On parle moins de lui qu'il y a un an, mais Cédric Roussel poursuit son petit bonhomme de chemin. Il marque régulièrement son but pour une équipe de Genk secouée par les problèmes depuis le début du deuxième tour. Pas de doute à ses yeux : sa première année dans le Limbourg est une réussite.
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On parle moins de lui qu'il y a un an, mais Cédric Roussel poursuit son petit bonhomme de chemin. Il marque régulièrement son but pour une équipe de Genk secouée par les problèmes depuis le début du deuxième tour. Pas de doute à ses yeux : sa première année dans le Limbourg est une réussite. Cédric Roussel : Difficile de faire un choix à partir du moment où ce sont deux attaquants extraordinaires. C'est très agréable de jouer à leurs côtés. La principale différence entre les deux concerne leur placement : Vandenbergh est un pur renard des surfaces qui participe peu au jeu alors que Kpaka bouge beaucoup plus et s'implique dans la construction des actions. Mais, tous les deux, ils ont tous les trucs pour marquer des goals. Je choisis Vandenbergh simplement parce que j'ai beaucoup plus joué avec lui. Nous avons entamé la saison ensemble, vu que Kpaka se remettait de son opération aux ligaments croisés. Il aura encore besoin de quelques mois pour retrouver son meilleur niveau. Une opération pareille produit des conséquences affreuses à court terme. J'ai côtoyé plusieurs joueurs qui étaient passés sur le billard pour la même raison : aucun n'a retrouvé toutes ses sensations dès son retour dans l'équipe. C'est normal : quand on a compris qu'une saison pouvait basculer en un quart de seconde, on a peur et, inconsciemment, on lève le pied, on cherche d'abord à éviter les contacts dangereux. On réfléchit beaucoup plus. A Mons, Pascal De Vreese avait connu exactement le même phénomène. Trond Sollied. Il a vraiment quelque chose en plus que les autres : la manière de concevoir les entraînements, l'intelligence tactique, la façon de ne travailler qu'avec ballon et de ne laisser aucune place au hasard. C'est du grand art. A Gand, j'ai vite compris qu'il était d'un niveau supérieur à tous les autres coaches du championnat de Belgique. Le seul reproche qu'on puisse lui faire, c'est son obstination à conserver presque toujours le même système. Les adversaires ont fini par y voir clair, mais bon : quand vous avez des attaquants comme Gert Verheyen, Rune Lange, Bengt Saeternes et Jonathan Blondel, vous pouvez voir venir, même si l'équipe d'en face sait tout de votre style de jeu. La Gantoise n'a plus rien réussi de valable depuis que Sollied n'y est plus : ce n'est pas l'effet du hasard. Quand je pense à Sef Vergoossen, je ne suis pas trop à l'aise. Comme tous les joueurs de Genk, d'ailleurs. Nous sommes parfaitement conscients que le groupe est le premier responsable de son départ. C'est le noyau qu'il faut accuser suite à tout ce qui s'est passé chez nous depuis quelques semaines ; pas Vergoossen. Il a réussi des résultats fantastiques avec ce club mais, malheureusement pour lui, il était arrivé à la fin d'un cycle. Le noyau n'a pas été modifié en profondeur au cours des dernières saisons et cela s'est retourné contre le coach. Un entraîneur peut rester longtemps en place s'il y a du roulement, mais c'est très compliqué si la base reste inchangée. Ceux qui sont au Racing depuis l'arrivée de Vergoossen avaient fini par se lasser de ses méthodes. Mais nous nous sommes juré de prendre le maximum de points pour notre ancien coach d'ici la fin du championnat. Ce serait la plus belle façon de le remercier pour tout ce qu'il a fait ici. Nous avons bien vu qu'il était terriblement affecté de devoir partir. Aucun joueur n'est resté insensible face à cette séparation. Pfffttt... Que dire ? La Louvière, c'est mon enfance et mon adolescence. C'est là-bas que j'ai été formé, grâce à d'excellents entraîneurs. J'ai fait une parenthèse de deux ans au Standard, puis je suis retourné chez les Loups pour jouer en équipe Première, en D2. Si je suis ensuite parti à Gand, c'est uniquement parce que j'en avais marre d'un certain manque d'ambition. Chaque année, la direction promettait de jouer le titre mais, saison après saison, nous restions collés dans la colonne de droite. Ce que j'ai connu à Mons était très différent. Et je ne sais pas si je vivrai encore une expérience pareille. Le seul point noir que je retiens de la saison dernière, ce sont les circonstances chahutées de mon départ. Pour le reste, ce n'était que du bonheur. Une ambiance extraordinaire dans le groupe, un lien unique avec le public, des résultats inespérés. Tout cela à deux pas de chez moi ! Je suis toujours nostalgique, oui. Et je suis sûr que, dans quelques années, un gars comme Liviu Ciobotariu dira que la saison 2002-2003 a été la plus belle de toute sa carrière. Oui, c'était vraiment phénoménal. Alors, je choisis Mons plutôt que La Louvière. Je vais sans doute surprendre pas mal de monde, mais je préfère celui de cette saison. OK, je marque moins. Mais je suis devenu beaucoup plus complet. A Mons, tous les bons ballons venaient sur moi. Il était donc quelque part logique que je marque 50 % des buts de mon équipe. Aujourd'hui, je participe au jeu, je donne beaucoup de centres, je passe des adversaires, je me retrouve parfois sur les flancs. Tous des aspects du foot qui ne m'interpellaient guère dans le passé et font que je me retrouve moins souvent en position de conclure. Ce n'est toutefois pas un problème ici, puisqu'au contraire de ce qui se passait à Mons, je ne suis pas le seul buteur désigné. Il y a Paul Kpaka, Kevin Vandenbergh, Thomas Chatelle, Koen Daerden, Mirsad Beslija, même Bernd Thijs. Quand je quitte le rectangle, je sais qu'il y a d'autres joueurs pour me remplacer sur les ballons chauds. Et malgré ce changement dans mon jeu, j'en suis déjà à près de 15 buts. Pas mal pour une saison de prise de marques, je trouve ! Je constate aussi que d'autres buteurs attitrés se plantent cette saison dans de grands clubs... Un but, c'est un but. Qu'il soit chanceux ou magnifique, il me procure les mêmes sensations. Mais bon, si je dois choisir, je prends la tête. Je suis allé à la meilleure école : en Angleterre. Quand je suis revenu au pays, j'ai directement compris que j'avais pris pas mal d'avance dans le jeu de tête sur la plupart des joueurs du championnat de Belgique, durant ma période anglaise. Il ne suffit pas d'être grand pour bien jouer de la tête, ça ne suffit pas de s'élever sur tout ce qui bouge, de dévier pour dévier. Il faut encore que ce soit précis. J'ai acquis cette qualité. Aucun des deux ! Allez, Roger Henrotay si je dois vraiment en prendre un. Ce que Jean-Claude Verbist m'a fait, je ne pourrai jamais l'oublier. Il m'a sali comme on ne peut pas imaginer. Il a fait croire que je ne jouais que pour l'argent, que j'avais même simulé une blessure. Quand je suis retourné à Mons avec Genk, j'ai eu droit à des huées au moment où Vergoossen m'a remplacé. Tout cela à cause de la réputation que Verbist m'avait faite. Seuls les gens de la tribune d'honneur m'ont applaudi. Normal : ceux-là savent ce qui s'est réellement passé en fin de saison dernière. Ils savent que j'adore ce club et que, quand j'y retourne cette saison en spectateur, je reste à la buvette jusqu'à 4 heures du matin ! Avec Henrotay, les choses sont allées beaucoup moins loin. Je lui reprochais simplement de ne pas parvenir à me trouver un club alors que j'avais arraché le titre de meilleur buteur du championnat. Il n'avait qu'un mot à la bouche : -Patience. Mais moi, je devenais fou en voyant que les entraînements reprenaient partout et que j'étais toujours sur le carreau. C'est pour cela que j'ai pris moi-même l'initiative de contacter la direction de Genk. Henrotay a estimé que je cassais notre contrat et a déposé plainte à l'Union Belge... qui a vite classé l'affaire. Anglais, sans hésiter. C'est une belle langue qui passe bien et, en plus, elle est facile à apprendre. Comme la grammaire n'est pas compliquée, on peut se concentrer sur l'apprentissage du vocabulaire. Tout le contraire du néerlandais ! Je suis, chaque semaine, les deux cours imposés par Genk. Et je souffre avec tous ces mots qui n'arrêtent pas de changer de place... Mais je me suis juré de me débrouiller convenablement en néerlandais d'ici la fin de la saison prochaine. Je ne sais pas ce qu'il vaut comme directeur technique : l'avenir nous l'apprendra. Par contre, je sais que ce n'est pas une mauvaise décision d'avoir scindé cette fonction de celle d'entraîneur à Genk. Sef Vergoossen cumulait les deux jobs : en plus de nous entraîner, il supervisait toutes les équipes de jeunes, s'occupait du scouting, etc. C'était sans doute trop pour un seul homme. Vergoossen était un des premiers au stade, le matin, et il fermait les portes en partant : ça use. Je me réjouis aujourd'hui de retrouver un Ariel Jacobs que je connais bien pour avoir travaillé sous ses ordres en Espoirs. Ensemble, nous sommes allés à la Coupe du Monde des -20 en Malaisie et nous avons terminé à la troisième place du Championnat d'Europe à Besançon. J'en retiens ses connaissances tactiques très au-dessus de la moyenne et sa façon de s'adapter comme coach au style de jeu de l'adversaire. Cela ne lui réussit pas trop mal : amener La Louvière en Coupe d'Europe, c'est un exploit auquel personne n'aurait cru. Eric Joly parce que je l'ai côtoyé dans deux clubs : à Gand puis à Mons. Un superbe footballeur, un grand monsieur, carrément un de mes rares amis dans le monde du foot. Le jour où j'ai su qu'il signait à Mons, j'ai été rassuré sur nos chances de maintien. Aujourd'hui, il est une des principales victimes du changement d'entraîneur à Mons : il fallait mettre un Italien à sa place. Pourtant, il a assez de qualités pour jouer dans n'importe quel club du top en Belgique. Dimitri de Condé, je ne le connais pas bien. Mais je serai heureux de l'avoir près de moi la saison prochaine. Chapeau pour le championnat qu'il réussit avec Heusden-Zolder. Dominique D'Onofrio. Je ne le connais pas personnellement, mais les joueurs du Standard avec lesquels je suis régulièrement en contact n'en disent que du bien. On voit que c'est un bon vivant qui sait imposer l'autorité indispensable de façon très naturelle. Sa réaction après le match à Gand, je la mets sur le compte de la passion, pas d'une quelconque méchanceté ou agressivité. En plus de cela, il fait un excellent boulot avec son équipe. Alors que ce n'est jamais évident de diriger un groupe de stars quand on n'a pas énormément d'expérience. Je suis moins sous le charme d'Hugo Broos. J'ai l'impression qu'il a encore pas mal de choses à apprendre sur le plan de la psychologie. La façon dont il éjecte de vieux serviteurs du club a quelque chose de dérangeant : Bertrand Crasson, Gilles De Bilde, Olivier Doll. C'est son droit d'estimer qu'il n'a plus besoin d'eux, mais il y a une manière pour le dire. Le public anderlechtois l'a bien compris et Crasson a eu droit à une standing ovation quand il est retourné au Parc Astrid avec le Lierse. Par contre, je ne critique pas le style de jeu prôné par Broos. Il faut arrêter de dire des conneries : on n'est jamais en tête en jouant mal. Anderlecht a été le meilleur cette saison, c'est mérité, point à la ligne. Avec Mons parce que la pression était moins forte. On m'avait oublié en Angleterre et j'ai profité à fond de l'effet de surprise, la saison dernière. Un peu comme Luigi Pieroni cette année. Il est doué, mais pour lui, le plus dur est pour demain. Je me suis aussi retrouvé seul devant avec Genk et c'était terriblement compliqué. D'abord parce que le public était très négatif. Ici, les gens estiment qu'il faut jouer offensivement. Ensuite parce qu'on m'accorde beaucoup plus d'attention que la saison dernière. Je ne parviens plus à passer inaperçu, on m'accroche, on me tient par le maillot, tous les moyens sont bons pour m'arrêter. Ils sont vraiment semblables. Je prends Thomas Chatelle parce que c'est un autre de mes rares amis dans le foot. Nous avions déjà joué ensemble à Gand et en Espoirs. C'est le professionnel parfait : il est méticuleux, prend soin de son corps, etc. Il fait profiter de son expérience des joueurs... bien plus âgés que lui. Sonck-Emile parce que c'est un super duo qui a déjà fait ses preuves. Mais cela ne suffit pas : dans certains matches, il faut autre chose. Contre des équipes très costaudes comme l'Allemagne ou l'Angleterre, il faut plus de répondant physique. On ne peut quand même pas aborder les Allemands comme on affronte les Italiens ou les Portugais. Je ne désespère pas de me faire une place régulière dans le groupe des Diables. Pour le moment, je suis dans le groupe... élargi : cela ne me suffit pas. A 26 ans, je ne compte toujours que trois sélections : c'est beaucoup trop peu. J'aime autant vous dire que j'en ai bavé en voyant les Belges contre les Français et les Allemands. Quand il y a des matches pareils, on a mal au ventre de ne pas faire partie de la fête. Dans le foot, et comment ! Il a toujours été mon modèle, j'ai toujours voulu, comme lui, me battre sur chaque ballon. Et il n'a jamais cessé de progresser. Jusqu'aux derniers mois de sa carrière. Au début de la Coupe du Monde au Japon, la planète entière le considérait encore comme un battant. Quatre matches plus tard, il avait une réputation de beau joueur. S'il aime la politique, qu'il en fasse... mais je le préfère en training qu'en costume-cravate. Tout dire. C'est devenu une habitude chez moi pendant mon séjour en Angleterre. Là-bas, on ne fait pas de chichis, on n'aime pas mettre de gants. Mais cela ne choque personne. Ici, c'est souvent mal vu. J'ai dû me réhabituer à la mentalité belge quand je suis revenu à Mons. J'ai compris qu'il valait souvent mieux réfléchir avant de parler. Mais je ne veux pas tomber dans ce piège : ce ne serait plus moi. Ce n'est pas parce qu'on parle à tort et à travers qu'on ne peut pas être aimé. Wesley Sonck en est la plus belle preuve. Il n'avait pas sa langue en poche mais on l'adorait à Genk. En début de saison, on nous a donné un cours sur la canalisation de nos pulsions, mais je refuse de devenir trop effacé face aux journalistes. J'avoue que je suis nostalgique de Roger Laboureur et Frank Baudoncq ! C'étaient des journalistes qui parlaient de football et y parvenaient même quand il ne se passait rien d'intéressant sur le terrain. Aujourd'hui, il est plus question, dans la presse, de la vie privée des joueurs que des actions de jeu. Franchement, je n'en ai rien à foutre que David Beckham ait deux ou trois maîtresses... Allez, je prends la RTBF pour son expérience et la qualité des résumés de Match 1. Pierre Danvoye" Je n'en ai rien à foutre que David BECKHAM ait DEUX OU TROIS MAÎTRESSES "