Franky Vercauteren. Né le 28 octobre 1956. Carrière de joueur : RSC Anderlecht (1965-87), FC Nantes (1987-90), RWDM (1990-93). Carrière d'entraîneur : CS Brainois (1993-95), FC Malines (1995-98), RSC Anderlecht.
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Franky Vercauteren. Né le 28 octobre 1956. Carrière de joueur : RSC Anderlecht (1965-87), FC Nantes (1987-90), RWDM (1990-93). Carrière d'entraîneur : CS Brainois (1993-95), FC Malines (1995-98), RSC Anderlecht. Les titres de deux ouvrages qui m'ont été consacrés jadis, l'un par Jean-Louis Donnay et l'autre par René Boonen. A choisir, je préfère toutefois la première appellation. Avec l'accent sur " petit " (il rit). Robby Rensenbrink. Probablement le meilleur joueur anderlechtois de tous les temps, avec qui j'ai formé durant cinq ans une paire offensive sur le flanc gauche. Entre nous, la complicité était totale. Personnellement, je n'en ai jamais fait mystère, contrairement au Néerlandais, beaucoup plus avare de compliments, et qui ne s'est pour ainsi dire jamais épanché en ce sens dans la presse. Par ouï-dire, je sais cependant qu'il me tenait en très haute estime. Aujourd'hui encore, à chacune de nos rencontres, la magie est toujours dans l'air. Sans que nous soyons de véritables amis pour autant. Avec la meilleure volonté du monde, je ne peux les départager. Les similitudes ne manquaient pas entre eux : talent hors pair et bonne humeur communicative. Tous deux formaient la version footballistique des " pieds nickelés ". C'est pourquoi je ne tiens pas à faire de distinguo entre eux. Hans Croon, car c'est lui qui m'a réellement lancé au tout début de la saison 1975-76, avant de me repêcher par deux fois, à l'occasion de la même campagne, suite à deux opérations au genou. Il n'a jamais lésiné sur les efforts pour me seconder efficacement, et je ne compte pas les heures supplémentaires qu'il a passées avec moi sur le terrain, histoire d'assurer le meilleur suivi individuel possible. Au même titre que la plupart de mes partenaires d'époque, je n'oublierai jamais le cadeau qu'il nous avait fait avant son départ : à chacun d'entre nous, en guise d'adieu, il avait remis un exemplaire du disque Jonathan Livingstone Seagull. C'était sa manière de nous dire, au lendemain de notre victoire en Coupe des Coupes, face à West Ham United, qu'après avoir atteint la voûte céleste, comme l'oiseau, il fallait se garder de chuter vertigineusement. Cet épisode m'est resté. Urbain Braems m'a marqué également, dans la mesure où il a dû composer avec moi durant le pire exercice de ma carrière, en 1979-80. D'un bout à l'autre de cette compétition, j'avais recherché en vain mes meilleures sensations. Et ce n'est que justice si j'avais loupé l'Europeo 80 à la faveur duquel, malheureusement pour moi, les Diables Rouges allaient se distinguer de maîtresse façon. L'entraîneur m'avait énormément travaillé au moral pendant tous ces mois, arguant que je finirais par sortir de cette mauvaise passe. Ce qui s'est bel et bien vérifié par la suite. Le succès au Heysel, face aux Londoniens, demeure, à mes yeux, le plus beau. D'autant plus qu'il s'agissait de la première consécration européenne du club et qu'elle avait pour cadre le stade du centenaire. Triompher sur ses terres, c'était formidable pour un jeune gars de 19 ans comme moi, à ce moment-là. Une fois encore, la première, contre le FC Liverpool ce coup-ci. Je m'étais signalé au Parc Astrid en inscrivant un but de la tête au légendaire gardien anglais Ray Clemence. Ce fut là l'un des seuls headings victorieux de ma longue trajectoire sportive, au demeurant (il rit). J'ai une profonde admiration pour ceux qui, au cours de leur vie, réussissent plusieurs carrières. Soit dans des domaines différents, comme le président d'honneur, Constant Vanden Stock, avec la brasserie Belle-Vue et le RSCA, ou Yannick Noah avec le tennis et la musique. Soit dans un même créneau, à l'image de Johan Cruyff ou d'Hugo Broos, précisément. Celui-ci n'est sûrement pas le joueur le plus doué que j'ai côtoyé durant mes années au Sporting et, en tant que coach, il ne jouit peut-être pas, non plus, de la même cote que d'autres de ses collègues. Mais quel palmarès : champion de Belgique avec Anderlecht et Bruges, aussi bien comme joueur qu'en tant que coach, ce n'est manifestement pas donné à tout le monde. C'est pourquoi je lui adresse un fameux coup de chapeau. L'un a été mon complément pendant des années à Anderlecht et l'autre en équipe nationale. Au nom de notre long vécu au Parc Astrid, je privilégierai Michel De Groote avec qui j'ai fait cause commune dès mon adolescence. Dans ce cas également, j'ai connu le premier dans le contexte du Sporting tandis que j'ai travaillé sous la coupe du deuxième en sélection seulement. Ici aussi, j'opterai pour le travail au quotidien, en club, avec Raymond Goethals. De plus, le Bruxellois m'avait réellement à la bonne. Mes coéquipiers me charriaient toujours en disant que j'étais son fils spirituel. Ils n'avaient peut-être pas tout à fait tort (il rit). Per Frimann n'a pas marqué son passage au RSCA, au cours des années 80, de la même empreinte indélébile que son compère plus tard. Il est vrai que le Danois avait affaire à très forte concurrence à l'époque, contrairement à Zet. Pour son influence et sa contribution, je choisis donc le Suédois. Enzo Scifo parce qu'il s'est réalisé en Belgique, tant avec Anderlecht qu'avec les Diables Rouges, et qu'il a laissé une trace aussi à Monaco. S'il n'était pas parti aussi tôt à l'Inter, je reste persuadé qu'il se serait inscrit dans la durée à San Siro également. Walt, lui, est loin d'avoir exprimé tout son potentiel. Après un premier tour d'excellente facture, j'ai cru qu'il était définitivement lancé. Mais ses prestations des derniers mois m'ont, hélas, laissé sur ma faim. J'attends une revanche durable de sa part en 2004-05. Il n'y a pas photo : c'est Jack en vertu de toutes ces années passées conjointement au Parc Astrid. Et ailleurs, puisque le Dinantais a été mon compagnon de nuitée attitré pendant tout ce temps. Aujourd'hui encore, il insiste toujours pour que nous partagions la même chambre lors des mises au vert. Mais je ne suis plus d'accord car le tapage nocturne, dû à ses ronflements, ne s'est pas vraiment amélioré avec l'âge (il rit). C'est bizarre à dire mais, hormis nos vues sur le football, tout nous a toujours opposés, Jack et moi. Il est extraverti et prolixe, alors que je suis secret et taiseux, et j'en passe. Pourtant, nous nous entendons franchement comme larrons en foire. Comme quoi, les extrêmes s'attirent. Un choix aussi cornélien que celui entre Ludo Coeck et Juan Lozano, en ce sens que je me suis régalé avec chacun d'entre eux. Tous deux n'avaient pas leur pareil pour deviner mes intentions. Et, moi-même, je savais instinctivement où déposer le ballon pour qu'ils le transforment en but. Erwin avait profité d'un de mes services pour inscrire le seul but de la partie face à l'Argentine, lors du match d'ouverture du Mundial 82. Un an plus tard, le Danois l'imitait, sur un de mes centres, face à Benfica, en finale de la Coupe de l'UEFA. Des réalisations pareilles, il y en a eu beaucoup. Mais comme j'ai côtoyé Erwin tant à Anderlecht que chez les Diables Rouges, je lui accorde la préséance. A l'instar d'Urbain Braems, qui m'avait été d'un précieux secours durant mon année noire à la fin des eighties, je dois une fière chandelle à Miroslav Blazevic, sous la houlette duquel j'ai réalisé ma meilleure campagne au FC Nantes, en 1988-89, après une entrée en matière calamiteuse, 12 mois plus tôt, sous les ordres de l'entraîneur Jean-Claude Coco Suaudeau. Mais, dans la balance, le Croate ne pèse pas lourd en regard de son compatriote, Tomislav Ivic. Après à peine une journée de travail avec lui, je me souviens avoir dit à mon ex-épouse, en rentrant à la maison : -Avec ce coach-là, on ira loin. Et je ne m'étais pas trompé, car au terme du championnat 1980-81, nous comptions 11 points d'avance sur le deuxième classé, Lokeren. Tomislav Ivic avait tout simplement 20 ans d'avance sur son temps. Le FC Porto, vainqueur de la Ligue des Champions aujourd'hui, n'est, somme toute, que le reflet de l'équipe anderlechtoise de cette époque : un bloc compact à l'arrière, pressing immédiat sur le porteur du ballon et recherche instantanée de la profondeur. José Mourinho n'a rien inventé, croyez-moi. Son maître, ce n'est ni Louis Van Gaal, ni Bobby Robson mais Ivic. Paul Van Himst a eu la malchance, comme coach, de devoir succéder au RSCA à un meneur d'hommes qui nous avait tous impressionnés : Tomislav Ivic, en l'occurrence. Aussi, même si sous ses directives le Sporting a vécu deux saisons glorieuses, marquées par deux accessions en finale de la Coupe de l'UEFA û dont une victorieuse en 1983 û, la plus grande part de mérite, dans l'optique de bon nombre de joueurs, revenait encore à ce moment-là, au technicien croate. Personnellement, Van Himst m'a davantage séduit comme sélectionneur. Mais, à l'époque, j'avais déjà fait mes adieux à l'équipe nationale (il rit). Pour moi, Van Himst constitue dès lors une référence comme joueur, surtout. En bas âge, je n'avais qu'une seule idole, et c'était lui. Cette icône-là n'a jamais varié. La C3 car une récompense individuelle n'a pas la même dimension qu'une distinction collective. Ivic a eu la judicieuse idée de convertir le premier au poste de libero. Ce fut un coup dans le mille et, dès ce moment, j'ai encore apprécié plus cet élément pour qui j'avais déjà beaucoup d'admiration. De sept ans mon aîné, Morten Olsen a toujours fait figure de modèle à suivre. Professionnel jusqu'au bout des ongles, il poussait le souci du détail jusqu'à son paroxysme. J'ai beaucoup appris à ses côtés. A commencer par la manière de m'échauffer judicieusement. Pendant des années, nous avons ainsi fait la paire aux séances de préparation d'avant-match. Ma préférence va aux matches européens avec cinq finales, dont trois victorieuses, et deux autres succès en Supercoupe. Avec les Diables, je n'ai pas réalisé les mêmes faits d'armes, même si la petite finale contre la France, lors du Mundial 86, constitue un exploit qui ne sera probablement pas égalé de sitôt. Je suis obligé de dire Coco Suaudeau, le seul des deux à m'avoir dirigé à Nantes, même si j'avais davantage d'atomes crochus avec l'autre, qui s'occupait du centre de formation des Canaris à La Jonelière. Entre Coco Suaudeau et moi, le courant n'est jamais passé. Il voyait en moi le relais entre la défense et l'entrejeu, alors que jusqu'à l'âge de 30 ans, j'avais toujours officié comme courroie de transmission entre la ligne médiane et l'attaque. Il emmenait parfois son chien à l'entraînement et, lors du cooling down, il nous était formellement interdit de le dépasser. Car c'est lui qui donnait le tempo. Quand j'estimais que nous n'en avions pas fait assez au préalable, je n'hésitais pas à hausser le rythme, ce qui affolait chaque fois le coach, soucieux de la santé de son vieux quadrupède (il rit). Il m'en a très certainement voulu. Marcel Desailly, pour l'ensemble de son £uvre jusqu'à présent. Même si je n'hésite pas à dire que Vincent Kompany est plus fort que son modèle français, que j'ai connu alors qu'il était encore teenager lui aussi au FC Nantes. Vince sait donc quel chemin il lui reste à accomplir pour se forger un palmarès semblable. Au risque d'en surprendre plus d'un : le Mundial 82. Mon fils aîné, Andy, est né en tout début d'épreuve et nous avions livré un match d'anthologie contre l'Argentine, dans la foulée. En outre, l'ambiance était phénoménale dans le groupe, contrairement à ce que j'allais vivre quatre ans plus tard à Toluca. Au départ, du moins, car le résultat final et le retour triomphal à Bruxelles ont tout compensé. Ne le dites pas à Constant Vanden Stock mais je n'aime pas la gueuze (il rit). Mon choix est donc vite fait. A tous ceux qui ont des ambitions comme entraîneur, j'ai toujours suggéré de rester joueur le plus longtemps possible. C'est le plus beau métier du monde. Honnêtement, ni l'un ni l'autre. Car leur carrière se résume actuellement à un énorme gâchis. Je ne vis pas avec le passé, même s'il fut glorieux avec deux finales de Coupe de l'UEFA en 1983 et 1984 justement. En réalité, seul m'intéresse le présent et l'avenir. Voilà. Bruno Govers" J'admire ceux qui réussissent plusieurs carrières, COMME HUGO BROOS "" José Mourinho n'a rien inventé. Le PORTO actuel, c'est l'Anderlecht de TOMISLAV IVIC "