Le Concorde a pris sa pension et sa splendide silhouette ne fendra plus jamais les cieux du monde entier. A 39 ans et après 21 saisons riches de présence, d'aventures et de rencontres diverses en D1, Benoît Thans, lui, vit toujours à Match 2.

Il vole d'une activité à l'autre : les deux magasins de sport qu'il gère avec Jean-François Lecomte à Chênée et à Waimes, le Challenge Edhem Sljivo, son école de football, ses activités de consultant à la RTBF, son rôle de consultant sportif au CS Verviers, etc. Mais tout cela semble parfois moins compliqué que certaines de nos questions. Non, Ben, t'as pas le choix, faut répondre à toutes les questions...

Smoking ou bleu de travail ?

Benoît Thans : Bleu de travail mais à condition qu'il soit signé par Olivier Strelli que j'adore. C'est Robert Waseige qui avait lancé cette expression en parlant de moi mais aussi d'autres joueurs du FC Liégeois. Il avait raison. Même quand on met son n£ud pap' sur un terrain, il faut se salir. Sans cela, on ne gagne pas, on ne progresse pas. Je croyais que le talent était primordial. Non, la base de tout, c'est le travail. Je l'ai compris à 26 ans, après avoir pris quelques coups sur la cafetière. J'ai quitté le Standard pour me retrouver en Suisse, à Bellinzona, et j'ai alors revêtu ma salopette. Cela m'a bien réussi.

Marc Delire ou Vincent Langendries ?

Non, non, non : il m'est impossible de répondre à cette question. Ce sont deux amis, tellement différents l'un de l'autre, mais complémentaires. Marc est extraverti, Vincent est d'une grande sobriété. Non, non, non...

Si, si, si mais je vous laisse le temps de réfléchir. En attendant : assister à un remake d'Anderlecht-Standard ou Bercheux-Verviers ?

Samedi prochain, je n'aurai pas le choix car je serai sur le plateau de Match 1, ce qui m'amuse beaucoup. Bercheux-Verviers quand même si vous m'obligez à faire un choix. Je suis consultant sportif à Verviers. Je suggère des solutions dans des tas de domaines : encadrement sportif, marketing, développement des infrastructures, etc. Je ne prends pas la décision finale qui est du ressort du conseil d'administration. En 1956, Verviers disputait et perdait la finale de la Coupe de Belgique contre le Racing Tournai : 2-1. Puis, ce fut une longue plongée vers le bas pour ce club d'une ville de 55.000 habitants. La D1 de l'époque de Jo Pannaye, c'est loin et la venue chez nous de La Louvière, dans le cadre de la Coupe de Belgique, a mis l'eau à la bouche des Lainiers. Pepinster s'est fait connaître grâce au basket, Auxerre ne signifiait rien avant l'ère Guy Roux. Le bourgmestre de Verviers, Claude Desama, mesure combien le sport est important pour l'image de marque de la région. La saison passée, nous avons sauvé le club financièrement et sportivement en restant en Promotion. Bernard Habrant est le coach et j'ai été suivi par des gars qui croyaient au projet : Raphaël Micelli, Ronald Foguenne et Jean-François Lecomte. On prendra le temps mais on avancera.

Emilio Ferrera ou Daniel Leclercq ?

Daniel Leclercq. Je retiens ses six bons premiers mois au Tivoli. De plus, il a la fibre lensoise, ce que j'adore. J'aurais pu et dû faire du bon boulot avec Emilio Ferrera : allez savoir pourquoi ce ne fut pas possible.

Hommage à Edko

Challenge Sljivo ou

Ligue des Champions ?

Challenge Sljivo. Cette fête, je l'ai reprise avec un ami, en l'honneur d'Edhem Sljivo, un des plus grands joueurs ayant évolué en Belgique. Nous rendons hommage à Edko, aux jeunes, à la technique avec, du 15 décembre au 3 janvier, 4.500 joueurs, 270 équipes, des vedettes, des inconnus, une ouverture à tous, etc. Nous aurons des équipes de Wallonie, de Flandre, de Bruxelles, du grand-duché de Luxembourg, d'Allemagne, de France, de Hollande. Ce sera télévisé par la RTBF. C'est devenu un événement...

Marc Delire ou Vincent Langendries ?

Pas question de trancher : posez la question à Rodrigo Beenkens.

On y reviendra, ne vous inquiétez pas : Robert Waseige ou Arie Haan ?

Robert Waseige. Il m'a formé. C'est une présence de plus de 20 ans dans ma vie. J'ai joué avec son fils, Frédéric. J'ai même fait mon service militaire avec Fred et nous avons aussi travaillé ensemble à la RTBF. C'est dire si les Waseige m'ont beaucoup apporté. Je me rends compte que Robert Waseige avait souvent raison quand je jette un regard dans mon rétro. Il veut tout maîtriser et quand ce n'est pas le cas, il n'est plus le même. Une chose est sûre : j'aimerais bien travailler un jour avec lui.

Fêtes de Wallonie ou Vlaamse Leeuw ?

Fêtes de Wallonie. Je ne chante pas le Vlaamse Leeuw mais j'apprécie la Flandre. Jos Heyligen est venu me chercher à Tilleur-Liège et Westerlo a relancé ma carrière. J'y ai vécu trois saisons sensationnelles dans une ambiance de fête. Je n'ai jamais eu un problème à Westerlo. Rien de négatif, que du respect et du bonheur. Je dois beaucoup à ce club attachant. Je dois absolument y retourner un jour, pour dire bonjour, pour travailler, pour me souvenir. Je ne suis resté que quatre mois à Beveren mais, là aussi, le contact fut chaleureux avec les supporters.

Kinepolis ou FC Liégeois ?

FC Liégeois. Ce club a sa place sur le plateau de Rocourt. Est-ce que Seraing viendrait jouer à Sainte-Walburge ? Non. Seraing-RUL est à l'aise à Seraing. Liège au Pairay, c'est pas une solution. J'en oublie parfois de suivre ce club qui m'est cher. A la place de l'ancien stade de Liège, il y a Kinepolis. Cela me fait mal. J'ai voulu me lancer un jour dans un projet de construction de stade sur l'ancien terrain d'entraînement des Sang et Marine. C'était impossible mais Liège devra revenir un jour chez lui, le plus près possible de Rocourt. A mon avis, son avenir passe par là.

André Remy ou Georges Grün ?

André Remy. J'ai l'impression de le connaître depuis toujours. C'est l'expérience, la longévité. J'ai joué contre son fils, Jean-François, en équipes de jeunes. J'ai un peu collaboré à Canal + à la demande d'André. Je connais moins bien Georges Grün contre qui j'ai évidemment joué et que j'ai croisé dans les couloirs menant à l'une ou l'autre pelouse. Le hasard fait que je n'ai jamais eu l'occasion de le voir, jusqu'à présent, dans son rôle de journaliste sportif à RTL-TVI. Etonnamment, je ne suis pas trop " foot à la télé ", sauf pour les grands événements comme la Coupe du Monde. J'ai un horaire très serré entre mes diverses activités.

Walter Baseggio ou Almani Moreira ?

Walter Baseggio mais de toute justesse. J'aime bien ces deux joueurs et il est très difficile de les comparer car ils sont différents l'un de l'autre. Walter est plus puissant, frappe à distance. Moreira est remarquable dans ses inventions et son rôle de soutien d'attaque. Le Standardman a notamment signé un match de toute beauté à Anderlecht. Fort individuellement, Almani Moreira s'y est fait aussi un malin plaisir de servir ses attaquants sur plateau en argent. Un régal pour Emile Mpenza et Aleksandros Kaklamanos. En fait, l'Anderlechtois et le Liégeois seraient encore plus remarquables ensemble, comme Walter Baseggio et Pär Zetterberg, quoi...

Chapeau à Ariel Jacobs

Filippo Gaone ou Karatmanli Nazmi ?

Filippo Gaone. C'est un personnage qui adore le football. Même si je suis en procès avec lui car j'ai payé la note du kiné après ma dernière opération. La Louvière m'avait permis de me rendre chez Lieven Maesschalk. Le club ne l'a pas défrayé et j'ai hérité de la facture : 3.750 euros. Pas grand-chose mais je procède en justice car ce sont les Loups qui devaient payer. Quelque part, c'est un jeu et je n'en veux pas à Filippo Gaone. Le président des Loups peut être hyper attachant avant d'avoir des réactions épidermiques spéciales, volcaniques pour un détail. C'est un latin. La Louvière n'existerait pas sans lui mais d'abord chapeau à Ariel Jacobs. Ce dernier me fait penser au Robert Waseige que j'ai côtoyé au FC Liégeois : il extirpe 120 % du potentiel de chacun de ses joueurs. J'avais connu Karatmanli Nazmi à Beveren où cet actionnaire turc ne fit qu'une chose : promettre.

Marc Delire ou Vincent Langendries ?

Arrêtez, consultez Michel Lecomte...

Je répète : Marc Delire ou Vincent Langendries ?

Marc Delire ou Vincent Langendries ? Non mais... Vincent Langendries quand il délire. Tiens, je ne l'ai pas fait exprès : c'est bon comme ça ?

Oui. Roger Claessen ou David Beckham ?

David Beckham. J'apprécie son style de jeu. Roger Claessen, c'est toute la mythologie du Standard. Je le connais via les médias et son souvenir reste, longtemps après sa mort. La presse en parle encore, rappelle ses exploits, son aura, sa légende, ses frasques, etc. C'est dire si c'est un personnage important. David Beckham a, quelque part, fait entrer le marketing dans le football. La célébrité de sa femme y est certainement pour beaucoup. Cela doit être dur à gérer mais il y réussit car il fait, à mon avis, la part des choses : le terrain prime. Si David Beckham n'avait pas un immense talent, en plus de sa belle gueule, la Beckhamania n'existerait pas. On peut faire tout ce qu'on veut, le football passe avant tout.

Cédric Roussel ou Andres Mendoza ?

Purée. Cédric Roussel. J'aurais bien aimé jouer avec le frappeur de Genk. C'est un pivot, on sait où il est et comment ce joueur adore être servi. Cédric Roussel est plus facile à gérer dans une vie de groupe. Il pense au collectif et en dépend. Mais Andres Mendoza, quel talent. Imprévisible, ingérable, intenable, décisif : même s'il a déjà signé de fameux feux d'artifices, je crois que le meilleur est à venir. La maturité fera son £uvre et il pourrait atteindre le top en Europe.

RWDM-Liège ou La Louvière-Gand ?

RWDM-Liège, c'était en janvier 1982, mes débuts en D1. J'avais 16 ans. C'est fou, je venais encore au stade en bus. Personne ne me connaissait, j'attendais tout de la D1, du football. Et j'ai tout reçu même si c'est un milieu parfois cruel. Sylvestre Takac m'a lancé en D1 et je me souviens encore de son accent rocailleux : -Je crois, les gars, Benoît, il faut le mettre en Première... C'était l'époque des Roger Henrotay, Louis Phillips, Michel Wintacq,.... Après Sylvestre Takac, j'ai aussi été coaché par Victor Wégria et Louis Carré. Le 22 février 2002, et 400 matches de D1 plus tard, ce fut le terme à ma carrière avec les Loups contre Gand. Je revenais, ce fut un bon match. Mais en rentrant au vestiaire, je savais que ce serait le dernier : mon tendon d'Achille me lâchait. Ma carrière aurait dû être plus belle, je sais, mais c'est la vie.

" Mon frère était plus doué que moi "

Viande ou poisson ?

Viande et pas parce que mes beaux-parents possèdent des boucheries. J'ai toujours été viande. Mes beaux-parents, c'est la simplicité, la rigueur et le travail. Nous avons vécu des moments terribles ensemble dont le home-jacking. Cela laisse des traces, je vous prie de le croire. Un de mes fils a été pris en otage. Il se réveille encore la nuit à cause d'un cauchemar. Viande oui poisson ? Mon frère Gérald travaille pour le compte d'une société de charcuterie. Gérald était plus doué que moi sur un terrain de football. Formidable attaquant. Mais il adorait sortir et, le dimanche matin, il avait parfois des yeux plus gros que des £ufs. Quand on lui demandait alors de prendre place sur le banc, il préférait retourner à la maison pour se reposer. A un moment, Aubel le voulait mais il a préféré jouer avec des copains en P3. Gérald, c'était du talent à l'état pur.

Un journal tous les jours ou un jour sans journal ?

Le lundi et le samedi, je ne peux me passer de mon journal. J'ai besoin d'événements pour aiguiser mon appétit de lecture. Je connais tellement bien le football que je m'intéresse d'abord aux autres sports : tennis, basket, etc. En fait, je lis mon journal à l'envers. Je prévois souvent les réponses des joueurs : peu m'étonnent. Un jour sans journal, cela peut faire du bien, quand cela chauffe, que la crise gronde après une série de mauvais résultats.

Accent chtimi ou chocolat suisse ?

Accent chtimi. Lens, c'est synonyme de sport, de football, de chaleur, de respect. J'y retourne encore. Cela dit, j'ai passé des moments fabuleux en Suisse, à Bellinzona, avec notamment Ljubomir Radanovic. Le Tessin, c'est le paradis sur terre. C'est tranquille, il fait beau, propre. Il y a du travail pour tout le monde. Je me souviens qu'un ami me lança un jour : -C'est la catastrophe, le taux de chômage est monté à 0,3 % de la population active. En Belgique, on tournait à du 10 %. En Suisse, on se sent toujours en sécurité.

Dany Verlinden ou Fabian Carini ?

Dany Verlinden. A 40 ans, ce qu'il réalise, c'est le max. Unique. Il est sans cesse meilleur que ses remplaçants. C'est un copain que j'adore revoir après un match, un mariage, etc. J'ai joué en équipe nationale militaire avec lui. Cette saison, il est revenu après une petite éclipse et fut sensationnel que ce soit à Anderlecht ou face à l'AC Milan. Je ne voudrais pas être à la place de Tomislav Butina : succéder à Dany Verlinden, ce n'est un cadeau pour personne. Je connais plusieurs gardiens de but ayant eu une longévité hors du commun. Mais les temps ont changé et la pression est plus forte de nos jours qu'il y a quelques années. Dany Verlinden est inoxydable et résiste à tout. Quand un jeune gardien débarque à Bruges, il s'imagine que Dany ne lui résistera pas mais c'est toujours le vieux qui gagne.

Marc Delire ou Vincent Langendries ?

J'ai déjà répondu.

Ah, oui, c'est vrai... Dernière question : Marc Wilmots ou Enzo Scifo ?

Alors là, pas question, impossible, je ne répondrai pas, même pas pour tout l'or du monde. Il est carrément impossible de faire un choix entre ces deux monstres sacrés du football belge. Marc Wilmots ou Enzo Scifo ? Mais cela ne va pas la tête ou quoi ? Non, non, non, vous pouvez reposer la question...

Si vous le demandez : Wilmots ou Scifo ?

Mais il n'a pas compris : je ne répondrai pas. D'ailleurs, je n'ai plus le temps, je dois fermer le magasin, me rendre à Verviers. Wilmots ou Scifo ? Wilmots ou Scifo ? C'est pas croyable...

" J'aurais pu et dû faire du bon boulot avec Emilio Ferrera "

" J'aurais aimé jouer avec Cédric Roussel. Il pense au collectif et en dépend "

Le Concorde a pris sa pension et sa splendide silhouette ne fendra plus jamais les cieux du monde entier. A 39 ans et après 21 saisons riches de présence, d'aventures et de rencontres diverses en D1, Benoît Thans, lui, vit toujours à Match 2. Il vole d'une activité à l'autre : les deux magasins de sport qu'il gère avec Jean-François Lecomte à Chênée et à Waimes, le Challenge Edhem Sljivo, son école de football, ses activités de consultant à la RTBF, son rôle de consultant sportif au CS Verviers, etc. Mais tout cela semble parfois moins compliqué que certaines de nos questions. Non, Ben, t'as pas le choix, faut répondre à toutes les questions... Benoît Thans : Bleu de travail mais à condition qu'il soit signé par Olivier Strelli que j'adore. C'est Robert Waseige qui avait lancé cette expression en parlant de moi mais aussi d'autres joueurs du FC Liégeois. Il avait raison. Même quand on met son n£ud pap' sur un terrain, il faut se salir. Sans cela, on ne gagne pas, on ne progresse pas. Je croyais que le talent était primordial. Non, la base de tout, c'est le travail. Je l'ai compris à 26 ans, après avoir pris quelques coups sur la cafetière. J'ai quitté le Standard pour me retrouver en Suisse, à Bellinzona, et j'ai alors revêtu ma salopette. Cela m'a bien réussi. Non, non, non : il m'est impossible de répondre à cette question. Ce sont deux amis, tellement différents l'un de l'autre, mais complémentaires. Marc est extraverti, Vincent est d'une grande sobriété. Non, non, non... Samedi prochain, je n'aurai pas le choix car je serai sur le plateau de Match 1, ce qui m'amuse beaucoup. Bercheux-Verviers quand même si vous m'obligez à faire un choix. Je suis consultant sportif à Verviers. Je suggère des solutions dans des tas de domaines : encadrement sportif, marketing, développement des infrastructures, etc. Je ne prends pas la décision finale qui est du ressort du conseil d'administration. En 1956, Verviers disputait et perdait la finale de la Coupe de Belgique contre le Racing Tournai : 2-1. Puis, ce fut une longue plongée vers le bas pour ce club d'une ville de 55.000 habitants. La D1 de l'époque de Jo Pannaye, c'est loin et la venue chez nous de La Louvière, dans le cadre de la Coupe de Belgique, a mis l'eau à la bouche des Lainiers. Pepinster s'est fait connaître grâce au basket, Auxerre ne signifiait rien avant l'ère Guy Roux. Le bourgmestre de Verviers, Claude Desama, mesure combien le sport est important pour l'image de marque de la région. La saison passée, nous avons sauvé le club financièrement et sportivement en restant en Promotion. Bernard Habrant est le coach et j'ai été suivi par des gars qui croyaient au projet : Raphaël Micelli, Ronald Foguenne et Jean-François Lecomte. On prendra le temps mais on avancera. Daniel Leclercq. Je retiens ses six bons premiers mois au Tivoli. De plus, il a la fibre lensoise, ce que j'adore. J'aurais pu et dû faire du bon boulot avec Emilio Ferrera : allez savoir pourquoi ce ne fut pas possible. Ligue des Champions ? Challenge Sljivo. Cette fête, je l'ai reprise avec un ami, en l'honneur d'Edhem Sljivo, un des plus grands joueurs ayant évolué en Belgique. Nous rendons hommage à Edko, aux jeunes, à la technique avec, du 15 décembre au 3 janvier, 4.500 joueurs, 270 équipes, des vedettes, des inconnus, une ouverture à tous, etc. Nous aurons des équipes de Wallonie, de Flandre, de Bruxelles, du grand-duché de Luxembourg, d'Allemagne, de France, de Hollande. Ce sera télévisé par la RTBF. C'est devenu un événement... Pas question de trancher : posez la question à Rodrigo Beenkens. Robert Waseige. Il m'a formé. C'est une présence de plus de 20 ans dans ma vie. J'ai joué avec son fils, Frédéric. J'ai même fait mon service militaire avec Fred et nous avons aussi travaillé ensemble à la RTBF. C'est dire si les Waseige m'ont beaucoup apporté. Je me rends compte que Robert Waseige avait souvent raison quand je jette un regard dans mon rétro. Il veut tout maîtriser et quand ce n'est pas le cas, il n'est plus le même. Une chose est sûre : j'aimerais bien travailler un jour avec lui. Fêtes de Wallonie. Je ne chante pas le Vlaamse Leeuw mais j'apprécie la Flandre. Jos Heyligen est venu me chercher à Tilleur-Liège et Westerlo a relancé ma carrière. J'y ai vécu trois saisons sensationnelles dans une ambiance de fête. Je n'ai jamais eu un problème à Westerlo. Rien de négatif, que du respect et du bonheur. Je dois beaucoup à ce club attachant. Je dois absolument y retourner un jour, pour dire bonjour, pour travailler, pour me souvenir. Je ne suis resté que quatre mois à Beveren mais, là aussi, le contact fut chaleureux avec les supporters. FC Liégeois. Ce club a sa place sur le plateau de Rocourt. Est-ce que Seraing viendrait jouer à Sainte-Walburge ? Non. Seraing-RUL est à l'aise à Seraing. Liège au Pairay, c'est pas une solution. J'en oublie parfois de suivre ce club qui m'est cher. A la place de l'ancien stade de Liège, il y a Kinepolis. Cela me fait mal. J'ai voulu me lancer un jour dans un projet de construction de stade sur l'ancien terrain d'entraînement des Sang et Marine. C'était impossible mais Liège devra revenir un jour chez lui, le plus près possible de Rocourt. A mon avis, son avenir passe par là. André Remy. J'ai l'impression de le connaître depuis toujours. C'est l'expérience, la longévité. J'ai joué contre son fils, Jean-François, en équipes de jeunes. J'ai un peu collaboré à Canal + à la demande d'André. Je connais moins bien Georges Grün contre qui j'ai évidemment joué et que j'ai croisé dans les couloirs menant à l'une ou l'autre pelouse. Le hasard fait que je n'ai jamais eu l'occasion de le voir, jusqu'à présent, dans son rôle de journaliste sportif à RTL-TVI. Etonnamment, je ne suis pas trop " foot à la télé ", sauf pour les grands événements comme la Coupe du Monde. J'ai un horaire très serré entre mes diverses activités. Walter Baseggio mais de toute justesse. J'aime bien ces deux joueurs et il est très difficile de les comparer car ils sont différents l'un de l'autre. Walter est plus puissant, frappe à distance. Moreira est remarquable dans ses inventions et son rôle de soutien d'attaque. Le Standardman a notamment signé un match de toute beauté à Anderlecht. Fort individuellement, Almani Moreira s'y est fait aussi un malin plaisir de servir ses attaquants sur plateau en argent. Un régal pour Emile Mpenza et Aleksandros Kaklamanos. En fait, l'Anderlechtois et le Liégeois seraient encore plus remarquables ensemble, comme Walter Baseggio et Pär Zetterberg, quoi... Filippo Gaone. C'est un personnage qui adore le football. Même si je suis en procès avec lui car j'ai payé la note du kiné après ma dernière opération. La Louvière m'avait permis de me rendre chez Lieven Maesschalk. Le club ne l'a pas défrayé et j'ai hérité de la facture : 3.750 euros. Pas grand-chose mais je procède en justice car ce sont les Loups qui devaient payer. Quelque part, c'est un jeu et je n'en veux pas à Filippo Gaone. Le président des Loups peut être hyper attachant avant d'avoir des réactions épidermiques spéciales, volcaniques pour un détail. C'est un latin. La Louvière n'existerait pas sans lui mais d'abord chapeau à Ariel Jacobs. Ce dernier me fait penser au Robert Waseige que j'ai côtoyé au FC Liégeois : il extirpe 120 % du potentiel de chacun de ses joueurs. J'avais connu Karatmanli Nazmi à Beveren où cet actionnaire turc ne fit qu'une chose : promettre. Arrêtez, consultez Michel Lecomte... Marc Delire ou Vincent Langendries ? Non mais... Vincent Langendries quand il délire. Tiens, je ne l'ai pas fait exprès : c'est bon comme ça ? David Beckham. J'apprécie son style de jeu. Roger Claessen, c'est toute la mythologie du Standard. Je le connais via les médias et son souvenir reste, longtemps après sa mort. La presse en parle encore, rappelle ses exploits, son aura, sa légende, ses frasques, etc. C'est dire si c'est un personnage important. David Beckham a, quelque part, fait entrer le marketing dans le football. La célébrité de sa femme y est certainement pour beaucoup. Cela doit être dur à gérer mais il y réussit car il fait, à mon avis, la part des choses : le terrain prime. Si David Beckham n'avait pas un immense talent, en plus de sa belle gueule, la Beckhamania n'existerait pas. On peut faire tout ce qu'on veut, le football passe avant tout. Purée. Cédric Roussel. J'aurais bien aimé jouer avec le frappeur de Genk. C'est un pivot, on sait où il est et comment ce joueur adore être servi. Cédric Roussel est plus facile à gérer dans une vie de groupe. Il pense au collectif et en dépend. Mais Andres Mendoza, quel talent. Imprévisible, ingérable, intenable, décisif : même s'il a déjà signé de fameux feux d'artifices, je crois que le meilleur est à venir. La maturité fera son £uvre et il pourrait atteindre le top en Europe. RWDM-Liège, c'était en janvier 1982, mes débuts en D1. J'avais 16 ans. C'est fou, je venais encore au stade en bus. Personne ne me connaissait, j'attendais tout de la D1, du football. Et j'ai tout reçu même si c'est un milieu parfois cruel. Sylvestre Takac m'a lancé en D1 et je me souviens encore de son accent rocailleux : -Je crois, les gars, Benoît, il faut le mettre en Première... C'était l'époque des Roger Henrotay, Louis Phillips, Michel Wintacq,.... Après Sylvestre Takac, j'ai aussi été coaché par Victor Wégria et Louis Carré. Le 22 février 2002, et 400 matches de D1 plus tard, ce fut le terme à ma carrière avec les Loups contre Gand. Je revenais, ce fut un bon match. Mais en rentrant au vestiaire, je savais que ce serait le dernier : mon tendon d'Achille me lâchait. Ma carrière aurait dû être plus belle, je sais, mais c'est la vie. Viande et pas parce que mes beaux-parents possèdent des boucheries. J'ai toujours été viande. Mes beaux-parents, c'est la simplicité, la rigueur et le travail. Nous avons vécu des moments terribles ensemble dont le home-jacking. Cela laisse des traces, je vous prie de le croire. Un de mes fils a été pris en otage. Il se réveille encore la nuit à cause d'un cauchemar. Viande oui poisson ? Mon frère Gérald travaille pour le compte d'une société de charcuterie. Gérald était plus doué que moi sur un terrain de football. Formidable attaquant. Mais il adorait sortir et, le dimanche matin, il avait parfois des yeux plus gros que des £ufs. Quand on lui demandait alors de prendre place sur le banc, il préférait retourner à la maison pour se reposer. A un moment, Aubel le voulait mais il a préféré jouer avec des copains en P3. Gérald, c'était du talent à l'état pur. Le lundi et le samedi, je ne peux me passer de mon journal. J'ai besoin d'événements pour aiguiser mon appétit de lecture. Je connais tellement bien le football que je m'intéresse d'abord aux autres sports : tennis, basket, etc. En fait, je lis mon journal à l'envers. Je prévois souvent les réponses des joueurs : peu m'étonnent. Un jour sans journal, cela peut faire du bien, quand cela chauffe, que la crise gronde après une série de mauvais résultats. Accent chtimi. Lens, c'est synonyme de sport, de football, de chaleur, de respect. J'y retourne encore. Cela dit, j'ai passé des moments fabuleux en Suisse, à Bellinzona, avec notamment Ljubomir Radanovic. Le Tessin, c'est le paradis sur terre. C'est tranquille, il fait beau, propre. Il y a du travail pour tout le monde. Je me souviens qu'un ami me lança un jour : -C'est la catastrophe, le taux de chômage est monté à 0,3 % de la population active. En Belgique, on tournait à du 10 %. En Suisse, on se sent toujours en sécurité. Dany Verlinden. A 40 ans, ce qu'il réalise, c'est le max. Unique. Il est sans cesse meilleur que ses remplaçants. C'est un copain que j'adore revoir après un match, un mariage, etc. J'ai joué en équipe nationale militaire avec lui. Cette saison, il est revenu après une petite éclipse et fut sensationnel que ce soit à Anderlecht ou face à l'AC Milan. Je ne voudrais pas être à la place de Tomislav Butina : succéder à Dany Verlinden, ce n'est un cadeau pour personne. Je connais plusieurs gardiens de but ayant eu une longévité hors du commun. Mais les temps ont changé et la pression est plus forte de nos jours qu'il y a quelques années. Dany Verlinden est inoxydable et résiste à tout. Quand un jeune gardien débarque à Bruges, il s'imagine que Dany ne lui résistera pas mais c'est toujours le vieux qui gagne. J'ai déjà répondu. Alors là, pas question, impossible, je ne répondrai pas, même pas pour tout l'or du monde. Il est carrément impossible de faire un choix entre ces deux monstres sacrés du football belge. Marc Wilmots ou Enzo Scifo ? Mais cela ne va pas la tête ou quoi ? Non, non, non, vous pouvez reposer la question... Mais il n'a pas compris : je ne répondrai pas. D'ailleurs, je n'ai plus le temps, je dois fermer le magasin, me rendre à Verviers. Wilmots ou Scifo ? Wilmots ou Scifo ? C'est pas croyable... " J'aurais pu et dû faire du bon boulot avec Emilio Ferrera " " J'aurais aimé jouer avec Cédric Roussel. Il pense au collectif et en dépend "