Depuis la reprise, Alan Haydock est le capitaine du Brussels. " Et je prends ce rôle très à c£ur. J'essaie d'être le relais du coach sur le terrain ". Il n'est sans doute pas le footballeur le plus technique du royaume, mais dans la capitale, c'est une figure emblématique. " Tous les lundis matins, je me rends au studio de BXL, une radio bruxelloise où j'analyse les résultats du week-end. La direction a marqué son accord. Mieux : elle m'a encouragé à participer à l'émission. D'une certaine manière, je fais la promotion du club, et en même temps, je prépare ma reconversion. J'adore ce job et il paraît que je passe bien à l'antenne. J'essaie d'être sympa avec tout le monde et de rester naturel. Certaines personnes ont peut-être tendance à s'imaginer que le monde du football est un milieu très à part, très mondain. Je m'efforce de prouver, au contraire, qu'un footballeur est un être humain comme les autres, abordable et disponible. Je parle de mon métier, je partage ce que j'ai vécu avec les autres. C'est peut-être pour cela que j'ai un bon contact avec le monde extérieur et que beaucoup de gens m'apprécient ".
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Depuis la reprise, Alan Haydock est le capitaine du Brussels. " Et je prends ce rôle très à c£ur. J'essaie d'être le relais du coach sur le terrain ". Il n'est sans doute pas le footballeur le plus technique du royaume, mais dans la capitale, c'est une figure emblématique. " Tous les lundis matins, je me rends au studio de BXL, une radio bruxelloise où j'analyse les résultats du week-end. La direction a marqué son accord. Mieux : elle m'a encouragé à participer à l'émission. D'une certaine manière, je fais la promotion du club, et en même temps, je prépare ma reconversion. J'adore ce job et il paraît que je passe bien à l'antenne. J'essaie d'être sympa avec tout le monde et de rester naturel. Certaines personnes ont peut-être tendance à s'imaginer que le monde du football est un milieu très à part, très mondain. Je m'efforce de prouver, au contraire, qu'un footballeur est un être humain comme les autres, abordable et disponible. Je parle de mon métier, je partage ce que j'ai vécu avec les autres. C'est peut-être pour cela que j'ai un bon contact avec le monde extérieur et que beaucoup de gens m'apprécient ". Malgré une situation sportive préoccupante et certaines tensions qui ont miné le groupe au cours des mois passés, Alan Haydock ne s'est pas dérobé lorsque nous lui avons proposé de jouer au Joker Interdit. Il n'a même pas hésité à prendre ses responsabilités face à des choix délicats. Alan Haydock : La D1. Et avec le Brussels. Je l'espère, du moins. Mais je ne peux pas le garantir. D'abord, parce que j'arrive en fin de contrat. Ensuite, parce que le club est loin d'être sauvé. Dans les semaines qui viennent, il faudra prendre des points, c'est clair. Arrêtons de parler de malchance. On a eu notre dose de malchance, mais il y a eu aussi une dose de maladresse. Alors, soyons plus concentrés dans les moments décisifs. La finale de la Coupe de Belgique avec La Louvière. Car personne ne s'y attendait. On ne pensait déjà pas éliminer Genk et le Standard lors des tours précédents. Même contre Saint-Trond, en finale, on ne partait pas nécessairement favori. Une finale se joue sur 90 minutes, et au terme de celle-ci, c'est une explosion de joie. Un an plus tard, j'ai été champion de D2 avec le Brussels, mais c'était un titre attendu. Depuis la première journée de championnat, c'était l'objectif avoué. On a eu le temps de voir arriver la consécration, au fur et à mesure que l'écart avec les poursuivants se creusait. En outre, on n'a pas eu le loisir de savourer ce titre bien longtemps, car beaucoup de joueurs ont été très vite confrontés au problème du renouvellement de leur contrat. Lorsqu'ils se sont rendu compte que ce renouvellement ne coulerait pas de source, le climat est devenu tendu. Ils ont eu le sentiment d'avoir accompli leur boulot sans en être vraiment récompensés. J'ai eu la chance de figurer parmi les heureux élus appelés à poursuivre l'aventure, mais tout le monde n'a pu en dire autant. Ce sont deux personnages totalement différents. Filippo Gaone a la main sur le c£ur. Humainement, j'ai rarement connu une personne aussi agréable. Je n'oublierai jamais toutes les attentions qu'il a eues pour moi lors de mon mariage, de la naissance de mon fils, de mon séjour à l'hôpital après une fracture de la jambe lors d'un match amical contre Coventry. C'est un homme très généreux. Si La Louvière existe encore aujourd'hui, c'est grâce à lui. Il s'y connaît sans doute moins en football, mais il sait s'entourer de personnes compétentes. Johan Vermeersch, au contraire de Filippo Gaone, a été joueur et s'y connaît en football. Mais il a, parfois, trop tendance à vouloir diriger seul. Pourtant, il dispose autour de lui de personnes très compétentes, comme Emilio Ferrera et Dimitri M'Buyu. Mais c'est lui le patron et il aura toujours le dernier mot. On le connaît pour son franc-parler, pour ses réactions impulsives. C'est vrai qu'il ne tourne pas autour du pot et qu'il appelle un chat, un chat. Il n'est pas toujours très diplomate, mais il a le mérite de dire les choses clairement. Milieu de terrain, évidemment. La saison dernière, j'ai joué à l'arrière droit pour dépanner. Le noyau du Brussels était très restreint et personne n'était candidat à ce poste. Dans l'entrejeu, en revanche, on était paré avec Richard Culek. En D2, un seul demi défensif suffisait. J'ai donc fait contre mauvaise fortune, bon c£ur. Le paradoxe veut que, la saison dernière, le Brussels a été champion alors que j'ai peut-être réalisé la plus mauvaise saison de ma carrière et cette saison, alors que le club est mal embarqué je ne me suis jamais senti aussi bien. Emilio Ferrera. J'adore travailler avec des entraîneurs tacticiens et notre entraîneur actuel fait partie des meilleurs que j'ai connus. On lui a reproché certaines choses au niveau relationnel. J'estime qu'un entraîneur n'a pas besoin de demander trois fois par jour : - Commentvalafamille ? Ni de répéter après chaque match : - Bravo, bien joué ! Un joueur professionnel doit être capable de savoir s'il a bien ou mal joué. Les résultats actuels ne plaident pas en faveur d'Emilio Ferrera, mais plusieurs paramètres ont fait en sorte que le Brussels se retrouve à une place indigne de la valeur réelle de l'équipe. Il y a eu des tensions dans le groupe, des tentatives de déstabilisation comme je n'en avais jamais vécues auparavant, de la part de joueurs qui refusaient de comprendre que l'entraîneur est le patron sportif et que ce n'était pas à eux à décider du rôle qu'ils souhaitaient remplir sur le terrain. Ces joueurs-là ont laissé croire que le groupe n'était plus derrière Emilio Ferrera, alors que c'était eux-mêmes qui essayaient de monter le groupe contre l'entraîneur. Je n'ai jamais pu accepter ce genre d'attitude. Ecoutez, ici je vais prendre mes responsabilités en tant que capitaine. Tout a commencé par les critiques que Sammy Greven avait émises dans certains journaux à l'encontre d'Isa Izgi. Il reprochait à notre jeune gardien l'une ou l'autre erreur commise contre Lokeren. Une semaine plus tard, à La Louvière, il s'est lui-même mis à la faute en provoquant un penalty dans les dernières minutes alors qu'on tenait le nul bien en mains. Là, il était mal pris évidemment. Aujourd'hui, certains insinuent qu'il aurait volontairement provoqué ce penalty. Je n'irai pas jusque-là, même s'il avait été impliqué dans certains conflits avec le coach. Mais j'estime qu'avant de critiquer un jeune gardien, on doit soi-même se montrer irréprochable. Isa Izgi s'est retrouvé numéro un à son corps défendant. Istvan Dudas a été blessé et Patrick Nys a été écarté pour des raisons professionnelles. Isa Izgi commet sans doute des erreurs, mais il faut l'encourager au lieu de le critiquer. Aujourd'hui, on se pose des questions sur la mentalité de Sammy Greven. On a besoin de gens qui sont prêts à tout donner pour maintenir le Brussels en D1. Pas de gens qui se disent : - Sileclubdescend, jetrouveraibienunautreemployeurpourpoursuivremacarrière !Comme entraîneur, ce sont deux copies conformes. Ils protègent tous les deux leur groupe. Tactiquement, ils n'ont de leçon à recevoir de personne. Et ils ont tous les deux joué un rôle très important dans ma carrière. Vandereycken m'a lancé en D1. Et Jacobs, à La Louvière, m'a sorti du trou où Daniel Leclercq m'avait enterré. Je peux dire la même chose d'Emilio Ferrera aujourd'hui. Ce sont sans doute les trois meilleurs entraîneurs avec lesquels j'ai travaillé. La fanfare de Molenbeek. Toots Thielemans, c'est un certain style de musique qui a ses partisans. Mais, la fanfare de Molenbeek, on en parle partout. Si le Carnaval de Binche a été inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, la fanfare de Molenbeek devrait l'être également. Et si, un jour, le club n'existe plus, je suis certain qu'elle sera toujours là, le samedi soir à 20 h 00, en train de jouer le célèbre refrain de Rose-Marie. RWDM. Certaines personnes ont tué ce club et, comme les supporters, je ne l'ai jamais accepté. Aujourd'hui encore, la disparition du RWDM me fait mal. Lorsque je suis parti, en 2000, je sentais déjà que c'était la fin. Les personnes en place ne se souciaient pas du tout de la santé financière. Je tire mon chapeau à Johan Vermeersch, qui est parvenu faire revenir les supporters déçus au stade Edmond Machtens. Si le nom du club a changé, ils ont retrouvé le même stade et les mêmes couleurs. Ils ont toujours l'impression de voir le RWDM, et beaucoup d'entre eux ont encore du mal à se faire à la nouvelle appellation. Moi aussi, je l'avoue. Mais il faut s'y faire. J'ai retrouvé, moi aussi, des visages connus de personnes qui travaillaient déjà en ces lieux à l'époque du RWDM. J'ai le sentiment d'être revenu chez moi, et pour tout dire, je me verrais bien rester dans ce club lorsque ma carrière sportive sera terminée. Un peu comme Bertrand Crasson, mais différemment. Bertrand a plus de relations que moi, car il a eu une carrière plus prestigieuse. Mais j'ai la prétention d'affirmer que je connais mieux la mentalité du club. J'ai des idées. Enfin, ce sera pour plus tard. On a longtemps prétendu que j'avais le c£ur mauve. C'est vrai que, lorsque j'étais petit, j'allais souvent voir jouer Anderlecht. Mais, lorsque je suis devenu footballeur professionnel, j'ai perdu tout attachement avec le Sporting. Pär Zetterberg. Il reste l'un des meilleurs joueurs ayant évolué dans le championnat de Belgique. Il est trop rarement titulaire à mon goût. Sa vision du jeu est exceptionnelle, tout comme la précision de ses passes. Il a réussi une carrière extraordinaire alors que Walter Baseggio, je suis navré de le dire, est en train de stagner. Il aurait sans doute besoin de changer de cadre. Mais il se sent trop bien à Anderlecht et a trop besoin de sa famille. Owen Hargreaves, puisqu'il porte le même prénom que mon fils, même si ce n'est pas en référence à lui. Lorsque mon fils est né, j'ai voulu perpétuer la tradition familiale qui veut que tous les hommes portent un prénom anglophone. Cela remonte à mon grand-père Steve, originaire de Liverpool. Il a participé au débarquement en Normandie, et c'est sur le continent qu'il a rencontré ma grand-mère belge. De leur union est né mon père John. Après Alan, il fallait un autre prénom anglophone. Owen n'est pas un prénom courant. D'ailleurs, un journaliste de Sport/Foot Magazine a voulu me faire le coup du bobard en se faisant passer pour un employé de l'état-civil qui refusait de l'inscrire dans les registres, mais j'ai directement flairé l'attrape-nigaud. Liverpool. C'est le club de mon c£ur. A un moment donné, on avait imaginé de construire un nouveau stade qui abriterait les deux équipes de la ville. Les supporters ne l'auraient jamais accepté. Je reste supporter de Liverpool, même si le club tarde à retrouver son prestige d'antan. Et j'apprécie particulièrement Steven Gerrard, que je considère comme l'un des meilleurs milieux de terrain du monde. Avec l'arrivée de Rafael Benitez comme entraîneur, on a vu débarquer beaucoup de joueurs espagnols. Ce sont des footballeurs talentueux, mais ils font perdre au club une partie de son identité. Björn Helge Riise, puisqu'il joue avec moi. Il a mis du temps à trouver ses marques, mais il tourne à plein régime. J'aime bien voir John Arne Riise sous le maillot de Liverpool aussi. C'est l'un des meilleurs arrières gauches offensifs du football européen. J'en discute parfois avec Björn. Mais je suis souvent surpris de constater que c'est moi qui lui apprends que son frère a marqué la veille. Tintin. Depuis ma naissance, je me suis identifié à ce personnage. Et surtout à son compère, le capitaine... Haddock. J'espère, malgré tout, que je ne lui ressemble pas trop. A côté de cela, c'est vrai que j'adore le basket et Spirou Charleroi en particulier. Mon père fut basketteur. Il a même joué à un certain niveau, aux Castors de Braine notamment, et a acquis une certaine notoriété dans le Brabant. J'ai grandi dans le milieu du basket. Peut-être qu'en raison de ma taille modeste, je me suis rapidement orienté vers le football lorsque j'ai commencé la pratique d'un sport. Diablotin. Beaucoup de gens l'ont sans doute oublié, mais j'ai été international Espoir. A l'exception de Joos Valgaeren, peu de joueurs de ma génération ont fait carrière chez les Diables Rouges par la suite. Avec Laurent Wuillot, Stéphane Stassin ou Raphaël Miceli, on a succédé à la fameuse génération des Genaux-Goossens-Léonard. A l'époque, j'étais attaquant : je jouais en pointe avec Joris Van Hout ou Jochen Janssen. Je garderai toujours en mémoire le tournoi de Toulon, où j'ai eu l'honneur d'affronter David Beckham. Je possède encore des photos et une cassette vidéo de ce match. Il avait encore une tête de gamin, mais on voyait déjà qu'il était extrêmement doué. En ce qui me concerne, ma carrière internationale s'est logiquement arrêtée là. Je suis conscient d'avoir trop de lacunes pour prétendre à une sélection internationale chez les A. J'ai côtoyé Wesley Sonck, tout jeune, au RWDM. On sentait déjà qu'il avait le sens du but et une fabuleuse détente. Il avait, aussi, déjà une masse musculaire impressionnante pour son âge. Il n'a jamais renié ses origines : très jeune, il passait déjà ses soirées dans le bistrot de ses parents. Je n'ai pas côtoyé directement Emile Mpenza, mais je peux comparer les deux footballeurs. Emile est beaucoup plus explosif. En revanche, Wesley est techniquement supérieur. Ils sont tous les deux fragiles : Wesley mentalement et Emile physiquement. Et ils tardent tous les deux à s'affirmer définitivement au plus haut niveau. Daniel Devos " LA FANFARE DE MOLENBEEK devrait être inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco "