Georges Grün. Ex-Diable Rouge, né à Schaerbeek le 25 janvier 1962. Carrière joueur Anderlecht (1982-90 et 1994-96), Parme AC (1990-94), Reggiana (1996-97). Quatre fois champion de Belgique (1985, 86, 87 et 95). Vainqueur de la Coupe des Coupes en 1993 ; finaliste de l'épreuve en 1984 et 94. Consultant pour Canal Plus (1998-2003) puis présentateur à ClubRTL.
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Georges Grün. Ex-Diable Rouge, né à Schaerbeek le 25 janvier 1962. Carrière joueur Anderlecht (1982-90 et 1994-96), Parme AC (1990-94), Reggiana (1996-97). Quatre fois champion de Belgique (1985, 86, 87 et 95). Vainqueur de la Coupe des Coupes en 1993 ; finaliste de l'épreuve en 1984 et 94. Consultant pour Canal Plus (1998-2003) puis présentateur à ClubRTL. Paul Van Himst, sans l'ombre d'une hésitation. Il m'a lancé à Anderlecht, en 1983 et, quelques années plus tard, j'ai eu la satisfaction de jouer à nouveau sous ses ordres en sélection. Si je n'avais pas eu la chance de le connaître, je n'aurais peut-être pas croisé Polleke De Mesmaeker sur ma route. L'ancien ailier gauche de feu le RWDM est, sans conteste, l'un des adversaires les plus coriaces qu'il me fut donné de rencontrer sur un terrain. J'ai toujours éprouvé des difficultés avec des petits gabarits de sa trempe. Le Bos, que Bertrand Crasson et moi avions eu tôt fait d'affubler du sobriquet Grosse Crampe(il rit). Le coach hollandais savait comment s'y prendre avec tout un chacun, qu'il s'agisse de vedettes comme Marc Degryse ou Luc Nilis voire d'éléments d'une aura moindre tels que Graeme Rutjes ou Danny Boffin. Aad de Mos, c'était pas vraiment ma tasse de thé. Il m'a dégoûté, au même titre qu'Henrik Andersen et Patrick Vervoort d'ailleurs, en s'échinant à monter les joueurs les uns contre les autres. Je me suis plus d'une fois fait la réflexion que cette approche-là n'aurait qu'un temps et qu'il irait au-devant de désillusions certaines. La suite de sa carrière m'aura donné raison. Latéral droit. C'est à ce poste que je me suis affirmé et que j'ai réalisé mes meilleurs matches, même si j'ai également tiré mon épingle du jeu, de manière plus épisodique, dans une position centrale, tantôt comme stoppeur, tantôt en tant que couvreur. Dans ces attributions-là, j'étais surtout à mon aise au sein d'une arrière-garde à cinq, quand j'avais l'occasion de monter par intermittences. Dans une défense à quatre, par contre, j'étais moins à mon aise dans l'axe. J'avais trop de fourmis dans les jambes pour rester sagement derrière. Anderlecht 1984. Pour ma première saison complète en équipe fanion, j'avais éprouvé la grande satisfaction de participer d'emblée à une finale européenne : face à Tottenham Hotspurs, en Coupe de l'UEFA. Un bonheur ne venant jamais seul, j'avais également goûté à l'honneur de participer à l'EURO avec les Diables. Dix ans plus tard, le contexte était évidemment tout à fait différent. Moi-même, je ne faisais plus figure de coming man à ce moment, et le Sporting n'était plus, non plus, le grand club européen où j'avais pris mon envol une décennie plus tôt. Ni l'équipe dans son ensemble, ni Georges Grün, n'ont répondu pleinement à l'attente à cette époque, je l'admets. Ce que j'ai nettement moins apprécié, c'est que certaines personnes, et Michel Verschueren notamment, aient fait de moi LE bouc émissaire. Je ne l'ai toujours pas digéré aujourd'hui. Même si j'ai remporté mon seul trophée européen dans le stade mythique londonien, c'est quand même mon but de la tête, dans le célèbre Kuip de Feyenoord, en novembre 1985, auquel je donnerai la préséance. Ce goal avait effectivement permis à l'équipe nationale belge de se qualifier pour la phase finale de la Coupe du Monde au Mexique, un an plus tard. Il m'a valu une notoriété qui ne s'est toujours pas démentie, vingt ans après. La preuve par votre question. Nevio Scala, bien sûr, qui fut mon entraîneur à Parme. Il avait tout : les compétences footballistiques et une dimension psychologique à nulle autre pareille. Chacun de nous, joueurs, buvions ses paroles comme du petit lait. Du Parmalat, évidemment (il rit). Avec le recul, je me dis que nous nous sommes tous rencontrés au bon moment, aussi bien mes coéquipiers que lui-même. Et cette osmose nous aura permis de réaliser des perfs au-delà des espérances. Comme cette fameuse victoire finale face à l'Antwerp en Coupe des Coupes à Wembley. Nevio Scala a permis à des tas de joueurs de réaliser une belle carrière. Je songe non seulement à moi mais également à des garçons comme Tino Asprilla ou Gianfranco Zola. Ce qui m'étonne, c'est que lui-même n'ait plus jamais signé de grands succès par après. A mes yeux, c'était logique dans le cas d'un Aad de Mos mais beaucoup moins évident en ce qui concerne Nevio Scala. Le mystère reste entier. Je n'oublierai jamais mes débuts aux Championnats d'Europe des Nations, en France, mais le souvenir le plus mémorable, c'est la Coupe du Monde au Mexique, deux ans plus tard. Une demi-finale face à l'Argentine de Diego Maradona, c'est un épisode à tout jamais inscrit dans les annales de notre football. Et je suis heureux et fier d'y avoir participé. Tomas Brolin, que j'ai mieux connu que Zet. Le hasard a voulu qu'à l'instar du gardien brésilien Claudio Taffarel, le médian suédois aboutisse en même temps que moi à Parme, en 1990. Nous étions les trois étrangers autorisés par la réglementation du football italien à cette époque et il va sans dire que cette situation avait contribué, au départ, à tisser des liens solides entre nous. Tom était un gars généreux, tant sur le terrain qu'en dehors. Une année, il m'avait d'ailleurs invité, ainsi que toute l'équipe d'ailleurs, à découvrir Hudiksvall, la ville dont il est originaire sur la côte suédoise. Une escapade dont certains parlent toujours avec nostalgie aujourd'hui encore. Question vacharde (il réfléchit longuement). Honnêtement, avec la meilleure volonté du monde, je ne pourrais pas les départager. Au départ de deux personnalités ô combien différentes, tous deux m'ont marqué. Raimundo, c'était la science, l'autre la philosophie. Il n'empêche que chacun, à sa manière, obtenait des résultats probants. J'aimais aussi, chez eux, l'homme derrière l'entraîneur. Je me rappelle par exemple quelques apéros pris en toute simplicité avec l'Anversois sur la place des Lices, à Saint-Tropez. Avec son whisky, il détonait au pays du pastis (il rit). L'autre, mine de rien, était un épicurien aussi. Lors du jubilé d'Alain Giresse, à Bordeaux, il n'avait de cesse de vanter la qualité des vins ainsi que la beauté des filles locales. - Maintenant tu saisis pourquoi j'ai travaillé chez les Girondins, haha !, plaisantait-il. Deux vrais potes. Czernia éveille en moi le souvenir de parties de pêche à la mouche. Avec Berre, c'est l'Italie qui me vient spontanément à l'esprit. Je suis resté plus proche de lui. Deux choses difficilement comparables : la première évoque le plaisir de vivre, car j'ai élu domicile non loin de la Butte et la deuxième est à mettre en rapport avec le plaisir de jouer. C'est vrai qu'Eric Gerets et moi étions en concurrence pour la même place de flanc droit en équipe nationale et que sa présence m'a quelquefois amené à devoir glisser dans l'axe. Mais je n'oublie pas non plus que c'est sur l'un de ses centres que j'ai inscrit mon but de la tête à Rotterdam. Gianfranco Zola, qui fut mon partenaire à Parme et qui répond toujours présent sur le terrain aujourd'hui, à Cagliari, à 39 ans bien sonnés. Il a mieux vieilli que l'Argentin et a conservé ce côté humain que l'autre a perdu au fil du temps. A l'image de Tomas Brolin, Gianfranco Zola était lui aussi un gars exquis, soucieux de faire plaisir à tout le monde. Il m'a invité un jour sur son bateau, en Sardaigne, pour aller faire de la pêche en mer. Si son ancien club, Chelsea, dispute la finale de la Ligue des Champions cette année, il a d'ores et déjà promis de venir sur le plateau de Club-RTL à cette occasion. La grande classe, quoi ! Mon choix est vite fait, car j'aime tout ce qui a trait à Parme : son club de football, le jambon et le fromage. ou Ligue des Champions ? La Coupe des Coupes, synonyme pour moi de deux finales, dont une gagnée avec Parme. La Ligue des Champions, je la vis par procuration pour le compte de Club RTL puisque je n'y ai jamais participé comme joueur. Lors de mon retour au Parc Astrid en 1994, j'étais blessé au moment où le Sporting a rencontré dans cette épreuve le Steaua Bucarest, Benfica et Hajduk Split. L'année suivante, nous n'avions pas été en mesure de nous qualifier pour les poules suite à notre élimination en préliminaires face aux Hongrois de Ferencvaros. Le Lac de Garde où je me suis souvent rendu au départ de Vérone quand je jouais en Italie. C'est non loin de là également que les Diables avaient établi leur lieu de retraite lors du Mondiale 90, qui reste aussi un bon souvenir. En revanche, je n'aimais pas trop les retraites au Lido ou à l'hôtel du Lac avec Anderlecht. Je préférais être dans mon lit. Michel Platini qui, pour avoir transité par la Juventus avant Zizou, y a laissé une empreinte plus forte que lui, ce qui n'est pas peu dire. Par rapport au Franco-Algérien, que je ne peux juger que sur sa seule carrière de joueur, Platoche s'est également signalé de très belle manière comme sélectionneur ou, à présent, comme vice-président de l'UEFA. Reste à voir si l'autre aura la même envergure, ce que je lui souhaite. Pour bien faire, il faudrait me reposer la question dans vingt ans. Les pâtes. Je crois qu'il faut avoir vécu en Italie pour les apprécier à leur juste valeur. Et l'inverse est tout aussi vrai pour les frites en Belgique. Il n'empêche que pour un sportif les pâtes sont plus indiquées que les frites. Joueur, entendu que je n'ai pas encore découvert l'autre côté de la barrière. Qui sait, un jour peut-être ? J'ai mis le pied à l'étrier comme consultant pour Canal sitôt ma carrière active terminée. Et même plus tôt, puisque ma première pige au côté d'André Remy remontait à un match Cagliari-Parme auquel j'avais dû renoncer pour cause de blessure. Cette expérience a duré cinq ans, au cours desquels j'ai pu me familiariser avec cette nouvelle orientation. En 2003, j'ai accompli un pas supplémentaire en acceptant l'offre de ClubRTL, qui me proposait un job de présentateur. Les débuts auront chaque fois été ardus. Du temps de Canal, je ne supportais pas ma voix, beaucoup trop monotone. A ClubRTL, je manquais de rythme au départ. J'ai évolué, même si je continue à apprendre tous les jours. En route pour Match of the Day sur la BBC, alors... Même si la ressemblance physique avec l'ancien stoppeur du FC Liverpool est évidente, mon modèle c'est quand même son frère d'armes, Gary Lineker, contre qui j'ai encore joué. C'était un gentleman sur le terrain et il l'est resté comme commentateur. C'est ainsi que je l'entends également. Je ne désespère pas de participer au Dakar un jour. Mais jusqu'à présent, l'opportunité ne s'est pas présentée. D'autant plus qu'il faut les moyens pour s'aligner : un million d'euros au bas mot. C'est pas donné. La Guinée-Bissau, qui fut ma première grande expérience de la pêche au gros. Toute la façade atlantique de l'Afrique est réputée pour ses eaux poissonneuses. En particulier la Mauritanie et la Guinée-Bissau, enclavée entre la Guinée Conakry et le Sénégal. Durant une semaine, nous avons taquiné les gros spécimens le long des côtes et dans l'archipel des Bijagos. Inoubliable. Par après, j'ai accompli la même démarche aux Seychelles et aux Maldives. Mon rêve, c'est d'ouvrir un lodge de pêche. Mais pour qu'il soit rentable, il faut que je songe à une autre localisation. Je compte, à cet égard, jeter un coup d'£il dans les keys, en Floride cette année. John Mc Enroe, qui faisait vibrer sa raquette et le public comme nul autre. Roger Federer ou, avant lui, Pete Sampras, sont de grands champions aussi. Mais un peu trop lisses à mon goût. Ils ne génèrent pas les mêmes émotions que Big Mac autrefois. Giorgio Armani et tous les couturiers italiens en général. Dirk Bikkembergs s'est spécialisé dans un domaine particulier, le sportswear. La palette de Giorgio Armani est beaucoup plus étoffée : du casual au haut de gamme. J'aimais bien Arnor avec qui j'ai joué à Anderlecht. J'étais loin de me douter, à l'époque, que j'allais un jour commenter les matches de son rejeton. C'est à ça qu'on voit qu'on vieillit (il rit). Ceci dit, footballistiquement parlant, Eidur est meilleur que son père. Deux monstres, courtisés par les ténors européens, mais à propos desquels certains trouvent à redire chez nous. C'est typiquement belge, ça. Personnellement, j'ai un faible pour Vince. Sans me pousser du col, je me re-connais quelque peu en lui à mes débuts : même élégance gestuelle, même flair, même impavidité. Compte tenu de son jeune âge et de la marge de progression qui lui reste, il est appelé à devenir le meilleur défenseur belge de tous les temps. Ils ne boxent pas dans la même catégorie mais leurs mérites sont les mêmes à mes yeux. Cassius Clay, ou Mohamed Ali, c'est tout simplement le plus grand boxeur de tous les temps. Je me levais parfois en pleine nuit pour assister à l'un de ses combats. Béa Diallo n'a peut-être pas la même envergure. Mais ce que j'apprécie chez lui, c'est qu'il n'a jamais renié ses origines, en Guinée Conakry, et qu'il s'investit de tout son être pour la bonne cause et pour les jeunes. A cet égard, il mérite un grand coup de chapeau. Eros Ramazzotti a bercé pas mal de nos retraites à Parme. Mais, à choisir, je préfère Laura Pausini. Une très belle femme. Je pense que Raimundo l'aurait appréciée aussi (il rit). Bruno Govers" Du temps de Canal +, je ne SUPPORTAIS PAS MA VOIX " " Goethals, c'était LA SCIENCE et Thys LA PHILOSOPHIE "