Patrick Goots. belge, tout juste 38 ans. Footballeur au long cours : Dessel Sport, Lierse, Lommel, Beerschot, Courtrai, Genk, Beveren, St-Trond, Turnhout et l'Antwerp. Il vient de signer au FC Malines pour une saison... Marié à Leentje Verhalle. Deux enfants : Killian (9 ans) et Jana (6 ans).
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Patrick Goots. belge, tout juste 38 ans. Footballeur au long cours : Dessel Sport, Lierse, Lommel, Beerschot, Courtrai, Genk, Beveren, St-Trond, Turnhout et l'Antwerp. Il vient de signer au FC Malines pour une saison... Marié à Leentje Verhalle. Deux enfants : Killian (9 ans) et Jana (6 ans). Le FC De Kempenzonen. Je suis peut-être très attaché à ma Campine natale mais je tiens davantage encore à ce club de la ligue travailliste, créé par mon père en 1969, et dont j'ai repris moi-même le témoin il y a tout juste 20 ans. Sous mes ordres, mon cadet, Guy, qui accuse 35 printemps aujourd'hui, avait effectué ses grands débuts dans cette formation de copains. Et il répond toujours présent aujourd'hui, au même titre que quelques autres amis pour la vie, comme Gunther Blockx. Personnellement, je caresse l'espoir de jouer un jour à leurs côtés, sitôt ma carrière terminée. Car il est acquis que j'achèverai ma trajectoire dans le football là-bas, au beau milieu de mes potes, et le plus tard possible. Je n'en fais pas mystère : j'espère jouer jusqu'à mes 48 ans. Dessel Sport, le club où j'ai débuté ; de 1975 à '78 d'abord, puis de 1980 à '86 après une parenthèse de deux ans au sein de la jeune classe du Lierse. J'y ai eu droit à un écolage formidable, dont bénéficie à présent mon fils, Killian. Je me souviens de quelques derbys héroïques en D3, disputés devant plus de 3.000 personnes contre le Witgoor. Un club qui ne me laissait pas vraiment indifférent non plus, dans la mesure où le père de mon épouse, Leentje Verhalle, a été pendant trois ans entraîneur de cette équipe. Il fallait bien que je lui frotte la manche dans ces conditions (il rit). Je suis l'un des rares joueurs à avoir transité par les deux clubs, puisque j'ai porté les couleurs des Kielmen de 1988 à 90, à l'époque où ils n'avaient pas encore fusionné avec le Germinal Ekeren, avant de mettre le cap, bien plus tard, sur le Bosuil, en 1999. Même si j'ai défendu les intérêts du Beerschot lors de mes débuts professionnels, je me suis toujours senti, avant tout, attiré par l'Antwerp. Une anecdote qui en dit long à ce sujet : pour mes 12 ans, mon père avait dessiné dans mon petit calepin personnel un joueur de football tout de rouge et de blanc vêtu avec la mention : " En espérant que tu militeras un jour chez tes favoris ". Ce rêve est finalement devenu réalité depuis cinq ans et je n'en suis pas peu fier : le Great Old est et restera à tout jamais le club de mon c£ur. Derby. Même si une fusion serait peut-être souhaitable afin que le football, dans la Métropole, retrouve son lustre d'antan, je n'en reste pas moins partisan, comme joueur s'entend, de cet affrontement bisannuel avec le voisin. Je ne crois pas me tromper en affirmant que nulle part ailleurs en Belgique, un derby n'a la même saveur que celui qui oppose les deux ennemis jurés du football anversois. A Deurne, le clash contre le Beerschot est considéré comme l'événement de la saison. Et il n'en va pas différemment de l'autre côté de la ville. Il serait dommage de s'en priver même si tout le monde n'est manifestement pas de cet avis. Au vu des images récentes des Mauves contre Heusden-Zolder, je me pose quand même des questions sur les intentions profondes de certains. D'aucuns voudraient que l'Antwerp fasse la culbute en fin de saison qu'ils ne s'y seraient pas pris autrement au cours de cette rencontre. Boum-Boum Becker. Car je dois mon surnom à la puissance de feu du tennisman allemand et non le contraire (il rit). Ce sobriquet remonte à ma période trudonnaire, en 1996-97, quand un journaliste û je ne sais même plus de qui il s'agit û eut l'idée de me désigner ainsi. Je l'ai toujours perçu comme un très beau compliment. Mon seul regret est de ne pas posséder la même fortune que le grand Boris (il rit). René Desaeyere, c'est le véritable fil rouge dans ma carrière puisque j'ai travaillé sous sa coupe à Dessel, Courtrai, Beveren et l'Antwerp. Au départ, la cohabitation fut très difficile entre cette ex-figure emblématique du football anversois, alors coming-man dans le monde des entraîneurs, et le beatnik que j'étais, avec mes jeans délavés, mes longs cheveux et mes baskets. Il faillit d'ailleurs tomber en pâmoison dès notre premier contact puisqu'en guise d'échauffement, j'avais préféré shooter des 50 mètres vers le but plutôt que de courir autour du terrain (il rit). Grâce à lui, j'ai compris ce que le mot professionnalisme signifiait et je lui en serai éternellement reconnaissant. Mais je dois tout autant, si pas plus, à Regi Van Acker, le meilleur entraîneur que j'aie eu à ce jour. Et j'en ai vu défiler plus de 30 jusqu'ici. Entre les deux, mon c£ur balance vraiment. Mais si je dois opérer un choix définitif, je dirai Regi Van Acker. De justesse. Le droit, car le gauche ne me sert pour ainsi dire qu'à monter dans le bus. Sur un total de 150 buts parmi l'élite, 80 % de mes réalisations l'ont été du droit, 15 % du gauche et les 5 % restants de la tête. Si j'ai un regret, aujourd'hui, à 38 ans, c'est de ne pas avoir travaillé davantage mes points faibles en bas âge. Il n'y a qu'au Lierse, où j'ai eu droit à des séances individuelles sous la coupe de Marcel Vets de 1978 à 80, que l'occasion m'a été donnée de rectifier le tir. Deux ans, c'est trop peu pour infléchir la tendance. Je me console toutefois en me disant que mieux vaut avoir un excellent pied droit, comme moi, plutôt qu'être approximatif des deux pieds. Précision. Au risque d'en surprendre plus d'un, je n'ai jamais été le plus puissant du noyau. A Turnhout, où j'avais abouti en 1997, le médecin du club pensait que je me fichais de lui quand, en musculation, je n'arrivais pas à dépasser les 30 kilos à la presse pour les jambes alors que mes partenaires parvenaient à pousser des charges de 160 à 220 kilos. En réalité, j'ai la chance très appréciable, semble-t-il, de coordonner parfaitement mes mouvements au moment de la frappe, ce qui explique mes tirs fulgurants. La boucle d'oreille, car elle est visible et fait manifestement partie de mon personnage, à l'instar de mon catogan. Ronny Van Rethy et moi avons été les premiers à lancer cette mode, qui a fait fureur depuis lors. Je me rappelle que j'avais dû remuer ciel et terre, à la maison, pour m'attifer de la sorte à l'époque où je jouais encore à Lommel, en D2, en 1986-88. " Si tu marques deux buts lors du derby contre Waterschei, je m'incline ", avait dit mon paternel. Après 15 minutes, le marquoir indiquait 0-2 ce jour-là. Inutile de préciser, sans doute, qui était l'auteur de ces deux goals (il rit). Hormis mes proches, tous ceux que j'ai côtoyés n'étaient pas nécessairement favorables à cet attribut. Comme l'entraîneur Georges Heylens, par exemple, qui m'en avait interdit le port, un jour, au Kiel. Le lendemain, je me suis présenté non pas avec une mais avec deux boucles d'oreille sur le terrain d'entraînement (il rit). Quant aux tatouages, c'est une mode à laquelle j'ai sacrifié à un moment donné, comme la plupart des rockers. A cette nuance près que les motifs sont restés discrets chez moi : un papillon sur l'épaule et un écureuil sur l'omoplate. Tous deux à droite, bien sûr (il rit). Deux marques de bière qui correspondent aussi, d'une part, au nom d'un entraîneur que j'ai connu ici, à l'Antwerp, et, d'autre part, au prénom de mon fils. Il tombe sous le sens que je choisis Killian, qui me ressemble comme deux gouttes d'eau sur tous les plans, de surcroît. Le choix est d'autant plus évident que je n'ai jamais eu vraiment d'atomes crochus avec Wim De Coninck. Il ne croyait pas en moi et, sous sa férule, j'ai dû me contenter d'être souvent réserviste. C'est ainsi. On ne peut pas plaire à tout le monde. Je bois avec modération et, le plus souvent, mélangé avec du coca ou de la grenadine, mazout ou tango. Je fume de manière épisodique aussi : après les repas et les matches. C'est une manière d'évacuer le stress. A choisir, je crois qu'il me serait beaucoup plus facile de me priver d'une bière que d'une cigarette. Alors, va pour la cigarette, même si je ne la conseille pas. Queue de cheval. Je me suis présenté pour la première fois sur le terrain avec un élastique retenant mes cheveux sur la nuque au cours de ma période à Beveren, entre 1994 et 96. Et cette habitude est restée, devenant à la longue une marque de fabrique. Je ne m'en séparerai pas de sitôt, même si mon épouse me rabâche parfois les oreilles à ce propos (il rit). Elle vaut nettement mieux que la queue de classement, une position que j'ai connue un peu trop souvent, à mon goût, durant ma longue carrière. Mais l'opération sauvetage n'en est que plus belle dans ce cas. A condition de la mener à bien, évidemment. Sans souci de flatterie, Marc Grosjean. Si l'Antwerp se sauve, ce sera en raison de ses compétences en tant que coach. Comme déjà dit, j'ai connu pas mal de meneurs d'hommes durant toutes ces années professionnelles, et le Liégeois fait indéniablement partie du top. Il a tout : ses entraînements sont variés et to the point, c'est un fin psychologue et il lit le jeu comme nul autre. Je lui prédis un grand avenir. Doy Perazic, qui a pris la relève de René Desaeyere en début de saison, se situe, lui, aux antipodes. Il n'avait d'entraîneur que le nom. C'était la médiocrité à tous points de vue. Elle est fine, celle-là (il rit) ! Aruna Dindane, bien sûr. Seul Doy Perazic ne savait pas qu'il s'agissait d'une seule et même personne. Lorsqu'il est entré triomphalement au vestiaire, avant le dernier Anderlecht-Antwerp, en jubilant qu'Aruna ne jouait pas et que sa place était prise par un certain Dindane, nous ne savions franchement pas, nous, joueurs, si nous devions rire ou pleurer. Même le Hongrois Csaba Bernath, parti à Debrecen depuis, et qui ne comprenait pas un traître mot de toutes les langues utilisées dans notre vestiaire, avait cerné le grotesque de la situation. Encore heureux que le ridicule ne tue pas, sans quoi Doy Perazic serait mort sur le coup. Je pourrais écrire aisément une encyclopédie avec toutes ses inepties ! Marco van Basten, l'attaquant le plus complet qu'il m'ait été de voir à l'£uvre ces vingt dernières années. Il va sans dire que je n'arrive pas à ses chevilles, mais un détail nous rapproche quand même : la fameuse volée que le Néerlandais a réalisée en finale de l'EURO 88 contre la Russie sur une centre, je l'ai en quelque sorte imitée contre Charleroi cette saison. Ce but à la Van Basten, diffusé après coup par CNN, n'est cependant pas le plus beau de ma carrière. Le 10 avril 1988, jour de mon 22e anniversaire, j'ai marqué pour Lommel un but de volée depuis la ligne de touche. Johnny Velkeneers, qui était mon entraîneur à l'époque, m'a dit quelques mois plus tard, après avoir vu la Hollande à l'£uvre lors du Championnat d'Europe des Nations, que ma reprise avait encore été plus belle que celle du génial attaquant de l'AC Milan. Honnêtement, je le pense aussi. Mais le contexte n'était bien sûr pas le même, et il n'y avait malheureusement pas la télé pour l'immortaliser. Au moment où tous deux ont débarqué chez nous, en provenance de Manchester United, j'étais loin de m'imaginer que l'Irlandais, sans aucun doute le plus sympa des deux, allait faire son trou au sein de l'équipe dirigée par Alex Ferguson. C'était un bon joueur, sans plus, mais sûrement pas plus fort que Stefan Leleu. De tous ceux que les Mancunians ont prêté à l'Antwerp, le meilleur, à mes yeux, était le latéral gauche Kirk Hilton, qui évolue à Blackpool actuellement. Je ne suis pas insensible aux Red Devils de Manchester United, suite à l'accord de coopération qui unit le club anglais et l'Antwerp. J'avoue avoir été très impressionné l'année passée, au moment de visiter le stade et le complexe sportif de Carrington, où s'entraîne le noyau professionnel. Mes coéquipiers et moi-même avons eu accès au saint des saints, où ne pénètrent généralement que les joueurs de la Première. Je n'ai pu résister, comme bien l'on pense, à l'envie de m'asseoir devant l'armoire personnelle de Ruud van Nistelrooy, qui constitue quand même une référence aussi. Dommage qu'au moment de notre visite, les Mancunians étaient en tournée en Asie. Pour ce qui est de notre formation représentative, j'en ai été très proche en 1994. Le coach, Paul Van Himst, était d'ailleurs venu me visionner lors d'un match entre mon club d'alors, le Racing Genk, et le FC Malinois. Mais ce fut le monde à l'envers, ce jour-là, car je m'étais époumoné derrière un Philippe Albert insaisissable. Au lieu de privilégier ma candidature, le fédéral opta en définitive pour Cisse Severeyns, pourtant rompu régulièrement à faire banquette chez les Sang et Or. Ce fut la plus grande déception de ma carrière. Comme tout joueur un tant soit peu connu qui se respecte, j'ai eu mon petit succès du côté féminin. Mais je suis rangé depuis que j'ai épousé Leentje. En revanche, je suis toujours resté un giant killer. Anderlecht en sait quelque chose car je ne compte plus les buts que j'ai scorés face au Sporting. C'est réellement mon adversaire porte-bonheur. Le mauve ou le rouge, c'est ça (il rit) ? Je privilégie Deep Purple malgré tout, le premier groupe que j'ai vu live. Notre président Eddy Wauters, pas le chanteur... Eddy Wauters et moi avons eu quelquefois des divergences de vue et je sais qu'il m'en a voulu, cette saison, après que j'eus déclaré que le noyau de cette année était moins fort que celui qui militait en D2 voici tout juste cinq ans. Il n'en reste pas moins que je lui voue une admiration sans bornes. Etre à la tête d'un seul et même club depuis 35 ans, comme lui, personne d'autre ne peut s'en vanter. Avec Constant Vanden Stock et Roger Petit, il aura été le dirigeant le plus emblématique du football belge au cours du dernier demi-siècle. Ce qui n'est pas peu dire. Le SPA, pour lequel j'ai obtenu 275 voix de préférence lors des dernières élections régionales. Le Vlaams Blok, ce n'est pas ma tasse de thé. Il est synonyme de racisme qui ne correspond pas du tout à moi, même si, à un moment donné de ma carrière, j'ai été traité de raciste. Stanley Menzo, le gardien du Lierse, avait voulu me berner et je lui avais dit : " -Pas avec moi, zwette ". C'était sorti comme ça. Le Surinamien en avait été très affecté et l'affaire fit grand bruit. Par la suite, je me suis excusé auprès de lui, précisant que je n'avais pas du tout voulu le blesser verbalement. Depuis lors, nous sommes devenus les meilleurs amis du monde. C'est nettement mieux ainsi. Bruno Govers" BOUCLE D'OREILLE ET CATOGAN font partie de mon personnage "