T he sky is the limit : il n'a pas été question de proverbe lors de cet entretien mais la célèbre devise anglaise colle parfaitement à la forte personnalité de ce gaillard.
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T he sky is the limit : il n'a pas été question de proverbe lors de cet entretien mais la célèbre devise anglaise colle parfaitement à la forte personnalité de ce gaillard. Vedran Runje, 28 ans, n'est pas revenu au Standard pour faire de la figuration. Même s'il reconnaît qu'Anderlecht et Bruges ont quelques longueurs d'avance dans différents domaines, cela ne veut pas dire charrette à ses yeux. Le portier du Standard entend prendre part à la course au titre. Et pas seulement le plus longtemps possible. " Je suis un sportif ", dit-il. " Je lutte pour la gagne. Tous les week-ends, tous les jours, tout le temps. Ce groupe monte en puissance. Nos prochaines aventures européennes nous apporteront beaucoup à condition d'afficher la même envie qu'à Bochum. Si nous y arrivons, nous récolterons aussi d'énormes bénéfices en championnat ". Je désigne la Ligue des Champions sans hésitation. C'est le top, la crème de la crème, le nirvana que chaque footballeur essaye d'atteindre le plus souvent possible. J'ai pris part à cinq matches de Ligue des Champions avec Marseille. On y mesure son niveau, les progrès et les nouvelles tendances de notre sport. Tout se paye cash à ce niveau : les exploits et les erreurs. Mais, cela dit, je ne snobe pas du tout la Coupe de l'UEFA. C'est un autre laboratoire où l'on teste la texture d'une équipe comme ce fut notre cas à Bochum. Là, un pas a été franchi. Le Standard doit continuer sur cet élan. Y être ne suffit pas. Nous devons avoir l'ambition d'y rester, de franchir le cap des groupes. Après cela, la Coupe de l'UEFA retrouvera les troisièmes de chaque groupe de la première phase de la Ligue des Champions. Autrement dit, les deux grandes épreuves européennes auront alors plus ou moins le même niveau qualitatif. Les Italiens et pas seulement parce que j'apprécie le jambon de Parme. Même si son début de championnat est mauvais, Parme est un digne représentant du Calcio. Son jeu est organisé, bien fermé derrière, difficile à démonter. Ce sont autant de problèmes difficiles à gérer durant le match. Steaua est à l'image des équipes d'Europe orientale et d'Espagne : cela joue plus au football sans calculer. Nous débutons notre campagne européenne à Bucarest avant de recevoir Parme. Ce ne sera pas facile mais ce ne l'était pas non plus à Bochum qui est désormais une référence pour nous. J'aime bien l'ambiance qui règne dans les stades turcs. C'est de la folie. Il faudra tenir dans cette fournaise. Je me frotte les mains en songeant à ce qui nous attend à Istanbul. Puis le Standard recevra Bilbao à domicile. Ce sera un autre menu. Si les Turcs misent sur les flambées, les Basques ne balancent jamais rien, lient sans cesse leur jeu, cherchent des réponses techniques, avancent collectivement. Rien que des défis intéressants. Michel Preud'homme était l'idole de la jeunesse. J'adorais son style : explosif, combatif, déterminant que ce soit au sol, dans les airs ou à la relance et présent. Et puis, il avait les cheveux longs comme moi. Attention, Fabien est un immense portier qui a tout gagné mais si on compare les styles, je préfère celui de Preud'homme plus proche du mien. Hajduk. C'est le symbole de mon premier club : Hajduk Split. C'est le nom qui était donné autrefois aux patriotes qui résistèrent aux Ottomans. Ces gens vivaient au jour le jour. Je suis un peu comme cela. Je ne connais personne qui soit revenu sur terre pour vivre une deuxième fois. J'aime la vie. Il faut en profiter, sans faire d'excès, afin de ne pas avoir de regrets à la fin de la course. Je vote pour le coach du Standard. Je respecte le successeur d'Alain Perrin mais j'ai finalement fréquenté de loin l'entraîneur de l'OM dans la mesure où j'étais en désaccord avec le club. Je ne voulais pas être la doublure de Fabien Barthez. Je ne reviendrai pas sur tout ce qui a entouré le retour en France de l'ancien gardien de but de Manchester United. Je n'étais pas d'accord et mon avenir se situait ailleurs. Je connais infiniment mieux D'Onofrio qu'Anigo. Dominique est proche du groupe, prône le plaisir et la passion, bosse comme un fou, consulte, dialogue, s'adapte, dégage des solutions. La saison passée, le Standard évoluait en 4-3-3. Le vestiaire a profondément changé. Les caractéristiques du groupe sont totalement différentes. Le coach est passé, en gros, du 4-3-3 au 4-4-2. Cela prend du temps et ce n'est pas évident. J'ai été élu deux fois meilleur gardien de but de la D1 en Belgique. Même si le football est d'abord un sport collectif, ce furent pour moi deux couronnements qui me sont toujours très chers. Je garde donc précieusement les trophées Wilkinson. Quand je me rase, c'est comme sur le terrain, cela doit aller vite, au moins Mach 20... Le fruit de la vigne. Il y a du très bon vin en Dalmatie mais je n'en buvais jamais avant de venir en Belgique. Mon ami Marinko Rupcic m'en a proposé : j'ai apprécié puis appris à connaître ce divin breuvage avec modération. Sans être un grand connaisseur, je mesure qu'une bonne bouteille, c'est du bonheur à partager en famille ou avec des amis. Quand l'OM passait par Bordeaux, on en profitait parfois pour visiter un château. Les viticulteurs sont des artisans passionnés. J'ai acheté pas mal de bouteilles et j'ai une cave dans la maison que je possède à Split. Je suis Bordeaux et vin rouge avec un goût prononcé vers le fruité. A Split, je préfère le blanc car j'y mange beaucoup de poisson. J'aime bien la bière aussi, la Jupiler et la Heineken. La pils est une bière festive. Mais j'ai goûté aussi à des bières plus élaborées, les blanches ou des créations d'abbayes. Délicieuse la Rochefort ! Ma tête s'en souvient encore... Beau jeu de mot. Quand j'en ai assez d'écouter de la musique croate, je me branche automatiquement sur NRJ. Côté musique et tubes actuels, c'est ma radio préférée. Soyons clair : en pleine possession de tous ses moyens, Emile Mpenza est un des meilleurs attaquants européens. Il a besoin d'être entouré, compris, soutenu. Il était trop souvent blessé mais a résolu ses problèmes physiques la saison passée au Standard. Malgré cela, Didier Drogba est plus fort. C'est un... diable. Je l'ai fréquenté à Marseille et sa percée à Chelsea ne m'étonne pas. Didier en impose athlétiquement, cadre tout le temps des deux pieds, est intelligent, joue sans cesse pour la gagne. J'ai joué contre des cracks, comme Ronaldo entre autres : Didier Drogba, c'est encore plus fort. Je désigne Stipe Pletikosa car il est issu, comme moi, de l'école des gardiens de but de Hajduk Split. Là, on nous apprend à aller vers le ballon et à couper les trajectoires. Tomislav Butina vient du Dinamo Zagreb où les accents sont différents. Tomislav Butina a été brillant avec l'équipe nationale de Croatie au Portugal, mérite ses galons internationaux et sa place à Bruges. Big Dan. Ogushi Onyewu a tout l'avenir devant lui et peut devenir un très grand arrière. Il est au début de sa trajectoire. Daniel Van Buyten est un très grand arrière depuis quelques années déjà. J'ai joué derrière lui au Standard et à l'OM : je sais de quoi je parle. Mais Daniel a encore besoin d'être guidé, ce que je faisais avec Liviu Ciobotariu au Standard ou Frank Leb£uf à Marseille. Quand ses points de repère sont stables et qu'il peut se concentrer sur son job, personne ne le passe, c'est un mur. Il n'est pas capitaine d'Hambourg par hasard. Les Stones car ils ne se sont jamais arrêtés. Je n'aime pas le goût de l'anis. Va pour le pékêt que les amateurs peuvent déguster de cent façons, parfumé aux fruits les plus divers. C'est typiquement liégeois comme les fameux boulets que je préfère à la bouillabaisse. Avec de la rouille ou pas, je n'ai jamais apprécié la bouillabaisse. Pourtant, je connaissais pas mal de bons restaurants à Marseille. Je donne la priorité aux plats plus simples. Je connais mieux le gardien de but gantois. Frédéric Herpoel a du métier à revendre, est sérieux et appliqué. L'Anderlechtois est jeune et doit encore franchir des caps. Son erreur à Charleroi a fait couler beaucoup d'encre mais personne n'est à l'abri d'une erreur. Je vis mon métier à fond. Je suis parfois déçu, fâché, dégoûté mais jamais en colère. Le choix est vite fait : ambition. Les Mauves. Ils incarnent plus le passé, la tradition, le prestige du football belge. Individuellement, Anderlecht détient plus d'atouts que Bruges, certainement sur le plan offensif. Bruges dispose d'un crack comme Bosko Balaban mais Anderlecht a plus d'armes devant avec Nenad Jestrovic, Aruna Dindane, Mbo Mpenza, Christian Wilhelmsson que j'avais apprécié quand il passa des tests à l'OM. L'entrejeu d'Anderlecht est plus complet. Je préfère jouer à Anderlecht qu'à Bruges. C'est toujours le déplacement de la saison. La stabilité de ces deux clubs m'épate. Je suis parti à l'OM en 2001 et je suis revenu en 2004. Trois ans plus tard, je retrouve, dans les grandes lignes, le même noyau à Anderlecht et à Bruges. La continuité explique leurs succès : les joueurs se connaissent sur le bout des doigts. Robert était un monstre, un géant du temps de sa splendeur à l'Etoile Rouge Belgrade, au Real Madrid, en équipe nationale. Au Standard, il avait encore sa technique, sa vista, son coup de patte, son métier, etc. Mais sa carrière était derrière lui. Il n'aimait plus trop courir. Sergio Conceiçao, c'est différent. Il est encore jeune, ne doit pas regarder dans le rétro, est animé par la rage et la classe. C'est un chef, un exemple pour tout le monde. Le titre. C'est la cerise sur le gâteau, la consécration après un an de travail. La Coupe de Belgique a des charmes différents et on peut même retrouver des équipes de D2 en finale comme cela arrive régulièrement en France. Moi, le titre, j'y crois. Nous devons avoir des ambitions. Les débuts ont été difficiles mais le vent tourne vite. On verra où cela nous emmènera. Ce sont deux joueurs totalement différents. Ma préférence va toujours aux joueurs vifs, techniques, imprévisibles, dribbleurs, artistes, créatifs. Aruna Dindane, c'est un peu tout cela et son étoile a un bel éclat. Mais cela ne signifie pas que je n'apprécie pas Sambegou qui est plus un pivot, un homme de rectangle, un spécialiste du trafic aérien. Je n'ai travaillé que quelques semaines avec Jean Thissen. Je me souviens de la belle série de dix matches sans défaite. Je connais mieux Perrin. Je n'étais pas d'accord avec lui mais cela ne m'empêche pas de dire que c'est un grand coach. Et s'il gomme certains aspects de sa personnalité, il ira loin. Je n'en dirai pas plus. Liège est la deuxième ville de ma vie après Split. Plus tard, je me partagerai entre ces deux cités. N'empêche, j'ai aimé Notre Dame de la Garde, à Marseille, où l'on jouit d'un magnifique panorama. Place Cathédrale, c'est le centre avec beaucoup de monde. Je préfère le calme. Ivic. Il reste le plus grand entraîneur croate. Exigeant, il ne supporte que l'ambition. Avec le recul, je me rends compte dans certaines situations qu'il avait raison. Ivic soulignait sans cesse que nous pratiquions un superbe métier. Quand on est jeune, cela semble casse-pieds, mais qu'est-ce qu'il avait raison. Moi, il m'engueula un jour parce que j'étais passé de la première à la troisième place au classement des gardiens de but de Sport/Foot Magazine. Il estimait que je levais le pied. Aujourd'hui, fortune faite, il pourrait se reposer. Non, à 70 ans, il entraîne quelque part dans le golfe Persique. Il n'a pas trouvé d'antidote pour le microbe du football. J'adore les deux. J'ai très bien travaillé avec le fils de Jean Nicolay après mon arrivée au Standard en 1998. C'était chouette. Jean Senior me parlait mais était plus un père pour moi. Si je dois choisir, c'est le jeu, je désigne d'abord Christian Piot. Je ne jouais plus depuis six mois. Christian m'a écouté, parlé, encouragé, relancé. Nous conversons beaucoup et nos analyses m'ont fait un bien fou. Difficile, difficile : Drago de justesse car c'est le présent. Il est plus polyvalent que Frank mais je le préfère au back gauche, sa place en équipe nationale de Serbie & Monténégro. Frank a tout gagné, y compris une finale de Coupe du Monde, avait du métier à revendre. Il fut un des meilleurs liberos qu'il me fut donné de croiser. Mettre une casquette bien sûr. J'en ai une collection dans ma voiture. Après la douche, j'en mets toujours car j'ai les cheveux mouillés. J'ai des parapluies aussi. Le temps est imprévisible ici. C'est pour cela que j'aime ce pays mais après la pluie, il y a toujours le beau temps. Je préfère jouer le soir. L'après-midi, la concentration n'est pas la même. Et cela ne me dérange pas de sortir de temps en temps de soir. Il faut éliminer... L'Italien... pour le moment. Il est à son top, a tout vécu. Mais tout le monde est d'accord pour prédire un immense avenir à Vincent Kompany : moi aussi. Mais il faudra être patient, ne pas tout jeter tout de suite. Les Diables Rouges ont la chance d'avoir Vincent Kompany et Daniel Van Buyten au centre de la défense. Ils feront encore des erreurs mais quelles potentialités, quel avenir. Qui dispose d'un tel duo même s'il doit encore être dirigé ? Mes cheveux vous font penser aux Indiens ? Geronimo alors. Ce fut un très grand chef apache qui a existé. Winnetou, finalement, n'est qu'un personnage de romans puis de cinéma. Pierre Bilic" Michel Preud'homme était L'IDOLE DE MA JEUNESSE " " Je suis parfois déçu, fâché, dégoûté mais JAMAIS EN COLèRE "