Christophe Kinet. Médian belge, né à Huy le 31 décembre 1974. Carrière à l'Union Momalle (1983), Racing Club d'Amay (1984-87), RSC Anderlecht (1987-90), FC Liégeois (1990-95), Germinal Ekeren (1995-97), Racing Club de Strasbourg (1997-00), FC Millwall (2000-03) et FC Brussels.
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Christophe Kinet. Médian belge, né à Huy le 31 décembre 1974. Carrière à l'Union Momalle (1983), Racing Club d'Amay (1984-87), RSC Anderlecht (1987-90), FC Liégeois (1990-95), Germinal Ekeren (1995-97), Racing Club de Strasbourg (1997-00), FC Millwall (2000-03) et FC Brussels. Comme je suis né un 31 décembre, vous vous attendez très certainement à ce que je réponde la Saint-Sylvestre. Détrompez-vous : mon épouse est née le 24 décembre. Et puisqu'elle s'appelle Marie-Noëlle, je choisis la Noël. Le Racing Club d'Amay, que je considère comme mon véritable formateur dans la mesure où j'y ai milité pendant trois ans chez les jeunes, alors que mon séjour au sein de l'Union Momalle n'avait pas excédé une saison. Euro 93 Amay, une équipe de football en salle qui, sous ma férule, avait atteint les demi-finales de la Coupe de la Province de Liège cette année-là. C'était une formidable bande de copains, source de parties mémorables sur le terrain et de troisièmes mi-temps du même tonneau (il rit). Jean Dockx, qui avait été à l'origine de mon passage à Anderlecht en 1987. Un tout grand monsieur, à propos duquel je ne peux dire que du bien. Aad de Mos se situait exactement aux antipodes. Entre le Néerlandais et moi, le courant n'est jamais passé. Il avait ses têtes, en particulier chez les jeunes, et la mienne ne lui revenait manifestement pas. Je me souviens qu'il s'était arrêté un jour, en voiture, à hauteur de Nii Lamptey et de moi-même, alors que nous nous rendions tous deux à pied au centre d'entraînement de Neerpede. Le Ghanéen fut invité à prendre place à côté de lui tandis que moi, je pouvais continuer à marcher. Voilà qui situe le personnage ! Nii Lamptey. Il savait absolument tout faire avec un ballon. A 16 ans fraîchement sonnés, il était déjà titulaire en équipe Première du RSCA, c'est tout dire ! A l'époque, il me paraissait franchement promis à un tout grand avenir. Il a sans doute eu tort de quitter le Parc Astrid trop tôt, sans s'y être pleinement réalisé. La suite de sa carrière a été nettement moins glorieuse et je ne sais trop ce qu'il est advenu de lui aujourd'hui. C'est dommage car, au Sporting, il n'y avait pas plus doué que lui parmi les jeunes. Je retiendrai à jamais de lui sa vitesse d'exécution phénoménale et son extraordinaire pouvoir d'accélération, balle au pied. Respectivement de quatre et deux ans mes aînés, en classes d'âge anderlechtoises, ils auront été tous deux des modèles à suivre, pour moi. Mais la balance penche malgré tout du côté de Zet qui, hormis ses qualités de joueur, était aussi, déjà, un véritable leader. What's in a name ? Pour moi, la référence est plus importante que l'appellation elle-même. Dès lors, à mes yeux, le FC, le RC, le Great Old, les Sang et Marine, tout cela renvoie à une seule et même entité. Même si je ne me reconnais plus, à présent, dans ce FC Liégeois qui est en passe de jouer à Ans à partir de la saison prochaine. Liège, c'est et cela restera toujours Rocourt dans mon esprit. Il est simplement dommage que les lieux aient été investis par Kinépolis. Daniel Boccar, qui m'a lancé en formation représentative des Sang et Marine en 1994-95. Sans sa confiance et ses conseils avisés, je n'aurais sûrement pas abouti, au bout d'une campagne à peine, au Germinal Ekeren. Je lui en serai toujours reconnaissant. Il n'en reste pas moins qu'il m'aurait plu, aussi, de travailler sous les ordres de Robert Waseige, un entraîneur qui a laissé une empreinte indélébile à Rocourt. Milo, à côté de qui j'ai eu l'immense bonheur de jouer aussi bien à Liège qu'à Ekeren. Au plan de la créativité, il faisait irrémédiablement songer à un autre régisseur de génie qui a illuminé le jeu des Sang et Marine pendant bon nombre d'années : Edhem Sljivo. S'il n'avait pas payé un lourd tribut à des blessures diverses, sa trajectoire sportive eût été encore beaucoup plus prestigieuse. Un choix réellement cornélien, en ce sens qu'ils me tiennent vraiment à c£ur de concert. Le hasard a voulu que nous quittions le Great Old au même moment, en 1995, pour tenter l'aventure au Veltwijckpark. Je me sens peut-être un tout petit peu plus proche d'Eric Deflandre car nous avons le même âge et deux d'expériences à l'étranger : lui à Lyon et moi à Strasbourg et Millwall. Une année, nous sommes même partis ensemble en vacances en République Dominicaine, où nous sommes allés saluer un autre ancien pote qui s'est installé là-bas : Karim M'Goghi. Même si mes deux années à Ekeren ont contribué à me faire connaître auprès du grand public, je ne renierai jamais mes débuts à Rocourt. Je me sens toujours Sang et Marine aujourd'hui. Je n'ai lu ni l'un ni l'autre ouvrage d'Emile Zola. Aussi m'en tiendrai-je à mon vécu footballistique au Germinal. Jos Verhaegen, un co-président omniprésent, contrairement à son homologue, qui cultivait la discrétion. Il ne se passait pas une seule semaine sans qu'il honore de sa présence l'une ou l'autre de nos séances de préparation au Rozemaai. Avec lui, c'était toujours la même rengaine : nous nous entraînions trop peu à son goût. A fortiori quand, comme moi à mes débuts, on était blessé. Régulièrement, j'avais maille à partir avec l'homme fort du club, qui me reprochait de retourner trop souvent à Liège au lieu de me reposer dans la banlieue anversoise. Sur l'instant, je lui en ai parfois voulu, car j'étais d'avis qu'il ne devait pas se mêler de mes activités extra-footballistiques. Mais avec le recul, je me rends compte qu'il £uvrait pour mon bien car un joueur a bel et bien besoin de ne pas se dissiper s'il entend faire carrière. J'ai eu la chance de côtoyer ces deux monuments qui comptent plus de 500 matches en D1. C'est assez significatif. Des deux, c'est Eddy Snelders qui m'a probablement le plus marqué, par sa faculté de combiner le football au plus haut niveau avec ses activités professionnelles dans le secteur du bâtiment. L'actuel adjoint d'Aimé Anthuenis chez les Diables Rouges a toujours su faire la part des choses et, à cet égard, je ne suis pas surpris que son fils, Kristof, marche désormais sur ses traces. En ce qui concerne Marc Schaessens, mon admiration pour lui n'a cessé de croître au fil des ans. Il est vrai que, comme le bon vin, il se bonifie en vieillissant. Quand j'ai appris qu'il ne rempilerait pas au Lierse, j'ai plaidé ardemment sa cause au Brussels. En vain, malheureusement, car dans l'intervalle, il s'était déjà lié avec Mouscron. Czernia, qui était en fin de cycle, alors que l'autre n'était qu'au tout début de son expérience footballistique. Alex, c'était le gars bien sous toutes ses coutures : un joueur hors pair sur le terrain et un boute-en-train en dehors des pelouses. Compte tenu de son vécu, il aurait aisément pu snober le jeune que j'étais, s'il l'avait voulu. Mais non, il aimait conseiller les coming-men, comme moi. Il fait partie des éléments qui m'ont le plus marqué jusqu'ici. Simon Tahamata, que j'ai eu l'honneur de remplacer lors de son ultime apparition en D1 contre Seraing. Petit par la taille, le Moluquois était immense par le talent. Après sa retraite, je me suis empressé de quémander son 14 fétiche. Et, depuis cette date, j'ai toujours joué le plus souvent possible avec ce numéro. Pour moi, en tout cas, le 14 réfère prioritairement à Sim et non à Johan Cruijff, comme certains l'imaginent peut-être. Herman Helleputte. Il n'avait pas son pareil pour mettre un joueur en confiance et, ce qui ne gâte rien, il était un apôtre du beau football. En raison de ce profil, il ne m'étonne pas du tout que Jean-Marc Guillou ait opté de poursuivre sa route avec lui à Beveren. Il n'y a vraisemblablement pas meilleur guide que lui pour l'imposante colonie d'artistes ivoiriens au Freethiel. Flanc gauche. C'est dans ce secteur que je m'exprime le mieux, même si je n'ai pas totalement démérité non plus en tant que milieu offensif. 4-4-2. Je suis incapable de prendre seul un couloir à mon compte. D'après moi, une équipe est mieux équilibrée avec une double occupation sur chaque flanc. Honnêtement, aucun des deux. Vous pouvez même ajouter René Girard et Bernard Gardon, qui m'ont dirigé eux aussi à Strasbourg, pas un seul d'entre eux ne m'a marqué. Malgré leurs noms, qui constituent pourtant des références dans le football français, ils n'étaient que des pions qui obtempéraient aux injonctions de la direction, représentée par Patrick Proisy et son bras droit, Claude Le Roy. On fait toujours grand cas des coaches français mais ceux que j'ai connus à La Meinau ne valaient franchement pas tripette, croyez-moi. C'étaient des marionnettes et des girouettes, un point c'est tout. Godwin Okpara. Son surnom, God, lui allait vraiment à merveille, car c'était à la fois la contraction de son prénom et une référence au seigneur, qu'il vénérait comme nul autre au Racing. En outre, le Nigérian jouait réellement comme un dieu à cette époque. Dans son rôle de stopper, je l'ai vu jouer notamment deux matches démentiels contre l'Inter et Liverpool. La première fois, il était parvenu à mettre complètement Ronaldo sous l'éteignoir et, ensuite , c'est Robbie Fowler qui dut reconnaître son maître en lui. Honnêtement, je ne comprends pas qu'un joueur de sa trempe n'ait pas reçu sa chance au Standard. Corentin Martins, une valeur confirmée qui se doublait d'un véritable régal pour les yeux. En revanche, au moment où je l'ai connu, Fabrice Erhet avait encore tout à prouver. J'ai conservé de lui le souvenir d'un gaucher véloce mais à la technique peu affûtée. A mes yeux, ce n'est sûrement pas l'alter ego de Christian Wilhelmsson. A moins que le néo-Anderlechtois ne se soit métamorphosé entre-temps. Mais je ne le pense pas. J'ai appris à apprécier la choucroute au cours des mes trois années à Strasbourg. Mais ma préférence, en tant que Belge bon teint, va aux steak/frites. Un Tokay pinot gris, avec plaisir. Ou une vendange tardive. Mais toujours avec modération (il rit). PremierLeague anglaise. Car elle est synonyme d'une effervescence qu'on ne vit nulle part ailleurs en Europe. Pour le plaisir, j'allais le plus souvent possible à Arsenal, Chelsea et Tottenham. Et j'ai eu droit à quelques morceaux d'anthologie, dans une ambiance indescriptible. Le New Den à Millwall. En D3, j'ai joué là-bas devant une assistance moyenne de 11.000 personnes. Qui dit mieux ? A chaque match à domicile, c'était la folie dans les gradins. Tantôt dans le bon, tantôt dans le mauvais sens. Car, dans l'adversité, nos fans n'étaient pas toujours des tendres. Je me rappelle qu'il nous a fallu un jour patienter trois heures dans le vestiaire avant de pouvoir quitter les lieux en toute sécurité après un mach contre Birmingham City. En rue, c'était le pugilat en règle et les bobbies ne parvenaient pas à calmer les esprits. Strasbourg et l'Alsace en général valent le détour. Mais va pour Londres, la ville la plus cosmopolite d'Europe. J'aime la Meuse, à Amay, mais j'apprécie davantage la Tamise pour le cachet qu'elle donne à la capitale anglaise. La différence est énorme car, aux Iles, il n'est pas rare de se produire devant plus de 30.000 personnes, à ce niveau, alors qu'ici, l'assistance est nettement plus feutrée. Il n'empêche que j'ai savouré cette expérience avec le Brussels la saison passée. Je privilégierai donc la Belgique. Match of the Day est une institution en Angleterre. Mais ma préférence va à Match 1 et à Marc Delire en particulier. J'aime son approche des événements. J'ai vécu plusieurs derbys chauds contre Crystal Palace et West Ham United. Mais je n'oublie pas non plus le derby bruxellois de la saison passée. Même si nous avions été battus 1-5 par Anderlecht. J'étais en partance pour Liège en 1990, donc je n'ai pas tout à fait réalisé. Par contre, je me suis vraiment senti concerné par les prestations des Lions cette année, même s'ils n'ont pas fait le poids, en finale, face à Manchester United. Brussels by day. Autrefois, c'est surtout Anvers que je fréquentais la nuit. Mais je me suis rangé depuis longtemps (il rit). Johan Vermeersch : un businessman qui se double d'un grand connaisseur du football. Une qualité que l'ancien président liégeois ne possédait pas. Même si je ne pèse pas lourd à côté du brillant médian de l'AC Milan, je vais quand même me jeter des fleurs : Kiki, qui est à la fois le diminutif de Christophe et de Kinet. De Liège au Brussels, en passant par Strasbourg et Millwall, ce sobriquet m'a suivi partout. J'espère qu'il en ira ainsi le plus longtemps possible. Bruno Govers " Je me sens toujours SANG ET MARINE " " FABRICE ERHET, c'est pas Christian Wilhelmsson "