Bart Goor. Médian belge, né à Neerpelt le 9 avril 1973. Clubs successifs : FC Buul (80-86), Verbroedering Geel (86-96), Racing Genk (96-97), RSC Anderlecht (97-01), Hertha BSC Berlin (01-04) et Feyenoord. 59 sélections et une suspension de cinq matches pour avoir craché en direction d'un joueur espagnol lors du dernier Espagne-Belgique...
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Bart Goor. Médian belge, né à Neerpelt le 9 avril 1973. Clubs successifs : FC Buul (80-86), Verbroedering Geel (86-96), Racing Genk (96-97), RSC Anderlecht (97-01), Hertha BSC Berlin (01-04) et Feyenoord. 59 sélections et une suspension de cinq matches pour avoir craché en direction d'un joueur espagnol lors du dernier Espagne-Belgique... Bart Goor : Même si je possède une caractéristique bien connue du lama, je dirai l'âne. Il présente au moins l'avantage de ne pas buter deux fois sur la même pierre. Aucun car ils nous ont tous deux floués comme pas permis : l'Italien en ne sifflant pas un penalty pour un accrochage évident sur Mbo Mpenza lors de Bulgarie-Belgique. Et le Danois parce qu'il a fait montre de parti pris à Santander. Si tous les Diables, sans exception, ont été obligés d'enlever leurs alliances et bagues pour participer à cette rencontre, je ne vois pas pourquoi la même mesure n'était pas d'application aux joueurs espagnols ce soir-là. Raúl a joué avec une chevalière visible à deux lieues à la ronde et l'arbitre n'a pas bronché. Y a-t-il un autre tarif selon qu'on est une star ou un simple joueur ? Nielsen m'a déçu à cette occasion, tout comme Collina n'avait pas fait honneur à sa réputation à Sofia. C'est à la fois un constat et un reproche. Jaune, d'autant plus qu'en néerlandais, cet adjectif réfère au club de mes débuts, le Verbroedering Geel. Sans une bonne formation footballistique là-bas, je n'aurais pas accompli la carrière que l'on sait. Quant au rouge, il est malheureusement synonyme d'un très mauvais souvenir pour moi : mon renvoi récent du terrain à Santander, suite à un crachat en direction de Xavi. Je n'avais nullement l'intention de toucher le joueur mais mon attitude n'en demeure pas moins inexcusable. Je jure que ce moment d'égarement, dicté par la frustration, ne se reproduira plus jamais. J'ai retenu la leçon. Ni l'un ni l'autre car les deux entités étaient déjà regroupées sous la bannière du Racing Genk à l'époque de mon passage dans ses rangs en 1999. Le porte-drapeau du football limbourgeois est, à mes yeux, l'illustration d'une fusion réussie. J'ose espérer que d'autres s'inspireront de cet exemple car l'union des forces est, à mes yeux, la seule planche de salut pour des clubs qui doivent composer avec une concurrence ardue dans une seule et même région. J'ai vécu ce phénomène à Geel, distant de dix kilomètres à peine de Westerlo. Un rapprochement serait à coup sûr indiqué là-bas, au même titre qu'au Pays de Waes ou en Hainaut. Si Charleroi, La Louvière et Mons unissaient leurs destinées, il y aurait une grande puissance du football dans cette province, c'est sûr. Branko Strupar, qui a été un auxiliaire précieux pour moi tant au stade du Phénix qu'en équipe nationale. Mais son nom, à l'évidence, était quasiment indissociable de celui du Guinéen, avec qui il aura constitué un duo de choc à Genk. Au cours de toutes mes années au plus haut niveau, je n'ai connu qu'une seule paire encore supérieure à ces deux-là : le tandem Jan Koller-Tomasz Radzinski à Anderlecht. Ne me demandez pas de choisir entre l'un de ces deux-là, je ne le pourrais pas (il rit). C'est cornélien aussi mais, à choisir je citerai Zet. J'ai énormément d'admiration pour le Suédois, qui a réussi à tirer la quintessence de ses possibilités, tant à Anderlecht qu'à l'Olympiakos, malgré des blessures à répétition aux genoux ainsi que des problèmes de diabète. Par là même, il fait figure de modèle à suivre. Walt est un footballeur de grand talent aussi. Mais contrairement à son coéquipier dans l'entrejeu anderlechtois, il n'a pas encore exprimé tout son potentiel. Ce n'est peut-être pas tout à fait anormal, dans la mesure où il n'a que 26 ans et que le meilleur, pour lui, est encore à venir. Du moins, s'il y met du sien. Car il rechigne parfois à se faire violence. Or, ce n'est qu'à ce prix qu'il réalisera le rêve de sa vie : évoluer dans le calcio. Je suis convaincu qu'il en a l'étoffe. Mais il doit se donner les moyens de cette ambition. Je lui saurai toujours gré d'avoir été à la base de mon passage à Genk mais c'est au Parc Astrid, indéniablement, que notre collaboration a été la plus fructueuse : deux titres de champion et plusieurs matches héroïques en Ligue des Champions. Je ne connais l'Arena d'Amsterdam que de nom, mais j'ai hâte d'y jouer avec Feyenoord cette année, tant les commentaires à l'égard de ce temple du football sont élogieux. L'Arena de Schalke mérite assurément le détour aussi, d'un point de vue architectural, mais je n'apprécie guère l'atmosphère qui s'en dégage. Chaque fois que j'y ai joué avec le Hertha Berlin, j'avais l'impression d'être dans un bocal. Pour un concert, l'endroit est approprié. Mais il se prête moins à un match de football. Du moins est-ce là mon sentiment. En Allemagne, le plus chouette stade, à mes yeux, demeure celui du Borussia Dortmund. Ce kop jaune et noir de 25.000 personnes derrière l'un des buts, c'est tout simplement démentiel. Dans le même genre, seul Liverpool peut rivaliser avec le géant de la Ruhr. Sans conteste le stade de Feyenoord. Je ressens toujours des frissons, aujourd'hui, en songeant à ces 50.000 personnes qui, à l'occasion de la journée portes ouvertes, l'été passé, se mirent à scander spontanément mon nom lorsque je foulai pour la première fois le terrain vêtu de l'équipement du club. Ce fut franchement un moment très fort pour moi. Je n'ai hélas pas gardé de souvenirs semblables de mes visites en Campine avec Anderlecht. Au cours de ma première saison au RSCA, sous les ordres d'Arie Haan, nous avions été battus 6-0 là-bas. Un an plus tard, avec Aimé Anthuenis, nous nous étions inclinés sur un score de forfait. Il n'y a que sous les couleurs du Hertha Berlin, finalement, que j'ai réussi un résultat honorable au Kuipke, en Coupe d'Europe : un nul vierge à l'occasion de ma première campagne chez les Bleu et Blanc, en 2001-02. Mais marquez pas de chance : je n'étais pas sur le terrain ce soir-là mais plutôt dans le dug-out. Ceci explique peut-être cela (il grimace). Marathon Man. C'est le surnom qu'on m'a donné à Anderlecht et je n'en suis pas peu fier car il épouse parfaitement mon profil. J'ai toujours mis un point d'honneur à me dépenser sans compter sur un terrain. C'est la moindre des choses que l'on puisse demander à un joueur de football, qui fait quand même partie des privilégiés de la société. Pour ce qui est de la mode italienne, mes préférences vont à Dolce Gabbana. Chez nous, j'apprécie effectivement le style décontracté de Dirk Bikkembergs. Mais je ne pourrais pas me résoudre à défiler pour lui, comme l'ont fait dans un passé récent Gilles De Bilde, Olivier Deschacht ou Björn De Wilde. Je me sens nettement plus à l'aise sur un terrain que sur un cat-walk. Le Parc Astrid, auquel sont étroitement associées quelques joutes européennes mémorables. J'ai vécu de bons moments aussi au Stade Roi Baudouin mais hélas aussi l'une ou l'autre cruelles déceptions. Comme lors de l'EURO 2000. Personnellement, je regrette amèrement que nous n'ayons pu donner la réplique à la Lituanie dans le cadre du stade du Centenaire. Car avec ses dimensions maximales, nous aurions été en mesure de poser davantage de problèmes à un adversaire qui, d'un bout à l'autre de la partie, n'a cherché qu'à réduire les espaces et couper les angles. En soi, il aurait mieux valu programmer les Baltes à Bruxelles et l'Espagne à Charleroi que l'inverse. Pour des raisons pécuniaires, je peux comprendre l'option de la fédération. Mais pour des motifs purement sportifs, ce n'était probablement pas le meilleur choix. Berlin. Notre capitale n'a jamais été, pour moi, que mon lieu de travail durant quatre ans. Je n'ai jamais ressenti de véritables affinités avec celle ville, contrairement à Anvers dont j'ai toujours aimé l'atmosphère. Il en va de même pour Berlin, cité à la fois très verte et aérée. Sans compter que sur les plans historique et culturel, on ne s'en lasse jamais. Hormis l'appellation commune, il n'y a pas de comparaison possible : Berlin l'emporte haut la main. D'autant que le lieu est chargé d'histoire. Les bureaux administratifs avec leurs murs épais, les vastes couloirs destinés autrefois aux tanks et empruntés par les bus aujourd'hui, la piste d'athlétisme où a couru un certain Jesse Owens : tout cela marque les imaginations. Chacun se souvient que l'Américain a fait un immense pied de nez au nazisme là-bas en gagnant la finale du 100 mètres des JO en 1936. Mais qui sait encore que ces mêmes Jeux Olympiques s'étaient déroulés au Kiel 16 ans plus tôt ? J'ai joué à l'une ou l'autre reprises au Beerschot mais je n'en ai jamais vu la moindre trace. Le Real. Non seulement pour sa grandeur mais aussi parce que j'ai eu l'immense bonheur d'inscrire l'un des deux buts contre lui quand Anderlecht l'avait battu pour les besoins de la Ligue des Champions en 2000-2001. A ce jour, c'est d'ailleurs le seul goal que j'aie marqué dans cette compétition. Face aux Merengues, voilà qui n'est pas négligeable du tout. Je ne connais pas la veuve de John Lennon. En revanche, j'ai un faible pour mon nouveau coéquipier japonais. C'est un régal de l'entendre s'exprimer en néerlandais. Shinji est un garçon charmant qui se double d'un excellent joueur, habile des deux pieds. Il est l'une des individualités marquantes de Feyenoord. Ruud Gullit, puisque je travaille actuellement sous ses ordres (il rit). Sérieusement, j'ai de l'admiration pour l'un et l'autre. De manière générale, je tire un grand coup de chapeau à tous ceux qui, après une carrière de joueur exceptionnelle, n'hésitent pas à mettre leur réputation en jeu en embrassant le métier d'entraîneur. Non sans succès pour ces deux-là puisque Marco Van Basten s'occupe de la sélection orange pour le moment alors que Ruud Gullit a déjà transité par Newcastle et Chelsea avant d'aboutir à Feyenoord. Qui dit mieux ? Mon partenaire de club, Salomon Kalou, frangin de Bonaventure, qui me paraît déjà plus fort qu'Aruna Dindane au même âge. Par rapport à son compatriote, Salomon a l'énorme avantage d'aller toujours droit au but, sans s'embarrasser de dribbles superflus. Et il possède aussi davantage le sens du goal qu'Aruna. Même si la complicité était totale avec ces deux Croates au Hertha Berlin, tant sur le terrain que dans la vie de tous les jours, je les ai quand même voués aux gémonies après qu'ils nous eurent barré la route de l'EURO 2004 avec l'équipe nationale de leur pays. En guise de consolation, ils ont toutefois eu la délicate attention de me procurer deux places pour le match qui les a opposés à l'Angleterre lors de la phase finale de cette épreuve. Comme je ne suis pas un ingrat, je les ai supportés à cette occasion. C'est la seule fois que j'ai porté la Croatie dans mon c£ur ces dernières années (il rit). J'ai rencontré ces deux nations avec les Diables Rouges, avec un égal succès. Mais mon souvenir le plus marquant, c'est évidemment notre 10-1 contre les Transalpins, une rencontre où j'avais inscrit deux buts et délivré six passes décisives. Il va sans dire que je ne réaliserai plus jamais pareil exploit. Et je ne pense pas, non plus, qu'il sera égalé de sitôt par un autre Diable Rouge. Car les prétendues petites équipes sont une denrée de plus en plus rare. On en a encore eu la preuve naguère avec la victoire d'Andorre contre la Macédoine (1-0) et le match nul entre le Liechtenstein et le Portugal (2-2). La Légion est plus impressionnante. Elle est aussi moins versatile que le kop anderlechtois qui brûle très vite ce qu'il a adoré. J'apprécie le revers de Justine mais ma préférence va au power-play de Kim. Elle ne renonce jamais et ne cherche jamais de faux-fuyants non plus après une mauvaise passe. C'est le propre des grands champions et championnes. En tant que spectateur, j'aime les rencontres débridées de la Liga. Mais comme acteur, je suis sensible au réalisme italien. Lors du récent Milan-Barcelone, le plus beau jeu était l'apanage des Espagnols mais la victoire n'en est pas moins revenue aux rossoneri. Et c'est quand même l'efficacité qui compte. Pour moi, le Werder est supérieur aux Bavarois qu'Anderlecht a rencontrés la saison passée en Ligue des Champions. C'est à ce moment-là que les Sportingmen ont loupé le coche. Pas aujourd'hui. Bruno Govers" KOLLER-RADZINSKI, c'est la MEILLEURE PAIRE d'attaquants que j'ai connue " " Jouer au STADE OLYMPIQUE DE BERLIN marque inévitablement les imaginations "