Il ne faudra pas venir lui dire qu'il ne travaille pas. " On pense qu'un entraîneur n'est là que pour donner ses consignes lors des entraînements et des matches. Mais comme on peut s'en rendre compte, ce n'est pas le cas ", explique Jos Daerden (49 ans). Les résultats ne suivent pas car rien ne tourne depuis le premier point arraché face à son ancien employeur de Genk mais le grand Jos ne ménage pas ses efforts. Difficile de caser une interview dans un emploi du temps qui combine réunions de travail, entraînements, matches de Réserves, voyages de scouting et trajets presque quotidiens entre son lieu de travail montois et son domicile de Tongres. Pourtant, malgré une conjoncture difficile, il s'est plié sans rechigner à notre Joker Interdit.
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Il ne faudra pas venir lui dire qu'il ne travaille pas. " On pense qu'un entraîneur n'est là que pour donner ses consignes lors des entraînements et des matches. Mais comme on peut s'en rendre compte, ce n'est pas le cas ", explique Jos Daerden (49 ans). Les résultats ne suivent pas car rien ne tourne depuis le premier point arraché face à son ancien employeur de Genk mais le grand Jos ne ménage pas ses efforts. Difficile de caser une interview dans un emploi du temps qui combine réunions de travail, entraînements, matches de Réserves, voyages de scouting et trajets presque quotidiens entre son lieu de travail montois et son domicile de Tongres. Pourtant, malgré une conjoncture difficile, il s'est plié sans rechigner à notre Joker Interdit. Jos Daerden : Mons cette année-ci. Car j'ai la chance de retrouver un poste d'entraîneur principal. A Genk, je voulais devenir directeur technique, mais pour une raison qui reste encore mystérieuse à mes yeux, on m'a écarté de cette fonction. Il ne faut pas le voir de la sorte car à l'époque où j'étais à Genk, j'avais accepté le poste d'adjoint uniquement parce qu'il y avait autre chose en vue à plus long terme. Je venais d'un poste d'entraîneur principal à Eindhoven (D2 néerlandaise) et il y avait un projet à Genk, dans un club qui peut se targuer d'être un des 4 ou 5 meilleurs du championnat. Si je n'avais pas eu la garantie d'obtenir ce poste de directeur technique qui, à l'époque, n'existait pas encore dans l'organigramme du club, je n'aurais pas abandonné le métier d'entraîneur principal. Je dirais Sef Vergoossen. J'ai joué en équipe nationale avec René Vandereycken mais je ne le connais pas sur le plan professionnel tandis que j'ai pu apprécier le travail du Néerlandais. J'ai officié avec lui trois ans durant. Je l'avais connu aux Pays-Bas où, à l'époque, j'avais décidé de passer ma licence d'entraîneur professionnel. Dans le cadre de celle-ci, j'avais choisi d'effectuer mon stage de six mois dans le club de Roda entraîné par Vergoossen. Quand il a signé à Genk, il m'a contacté pour voir si je ne connaissais pas quelqu'un qui puisse l'assister dans sa tâche car il ne parlait pas le français et désirait s'entourer d'une personne au courant des rouages du football belge. Je lui ai proposé deux ou trois noms qu'il n'a finalement pas retenus. Un jour, je me suis rendu à Genk pour discuter du contrat de mon fils, Koen. J'ai parlé de la situation avec le président Jos Vaessen qui me proposait le prochain poste de directeur technique. Je suis alors allé trouver Sef Vergoossen en lui disant que je voulais bien devenir son adjoint en attendant de rejoindre le bureau de DT. Koen Daerden sans hésiter. C'est quand même mon fils et je crois que c'est normal que je le préfère à n'importe quelle autre personne. De plus, il vient de quitter le domicile familial il y a un mois pour s'installer avec sa copine. C'est un peu dur. Mais le vide ne règne pas dans la maison car l'aîné réside encore chez nous. Du moins jusqu'à janvier car il est en train de faire construire. Je sais que l'on me surnommait Grand galop mais je ne savais pas que l'on appelait Simon Tahamata Petit trot. Et à tout prendre, je préfère mon surnom. Les deux matches contre le Dinamo Tbilissi resteront un bon souvenir. On gagne deux fois 1-0 et je marque les deux buts. Ces deux rencontres m'ont permis d'être retenu dans la liste des 22 pour la Coupe du Monde en Espagne. A l'époque, on avait réussi un petit exploit en sortant les Géorgiens, tant l'équipe de l'époque était forte. Elle détenait le trophée et possédait en ses rangs 10 ou 12 joueurs de l'équipe soviétique. A Tbilissi, ils jouaient devant 95.000 spectateurs. En finale, il nous était impossible de battre Barcelone dans son antre du Nou Camp. On a dominé la première mi-temps avant de se faire voler en deuxième période. Mais cette campagne demeure un bon souvenir. Si je n'ai pas choisi Standard-Waterschei, ce n'est pas en raison du scandale qui suivit. Il n'a éclaté que deux ans plus tard. En 1982, il y avait 47.000 personnes pour ce match et on a fait grand bruit de l'affaire alors qu'il ne s'agissait que d'un accord entre amis. Il n'y avait pas d'argent en jeu. Je sais que je n'ai pas le droit à un joker mais là, c'est vraiment trop difficile de choisir. Il s'agit d'une chance d'avoir opéré sous les ordres de ces deux monstres. De plus, ils ne se ressemblaient pas du tout. Happel, c'était un sphinx. Il m'avait vu lors du tour final de D2 que je disputais avec Tongres. A cette époque, on disposait d'un abonnement pour cette compétition mais on ne réussissait jamais à monter. Lors d'une soirée pour le 50e anniversaire du club, les dirigeants m'ont annoncé que le Standard voulait s'attacher mes services. Au début, je croyais qu'il s'agissait d'une blague car j'étais en contact avec Gand. C'était le jeudi de l'Ascension. Et le vendredi, le président des Buffalos, Albert De Meester, s'est déplacé à Tongres où on lui a appris que le Standard avait surenchéri. Simon. On est arrivé en même temps au Standard et je pense que si je n'avais pas été là, Tahamata ne serait pas resté longtemps dans la Cité ardente. Les Liégeois voulaient le placer à l'hôtel mais finalement il a séjourné six mois à la maison avant qu'il ne trouve son propre logement. Ce geste a suffi pour que sa famille nous considère comme des frères. Quand il y avait une fête chez les Tahamata, on était toujours invités. Heureusement qu'il n'a pas fini à l'hôtel car son moral en aurait pris un coup. Il disposait de qualités techniques extraordinaires. Mais il lui fallait bien cela avec sa petite taille. Quand certains joueurs ne sont plus en mouvement, ils perdent leurs qualités. Mais, lui, il pouvait s'arrêter et redémarrer quand il le voulait. NDLA : Michel Wintacq entre alors dans le bureau pour saluer Jos Daerden. Oh, ça alors ! ! ! Ils viennent de me demander de choisir entre toi et Tahamata et j'ai choisi Simon, tu ne m'en voudras pas trop, j'espère. A Eric Gerets au Lierse car c'est plus facile de reprendre un club en début de préparation. Mais quand on est appelé au chevet d'une équipe en pleine saison, c'est en raison de certains symptômes de maladie. Et on sait dès le départ que le club souffre. Quand j'ai repris les rênes du Lierse, le club venait de fêter un titre de champion. C'était un peu inespéré pour les Pallieters qui en ont souffert puisque pas moins de 10 ou 12 joueurs avaient quitté le club dans la foulée du titre. Il fallait reconstruire sans rater l'objectif de la Ligue des Champions. Le 27 août, on disputait contre Famagouste le match le plus important de l'année puisqu'un tiers du budget annuel en dépendait. On avait perdu 2-0 à Chypre mais devant nos supporters, on avait réussi à renverser la vapeur en gagnant 3-0. Par la suite, nous avons dû disputer nos matches à domicile à Gand, ce qui nous a fortement porté préjudice. Dans une poule comprenant le Bayer Leverkusen, le Sporting Lisbonne et Monaco, on a pris un point. Tout le monde ne peut pas en dire autant... Quand on arrive dans un club, on est largement tributaire des événements. A Genk, on était parti pour trois ans et on termine premiers dès la première saison. A choisir, j'aurais préféré gagner le titre lors de la troisième saison. Je veux un gardien numéro 1 indiscutable et on n'a pas connu cela à Mons depuis bien longtemps. C'est pour cette raison que j'ai fait venir Cédric Berthelin. Je ne l'ai pas transféré pour qu'il soit doublure. Il a quand même joué à Lens et à Crystal Palace. Mais il devra cependant prouver ce qu'il vaut. Certains jugeaient ce transfert inutile car ils nous estimaient bien pourvus dans le domaine des gardiens. Mais à mes yeux, il s'agissait d'un chantier important. Normalement, dès qu'il sera affilié, Berthelin sera titulaire. Mais je dis bien normalement car l'arrivée d'un gardien peut en libérer un autre. On a discuté de la situation avec Kris Van de Putte et Ivan Willockx, et ils savent à quoi s'en tenir. Van de Putte a d'ailleurs décidé de signer pour Courtrai et même s'il est encore sous contrat avec nous jusqu'au 31 décembre, il a préféré s'entraîner ailleurs. Quand on perd, on est toujours déçu, mais quand je regarde le match de Karlsruhe dont j'ai conservé une cassette, je me dis qu'on a vraiment été volé. D'ailleurs, quand je vois la tête d'Anders Frisk à la télévision, j'ai envie de casser le poste. Il nous a signalé trois fois hors-jeu alors qu'à chaque fois, cela sautait aux yeux qu'il n'y avait rien. On a vraiment dominé cette rencontre mais il y avait autre chose en jeu. Karlsruhe avait déjà négocié avec les télévisions allemandes l'achat du premier tour de la Coupe UEFA. Cet accord leur permettait de conserver leur vedette, Thomas Hässler. Ils se trouvaient donc dans l'obligation de gagner. Je conseillerai toujours aux clubs belges de disputer l'Intertoto. Certes, cette année-là, on avait dû reprendre dès le 13 juin mais cela avait porté ses fruits puisqu'on avait terminé devant Stuttgart en poule avant d'éliminer Nantes en demi-finales. En championnat, on avait continué sur cette lancée en restant 10 semaines en tête lors du premier tour. Je ne garde pas de goût amer de mon passage à Sclessin comme entraîneur. Les résultats suivaient alors que j'avais dû laisser partir Michaël Goossens à Genoa lorsqu'il était meilleur buteur du championnat et que ma défense n'était composée que de jeunes joueurs qui ont abouti par la suite en Promotion ou en Provinciales. On formait un très bon milieu de terrain avec, en plus de ces deux joueurs, Gérard Plessers qui montait beaucoup à gauche et René Botteron. Je choisis Arie Haan car à cette époque, Vander-smissen était encore un peu timide. Haan, c'était le patron. On ne pouvait pas lui reprocher de ne pas travailler même si c'est moi qui servais de pare-chocs défensif. Je récupérais et Haan était toujours disponible. Il servait de stratège. Moi, j'étais plus au four et au moulin. Je travaillais entre les deux rectangles. Je pouvais aller de l'avant car je possédais un grand volume de jeu et je savais me repositionner très vite. J'ai joué dans les deux clubs mais je répondrai Ekeren. Le Beerschot constituait le vrai club anversois, supporté par des gens qui croient sans cesse qu'ils sont les meilleurs. Ekeren me convenait mieux car il s'agissait d'un club modeste. Et on est parvenu malgré tout à se hisser à la quatrième place devant le Standard. Pour survivre, cette équipe était obligée de faire appel à des jeunes et de les entourer par de nombreux vieux briscards. J'en ai fait mon adage : -Si un joueur possède encore des qualités, il n'est pas trop vieux, et s'il en possède assez, il n'est pas trop jeune. La victoire avec le Standard. Il s'agissait de mon premier trophée et du dernier match d'Ernst Happel. Il n'avait pas réussi en championnat à accrocher un bouquet en deux saisons. Il s'agissait donc d'un aboutissement pour lui aussi. On a fêté cette victoire à Tongres dans un café car, à l'époque, il y avait beaucoup de Limbourgeois à Sclessin. Et on avait offert un cadeau à Happel. Il était imperturbable, mais ce jour-là, je l'ai senti ému. Le Standard restera le club de ma vie. Quand je jouais à Tongres, l'entraînement commençait à 18 heures, mais les jours de Coupe d'Europe, je demandais à l'entraîneur de l'avancer pour pouvoir prendre le bus à 19 h 15 et assister aux matches dans le pourtour de Sclessin. Sans hésiter mon premier passage. J'avais repris le club alors qu'il pointait à la dernière position et on a terminé huitièmes en luttant jusqu'au bout pour les places européennes. On disposait d'une fameuse équipe avec Khalilou Fadiga, Harm Van Veldhoven, Ronny Van Geneugden, Marek Waligora et Jacky Mathijssen. Stéphane Vande Velde" CONTRE KARLSRUHE, ON A éTé VOLÉ. Quand je vois Anders Frisk à la télévision, j'ai envie de casser le poste "