Quel avenir pour l'Antwerp ? Le plus vieux club du pays est dans le trou. Une partie de son stade s'effrite. Les finances sont ce qu'elles sont. La licence pour la saison prochaine n'est pas dans la poche, loin s'en faut. Et surtout, l'équipe tire la langue. Le troisième entraîneur de la saison, Marc Grosjean, fera-t-il mieux que ses prédécesseurs, René Desaeyere et Doj Perazic ? Réponse dans 900 minutes !
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Quel avenir pour l'Antwerp ? Le plus vieux club du pays est dans le trou. Une partie de son stade s'effrite. Les finances sont ce qu'elles sont. La licence pour la saison prochaine n'est pas dans la poche, loin s'en faut. Et surtout, l'équipe tire la langue. Le troisième entraîneur de la saison, Marc Grosjean, fera-t-il mieux que ses prédécesseurs, René Desaeyere et Doj Perazic ? Réponse dans 900 minutes ! Le coach liégeois a fait ses choix en pleine préparation du match contre le club qui l'a viré en début de championnat : Mons. Des choix souvent très tranchés, avec des réponses régulièrement étonnantes. Marc Grosjean : Deux buteurs, donc deux gars atypiques. Je range les voleurs de buts dans la même catégorie que les gardiens : ce sont des footballeurs à part, qui vivent un peu en marge du groupe. Souvent, les buteurs ont une très forte personnalité. Je peux citer pas mal d'exemples parmi ceux que j'ai dirigés : Cédric Roussel, Patrick Goots, mais aussi Eddy Bembuana-Kévé, Pascal De Vreese ou encore Luigi Pieroni, que j'ai entraîné à Liège. Le président disait qu'il avait un sale caractère et voulait s'en séparer. J'ai fait le forcing pour le conserver en disant qu'il n'avait pas un mauvais caractère mais plutôt une personnalité très affirmée. Comme homme, il est fort semblable à Roussel : il sait râler quand ça ne va pas comme il le veut. Maintenant, si je dois choisir entre Roussel et Goots, je prends Goots parce que j'ai encore besoin de lui. Alors que je ne peux malheureusement plus compter sur Roussel. Je suis fier d'avoir relancé la carrière de Cédric et nous sommes toujours en contact. Goots voulait partir quand je suis arrivé, il ne se sentait plus bien ici. J'ai discuté longuement avec lui, nous avons fait le tour de la situation et il m'a fait confiance jusqu'à la fin de la saison car il a déjà signé à Malines. C'est très important, pour un coach, d'avoir la confiance des joueurs décisifs du noyau. Chinois, sans hésiter. Celui qui vient de débarquer à l'Antwerp, en provenance de Manchester United, me laisse une fort belle impression. Il montre une grande envie de progresser. Il a un but à atteindre et est prêt à faire les efforts nécessaires pour y arriver. En plus, ce Dong Fangzhuo est humble et respectueux. Tout le contraire des deux joueurs qataris que j'ai déjà dirigés. J'en ai eu un à Mons la saison dernière : il n'a jamais joué. Aujourd'hui, j'ai Yasser Hussaine : aussi un cas. Dès mon arrivée, je suis allé le repêcher dans le noyau B. On me l'avait décrit, ce n'était pas du tout élogieux, mais je voulais effacer toutes les ardoises. Hussaine n'a pas été capable d'en profiter. Il devait rentrer d'une excursion en équipe nationale entre le 15 et le 19 février : il s'est pointé le 29, sans avoir prévenu qui que ce soit de son retard. Je l'ai renvoyé dans le noyau B et, cette fois, c'est définitif. S'il n'est pas concerné par l'avenir du club, je ne peux rien faire avec lui. J'ai l'impression que les Qataris croient tout savoir. La pression. Pour n'importe quel entraîneur du monde, c'est plus facile à gérer que la dépression. Un limogeage peut vous plonger dans une profonde déprime. Les premiers jours ne sont pas trop pénibles. Si on vous vire, cela veut dire que vous étiez dans une situation difficile, et donc, ça fait du bien de couper avec le foot. Au cours des premiers jours, vous recevez aussi beaucoup de marques de soutien. Mais cela ne dure pas longtemps et, dès qu'on vous oublie un peu, ça se complique. En plus, le virus du terrain vous rattrape vite. Mais on ne vous propose rien d'intéressant et vous avez tout le temps de déprimer. Le plus dangereux est de faire n'importe quoi, d'accepter la première offre venue, sans réfléchir. Si vous n'avez pas eu le temps d'évacuer vos frustrations et votre agressivité, vous recommencez dans de très mauvaises conditions. Et si un nouvel échec est au rendez-vous, il devient très, très compliqué de remonter la pente. Derby anversois. J'ai participé à un nombre incalculable de derbies, comme joueur puis comme entraîneur. Quand j'étais joueur, il y avait trois clubs de D1 à Liège : ça faisait un paquet de matches contre une autre équipe de la ville. Après cela, j'ai vécu quelques derbies hennuyers, quand j'entraînais La Louvière puis Mons. Mais aucun de ces matches n'avait la saveur d'un affrontement entre le Beerschot et l'Antwerp. Depuis quelques semaines, je sais vraiment ce que c'est. Le jour où j'ai signé ici, on m'a directement parlé du déplacement au Kiel. Le Beerschot était venu atomiser l'Antwerp au premier tour et, ici, c'était considéré comme un crime de lèse-majesté. Pas tellement dans le noyau, car il y a beaucoup d'étrangers qui ne comprennent pas le néerlandais et sont un peu déconnectés par rapport au derby. Mais, dans l'entourage du club, on ne parlait que du match retour au cours des semaines qui l'ont précédé. Je suis vraiment étonné qu'il puisse exister une telle rivalité entre deux clubs voisins. Evidemment, celle-là, je m'y attendais... Je vais peut-être étonner pas mal de monde, mais ce sont deux hommes que je respecte énormément. Ils sont entiers et très corrects. Je suis en procès avec Gaone, mais ce n'est pas pour cela que je ne l'apprécie pas. Simplement, nous ne sommes pas d'accord sur certains termes de notre séparation. Et j'ai attaqué en justice parce que je ne veux pas me laisser marcher sur les pieds. Si je les respecte autant, c'est parce qu'après la passion, vient la raison. Avec le recul, on se calme, on relativise. Je regrette sincèrement qu'il y ait eu autant de déclarations assassines après mes limogeages par La Louvière et Mons. Tout cela était très mal contrôlé, irréfléchi. Que ce soit Gaone, Leone ou moi-même, nous avons tous tenu des propos qui dépassaient notre pensée. Mais bon, j'estimais dans ces moments-là que je devais réagir, comme une bête blessée attaque. Je leur reprochais surtout d'avoir vite oublié toutes les bonnes choses que nous avions vécues ensemble. On ne m'y reprendra plus : je ne serai plus jamais aussi agressif dans mes propos. Et je choisis Gaone ! Parce que c'est avec lui que j'ai vécu la relation la plus longue, mais aussi parce qu'il a été le premier président de D2 à me faire confiance. J'avais en outre des contacts beaucoup plus réguliers avec lui qu'avec Leone. D'ailleurs, je regrette beaucoup de ne pas avoir rencontré plus souvent le président de Mons dans les moments où il aurait été important que je mette certaines choses au point avec lui. J'ai les poils qui se dressent quand on dit que les Flamands ne jurent que par le travail et que les Wallons pensent surtout à s'amuser. C'est une image toute faite et elle ne correspond pas du tout à la réalité. Je déteste les raccourcis. J'ai rencontré des Flamands courageux et des Flamands fainéants, des Wallons qui en voulaient et des Wallons qui ne savaient pas se bouger. Le Bosuil parce que c'est le stade du plus vieux club du pays. Quand on pénètre dans cette enceinte, on sent qu'elle a une histoire. Et la culture du supporter y est beaucoup plus riche qu'à La Louvière. Ce n'est pas un hasard si l'Antwerp collabore avec Manchester United : il y a un esprit très british dans ce club. Le public sait pousser ses joueurs. Deux gars fiables pour un entraîneur. J'apprécie énormément Siquet. Je l'avais fait venir à La Louvière : c'est le meilleur transfert que ce club a réalisé au cours des dernières années. Il en est toujours une pièce maîtresse aujourd'hui. Mais j'opte pour Ciobotariu car il a encore une dimension supérieure. C'est la classe, le respect des autres. Très peu d'autres joueurs du championnat de Belgique l'égalent sur ces plans-là. Avec lui, il n'y a jamais de sous-entendus. On sait directement ce qu'il pense. Siquet est plus renfermé, c'est parfois difficile de savoir ce qu'il ressent. Je n'aime pas trop l'impression générale qu'ils dégagent. La façon dont ils gèrent leur carrière. La manière dont ils gâchent leur talent. Le peu de respect qu'ils témoignent au public. Leurs multiples écarts de conduite. Avec autant de talent, ils devraient être des exemples pour les jeunes, mais ils sont surtout des exemples de ce qu'il ne faut pas faire. Bon, si je dois vraiment en choisir un, je prends De Bilde. Parce qu'il évolue dans le même milieu que moi. C'est vraiment la seule explication. Je ne sais pas comment Van Cau s'implique à Charleroi. Par contre, j'ai vu ce que Di Rupo faisait à Mons : énormément de choses. Il ne se manifeste pas par une présence constante mais par des actes concrets. Si ce club avance, c'est d'abord grâce à lui. Et il a une aura incroyable là-bas. J'entendais souvent - Le bourgmestre a dit ceci ou - Le bourgmestre a dit cela. Sa parole y vaut de l'or. S'il y avait une telle volonté politique à Anvers, tout serait beaucoup plus facile pour mon club actuel. Mais Eddy Wauters me répète souvent qu'il ne peut compter sur personne. J'espère de tout c£ur que ce club pourra rester seul, et dans son stade. De toute façon, je n'ai jamais cru à une fusion. Dès le moment où les négociations arrivent sur la place publique, tout se complique. Il y a un an, on savait tout ce qui se racontait dans les discussions entre les dirigeants des clubs concernés, jour après jour. Ce n'est pas comme ça qu'on peut concrétiser un projet pareil. Pour qu'une fusion réussisse, il faut que les approches se fassent dans la discrétion la plus totale. En plus, la direction de La Louvière allait un jour à Charleroi, le lendemain à Mons : ça ne faisait pas sérieux. On cherchait simplement à faire croire que... Maintenant, je peux comprendre que Gaone se décourage. Surtout depuis que ses fils ne le suivent plus. Mais il faudrait que la situation se dégrade encore fameusement pour qu'il passe à l'acte et quitte le club. Le sang qui coule dans ses veines est vert et blanc ! Daniel Leclercq, et comment... Lui, c'est un type bien. Nous avons des contacts de temps en temps. Après mon départ de Mons, j'ai même failli travailler avec lui à Valenciennes : je l'aurais remplacé comme entraîneur et il serait devenu directeur technique. Nous en avons discuté et le marché a été à deux doigts de se faire. Je le trouve très sympa et très intéressant. Brio ? Je ne le connais pas personnellement et je n'ai pas envie de le connaître ! Je n'ai pas du tout apprécié la façon dont il est arrivé à Mons. Pendant la semaine qui a précédé mon limogeage, il a visité les installations et s'est fait présenter à plusieurs personnes du club. Cela ne se fait pas entre confrères. C'est petit et irrespectueux. Et les commentaires qu'il a faits m'ont dégoûté. On dit qu'en foot, il n'y a pas de vérité et que ce sport n'est pas une science exacte. J'ai l'impression que Brio détient la vérité et possède la science infuse. Il a notamment déclaré que Mons, la saison dernière, ce n'était que Roussel. Qu'il n'y avait pas de jeu dans cette équipe, que ça ne savait pas jouer au foot. En lisant ses propos, j'ai l'impression que tout ce qui a été fait avant son arrivée était mauvais. Aujourd'hui, Mons remonte dans le classement, tant mieux pour lui. Ce n'est pas étonnant avec les joueurs qu'on lui a offerts. Il a pu faire les transferts qu'il souhaitait. Comme moi... avant ma première saison de D1 avec ce club. Une chose est incontestable, en tout cas : le monde a tourné avant Sergio Brio et tournera encore après lui. Pierre Danvoye" Après mon départ de Mons, j'ai failli TRAVAILLER AVEC LECLERCQ à Valenciennes "