais ce genre de maladie nécessite un traitement particulier. La mutuelle intervient en partie. L'an passé, je suis même parti en Allemagne pour une protonthérapie. A mes frais, et ce n'était pas donné : j'ai payé environ 30.000 euros. Heureusement, j'avais gardé quelques économies. (il soupire) C'est après cela que l'on se rend compte que la vie est le bien le plus précieux. Je veux encore vivre quelques années, la fin n'est pas encore proche. Mais je devrai me battre. Lorsque j'étais sportif, je n'abandonnais jamais la partie non plus. Je reste ambitieux. Je viens d'être grand-père pour la première fois et je veux remplir mon rôle à la perfection. Je veux aussi encore rendre de grands services à la firme de bois pour laquelle je travaille comme représentant et satisfaire son client belge, le fabricant de silicones et de kits de rejointoiement DL Chemicals à Waregem. Nous avons ici le meilleur chêne d'Europe. (il rit) Je suis et reste optimiste, heureusement. Josipa a 28 ans, Marko 25 ans. Ils travaillent ici et ont trouvé leur voie. " Pour les amateurs de football en Belgique, le nom de Weber reste associé à l'attaquant rapide toujours prompt à réagir lorsque les occasions se présentaient. Au Cercle de Bruges, il a inscrit 136 buts en 204 matches de D1. A Anderlecht, 16 buts en 25 matches. Il adore toujours autant le football, mais en Croatie, il assiste seulement aux matches de Hajduk Split, où il a joué de 1985 à 1987. " Mes beaux-parents habitent à Split. Nous sommes confrontés aux mêmes problèmes que les clubs belges. Les meilleurs joueurs, surtout au Dinamo Zagreb, ne restent jamais longtemps. Dès qu'ils sont repérés, ils partent dans les grands championnats européens. Je suis séduit par le milieu de terrain Ante Coric. Josip Brekalo a aussi des qualités. " Les difficultés que connaît son ancien club, le Cercle de Bruges, ne le laissent pas indifférent. " C'est le premier résultat dont je me préoccupe le week-end, même si c'est la D2 ", affirme Weber. " En voyant où se trouve le Cercle, mon coeur saigne. Mais j'espère que l'avenir annoncera des jours meilleurs. Le Cercle devrait prendre exemple sur La Gantoise, qui a réussi un formidable parcours en Ligue des Champions après avoir connu des difficultés financières et sportives. J'ai applaudi des deux mains en suivant le parcours des Buffalos à la télévision. Et j'attends avec impatience les prestations des Diables Rouges à l'EURO. La Belgique a deux bons joueurs pour chaque position. J'attends beaucoup d'elle, surtout d'Eden Hazard. Je pense qu'ils ont une sérieuse chance de devenir champions d'Europe. Avec un tel matériel à sa disposition, Marc Wilmots doit forcer l'exploit. " PAR FREDERIC VANHEULE" Je me bats contre un cancer de la prostate. Il me reste deux séances de chimio-thérapie. " JOSIP WEBER