Avant de débarquer chez les Rouches au c£ur du dernier été, Eric Deflandre (31 ans) avait glissé quelques trophées lyonnais dans ses bagages : trois titres de Champion de France entre 2000 et 2004, une Coupe de la Ligue, de grosses expériences en Ligue des Champions, etc. Peu de joueurs belges ont construit leur carrière avec autant de sagesse, de travail et de jugeote que lui. A 11 ans, il quitta Wandre Union et grandit au FC Liégeois où il disputa 91 matches de notre élite de 1991 à 1995. Puis, il passa un an à Ekeren (32 matches) avant d'être de 1996 à 2000 une des valeurs les plus stables du Club Bruges où il gagna le titre national (1997-1998) et aligna 119 matches de championnat. International au long cours, Eric Deflandre a vécu quelques situations chaudes près des hauts-fourneaux liégeois.
...

Avant de débarquer chez les Rouches au c£ur du dernier été, Eric Deflandre (31 ans) avait glissé quelques trophées lyonnais dans ses bagages : trois titres de Champion de France entre 2000 et 2004, une Coupe de la Ligue, de grosses expériences en Ligue des Champions, etc. Peu de joueurs belges ont construit leur carrière avec autant de sagesse, de travail et de jugeote que lui. A 11 ans, il quitta Wandre Union et grandit au FC Liégeois où il disputa 91 matches de notre élite de 1991 à 1995. Puis, il passa un an à Ekeren (32 matches) avant d'être de 1996 à 2000 une des valeurs les plus stables du Club Bruges où il gagna le titre national (1997-1998) et aligna 119 matches de championnat. International au long cours, Eric Deflandre a vécu quelques situations chaudes près des hauts-fourneaux liégeois. Eric Deflandre : Entre ces deux arbitres, je dois choisir entre un incorrect et un gredin. Ils m'horripilent tous les deux mais la palme revient à l'arbitre allemand. Robert Hoyzer a commis un hold-up sur le football. En arriver à une telle bassesse, c'est inadmissible. Il a vendu sa dernière parcelle d'honneur. Hoyzer doit être banni à jamais des terrains. Il faut être sans pitié pour de tels personnages. Et c'est le moment indiqué afin d'interdire les pronostics aux arbitres, joueurs et dirigeants. A Bruges, on faisait souvent une collecte entre joueurs avant de tenter, pour une poignée d'euros, des prévisions pour des matches de D1. C'était amusant, on en parlait durant la semaine mais, dans le fond, il vaut mieux éviter tout risque de tentation. Kim Milton Nielsen a été injuste à mon égard en Espagne. Tous les joueurs évacuent parfois leur tension interne en prononçant un gros mot. Ce n'est très classe, je sais, mais je n'ai blessé personne avec ces deux mots en anglais. Ce fuck off valait une réprimande, rien de plus. Le bilan a été désastreux pour moi : deuxième carton jaune, exclusion, rentrée au vestiaire chahutée, rapport, trois matches de suspension avec les Diables Rouges. A Lokeren, j'ai écopé d'une carte jaune pour une faute imaginaire. Elle me privait automatiquement du match de championnat suivant. Je n'ai pas bronché car cela ne servait à rien. Le rôle de capitaine ne passe pas inaperçu au Standard. Mais oui, cela " fracasse " souvent dans les médias. Il faut aller au front pour défendre les joueurs et l'image de marque du club. Je serais prétentieux en prétendant que mon crochet est déroutant. Alors, Capitaine Crochet, non, ce n'est pas moi. Mais ma technique s'est quand même sérieusement améliorée en France. J'ai mon style qui est d'abord fait de travail, d'engagement, de disponibilité, de courage. L1 sans aucun doute. Le championnat de France n'est pas assez médiatisé à l'échelle internationale. Pourtant, il est aussi intéressant que la Premier League, la Liga, le Calcio et la Bundesliga. Ces grands championnats sont toujours dominés par les trois ou quatre mêmes équipes. Ce n'est pas le cas en France où des équipes dites moyennes peuvent émerger. Le match des Diables Rouges au Japon, lors de la phase finale de la Coupe du Monde 2002, a fait couler beaucoup d'encre. Après un bon match nul face au pays organisateur, tout le monde s'attendait à un succès face à la Tunisie. Nous avons dû nous contenter d'un point. J'ai été éliminé après ce match et je n'ai pas pris part aux deux rencontres suivantes face à la Russie et au Brésil. Je ne fus pas le seul fautif contre la Tunisie et il y a eu d'autres glissements tactiques. La Coupe du Monde n'a plus eu le même goût pour moi mais c'était la décision du coach, Robert Waseige, et je l'ai acceptée en restant au service du groupe. Standard-Bilbao a été infiniment plus difficile à vivre. Ce soir-là, le ciel nous est tombé sur la tête. Tout était en place avec des certitudes nées lors de nos autres affiches européennes. Avec le recul, je ne sais toujours pas ce qui s'est pas ce qui s'est passé. Ce groupe n'a toujours pas évacué le souvenir de cette profonde blessure. Nous traînons encore le résultat de Standard-Bilbao comme un boulet. Le Brésilien a naturellement ma préférence mais la comparaison est injuste. L'ancienne star de Lyon est en fin de parcours alors que Sam est jeune et entame vraiment sa carrière. Je m'entendais bien avec Sonny Anderson qui était charmant dans la vie de tous les jours, un ami avec qui il était agréable de partager un bon resto. Sonny a été décisif dans l'affirmation du grand Olympique Lyonnais. Il a souvent fait la différence tout seul en marquant des buts magnifiques. Sambegou Bangoura avance à pas de géant. Il marque de plus en plus et, au FC Brussels, son raid victorieux était digne de ceux de Sonny Anderson. Même si Lyon est la capitale des Gaules, je réponds goal. Je n'en marque pas beaucoup et c'est d'autant plus précieux. Je me souviens de celui que j'ai marqué à Anderlecht pour Bruges. Sur une passe d'Edgar Jankauskas, je me suis glissé entre deux adversaires pour marquer en taclant comme un arrière, évidemment. Cela dit, j'éprouve un plaisir immense en adressant un centre décisif à nos attaquants. J'opte pour mon nom de famille. Bien que m'appelant Deflandre, je me sens totalement belge. J'aime mon pays pour sa diversité. Wallon, j'habite en Flandre, à Lanaken. Ma femme est flamande, je suis bilingue et j'ai passé une grande partie de ma carrière dans le nord de notre pays. J'ai été remarquablement accueilli à Ekeren et à Bruges où j'ai pu continuer à progresser avant d'être transféré à Lyon. Deux arrières droits, comme moi, que j'ai croisés en équipe nationale. Régis Genaux est le plus fort des deux. C'était un grand défenseur qui a souvent été blessé au mauvais moment, ce qui le priva de rendez-vous importants avec l'équipe nationale. Sans cela, son parcours aurait été splendide. Ses pépins l'ont obligé à mettre prématurément un terme à sa carrière. Dommage mais il s'est mis au service des jeunes de La Louvière, c'est bien. Yves Baré est mon agent. Il m'a toujours donné de judicieux conseils. Quand je jouais encore à Liège, j'avais été approché par le Havre et Martigues. Je pouvais gagner trois fois plus qu'à Rocourt. Yves Baré aurait lui aussi pu réaliser une bonne affaire sur ce coup-là. Il me recommanda la patience, m'incita à d'abord confirmer et faire mon trou en Belgique. Yves Baré avait raison. Dieu seul sait ce que je serais devenu si j'étais parti si jeune en France. La Côte... belge. Avant d'être transféré à Lyon, j'ai acheté dare-dare un appartement situé sur la digue de Blankenberge avec vue sur la... mer. Nous voulions avoir un pied-à-terre afin de ne pas toujours débarquer chez nos parents lors des retours en Belgique. Et, pour moi, Blankenberge a autant de charmes que Saint-Tropez. Je n'ai pas besoin de chichis et si je dois investir, je préfère le faire dans mon pays. Difficile, difficile, très difficile. Grégory est un grand ami et nous nous téléphonons régulièrement. Il est depuis longtemps une des pierres angulaires de Lyon. Personnalité, présence, talent : il a tout. Et, dans le fond, Vedran Runje lui ressemble beaucoup. A une époque, ils ont failli se croiser. Marseille et Lyon voulaient échanger leurs gardiens de but. Les villes traversées par des fleuves sont plus majestueuses que les autres. Liège et Lyon ont cette chance. Mais le Rhône a quelque chose de plus. Peut-être le... vin. Même s'il m'arrive d'acheter une excellente bouteille... d'abord parce que l'étiquette me plaît, j'aime bien découvrir de bons vins. En France, impossible de ne pas s'intéresser au vin. Cela fait partie du patrimoine national. Les joueurs sont souvent invités à des dégustations, des foires, des visites de châteaux, etc. Les Côtes du Rhône, c'est pas mal et j'apprécie aussi le Condrieu, un vin blanc liquoreux. Il n'y a pas de Côte de Meuse, c'est çà la différence... Sydney Govou crache le feu à Lyon mais ma préférence va à Sergio Conceiçao. J'ai rarement vu un joueur animé par une grinta comme celle de notre Portugais. C'est un plaisir d'évoluer derrière un joueur aussi doué et intelligent. Quand on lui donne le ballon, on sait que c'est un bon placement. Il ne lâche rien et est devenu un des leaders de notre groupe. Un sportif est en quête de victoires et pas du tout d'enquêtes de police. Après les perquisitions chez quatre de nos équipiers, j'ai tenu, avec tous les autres, à leur exprimer notre soutien. Ce qui leur est arrivé était tellement éprouvant et injuste que nous avons fait bloc avec eux au point de songer à faire l'impasse sur le match à Lokeren. Nous avons changé d'avis et, comme capitaine, ce sont des moments forts qu'on vit avec ses tripes. A Lyon, où il débarqua en provenance de Strasbourg, Peguy Luyindula était une bombe. Emile Mpenza lui est cependant supérieur, plus percutant en zone de conclusion. Hélas, Emile est souvent freiné par des blessures. Tout le monde connaît Genk et ses atouts. L'équipe de René Vandereycken sera jusqu'au bout un de nos concurrents dans la course au deuxième billet pour la Ligue des Champions avec Anderlecht, Gand, Charleroi et même La Louvière. Je dis " chapeau " aux Loups, nos prochains adversaires en championnat. Je devine tout de suite la griffe française à La Louvière. Tout est planifié, bien préparé physiquement et tactiquement. Albert Cartier réussit un truc remarquable au Tivoli et son équipe est un os dur à croquer pour les meilleures équipes de D1. Dominique D'Onofrio. J'ai vécu de grands succès avec Paul Le Guen mais je n'appréciais pas spécialement sa façon de gérer le groupe. L'entraîneur de Lyon n'a pas beaucoup d'échanges avec ses joueurs. Je ne dirai pas qu'il vit sur son île mais les joueurs n'ont pas droit à de grandes explications. Quand je revenais d'un séjour en équipe nationale, je savais que je me retrouverais sur le banc, turnover oblige. Mais il n'y avait pas d'explications et je ne suis du style à battre la semelle devant le vestiaire du coach. Dominique D'Onofrio n'est pas assez estimé en Belgique. Il n'est pas évident du tout de remettre sans cesse l'ouvrage sur le métier afin de trouver une base tactique, des automatismes. Paul Le Guen s'était appuyé sur l'excellent travail fourni par son prédécesseur, Jacques Santini. Dominique D'Onofrio vit avec son groupe et est un très gros travailleur. Mais c'est le même combat. Jean-Michel Aulas se bat pour le club de sa ville, Lyon, et Luciano D'Onofrio pour celui de la sienne : Liège. Eric Gerets, bien sûr. A Liège, j'avais été incorporé dans le noyau A par Daniel Boccar mais j'ai été lancé en D1 par Eric Gerets. C'était extraordinaire d'être conseillé, encouragé, poussé par le monstre sacré auquel on me comparait parfois. Il donne une autre dimension à ses joueurs et à ses clubs. J'ai bossé avec lui durant trois ans à Bruges. C'était extra à tous les points de vue et ce serait un plaisir de le retrouver un jour. Je connais moins bien Trond Sollied mais ses résultats et les échos que je perçois à propos de sa façon de travailler sont positifs. La Belgique n'aura pas la vie facile contre Mirsad Beslija et la Bosnie-Herzégovine fin mars à Bruxelles. On connaît le problème : pour garder une petite chance de qualification, les Diables Rouges ne peuvent plus rien lâcher. Ils devront assumer le jeu et attaquer contre la Bosnie-Herzégovine qui, elle, procédera en contres. Mirsad Beslija est réputé pour sa pointe de vitesse. Mais, si je dois choisir entre les deux, j'opte pour Ivica Dragutinovic, clef de voûte de notre défense. Drago est un patron et un gagneur. Suspendu, j'ai dû faire l'impasse sur Belgique-Serbie & Monténégro. A Bruxelles, mon ami Drago a joué dans un fauteuil. Personne n'a mis un pied dans sa zone. Il était pépère au back gauche. Si tout va bien, je serai dans la course pour le match retour, à Belgrade en septembre prochain. J'ai promis de lui poser de gros problèmes durant tout le match. C'est le genre de question à laquelle on ne peut pas trouver une réponse tout à fait satisfaisante. Les résultats actuels de l'équipe nationale ne sont évidemment pas bons mais je n'ai pas envie de tirer sur l'ambulance. Pourtant, c'est ce qu'il y a de plus facile à faire. Même si cela va très mal, je ne crois pas que le groupe soit désormais contre le maintien d'Aimé Anthuenis à la tête de l'équipe nationale. Cela ne veut pas dire que le coach fédéral n'a pas commis d'erreurs. A mon sens, son tour du propriétaire a été trop vaste après le départ de joueurs comme Marc Wilmots et Gert Verheyen. Aimé Anthuenis a aussi lancé trop de jeunes en même temps et cela s'est retourné contre lui avec, à la clef, des instabilités tactiques. Mais il ne faut pas oublier non plus qu'Aimé Anthuenis n'a jamais eu le brin de chance qui fait pencher la balance du bon côté. Un penalty oublié par Pierluigi Collina en Bulgarie nous a peut-être privé de l'EURO 2004. Le bilan aurait été différent et le moral autrement positif avant d'aborder la phase de qualification de la Coupe du Monde. Tout cela est très dur à vivre après les bons moments vécus sous la direction de Robert Waseige. Pierre Bilic" Nous traînons le résultat de STANDARD-BILBAO COMME UN BOULET "