Daniel Zitka. Gardien de but. Né en Tchécoslovaquie, à Havirov, le 20 juin 1975. Carrière joueur : Havirov (1993-94), Viktoria Zizkov (1994-95), FC Zlin (1995-97), Tatran Presov (1997-99), Lokeren (1999-2002), Anderlecht.
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Daniel Zitka. Gardien de but. Né en Tchécoslovaquie, à Havirov, le 20 juin 1975. Carrière joueur : Havirov (1993-94), Viktoria Zizkov (1994-95), FC Zlin (1995-97), Tatran Presov (1997-99), Lokeren (1999-2002), Anderlecht. Je suis né dans la partie tchèque du pays mais mes plus belles années, au point de vue footballistique, je les ai passées à Presov, en Slovaquie. Je me sens donc à 80 % tchèque et à 20 % slovaque. Pour le moment, du moins. Car je serai 100 % belge lorsque ma demande de naturalisation, que je viens de déposer, aura été agréée (il rit). Jakob Kafka, qui a été mon rival en équipe représentative des Espoirs de Tchéquie. Pendant des années, j'ai eu davantage d'atomes crochus avec lui qu'avec Franz Kafka, un monument de la littérature mondiale dont je n'ai malheureusement pas pu lire les £uvres à l'époque où j'étais encore teenager, pour la bonne et simple raison qu'elles étaient interdites sous le régime communiste. Par la suite, je me suis bien sûr rattrapé en dévorant des romans comme Le Procès. Du grand art, assurément ! Le Sparta, qui est le club tchèque emblématique par excellence. Par le passé, le Slavia était un grand nom aussi mais depuis l'instauration de la Ligue des Champions, au début des années 90, le Sparta, participant régulier de cette épreuve, a vraiment fait le vide autour de lui dans la capitale, et même dans le pays. Il est à la Tchéquie ce que Rosenborg est à la Norvège, en quelque sorte. Une autre raison pour laquelle j'ai un faible pour le Sparta, c'est la présence d'un grand joueur belge dans ses rangs lors de l'entre-deux-guerres : Raymond Braine. Son portrait figure d'ailleurs toujours en bonne place au stade Letna actuellement. C'est assez dire si l'ancien Beerschotman a marqué son époque. Au dire des anciens, Ivo Viktor est le plus grand gardien que la Tchécoslovaquie ait jamais connu. Malheureusement, je ne l'ai jamais vu à l'£uvre puisque je n'étais pas encore né au moment où il était à l'apogée de sa carrière, dans les sixties. En revanche, je suis bien placé pour dire que Peter Cech est le meilleur Tchèque, en ce moment, au même poste. Il est le prototype du keeper moderne : grand, souple, souverain. Comme Gianluigi Buffon en Italie. Vaclav Havel, incontestablement l'homme du renouveau en Tchéquie. Pavel Nedved ne s'est distingué que dans un seul domaine, lisez le football, dans sa vie, même s'il y a atteint le nirvana sous la forme d'un Ballon d'Or en 2003. Vaclav Havel, de son côté, a accédé à la notoriété tant à cause de son talent en tant qu'écrivain û ses Lettres à Olga sont un pur chef-d'£uvre û que comme homme politique en sa qualité de président de la nouvelle république de Tchéquie en 1993. Si tout le monde sait où se situe mon pays aujourd'hui, ce n'est pas grâce à Pavel Nedved mais à Vaclav Havel. Le printemps de Prague, évidemment. Douze ans après la Hongrie, en 1956, ce fut notre manière à nous, Tchécoslovaques, d'exprimer pour la première fois notre ras-le-bol face au grand frère communiste soviétique. Ces événements, je ne les ai pas vécus, puisqu'ils remontent avant ma naissance. Comme la plupart de mes compagnons d'âge, j'en ai pris connaissance au compte-gouttes, au fil de conversations avec les anciennes générations. Car dans les manuels scolaires, il n'était jamais question de tels épisodes. Pour nous, le cours d'histoire s'arrêtait toujours à la révolution russe en 1917. Ce n'est qu'après la séparation du pays que de nouveaux ouvrages, actualisés, ont fait leur apparition dans l'enseignement. A ce moment-là, les gars de ma génération ont enfin perçu qui était véritablement Alexander Dubcek, l'homme qui a fait front à l'URSS en 1968, ou encore Jan Palach, l'étudiant qui s'était immolé par le feu, dans la même période, en guise de protestation contre la présence de l'armée soviétique dans le pays. Le hockey sur glace, qui est le sport collectif le plus exigeant au monde. A côté de cette discipline, le football est une vaste rigolade (il rit). Comme la plupart des jeunes, je m'y suis adonné en bas âge et même durant mon adolescence. Mais pour le fun uniquement, car je ne me suis jamais affilié dans un club. L'hiver, je jouais avec mes copains sur un étang gelé. Pas au but, cependant, car il faut être complètement fêlé pour s'exposer à l'impact d'un puck, même lorsqu'on est bien emmitouflé et protégé. Je n'étais toutefois pas spécialement doué pour ce sport, contrairement à Martin Kolar qui, s'il n'avait choisi le football, aurait pu faire carrière sur les patins. Libor Pimek, que j'ai déjà eu la chance de rencontrer à l'une ou l'autre reprise en Belgique, puisqu'il habite Anvers. Un type franchement sympa, mais qui a eu la malchance d'être barré en Tchécoslovaquie par des tennismen plus talentueux que lui, comme Ivan Lendl précisément, ou encore Tomas Smid. Pour la petite histoire, je signalerai que ce dernier a épousé également une fille de la Métropole. Sans compter qu'Hana Mandlikova s'est installée en Belgique aussi. Il n'y a donc pas que sur les footballeurs que votre pays exerce une certaine fascination. Lokeren. De manière générale, je préfère les petites villes aux grandes cités. Après ma carrière, il est pour ainsi dire acquis que je retournerai en Tchéquie. Mais contrairement à bon nombre de footballeurs à la retraite, qui ne jurent que par Prague, je n'élirai pas domicile là-bas. Je m'établirai peut-être en banlieue, mais sûrement pas au sein même de la capitale. Un retour à Havirov est exclu aussi. Car à choisir entre ma Moravie natale, industrielle, ou la Bohême, splendide, il n'y a pas photo non plus. Même si nous nous situons aux antipodes l'un de l'autre sur le plan du caractère, Tristan Peersman et moi nous entendons à merveille à Anderlecht. Peut-être est-ce dû au fait que nous avons vécu à des périodes différentes les mêmes situations extrêmes. Ces événements nous ont indéniablement rapprochés. Avec Mladen Dabanovic, je n'ai jamais connu la même complicité à Lokeren. Là-bas, c'était chacun pour soi. A mon arrivée à Daknam, j'ai porté tour à tour le 30 et le 12. Au Sporting, j'ai troqué ces chiffres contre le 25 d'abord, puis le 1. A choisir, c'est le 1 que je préfère entre tous, car il constitue évidemment tout un symbole pour un portier. J'y suis d'autant plus attaché que c'est mon devancier entre les perches du RSCA, Filip De Wilde, qui me l'a donné. Au moment de prendre congé de tout le monde au Parc Astrid, il a effectivement eu la gentillesse de me remettre son maillot, frappé du numéro 1. " Tiens, celui-ci est désormais pour toi ", me dit-il. Dans ces conditions, chacun comprendra, sans doute, pourquoi j'y suis tant attaché. Ce ne serait pas moi et Tristan Peersman, ça (il rit) ? Personnellement, à l'image de la plupart de mes compatriotes, je me reconnais en tout cas dans le personnage principal du best- seller de Jaroslav Hasek : un soldat infirme qui décide, dans sa chaise roulante, d'aller défier les Turcs à Sarajevo, au beau milieu de la guerre 1914-18. Schweik, c'est la caricature du Tchèque moyen : un bon vivant, porté sur toutes les choses agréables de la vie, mais courageux au besoin. Moi, je me retrouve en lui. Reste à voir si Tristan, de son côté, ressemble réellement au vilain petit canard. C'est peut-être un rôle dans lequel certains le glissent, compte tenu de son comportement. Mais moi, je vois en lui, en tout premier lieu, un chouette collègue. Et un très beau cygne (il rit). La pils, dont le nom découle d'ailleurs de la ville de Plzen en Tchéquie. Chez nous, elle est titrée à 4,5 % d'alcool, tandis qu'en Belgique elle est un peu plus forte. La trappiste est trop capiteuse à mon goût. Je ne la bois qu'exceptionnellement. Je ne connais pas vraiment Alin Stoica. Mais au dire de tous ceux qui l'ont côtoyé ici, à Anderlecht, j'en déduis que sa carrière est un fameux gâchis. A son âge, 25 ans, pas mal de joueurs troquent un championnat de moindre envergure pour exercer leur talent dans une compétition plus huppée. Lui a fait l'inverse puisqu'il vient de quitter la Belgique à destination de son pays natal, la Roumanie. Je comprends davantage Lukas Zelenka qui, malgré son statut de titulaire indiscutable au Sparta Prague, rêve de revenir à Westerlo. C'est normal, le niveau du football, en Tchéquie, n'est pas bien fameux. La preuve : le Sparta se fait ramasser chaque année en Ligue des Champions faute d'opposition majeure au pays. Le niveau de difficulté est autrement plus grand ici. Sur le plan humain, Martin Kolar, que je considère un peu comme mon petit frère en Belgique. Sur le plan footballistique, Jan Koller, qui a rang de monument en Tchéquie. La métamorphose de Jantje a surpris pas mal de monde. Au pays, la plupart des gens rigolaient de lui en raison de sa maladresse balle au pied. A son arrivée à Lokeren, il faisait pitié aussi, pour les mêmes motifs, au dire de mon compatriote Roman Vonasek, qui a joué avec lui là-bas. Mais au fil des mois, il s'est transformé au point de devenir un " grand " dans toutes les acceptions du terme. Il constitue un magnifique exemple de persévérance. Les deux groupes se complétaient plutôt bien à Daknam mais je me sentais quand même plus proche des Islandais, malgré tout. A l'image des footballeurs de l'Europe de l'Est, comme moi, qui formaient le troisième compartiment dans l'effectif, je me suis toujours senti très proche d'eux en ce qui concerne le modus vivendi et le comportement. Dans ces domaines, je n'ai pas toujours compris les Africains. Ils ne témoignaient pas souvent de la mentalité ou de la correction nécessaires. J'ai vu un beau jour Sambegou Bangoura s'emporter de manière honteuse vis-à-vis du kiné, Stany Rogiers. L'homme était à ce point outré par le comportement du Guinéen qu'il a remis sa démission sur-le-champ. Et ce n'est pas le seul exemple que je pourrais citer. J'ai joué trois ans à Lokeren. Au cours de cette période, j'ai suivi des cours du soir de néerlandais. Aujourd'hui, j'habite Asse, dans le Brabant flamand. Il me paraît logique, dans ces conditions, que j'aie d'abord un penchant pour tout ce qui touche à la Flandre et à ses habitants. Mais j'ai de bons rapports aussi avec les francophones : Bertrand Crasson et Olivier Doll jadis, ou encore Walter Baseggio aujourd'hui. La montagne. Dès que l'occasion se présente, je me rends avec ma petite famille en altitude, en Slovaquie. C'est le pied là-bas, mieux qu'en Tchéquie. Si je ne m'adonne plus au ski alpin, comme autrefois, je sacrifie quand même au ski de fond. C'est bon pour la santé et très exigeant. Lors de la trêve hivernale, je suis d'ailleurs d'avis que les joueurs devraient passer quelques jours sur les lattes, en montagne, avant de reprendre le collier sur le terrain. Leur condition n'en serait que meilleure. Pour ce qui est de la couleur de la carte, il va sans dire que je préfère la jaune à la rouge. Mais en ce qui concerne mon équipement de gardien, je préfère une vareuse rouge. Adidas étant l'équipementier d'Anderlecht, je privilégie la marque aux trois bandes. D'autant plus que l'américaine me laisse de très mauvais souvenirs. Lors de notre premier déplacement en Ligue des Champions, à Valence, nous avions dû jouer avec un ballon de ce type. Or, il est légèrement plus petit que ceux avec lesquels nous sommes habitués à jouer et à nous entraîner en Belgique. Je ne cherche pas des circonstances atténuantes mais si je me suis blousé sur le but d'ouverture des Espagnols, je me dis que la même scène ne se serait peut-être pas produite avec un ballon Adidas. Deux présidents ô combien différents : d'un côté celui de Daknam, souvent soupe au lait et déchaîné dans ses propos et, de l'autre, celui du RSCA, nettement plus calme et mesuré. Ma préférence va à Roger Vanden Stock, même si j'estime qu'il devrait parfois se faire davantage entendre dans le vestiaire. Avec Roger Lambrecht, c'était souvent trop. Avec Roger Vanden Stock, c'est un tantinet trop peu. Silvio Proto qui, vu son jeune âge, a encore une marge de progression plus grande que Bertrand Laquait, à la valeur confirmée. Peter Schmeichel, qui avait une autorité naturelle. Oliver Kahn aboie un peu trop à mon goût. Je préfère les gens qui s'imposent sans montrer les dents. Bruno Govers" C'est Filip De Wilde qui m'a remis son numéro 1 " " Si tout le monde sait où se situe la Tchéquie, ce n'est PAS GRÂCE à PAVEL NEDVED mais à Vaclav Havel "