Si les Rouches ont mis le grand braquet en fin de saison, ils le doivent aussi à Milan Rapaic, 31 ans, qui carbure à la super depuis des semaines. Gros travail entre les lignes, repli sur la pelouse afin de prêter main forte à la récupération, implication dans la conception du jeu, coups francs bien léchés : l'artiste a eu besoin de travail et de patience pour se définir dans le football belge. Ce dribbleur l'a joué modeste, a abandonné son habituel smoking de magicien pour une salopette d'ouvrier du ballon rond. Dès son arrivée, il avait demandé qu'on laisse le temps au temps. Avec un personnalité plus discrète que Sergio Conceiçao, il est monté plus progressivement dans les tours que le boss portugais. Le faiseur de jeu slave s'est visiblement ressourcé à Sclessin, y est apprécié par ses équipiers. Son avenir fut au centre d'une de nos questions. Mais il y en a eu pas mal d'autres qui rappellent les clubs où l'international croate (41 sélections) est passé de 1991 à 2005 : Hajduk Split, Pérouse, Fenerbahce, Ancône, Standard.
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Si les Rouches ont mis le grand braquet en fin de saison, ils le doivent aussi à Milan Rapaic, 31 ans, qui carbure à la super depuis des semaines. Gros travail entre les lignes, repli sur la pelouse afin de prêter main forte à la récupération, implication dans la conception du jeu, coups francs bien léchés : l'artiste a eu besoin de travail et de patience pour se définir dans le football belge. Ce dribbleur l'a joué modeste, a abandonné son habituel smoking de magicien pour une salopette d'ouvrier du ballon rond. Dès son arrivée, il avait demandé qu'on laisse le temps au temps. Avec un personnalité plus discrète que Sergio Conceiçao, il est monté plus progressivement dans les tours que le boss portugais. Le faiseur de jeu slave s'est visiblement ressourcé à Sclessin, y est apprécié par ses équipiers. Son avenir fut au centre d'une de nos questions. Mais il y en a eu pas mal d'autres qui rappellent les clubs où l'international croate (41 sélections) est passé de 1991 à 2005 : Hajduk Split, Pérouse, Fenerbahce, Ancône, Standard. Vincent Kompany est un des plus grands talents au monde. A 18 ans à peine, le Bruxellois exhibe des qualités hors du commun. Il a été géant face au Standard, au stade Constant Vanden Stock, en étant aussi impressionnant à la récupération que devant notre rectangle. Techniquement, il est au-dessus du lot. Tactiquement, Vincent Kompany m'a étonné en raison de sa jeunesse. Physiquement, ses atouts sont évidents. A cet âge-là, cette addition de qualités est exceptionnelle. L'Anderlechtois a également du charisme à revendre. Vincent Kompagny peut jouer, sans problème, au Barça, au Real Madrid ou dans n'importe quel autre club du top mondial. Ogushi Onyewu a livré une très grande saison aussi. Ses points forts sont connus : confiance en soi, présence dans le trafic aérien, intransigeance dans les duels d'homme à homme, rentrées en touches atomiques, etc. C'est un arrière central en pleine évolution. La presse évoque son passage à Anderlecht. Si cela se concrétise, Ogushi Onyewu s'imposera sans problème à Anderlecht et il en ferait autant dans d'autres clubs importants. Je préfère le style mauve. Techniquement, Anderlecht présente plus de richesses et de diversités que Bruges. Cela permet aux Bruxellois d'avoir un jeu plus varié avec des oscillations plus surprenantes dans son occupation du terrain. Bruges est l'équipe d'un système qui, c'est évident, lui a permis de collectionner les succès sur la scène belge. Le Standard s'est rendu chez ces deux ténors du football belge en fin de saison. Bruges a été présent physiquement, comme on s'y attendait, mais nous n'avions pas eu de gros problèmes. Anderlecht, par contre, nous a posé d'énormes soucis tactiques et a gagné le défi technique. Ce sont deux joueurs marquants qui assument des rôles importants et sont capables de porter une équipe, de la dynamiser, d'évoluer à plusieurs places. Ce sont des footballeurs tellement différents qu'il est impossible, même inutile, de comparer leur style. Leur utilité dépend du concept tactique de l'équipe, de la vision du coach. Pour moi, c'est un bonheur de jouer avec les deux. Je connais bien les qualités de Moka car c'est un grand ami. Ivica peut miser sur un physique de tous les diables qui lui permet d'user les défenses adverses. Sergio dispose d'une technique incroyable et apporte beaucoup à notre groupe. Si Liège était plus ensoleillée, la réponse me poserait des problèmes. Il suffit de se promener dans le centre, Place Cathédrale ou ailleurs, tout est cent fois plus beau quand le thermomètre monte et qu'il ne fait pas froid. A Split, le temps est toujours agréable. C'est une ville magnifique avec richesses archéologiques, le palais de Dioclétien, etc. On peut y regarder toute la journée des bateaux qui quittent le port, et ses palmiers, pour se rendre dans les îles de l'Adriatique. Split vaut le coup d'£il, j'y ai débuté ma carrière. Je dis Calcio sans snober la D1 belge. Le Calcio, c'est le sommet, le plus grand des championnats. Non, on ne fait pas mieux. J'apprécie le football anglais car, en PremierLeague, il y a beaucoup d'occasions de but, une ambiance du tonnerre. Mais le Calcio m'est plus cher. Le foot italien, c'est une autre religion. Chaque match est un événement, que ce soit dans une grande ville ou pas. Les équipes italiennes sont les mieux préparées au monde. On ne laisse rien au hasard, certainement pas le moindre détail tactique. Rien n'est plus important que la stratégie et chacun connaît son job sur le bout des doigts. Et il faut s'y tenir. Il n'y a qu'une chose qui compte : la victoire. Chacun tente d'éviter la moindre erreur tout en profitant de la plus petite faille dans le comportement adverse. Le Calcio, c'est de la tactique, de l'intelligence. Un entraîneur italien a dit très justement : En Italie, la Série C, c'est les jambes et les jambes. La Série B, c'est la tête et les jambes. Quant à la Série A, c'est la tête et la tête. En Belgique, la D1, c'est les jambes et puis la tête. Mais je me suis adapté et c'est intéressant aussi. J'ai 31 ans et je ne sais toujours pas si je suis un attaquant ou un médian : je ne le saurai probablement jamais. Je dois me situer quelque part entre les deux mais je suis d'abord un joueur offensif. Dans l'absolu, il est plus facile de jouer dans la ligne médiane qu'en pointe. Devant, si on n'est pas à 100 %, ce n'est pas suffisant pour faire la différence. Le moindre déficit se voit tout de suite. Par contre, dans la ligne médiane, on peut jouer plus calmement, camoufler ses manquements, roder son football tout en étant utile à l'équipe. Naturellement, je préfère le 4-3-3 avec une place à gauche dans le triangle de pointe. C'est là que je sens le mieux. Cela ne signifie pas du tout que le 4-4-2 ne me convienne pas mais je préfère jouer dans un 4-4-2 d'une équipe qui donne le ton que dans celui d'un groupe qui subit le jeu et où les médians sont obligés de reculer sans cesse. Je ne suis pas scotché à gauche car je peux jouer aussi en tant que soutien axial d'un duo offensif (4-3-1-2) ou sur la droite d'un trio offensif (4-3-3). En Italie, par exemple, ces variations sont nombreuses car on y tient compte des atouts et faiblesses adverses. J'ai joué avec eux à Pérouse, mon premier club italien. Ils m'ont laissé un bon souvenir. Marc Emmers et Bruno Versavel étaient d'excellents footballeurs et des gagneurs. Le premier était un très gros travailleur mais ma préférence va plus vers Bruno Versavel qui s'exprimait d'abord via une magnifique technique individuelle. Là, nous sommes en présence de deux grands buteurs. Mais ils sont différents. Nenad Jestrovic opère plus près du gardien adverse où sa vivacité et sa robustesse font souvent la différence. Il ne faut laisser traîner aucun ballon devant ses pieds. Bosko Balaban est plus rapide, peut partir de plus loin, joue aussi bien en pointe que sur le côté comme c'est le cas à Bruges où Rune Lange fait souvent office de tour offensive. Balaban et Jestrovic sont aussi bons l'un que l'autre. Pierluigi Collina est un immense arbitre. Il lit bien le jeu, se trompe rarement, impose naturellement son autorité. Son physique inhabituel a accentué son charisme. Cela lui permet de trancher vite dans des situations délicates. Les joueurs n'ont pas envie de contester un arbitre aussi présent et imposant. En Belgique, les arbitres sont parfois un peu hautains. Moi, j'aime bien l'élégant Frank De Bleeckere et surtout un costaud moustachu mais j'ai oublié son nom. Comme tous les joueurs, j'apprécie évidemment l'atmosphère qui règne au Standard : elle est unique en Belgique. Mais elle n'est cependant pas comparable à ce qui se passe en Turquie, surtout à Fenerbahçe. Istanbul est une ville gigantesque de 20.000.000 d'habitants. Fenerbahçe déplace 30.000 supporters lors de chacun de ses matches de championnat disputé à l'extérieur. Fenerbahçe suscite la même passion quand il se produit dans des pays comme l'Allemagne, où il y a une forte communauté turque. A ma connaissance, Fenerbahçe compte 25 millions de supporters à travers le monde. Des centaines de personnes travaillent au stade qui se transforme en volcan quand l'équipe monte sur la pelouse. Les passes décisives ne sont pas appréciées à leur juste valeur. Marius Mitu est largement en tête du classement des passeurs alors qu'il joue dans un petit club, le Lierse. Excellent joueur. Il peut s'imposer partout en Belgique. Pour fournir des passes décisives, il faut comprendre le jeu de son équipe, bien lire les événements, savoir utiliser les services du buteur. C'est toujours agréable de fournir un ballon décisif à un équipier. C'est une de mes armes. Mais le plus bel assist n'égale quand même pas le plaisir de marquer. Boris, c'est le prénom de mon fils. Je vote en faveur de Boum Boum Becker car il a tout gagné sur les terrains de tennis du monde entier. Le sport a la priorité et je ne retiens pas Eltsine car je n'aime pas la politique. Technique, évidemment mais je m'empresse de préciser tout de suite que le plus doué des joueurs n'y arrive plus sans un physique à la hauteur. Mais la technique occupera toujours la priorité dans mon esprit. L'art est d'inscrire cela dans le schéma tactique de son équipe. On ne crée pas un esprit d'équipe en un jour. Il faut travailler des mois. C'est progressif. Bruges dispose de la même ossature depuis des années. Quand une équipe est bien posée sur la pelouse, parfaitement organisée tactiquement, tout est plus facile : attaquer, défendre, poser le jeu, etc. Dominique D'Onofrio. Et sans hésiter. J'apprécie autant l'homme que le coach. Il m'a compris, m'a tout expliqué, m'a permis de décoder le football belge. La qualité de son travail saute aux yeux. Les résultats sont là. J'ai eu moins de contacts avec Ciro Blazevic, l'ancien coach national croate. Il m'a ignoré quand j'étais en super forme. Alors, Dominique D'Onofrio est plus important pour moi que lui. Au Brussels, j'ai écopé d'une carte rouge après une altercation avec Fritz Emeran. C'est le football. Mais si je dois désigner un joueur, c'est Anthony Vanden Borre. L'arrière droit d'Anderlecht m'a épaté. Contre le Standard, il est monté 300 fois dans notre camp pour balayer tout son flanc droit. A mon avis, ce fut une des clefs tactiques de la rencontre. Cela a permis à Anderlecht de s'imposer de toute justesse, certes, mais c'était gagner qui comptait. Le Standard aurait dû attaquer. Nous avons été incapables de le faire, surtout après le repos. Anderlecht nous a pressés. Le Standard s'est défendu au lieu de porter le danger dans le camp adverse. Antony Vanden Borre a abattu beaucoup de travail dans le concept tactique de sa formation. J'ai été sidéré d'apprendre qu'il n'avait que 17 ans. C'est prometteur. S'il continue de la sorte, Anthony Vanden Borre va vivre une très grande carrière. Prosinecki a été un des plus grands médians de son époque. Il a tout gagné au temps de sa splendeur à l'Etoile Rouge Belgrade, au Real Madrid, à Barcelone, au Dynamo Zagreb, en équipe nationale croate. Prosinecki savait tout faire balle au pied et a été sur le toit du monde. Ses blessures ont hélas contrarié sa carrière. Zetterberg est un bon joueur aussi, un grand technicien. Il abat du bon boulot à Anderlecht. Mais le parcours et le talent de Robert Prosinecki sont tellement impressionnants. Il avait la classe mondiale. Ce sont les deux meilleurs gardiens de buts de D1 en Belgique. Je ne vois pas de grandes différences entre eux. Tomislav Butina a justifié les espoirs placés en lui à Bruges. Il mérite sa place en équipe nationale croate. Mais je ne comprends toujours pas pourquoi Vedran Runje n'a jamais défendu les filets croates. On l'a ignoré même quand il cassait la baraque à Marseille. J'ai le président de Chelsea tous les jours au téléphone... Non, c'est une blague, je ne connais pas Roman Abramovich. Vous non plus ? Ah, je ne suis pas le seul, alors. Par contre, je connais bien Luciano D'Onofrio. Il m'a proposé un contrat au Standard et tout ce que j'ai découvert dans ce club correspondait parfaitement à tout ce qui m'avait été décrit. Luciano D'Onofrio reconstruit un club. Le Standard s'est doté d'un outil de travail très performant. C'est un club qui monte en puissance et je suis heureux de l'aider dans ce travail de renouveau. J'ai signé un contrat jusqu'en 2006. Mon seul objectif actuel, c'est le prochain match du Standard et rien d'autre. Après cela, on verra. Dans le monde du football, rien n'est jamais définitif. Je n'ai pas d'autres plans pour le moment. La Belgique peut s'attendre à un accueil très chaud à Belgrade. Elle doit réussir un exploit là-bas afin de préserver ses chances de qualification pour la phase finale de la Coupe du Monde 2006 en Allemagne. Ce sera difficile, je n'y crois pas. La Serbie &Monténégro a retrouvé des joueurs de qualité mais elle aligne surtout un bloc, une véritable équipe qui gère bien son football comme ce fut le cas à Bruxelles lors du match aller. La Belgique a des atouts mais, comme je l'avais vu à Zagreb avant la dernière Coupe du Monde, j'ai l'impression qu'il y a toujours quelque chose qui cloche. Shevchenko est l'attaquant numéro 1, le plus fort, le plus complet. L'Ukrainien de Milan a tout pour lui : la vitesse, la technique, le physique, le calme dans le dernier geste. Pour moi, c'est le plus grand du moment. Milan Baros a du talent à revendre aussi mais il n'a pas encore atteint la plénitude qui est celle d'Andriy Shevchenko. Je voudrais d'abord dire que les demi-finales de la Ligue des Champions ont constitué des spectacles d'une grande beauté. Si un club méritait sa place en finale, c'est bien le PSV qui a rudement secoué Milan. Mais l'AC s'en sort aussi quand il joue mal. C'est le propre des géants. J'estime cependant que Liverpool a le plus de chances d'émerger au bout de la finale de la Ligue des Champions. Liverpool attend ce moment suprême depuis tellement longtemps. La motivation anglaise sera énorme et cet état d'esprit entraînera peut-être une petite différence entre les deux équipes. Pierre Bilic " J'ai 31 ans et je ne sais toujours pas si je suis UN ATTAQUANT OU UN MéDIAN "