Claude-Arnaud Rivenet (30 ans) accepte les règles du jeu et se met à table. Sur chaque thème, deux propositions, un choix à faire, joker interdit. En avant!
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Claude-Arnaud Rivenet (30 ans) accepte les règles du jeu et se met à table. Sur chaque thème, deux propositions, un choix à faire, joker interdit. En avant!Claude-Arnaud Rivenet: Mons. C'est normal. C'est mon club actuel et j'ai toujours tout donné pour mon employeur. Je ne pense donc qu'à l'Albert. Le jeu que nous pratiquons est plus pétillant que le foot que j'ai connu à La Louvière. Parce qu'il y a plus de qualités ici. Et, surtout, le club est plus calme, plus stable. Au Tivoli, on a changé d'entraîneur en cours de saison et il y a eu énormément de mouvements à tous les étages du club. Par moments, c'était tout et n'importe quoi. Mais cela ne m'empêche pas de garder un bon souvenir de La Louvière, qui m'a permis de retrouver du boulot alors que j'étais au chômage. J'y ai rencontré des gens formidables. En arrivant, je ne connaissais que Frédéric Tilmant, pour avoir joué avec lui à Gueugnon. Il était mon seul point de repère. Mais, au moment où je suis parti, je n'avais que des potes là-bas. Tivoli ou Tondreau?Tondreau. Les deux stades ont des points communs. C'est exigu et les lessiveuses sont dans le couloir des vestiaires...Mais le Tondreau a un énorme avantage: il n'a pas de piste d'athlétisme qui casse l'atmosphère. Pour la même assistance dans les deux stades, il y a beaucoup plus d'ambiance ici. Question mentalité des supporters, ça se ressemble. Les gens sont modestes, naturels et ont le coeur sur la main. Ils compensent leur niveau de vie limité par une certaine joie de vivre. Au début, je n'étais pas apprécié à La Louvière. Mais le vent a tourné quand les supporters ont compris que j'étais venu pour apporter quelque chose à l'équipe, que je n'étais pas seulement un des joueurs français amenés par Daniel Leclercq. Ici, le public est plus indifférent à mon égard. On s'apprécie mutuellement, sans plus.Axe ou flanc droit?Axe. Sans hésiter. J'avais commencé à droite avec La Louvière, puis je suis passé dans l'axe et c'est là que je me suis pleinement épanoui. J'ai eu subitement plus de responsabilités et ça me convient mieux. Ici aussi, j'ai débuté à droite, puis j'ai glissé dans l'axe quand Pascal De Vreese s'est blessé. Je pense avoir plus de qualités pour jouer là: une bonne technique, une condition physique au-dessus de la moyenne, le sens du placement et de bonnes notions tactiques.But ou assist?Assist. Une passe décisive me rend certainement aussi heureux qu'un but. Si j'arrive bien placé devant le but mais qu'un coéquipier peut marquer à coup sûr, je lui cède la balle. Je l'ai fait contre Charleroi, par exemple: j'aurais pu reprendre de volée, mais mon tir risquait d'être contré et j'ai passé à Cédric Roussel, qui a marqué. J'étais aussi content que lui. Parfois, je devrais d'ailleurs être plus individualiste. Il m'arrive de donner mon ballon alors que je pourrais tenter quelque chose. Comme au Standard, dernièrement: j'ai alerté Roussel mais j'aurais dû continuer à progresser et tenter ma chance à l'entrée du rectangle, vu que personne ne m'attaquait.Karagiannis-Haydock ou Joly-Suray?Karagiannis-Haydock. J'adorais Karagiannis, pour son football et ses qualités humaines. C'est un gueulard, mais un gueulard honnête. Haydock et lui, je les appelais mes chiens de garde: ils allaient chercher des balles et me les donnaient. Mon jeu est différent avec Eric Joly. C'est plus un créateur et nous devons faire attention de ne pas faire double emploi. Il organise le jeu et il ne faut pas deux organisateurs dans une équipe. Donc, je dois jouer plus haut et lui proposer des alternatives aux flancs et à Roussel. A La Louvière, c'était moi qui faisais jouer l'équipe. Etre obligé de trouver des solutions dans le feu de l'action, c'est fort agréable.Ouédec ou Tilmant?Tilmant. Je connaissais un peu Ouédec quand nous sommes arrivés à La Louvière. Nous avions le même manager. Il a énormément de qualités, mais c'est un gars un peu spécial, fort renfermé. Tilmant, c'est tout l'inverse: la bonne humeur permanente. Nous avons deux caractères qui se ressemblent. Je suis encore souvent en contact avec lui et il est dégoûté à l'idée de rater peut-être la finale de la Coupe de Belgique alors qu'il est l'enfant de La Louvière. J'ai su rebondir là-bas, Ouédec a échoué. Il a eu des problèmes familiaux, une fracture de l'orteil: je sentais qu'il n'était plus du tout concerné par le truc et il valait mieux qu'il s'en aille.Jacobs ou Grosjean?Jacobs parce qu'il m'a sorti d'une situation difficile. Nous avions une relation très forte. Il a des méthodes fort maître d'école, avec beaucoup de discours devant le tableau, mais je n'oublierai jamais qu'il m'a remis le pied à l'étrier. En arrivant ici, j'ai dû apprendre à connaître Grosjean. Avec lui aussi, le contact passe très bien. Ses méthodes de travail ne ressemblent pas du tout à celles de Jacobs: les entraînements se font toujours dans la bonne humeur. C'est sans doute dû aux joueurs qui composent le noyau. Gaone ou Leclercq?éa, c'est vache. Leclercq quand même. Ses raisonnements n'étaient pas toujours faciles à suivre. Il faisait ceci pour provoquer cela, mais tout le monde ne le comprenait pas nécessairement. Le lendemain de sa démission, il m'a expliqué ce qu'il avait recherché dans son travail à La Louvière. Mais je ne tiens pas à révéler ce qu'il m'a dit ce jour-là. Il avait fini par comprendre que son message ne passait plus du tout. En tout cas, je lui serai toujours reconnaissant de m'avoir extrait de l'anonymat des chômeurs. Avec Gaone, ça ne s'est pas trop bien passé. Il attendait sans doute plus de moi, et de mon côté, j'attendais plus de respect de sa part.Mise au vert ou rendez-vous au stade à 15 heures?Rendez-vous à 15 heures. Je n'en ai pas cru mes yeux quand je suis arrivé en Belgique. Se retrouver aussi tard, ça me paraissait irréel. Mais je m'y suis habitué et c'est mieux comme ça. En France, les mises au vert étaient systématiques avant les matches en déplacement, et quand on jouait à domicile, on se retrouvait dès le matin. On prenait le repas de midi à l'hôtel, puis tout le monde partait à la sieste. Cela me semblait indispensable, mais j'ai compris entre-temps que ça ne l'était pas. La seule chose qui me manque, c'est la sieste. Quand on doit être au stade à 15 heures, j'ai du mal à la faire... Ici, j'ai aussi découvert les matches du dimanche. Cela aussi, c'est un autre rythme. En France, je n'ai jamais joué que le samedi.Chômeur ou gravement blessé?Chômeur. Cent fois. Même quand on pointe, on peut toujours passer des tests et espérer signer un contrat du jour au lendemain. Alors que le joueur gravement blessé sait qu'il ne rejouera pas avant plusieurs mois. Je n'ai jamais rien eu de grave: je touche du bois.Tour Eiffel ou Atomium?Tour Eiffel. J'apprécie Bruxelles, mais Paris reste Paris: c'est une ville plus complète et il y a plus de choses à y faire. Mais j'ai découvert de jolies villes belges. Je garde un grand souvenir du carnaval à Binche et à Morlanwelz, où j'ai habité pendant quelques mois. Je me suis retrouvé au coeur des Gilles avec Tilmant: un moment inoubliable. L'été dernier, je suis retourné m'installer en France, dans la région de Lille: pour la scolarité de mes enfants et parce que ma femme a repris des études d'esthéticienne. Il fallait de toute façon que je quitte Morlanwelz, vu que la maison appartenait au club. A La Louvière, j'ai été effaré quand j'ai appris que certains joueurs roulaient une heure et demie pour venir à l'entraînement. En France, cela n'existe pas. Tous les footballeurs habitent près du stade, même si cela ne leur est pas imposé par contrat.Gastronomie lyonnaise ou steak-frites?Steak-frites. J'ai joué huit ans à Lyon et j'ai découvert la merveilleuse gastronomie de cette région. Mais il ne faut pas exagérer parce que c'est très gras. Encore plus que vos frites! L'andouillette ou les petites escapades dans les bouchons lyonnais, on ne peut pas en abuser. éa se voit vite sur la balance.Finale de la Coupe de France avec Amiens ou qualification européenne avec Mons?Finale de la Coupe de France. J'en garde des images merveilleuses, mais aussi une grande frustration parce qu'Amiens aurait dû battre Strasbourg. Le Stade de France était plein et 40.000 personnes de la région d'Amiens avaient fait le déplacement. Fabuleux. Tout le monde était là: les amis, la famille. J'en ai eu la chair de poule. Cette finale n'a pas duré une heure et demie mais une semaine complète. Le build-up a été une expérience unique. C'est tout un club qui a grandi vers Paris. L'Europe avec Mons? C'est utopique, et ce n'est de toute façon pas un objectif. A chaque jour suffit sa peine. Olmeta ou Proto?Olmeta. Je l'ai côtoyé à Lyon. Quel personnage! Avec lui, il se passait toujours quelque chose dans le vestiaire. Quand il racontait des anecdotes avec son accent corse, nous étions tous pliés en deux. Et quand Amoros le chambrait, ça faisait des étincelles. Proto? Très bon, un chouette gars qui a tout l'avenir devant lui.Ciobotariu ou Siquet?Ciobotariu. Siquet est aussi un personnage, un caractère, un râleur. Ciobotariu, c'est un gentleman, un gars tip-top. Je le choisis pour tout ce qu'il représente sur le terrain et en dehors. Claude-Arnaud ou Jean-Pierre?Tant qu'à avoir un prénom composé, il doit être original. Ces prénoms en deux parties, c'est une tradition familiale. Je ne connais pas d'autre Claude-Arnaud. Mon frère s'appelle Pierre-Etienne. Avant d'arriver ici, c'était le seul que je connaissais. Maintenant, je sais qu'il en existe au moins un deuxième: le fils de... Marc Grosjean. Pierre Danvoye"Gaone ou Leclercq? Question vache! Je prends quand même Leclercq"