Mogi Bayat (30 ans) vendrait des frigos aux esquimaux, serait capable de se défaire d'une 2CV rouillée de partout pour le prix d'une Mercedes full options ou d'un canasson complètement cramé au tarif du meilleur trotteur du monde. Et il se payera un duplex sur la Côte d'Azur au prix d'un deux pièces moisi dans un quartier social...
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Mogi Bayat (30 ans) vendrait des frigos aux esquimaux, serait capable de se défaire d'une 2CV rouillée de partout pour le prix d'une Mercedes full options ou d'un canasson complètement cramé au tarif du meilleur trotteur du monde. Et il se payera un duplex sur la Côte d'Azur au prix d'un deux pièces moisi dans un quartier social... Le commerce, il a ça dans le sang. Le sens des affaires est sa marque de fabrique. La persuasion dans les négociations aussi. Tout au long de la saison dernière, le neveu du président de Charleroi, manager du club, a fait signer des contrats de sponsoring à des entreprises û régionales et nationales û de tous secteurs d'activité alors que les Zèbres étaient û sportivement û dans le 36e dessous. Petit roquet pour les uns, businessman génial pour les autres, il reste relativement méconnu. On ne pourra pas lui enlever, en tout cas, son caractère direct, sans détours, et un franc-parler qui choque à l'occasion. Avec Mogi Bayat, c'est blanc ou noir. Certaines personnalités de notre football ne l'apprécient guère. Mais il le leur rend bien... Mogi Bayat : Je ne suis aucun des deux. Je ne me laisse pas faire, c'est tout, et je dis ce que je pense. Quitte à ce que ça ne plaise pas. Je sais que je suis parfois dérangeant : pas grave. Je n'ai jamais avalé de couleuvres et je ne manierai jamais la langue de bois. Oh p... Sur un plan purement sportif, je prends Laquait. Il est devenu un monument dans le vestiaire, sur le terrain et même dans la vie de tous les jours à Charleroi. Son influence sur tous ses coéquipiers est incroyable. Mais, si je ne m'attache qu'à l'aspect humain, je choisis Macquet. Il a eu une enfance et une adolescence marquées par la solitude et la violence. Ses parents l'ont carrément laissé tomber. Après tout ce qu'il a vécu, on a envie de lui donner de l'affection. Le côté positif de ses problèmes passés, c'est qu'il a aujourd'hui un recul formidable par rapport à tous ses petits soucis de carrière. S'il n'avait pas autant souffert dans sa vie de jeune, il n'aurait pas été capable de rester aussi digne face à toutes les piques que lui lançait Robert Waseige. Macquet n'a pas seulement été écarté de l'équipe : il a été attaqué continuellement et tout à fait injustement. Gilson a été brûlé sur la place publique alors qu'il ne le méritait pas. En jouant très peu, il nous a quand même marqué deux buts importants. Je reste persuadé qu'il a des qualités, mais il ne s'est pas adapté à Charleroi et est reparti au Brésil en fin de saison. Ce n'est pas le premier joueur sud-américain qui rencontre de gros problèmes d'intégration en Europe. Souvenez-vous qu'Eduardo avait eu besoin d'une année complète. Malheureusement, nous n'avions plus le temps d'être patient avec Gilson. Traoré ne reste pas non plus. Je le choisis pour son côté terriblement attachant. Son caractère me fait oublier ses lacunes tactiques et le fait qu'il n'était manifestement pas prêt pour jouer en D1 belge. Mais je refuse qu'on considère ces deux transferts comme des flops monstrueux. Il faut se rappeler le contexte : quand nous les avons fait débarquer, nous n'avions pas un euro à consacrer à des transferts. Ils sont venus pour rien et avaient le salaire plancher. Branko Milovanovic a fait beaucoup plus de dégâts dans les finances du club. Il était très, très cher parce qu'il avait soi-disant des qualités énormes. On a vu... Abbas Bayat tout court ! Les gens le connaissent mal. C'est normal, puisqu'il maintient volontairement des distances et ne cherche pas à être mieux connu. Humainement, il est exceptionnel. Il a des valeurs dont peu de gens se doutent. Il considère que l'argent n'est pas une fin en soi. Logiquement, je devrais répondre la D2 sans dettes. Mais Charleroi en D1 crée une telle adrénaline et de telles émotions dans la rue que je préfère voir le club à ce niveau, même avec une ardoise à rembourser. Et qu'on ne s'y méprenne pas : le Sporting n'est pas plus malade que la majorité des autres clubs de première division. Notre seule dette, c'est un crédit bancaire de 7,5 millions d'euros à rembourser en 15 ans à partir de 2007. Ce n'est pas la mer à boire, il y en a qui sont plus mal que nous. Vendre un joueur pour tous les liens que cela créé avec le joueur concerné, son manager, le club acquéreur, etc. Il y a quelques coups dont je suis très fier. D'abord Jean-Paul Boeka-Lisasi : nous l'avions eu pour rien suite à la faillite de Malines, il nous a aidés à rester en D1 puis est parti en nous rapportant une belle petite somme. Je pense aussi à Eduardo. Plusieurs managers essayaient de le caser à gauche et à droite. Ils disaient qu'Eduardo était libre, que l'option du Sporting n'était pas valable. Je me suis occupé de son cas et, en 72 heures, son transfert û payant û à Toulouse était réglé. Plus près de nous, il y a évidemment Grégory Dufer. Il est maintenant à Caen et tout le monde est content : Greg, le Sporting et Caen. Il n'y a qu'à Genk qu'on n'est pas trop heureux... Toni Brogno. Après avoir vendu Grégory Dufer, un pur produit du club, nous avons voulu réagir le plus rapidement possible en ramenant au Sporting un autre enfant de la région. Toni va réussir chez nous : j'en mets ma main à couper. Tout le monde attend qu'il marque 15 buts la saison prochaine : il le fera. Les quatre saisons difficiles qu'il vient de connaître ne m'inquiètent pas du tout... surtout qu'il ne nous coûtera que très peu d'argent. Il sera un des joueurs les moins chers du noyau grâce au montage financier que j'ai élaboré avec les dirigeants de Westerlo. Ils vont continuer à prendre en charge une grosse, grosse partie de son salaire. Ikpeba ? Ce ne fut pas une expérience négative. Il a marqué des buts importants, c'est ce que nous lui demandions. Evidemment, son comportement ne plaisait pas à tout le monde dans le vestiaire. Des joueurs lui reprochaient de trop miser sur son expérience, mais que voulez-vous : il n'est plus tout jeune et n'a plus ses jambes de 20 ans. Jean-Jacques Cloquet ? Ouf... Les compétences footballistiques et financières de Gallinella sont proches du néant. Il a fait énormément de tort à Charleroi. Je prends Cloquet. A la limite, je ne lui en veux pas. Et je suis sûr qu'aujourd'hui, il regrette d'avoir créé des situations conflictuelles au Sporting. S'il pouvait retourner un an en arrière, il agirait autrement, il n'oublierait plus qu'il est un employé du club qui doit se mettre de façon inconditionnelle au service du club. Il n'a pas du tout le profil d'un commercial mais il ferait un parfait relations publiques... et politiques ! Malheureusement, le Sporting n'a pas les moyens de payer un homme à temps plein pour discuter avec tout ce qui est public et politique. La paix. De toute façon, il n'y a jamais eu de guerre. Aujourd'hui, nos rapports sont plus cordiaux que jamais. Je le consulte pour ainsi dire chaque semaine. D'accord, c'était impensable il y a un an, mais tout s'est arrangé. Nous avons un but commun : la survie du Sporting. Désolé, il faut changer les règles du jeu : ni l'un, ni l'autre. Waseige est ma plus grande déception dans le football belge. Avec lui, j'ai réussi à travailler... trois fois cinq minutes. Il ne correspondait pas du tout à l'image que je m'en faisais avant son arrivée. Je le prenais pour un homme sage, calme, bourré d'expérience. Au bout du compte, il n'a apporté que conflits, malentendus et manipulations. C'était lui qui gagnait les matches mais c'étaient les autres qui les perdaient. Il avait toujours une excuse extérieure pour justifier ses choix tactiques les plus foireux. Et son mode de vie n'était pas du tout adapté aux exigences d'un club de D1. Si j'avais été faible de caractère, il aurait réussi à me dégoûter du football. Par sa paranoïa et sa recherche permanente de bagarres. Waseige et son entourage se nourrissent de conflits, de rumeurs et de polémiques. Pour moi, ce sont huit mois à oublier au plus vite. Huit mois de cauchemar total. Je ne peux pas être positif non plus vis-à-vis de Heylens, qui m'a démoli sous prétexte que j'avais attaqué Waseige à la radio. Ce type a peur qu'on l'oublie complètement, alors il critique tout et tout le monde, il dit tout et n'importe quoi. Il tire sur tout ce qui bouge (les joueurs, les entraîneurs, les dirigeants) pour montrer qu'il vit encore. Sa devise, c'est : -Je parle, donc je suis. Qu'est-ce qu'il peut emm... son monde. Il m'a démoli alors qu'il ne me connaît pas. Je lui rappellerai simplement que ses dernières expériences d'entraîneur n'ont pas été des réussites. Pas photo parce qu'ils ne jouent pas dans la même division. Frenay évolue chaque semaine en Ligue des Champions alors que Luyckx û NDLA : qui réclame à Charleroi une commission sur le transfert de Bertin Tokéné à Grenoble û ne parvient pas à sortir de la D2. Il a récemment dit des choses scandaleuses sur notre club : nous allons y réserver une suite judiciaire. Ciani parce qu'il a un passé un peu semblable à celui de Macquet. Lui aussi a beaucoup souffert. Je suis allé le chercher en équipe Réserve du Racing Club de Paris. Pour qu'il soit dans les meilleures conditions, j'ai aussi offert un contrat à son frère, qui est dans notre noyau B. Ils n'avaient jamais été séparés et je ne voulais pas briser ce lien. Une fois que Michaël a été titulaire, j'ai harcelé Raymond Domenech, l'entraîneur des Espoirs français, pour qu'il vienne voir jouer Charleroi. Notre joueur a eu sa chance et, aujourd'hui, il est considéré comme une des valeurs montantes du foot de son pays. Qu'est-ce que vous voulez que je vous réponde ?... Les statistiques de Mathijssen sont impressionnantes : il a pris 77,77 % des points mis en jeu. D'accord, c'était sur trois matches, mais imaginez la même moyenne sur l'ensemble d'une saison... On pourra alors remplacer la statue du Marsupilami, près du stade, par celle de Mathijssen ! J'ai déjà dit que c'était le maillon manquant au Sporting et je confirme chaque jour un peu plus. Il est sain. Pour lui, les polémiques ne doivent pas exister. Mais je n'oublie pas pour autant Dante Brogno. Je n'ai pas la mémoire courte. C'est lui et personne d'autre qui m'a introduit à Charleroi, auprès des entreprises notamment, quand je ne connaissais personne ici. Il m'a pris par la main et m'a emmené un peu partout pour qu'on apprenne à me découvrir. En tout cas, je constate que Charleroi est peut-être le seul club belge qui possède, dans son staff, deux entraîneurs diplômés. Je pourrais peut-être en prêter un, chaque week-end, à mon ami Filippo Gaone (il se marre)... Pierre danvoye" TONI BROGNO est un des joueurs LES MOINS CHERS du noyau "