Didier Ernst. Né à Verviers le 15 septembre 1971. Demi défensif ou stopper. Carrière : RUVE (1977-88), Standard (1988-92), FC Boom (1992-93), Standard (1993-02), La Louvière (2002-03), FC Brussels.
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Didier Ernst. Né à Verviers le 15 septembre 1971. Demi défensif ou stopper. Carrière : RUVE (1977-88), Standard (1988-92), FC Boom (1992-93), Standard (1993-02), La Louvière (2002-03), FC Brussels. Didier Ernst : Lainier. Je suis originaire du grand Verviers, et de Dison plus particulièrement, où j'habite d'ailleurs toujours à l'heure actuelle, non loin de la maison parentale. Briquetier, je ne l'ai jamais été qu'une seule saison, en 1992-93, quand au même titre que Michaël Delcampe, Sébastien Demeersman, Stalin Rivas et Steve Snow, j'avais été prêté par le Standard au FC Boom. Un souvenir particulièrement pénible, pour moi, car à l'encontre de tous ceux qui m'avaient accompagné en terre anversoise, et qui avaient bénéficié de temps de jeu à profusion, je ne m'étais, personnellement, pas signalé une seule minute sur le terrain là-bas. En cause, la concurrence avec l'ancienne dynamo brugeoise, Stefan Vereycken, mais surtout un coach, James Storme pour ne pas le citer, qui ne croyait manifestement pas en moi. Grand champion, dans la mesure où nous avions affiché clairement nos ambitions au départ et que nous avons tenu la distance, même si notre parcours ne s'est pas toujours assimilé à un long fleuve tranquille tout au long de cette campagne 2003-04. Après deux journées, certains ricanaient déjà sous cape, suite à une entrée en matière calamiteuse, marquée par une défaite à Tirlemont, futur descendant, et un partage contre Eupen. Mais le groupe a laissé passer sagement l'orage avant de se reprendre de maîtresse façon. Le succès au Heysel avec les Loups. Tout simplement parce qu'il s'agissait là du tout premier trophée de ma carrière, avec un club qui n'était pas donné favori, tandis qu'avec le Standard, au préalable, j'avais échoué deux fois en finale de la même compétition, devant Genk et le Lierse, alors que nous avions les faveurs de tous les suiveurs. Le triomphe avec les Loups était d'autant plus beau qu'au passage, l'équipe avait tout de même écarté de sa route le Racing Genk et le Standard avant de s'imposer contre Saint-Trond au stade ultime de l'épreuve. Johan Vermeersch. Un président extrêmement exigeant dans la vie de tous les jours et particulièrement difficile dans les négociations, comme j'en fais l'expérience pour le moment, puisque mon nouveau contrat à Molenbeek n'est toujours pas signé. Mais je préfère de loin un dirigeant de sa trempe, à la fois connaisseur et omniprésent au club, qu'une ombre comme Reto Stifler. A une seule reprise seulement, nos routes se sont croisées : au Portugal, où il était venu saluer l'effectif du Standard lors d'une retraite. Quoique saluer ne soit peut-être pas le terme approprié, car l'homme ne connaissait pas grand monde chez nous. Ce qui donnait lieu, parfois, à des situations cocasses. En guise de réponse à un bonjour de ma part, le businessman suisse y alla d'un " hello " à mon attention, tout en me demandant de quel pays je venais. Il était franchement persuadé que j'étais un touriste comme un autre (il rit). Demi défensif. C'est ma place de prédilection car j'ai l'occasion de m'y dépenser sans compter. Je suis évidemment à même de tirer mon épingle du jeu en tant que stopper également, comme je l'ai prouvé ces derniers mois au côté de Sammy Greven au sein de la défense du FC Brussels. Mais, dans ce rôle, je me sens limité, malgré tout, en matière de volume de jeu. J'ai besoin d'être souvent en contact avec le ballon sur le terrain. Et ce n'est pas toujours le cas pour un garde-chiourme. Pour un joueur somme toute moyen, comme moi, la polyvalence aura été une qualité. Si, durant quelque temps, je n'avais pas fait office de bouche-trou au Standard, en étant trimballé de gauche à droite et de bas en haut sur la pelouse, tout porte à croire que je n'aurais jamais fait mon trou à Sclessin. En revanche, pour une valeur sûre, susceptible d'évoluer avec un égal bonheur à deux ou davantage de places, comme Mbo Mpenza, par exemple, je me demande dans quelle mesure ce facteur ne constitue pas un frein. C'est quand même incroyable que l'aîné des Mpenza n'ait toujours pas inscrit le moindre but en équipe nationale, par exemple, alors qu'il a clairement prouvé naguère, à Eindhoven, contre les Pays-Bas, que des attaquants de sa trempe ne courent pas les rues. Chez les Diables Rouges, toutefois, il a été le plus souvent confiné sur l'aile droite. Non sans succès, peut-être. Mais je reste persuadé qu'il aurait alimenté son compteur personnel depuis longtemps en équipe nationale s'il avait toujours pu s'exprimer dans le même registre. Robert Waseige, celui-là même qui a fait de moi un titulaire indiscutable chez les Rouches durant son deuxième passage là-bas, de 1994 à 96. C'est un événement qu'on n'oublie pas. Tomislav Ivic m'a doublement marqué. Positivement, par ses compétences footballistiques, et négativement par son approche mentale. A force de nous retenir chaque jour, du matin au soir, au club et de multiplier les mises au vert, le technicien croate nous a usés psychiquement. Si nous avons perdu la Coupe de Belgique face à Genk, en 1998, il en est grandement responsable. Nous étions vannés dans nos têtes à l'heure de défier les Limbourgeois, alors que ceux-ci étaient frais d'esprit, justement. Arbitre. Il n'était pas toujours des plus commodes, dans cette attribution, mais, avec lui, on savait au moins à quoi s'en tenir. En tant que responsable du club, il faisait office de sheriff aussi. A cette nuance près que ses décisions étaient alors loin, très loin, de faire l'unanimité. Sous sa gouverne, pas mal de bons et loyaux serviteurs ont dû plier bagages, sans qu'on comprenne toujours pourquoi. Avec le recul, je me suis déjà fait plus d'une fois la réflexion que le club s'était sans doute attaché ses services pour nettoyer en profondeur avant que d'autres n'arrivent. Car jamais Michel Preud'homme n'aurait renvoyé le soigneur Jean Bourguignont si celui-ci avait encore été en place à son arrivée. Un vécu de 20 ans ensemble, cela ne s'efface pas. De Gil, je ne retiens que de bons souvenirs. Avec Preud, c'est plus mitigé. Au début, le courant passait bien entre nous. Puis, à un moment donné, il m'a pris en grippe. Et tout s'est finalement corsé entre nous, au printemps 2002, après que j'eus refusé une offre de prolongement de contrat à Sclessin. Du coup, j'ai fait figure de paria alors que pendant près de dix ans, je m'étais donné corps et âme pour le Standard. Cet épisode m'a fortement ébranlé. Puisqu'il y a un " a " de différence dans leur nom, j'accorderai un léger avantage au Norvégien (il rit). Un grand joueur, au demeurant, qui se double d'un tout grand monsieur. Car ils ne courent manifestement pas les rues ceux, comme lui, qui décident de sacrifier leur carrière, à 29 ans à peine, pour veiller au bien-être de ceux qui leur sont chers. Ole l'a fait en retournant chez lui, à Tromsö. Ce geste-là mérite un immense coup de chapeau. J'avais beaucoup d'estime pour le joueur Arie Haan, mais nettement moins comme entraîneur. Le Hollandais avait ses chouchous dans le vestiaire, la plupart du temps des compatriotes ou des néerlandophones comme Frans Van Rooij, Henk Vos et Thierry Pister. Il ne fallait pas être grand devin pour se rendre compte qu'ils se foutaient de temps à autre, dans leur langue évidemment, d'un gars comme moi. Aussi, tant qu'Arie Haan fut aux commandes, chez nous, je me suis senti la cinquième roue de la charrette. Avec son successeur, René Vandereycken, tout s'est heureusement rétabli. Car lui m'avait heureusement à la bonne. Vu ma propre exubérance, j'avais davantage d'atomes crochus avec Mbo, le plus extraverti des deux. Mais sans dialoguer beaucoup avec Emile, le message passait aussi entre nous. Il a d'ailleurs eu la gentillesse de m'inviter à son mariage, l'année passée, alors qu'on ne s'était plus vus depuis son départ à Schalke. Antonio Folha, qui compte parmi mes véritables amis dans le monde du football. De fait, nous sommes devenus complices d'une manière fort peu banale. A son arrivée à Sclessin, tout le monde pensait que l'ex-joueur de Porto ne maniait que le portugais. En réalité, il maîtrisait déjà parfaitement le français, à ce moment, mais ce petit coquin cachait parfaitement son jeu afin de savoir à quoi s'en tenir avec chacun. Au bout d'un mois de vie commune, quelle ne fut pas ma surprise de l'entendre dire, dans un français impeccable : -Pas envie de prendre un café chez moi, Didier ? Je n'en croyais pas mes oreilles ! Toni m'expliqua qu'en ayant fait semblant, pendant tout ce temps, il mesurait qui étaient réellement ses potes dans le vestiaire. A la maison, dans la foulée, il m'avait servi un de ces expresso dont on a le secret dans les pays latins. Je n'avais jamais savouré pareil nectar de ma vie. Quelques semaines plus tard, à l'époque des fêtes de fin d'année, il eut la délicatesse de m'offrir une machine à café pareille à la sienne, qu'il avait fait venir spécialement du Portugal. Dans ces conditions, chacun comprendra que le Portugais tient une place à part dans mon c£ur. Guy Hellers, au nom de toutes nos années communes à Sclessin. Le hasard a voulu qu'en raison de son indisponibilité, pour cause de blessure, je reçoive pour la première fois ma chance pendant plusieurs semaines d'affilée au Standard. Certains, dans ce cas de figure, auraient probablement souhaité ma perte. Mais pas le Luxembourgeois, qui m'encouragea comme si j'étais son frère. Depuis ce jour-là, il y a toujours eu une très grande connivence entre nous. Après son départ, j'ai d'ailleurs hérité de son brassard de capitaine. Je me souviendrai à jamais de ses paroles ce jour-là : -Tiens, en espérant que ce ne soit pas un cadeau empoisonné. Car lui-même l'avait recueilli de Gilbert Bodart, chassé comme un malpropre, avant lui. Et c'est vrai que, plus tard, j'allais faire à mon tour la même triste expérience. Rik Verbrugghe, que j'ai rencontré déjà à l'une ou l'autre reprises par le truchement d'un de ses coéquipiers chez Lotto, Christophe Detilloux, qui habite non loin de mon domicile. J'aime beaucoup le cyclisme et, quand l'occasion se présente, je ne manque jamais Liège-Bastogne-Liège, ma classique favorite, ou La Flèche Wallonne, que j'ai d'ailleurs suivie de visu cette année avec mon coéquipier du FC Brussels, Christophe Kinet. Ariel. Aussi bien comme produit d'entretien qu'en matière footballistique (il rit). Après toutes ces années au Standard, où j'ai quand même travaillé sous la coupe de bon nombre d'entraîneurs de renom, je pensais avoir tout vécu. Grâce à Ariel Jacobs, qui m'a dirigé chez les Loups, je me rends compte qu'on peut en apprendre tous les jours dans ce milieu. Honnêtement, le souci du détail, chez René Vandereycken, n'est rien à côté du perfectionnisme de l'entraîneur bruxellois. Le vendredi précédant un match, il avait l'habitude d'afficher dans le vestiaire la composition de l'équipe adverse avec une fiche technique détaillée des onze gars d'en face. Pour moi, c'était du jamais vu, ou plutôt du jamais lu. En quelques mots, le portrait-robot de chaque opposant était esquissé. Du très grand art. Comme l'Ajax sur le terrain à sa grande époque ! Le Hell Side de Sclessin, un douzième homme sans pareil. Bien que la fanfare des Brussels Boys ait un cachet unique, elle aussi. Deux de mes compagnons de route, le premier à La Louvière et l'autre au FC Brussels. Je suis plus proche de Kiki, avec qui je suis déjà parti en vacances en République Dominicaine. Avec Thierry, la complicité n'était pas vraiment la même. Avec lui dans la voiture, j'avais quelquefois l'image mais pas le son (il rit). Car quand il était plongé dans un bouquin, il ne fallait pas le déranger. Plutôt chou rouge (il rit). Quatre années de capitanat au Standard et la cote auprès du public de Sclessin durant tant d'années, ce sont des acquis qu'on ne m'enlèvera jamais. Je n'ai été international qu'une fois : le 30 mars 1999, lors de l'inauguration officielle du stade de Sclessin dans l'optique de l'EURO 2000. Cette date-là, même si elle n'a pas eu de lendemains en sélection, restera gravée à tout jamais dans ma mémoire. Cela dit, les Red Devils de Manchester United ne m'ont jamais laissé indifférent non plus. Bruno Govers" Plutôt un président omniprésent comme Vermeersch qu'UNE OMBRE COMME STIFFLER "" IVIC nous a usés MENTALEMENT au point de perdre la finale de la Coupe 98 "