1 Tu as travaillé en Ukraine et en Hongrie, tu es maintenant en Russie profonde à Samara : c'est si gai d'être un aventurier de l'extrême ?

Attention, Samara est une des plus grandes villes de Russie, avec une histoire. C'est ici qu'on construisait les fusées Soyouz, c'était la guerre froide, une époque où tout était bouclé, top secret. Aujourd'hui, c'est ouvert. Au niveau du foot, on commence la construction d'un nouveau stade pour la Coupe du Monde et Vladimir Poutine est venu récemment poser la première pierre. Je découvre une autre culture et je voyage... Tous les déplacements se font en avion. On a joué à Khabarovsk, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec la Chine. Je l'aurais aperçue s'il y avait eu moins de brouillard ! Vladivostok, c'est dépaysant aussi, on est tout près du Japon. Il nous est arrivé de...

Attention, Samara est une des plus grandes villes de Russie, avec une histoire. C'est ici qu'on construisait les fusées Soyouz, c'était la guerre froide, une époque où tout était bouclé, top secret. Aujourd'hui, c'est ouvert. Au niveau du foot, on commence la construction d'un nouveau stade pour la Coupe du Monde et Vladimir Poutine est venu récemment poser la première pierre. Je découvre une autre culture et je voyage... Tous les déplacements se font en avion. On a joué à Khabarovsk, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec la Chine. Je l'aurais aperçue s'il y avait eu moins de brouillard ! Vladivostok, c'est dépaysant aussi, on est tout près du Japon. Il nous est arrivé de faire 20.000 km de vol en quatre jours. Ça change de la Belgique où les joueurs ont l'impression de traverser le monde quand ils doivent faire Bruges - Genk en car. On peut s'épanouir comme adjoint. Je l'ai été avec Sef Vergoossen à Genk, avec Co Adriaanse au Metallurg Donestk, avec Michel Preud'homme à Twente, maintenant avec Frankie Vercauteren. On sait pourquoi on est ici : il faut faire remonter Samara en D1 dès cette saison. Si on n'y arrive pas, il y a 70 ou 80 % de chances qu'on parte. Mais ça se passe bien. Le championnat reprendra en mars, il reste 13 matches, notre équipe est quatrième et très proche du deuxième, qui monte directement. On va aussi jouer les quarts de finale de la Coupe contre le CSKA Moscou après avoir éliminé deux clubs de D1. Dans les trois cas, il faut se souvenir des circonstances. Au Standard, c'était une période un peu trouble avec André Duchêne, Robert Lesman, l'absorption de Seraing et la vente de bons joueurs. A Mons, j'ai été licencié après avoir sauvé l'équipe. C'était mieux comme ça, quand je vois ce qui s'est passé lors des derniers matches de la saison, avec le Chinois et tout ça. J'étais content de ne plus y être ! Et à Charleroi, j'ai dû travailler avec un Abbas Bayat qui connaît le football mais qui perdait les pédales dès que son équipe ne gagnait plus. Tout cela ne m'a pourtant pas empêché de garder des bonnes relations avec lui, et aussi avec Domenico Leone. Un vrai président. Le problème, c'est qu'il continuait à habiter à Anvers. Ce n'est déjà pas simple quand le patron est sur place, alors là... Je lui ai dit : -Vous devez vous installer en Hongrie, sinon ça ne sert plus à rien de mettre un forint dans le club, il vaut mieux que vous me donniez cet argent... Mais cette expérience m'a plu. Ce n'est pas comparable. Mon fils n'a pas souffert de l'étiquette mais d'une blessure sérieuse. Il n'a été à 100 % que pendant quelques mois. Un technicien peut encore faire des miracles quand il est à 80 %, sur un éclair individuel, mais ce n'est pas possible pour un joueur qui mise d'abord sur son physique, comme Koen. Le cas de Mboyo est différent, il souffre du niveau insuffisant de son équipe. J'ai vu le match à Gand et je me suis fait cette réflexion : il faut être sacrément costaud comme attaquant pour marquer des buts avec une équipe pareille. Jos Daerden (60 ans) a joué notamment pour le Standard et l'équipe belge avant d'entraîner (T1 ou T2) entre autres Beveren, le Standard, le Lierse, Genk, Mons, le Germinal Beerschot, Metallurg Donetsk, Twente, Charleroi, Ujpest. Il est aujourd'hui adjoint de Frankie Vercauteren à Samara, en D2 russe.PAR PIERRE DANVOYE Jos Daerden " On joue à la frontière avec la Chine, on va près du Japon, il nous est arrivé de voler 20.000 km en 4 jours. "