Beaucoup de choses ont été dites sur la famille de Justine Henin et les relations qu'elle entretient avec celle-ci. L'an dernier, la championne a fait la paix avec son père. Ce dernier vient de sortir Justine, ma famille, ma championne, un livre en forme de déclaration d'amour à sa fille.
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Beaucoup de choses ont été dites sur la famille de Justine Henin et les relations qu'elle entretient avec celle-ci. L'an dernier, la championne a fait la paix avec son père. Ce dernier vient de sortir Justine, ma famille, ma championne, un livre en forme de déclaration d'amour à sa fille. José, qu'est-ce qui vous a motivé à écrire ce livre ?Il y a quelques années, j'avais pensé en sortir un en forme de règlement de comptes. J'étais dans une phase négative, revancharde. Je suis heureux de n'en avoir rien fait. Cela aurait encore agrandi le gouffre. Comme on s'est retrouvé, j'étais dans de meilleures dispositions pour faire mon autocritique. C'est donc un mea culpa ? Plutôt une auto-analyse. J'ai reporté beaucoup de mes propres angoisses d'enfance sur Justine et mes autres enfants. Cela a pris du temps et une progression par paliers pour que je me rende compte que notre séparation était inévitable. Il fallait cela avant qu'il soit possible de se retrouver. Ça a été une forme de thérapie. Un chapitre est intitulé Conseils aux parents. Quel message voulez-vous leur transmettre ?Je ne veux évidemment pas du tout me poser en donneur de leçons. C'est dur pour tout le monde d'être parent, il n'y a pas d'école pour cela. Mais c'est encore plus difficile d'avoir un enfant super doué. Il faut rester présent mais aussi savoir s'entourer. Un père n'est pas un entraîneur et vice-versa. Chacun doit avoir son rôle et s'y tenir. Je trouve d'ailleurs que les fédérations ou le Comité olympique devraient aider psychologiquement les parents des jeunes champions. Qu'est-ce qui a été le plus difficile dans tout le processus qui a amené ce livre ?Psychologiquement, j'étais prêt à le faire. Ce n'est pas facile de revivre la mort de proches ou d'autres circonstances difficiles. Il faut pouvoir ne pas rester dans la souffrance et dans ce genre d'exercice, on dit tout. Sinon, ça ne sert à rien. J'y suis arrivé et c'est ce qui m'a permis de demander pardon à Justine. Ce livre, c'est surtout une déclaration d'amour à ma fille. En tant que père, comment vivez-vous la baisse de régime de votre fille en cette première moitié de l'année ?On ne se voit pas très souvent et quand on se parle, on ne discute pas de tennis. Le seul souci que j'ai, c'est qu'elle soit en bonne santé. Pour le reste, je pense qu'elle n'a pas encore digéré 2007. Toutes ces victoires et les retrouvailles familiales, cela représente une charge émotionnelle énorme à gérer. Mais elle va revenir, c'est juste une question de confiance. Et puis, si elle ne devait gagner qu'un tournoi cette année, j'espère que ce serait Wimbledon.