Depuis le retour de Georges Leekens au Canonnier, l'Excelsior Mouscron retrouve des couleurs. Sportivement, l'équipe côtoie de nouveau le haut du tableau. En coulisses, pourtant, il faut toujours se serrer la ceinture. Le président fait le point.
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Depuis le retour de Georges Leekens au Canonnier, l'Excelsior Mouscron retrouve des couleurs. Sportivement, l'équipe côtoie de nouveau le haut du tableau. En coulisses, pourtant, il faut toujours se serrer la ceinture. Le président fait le point. Jean- PierreDetremmerie : Georges Leekens. D'abord parce qu'il est l'entraîneur actuel de l'Excel, c'est une première bonne raison. Il restera aussi l'entraîneur fétiche du club, car il l'a fait monter en D1 en 1996. Ses résultats actuels prouvent ses compétences. Il y a beaucoup de bons entraîneurs en Belgique, mais il témoigne d'un professionnalisme rare. Il soigne énormément les détails. C'est aussi un meneur d'hommes comme on en voit peu. Peut-être est-ce dû à ses études universitaires, mais son niveau intellectuel dépasse la moyenne. Il possède aussi une merveilleuse connaissance du corps humain, grâce à son ancienne profession de kiné et de physiothérapeute. Ses conseils sont toujours judicieux. Il jouit aussi d'une aura à l'extérieur du club, et cela se ressent à tous les niveaux. Ce sont tous ces petits plus qui font la différence. Je ne renie pas Hugo Broos. Au moment où nous entamions notre deuxième saison en D1, il a conféré la stabilité au club. Et l'on voit, par l'exemple contraire de Mons aujourd'hui, à quel point cela peut se révéler utile. Futurosport. C'est la base. Tout part de là. Le Futurosport doit amener les joueurs vers le Canonnier. Celui-ci sert de vitrine au premier. Mais, si le Futurosport n'existait pas, je ne m'intéresserais pas au Canonnier. C'est à la fois un projet éducatif, un projet social et un projet sportif. Je constate que certains jeunes travaillent mieux à l'école lorsqu'ils font du sport. Grâce au ballon rond, ils trouvent la motivation nécessaire pour se plonger dans leurs cahiers. Le football étant un sport collectif, ils apprennent aussi à vivre ensemble et à £uvrer pour un projet commun. Si certains peuvent devenir des footballeurs professionnels, tant mieux, mais les valeurs de base demeurent primordiales à mes yeux. Tous ceux qui n'atteignent pas la D1, et ils sont nombreux, auront de toute façon un acquis pour la vie. Georges Leekens porte davantage le regard de l'entraîneur sur le Futurosport : il veut d'abord que l'on forme des joueurs talentueux. Mais le social n'est pas incompatible avec l'élitisme : ceux qui sont appelés à rejoindre le noyau A doivent simplement recevoir une formation sportive plus poussée. Il ne néglige pas du tout les jeunes. D'ailleurs, en Coupe de Belgique contre Walhain voici dix jours, il avait préféré aligner Tidiany Coulibaly à l'arrière droit plutôt qu'un joueur plus expérimenté. Mais il aligne les jeunes avec plus de discernement. Lorenzo Staelens. Il possède une expérience du haut niveau que son prédécesseur au Futurosport ne possédait pas. Pour les jeunes, il incarne un modèle. Philippe Saint-Jean avait établi un programme éducatif très intéressant. Mais sa personnalité était tellement forte qu'il éprouvait peut-être des difficultés à travailler en partenariat avec d'autres. A Mouscron, on avait besoin que la politique du Futurosport soit en harmonie avec celle du Canonnier. A un moment donné, il a fallu faire un choix. Il paraissait clair que le souhait de Philippe Saint-Jean était, à terme, de coacher une équipe de D1. Nous ne pouvions pas le lui promettre à l'Excel. Je lui souhaite de trouver son bonheur à Tubize. Lorenzo Staelens a repris ses fonctions au Futurosport après avoir dirigé l'équipe Première pendant une saison. Il manquait sans doute d'expérience à ce niveau. Il s'est excusé pour sa réaction lors de l'arrivée de Georges Leekens. Pour moi, l'affaire est close. Steve Dugardein. Je reste fidèle à ma ligne de conduite : j'opte pour le joueur de Mouscron. Je ne nie pas l'utilité de Timmy Simons pour le Club Brugeois. Mais Steve Dugardein est tout aussi utile à l'Excel. C'est un exemple de fidélité. Je connais peu de joueurs qui défendent durant toute leur carrière les couleurs du club où ils ont signé leur première carte d'affiliation. Peut-être même constitue-t-il un cas unique en Belgique ? Il n'était pas le joueur le plus doué dans les catégories d'âge. Il a réussi grâce à sa volonté et à la discipline qu'il s'est imposée. Et, à 29 ans, il continue de progresser. Steve Dugardein a, pour le club, une valeur emblématique. Il est clair que, plus tard, il pourrait être inclus dans l'organigramme, mais dans quelle fonction ? Ce sera à lui de décider. Il a un diplôme d'éducateur. Souhaite-t-il s'occuper de l'éducation de la jeunesse ? Ou préfère-t-il la formation au niveau strictement sportif ? Je n'oblige personne. Mbo Mpenza. Et pas uniquement parce qu'il joue à l'Excel. Il est plus polyvalent. Il est aussi, à mon avis, plus intelligent. Je n'ai rien contre Aruna Dindane, qui possède d'autres qualités, mais je me souviens notamment du match livré par Mbo Mpenza contre le Brésil. Ce jour-là, il avait ébloui tout le monde de sa classe. Sur le plan humain, c'est aussi un modèle. Il montre l'exemple sur le terrain comme en dehors. A tous points de vue, c'est très intéressant pour le noyau de disposer d'un joueur comme lui. Pourrait-il quitter l'Excel au profit d'Anderlecht, au cas où Aruna Dindane s'en allait ? Si Mouscron s'y retrouve financièrement, je ne vais pas empêcher Mbo Mpenza de s'améliorer, que ce soit en Belgique ou à l'étranger. Je sais que Georges Leekens aimerait le conserver, mais la vision d'un entraîneur n'est pas toujours celle d'un dirigeant. Nous avons besoin d'équilibrer notre budget. Si je pouvais en récupérer un, je prendrais Jonathan Blondel. Parce que, vu son jeune âge, on pourrait l'utiliser plus longtemps. En outre, même s'il n'est pas un pur Mouscronnois, il est de la région. Je regrette son départ. Il est parti trop tôt. Mais, à partir du moment où il pouvait s'améliorer et où la somme d'argent récoltée arrangeait bien l'Excel, la transaction a été acceptée par tous. Coupe de Belgique. Ne serait-ce que parce qu'elle rapporte une certaine somme d'argent aux clubs qui atteignent un stade avancé. A partir des huitièmes de finale, même. La Coupe de l'UEFA, nous l'avons disputée à perte. Nous avons, certes, placé Mouscron sur la carte de l'Europe footballistique, ce qui n'est pas négligeable, mais le Slavia Prague était à la fois une très bonne équipe et une équipe peu médiatisée. Nous avons donc eu tous les inconvénients. Bien sûr, si nous pouvions décrocher le jackpot de la Ligue des Champions, ma réponse serait différente, mais il ne faut sans doute pas rêver. Michel D'Hooghe. Pour l'instant, il faut reconnaître que son influence sur le football belge fut plus grande que celle de Jan Peeters. Mais les deux hommes n'ont pas la même personnalité. Ensemble, ils formaient un duo idéal. Roger Vanden Stock. Pour des raisons similaires. Jean-Marie Philips est, à mon avis, un excellent juriste, mais l'Anderlechtois exprime toute la plénitude du football et a plus d'expérience dans la gestion des clubs. Les deux, si c'est possible. Mais, s'il faut faire un choix, il est préférable d'avoir dix partenaires commerciaux qui offrent au total la même somme qu'un gros sponsor. Si l'on en perd un, c'est moins grave. En fin de saison dernière, nous avons perdu La Poste. C'est une perte importante au niveau financier et cela nous oblige à nous serrer la ceinture. D'autant que, pour la première fois depuis plusieurs années, nous n'avons pas vendu de joueurs pendant l'entre-saison. En outre, au niveau du public, nous avons perdu un certain nombre d'abonnés. Les bons résultats actuels nous permettront peut-être de les regagner. Les vides sur les gradins s'expliquent-ils aussi par le plus petit nombre d'entrées gratuites offertes ? C'est une façon de voir les choses. La Poste avait émis certaines exigences en matière d'entrées gratuites pour ses clients, mais le mot " gratuites " pouvait-il s'appliquer puisque ces entrées étaient incluses dans le contrat de sponsoring signé par l'organisme ? Mouscron, puisque Georges Leekens a décidé que l'équipe ne partirait plus en stage hivernal à l'étranger. Je le regrette un peu parce que c'était l'occasion pour le club de faire du relationnel, mais au niveau sportif, je fais confiance à l'entraîneur. S'il estime qu'il peut tout aussi bien préparer son équipe en Belgique, pourquoi pas ? En été, déjà, nous avons abandonné Delden au profit de Spa. Nous nous sommes préparés dans de très bonnes conditions. Le stage a coûté moins cher qu'aux Pays-Bas, et en outre, nous avons assuré la promotion de notre propre pays et de notre propre région. Pourquoi pas une soirée à l'opéra ? Ce serait préférable pour ma ligne. Je suis un grand amateur de musique et de culture en général. Les restaurants, j'en ai fréquenté tellement qu'à la longue, le plaisir n'est plus authentique. Si je devais laisser parler mon c£ur, j'opterais par le verre de vin. Mais la raison m'oblige à opter pour le verre d'eau. Depuis cinq ans, j'ai décidé de ne plus boire d'alcool et je m'y tiens. De par ma profession, j'ai dû assister à un nombre incalculable de réceptions. J'ai toujours essayé de boire modérément, mais c'est parfois difficile de refuser. Et, un verre ajouté à l'autre, au bout du compte, cela fait beaucoup. Un jour, j'ai pris le pari, avec un échevin, de me priver de boisson alcoolisée jusqu'à Pâques. L'échevin en question a repris lorsque le week-end pascal avait été dépassé. Moi, j'ai continué. C'était une décision personnelle, celle de la sagesse. Je n'ai pas attendu qu'un médecin m'interdise l'alcool. Dans ce cas-là, généralement, il est déjà trop tard. Ma " cure " me fait le plus grand bien. Mais j'espère malgré tout, un jour, pouvoir goûter à nouveau un verre de vin. La... pension ! Après 35 ans de vie active, il est temps de songer à la retraite. Le sport et la politique sont deux mondes différents, qui ont chacun leur charme, mais ils ne sont pas incompatibles. Ils peuvent même être complémentaires, et il n'y a donc pas nécessairement un choix à faire. J'ai perdu ma place à la Chambre, mais après 23 années, je pensais de toute façon arrêter. Avant de quitter la présidence de l'Excel, j'aimerais rendre le club autonome, mais ce n'est pas facile. Une nouvelle structure a été mise en place. Sur les dix membres du Conseil d'Administration, il n'y en a plus qu'un qui représente l'Excelsior. C'est moi, mais je ne tiens pas à cette place à tout prix. On a simplement estimé que j'étais actuellement le plus à même de représenter le club. Il y a aussi trois membres de l'intercommunale et six privés. Les entreprises qui ont une participation financière souhaitent logiquement être informées sur l'avenir du club. Nous profiterons du break de Nouvel An pour faire le point. Un business plan de trois ans a aussi été élaboré et est d'application à partir de cette saison-ci. Il est destiné à équilibrer le budget, qui sera revu à la baisse. Il prévoit une diminution de la masse salariale et des frais de fonctionnement généraux, tout en évitant de devoir compter sur une plus-value émanant des transferts. La villa à la Côte d'Azur, sûrement pas. Ce n'est pas mon style et, d'ailleurs, je n'ai pas les moyens de m'en offrir une. Pour le monastère, on verra. Cela ne dépend pas que de moi. Je dois obtenir l'aval de la famille. Mais je n'ai pas abandonné l'idée. Un homme a toujours, à un moment de sa vie, besoin de recueillement, de réflexion et de vie intérieure. " Je préfère Mbo Mpenza à Aruna Dindane "