Le Standard se félicite tous les jours d'avoir fait revenir l'enfant prodige dans l'arène rouche. C'était le chaînon manquant. A 30 ans, sa maturité fait la différence au c£ur de la ligne médiane. Le fils de Saint-Nicolas y joue à l'agent de police, règle la circulation de la balle, apporte son calme, s'occupe avec soin de la récupération tout en permettant à ses équipiers de mieux jouer.
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Le Standard se félicite tous les jours d'avoir fait revenir l'enfant prodige dans l'arène rouche. C'était le chaînon manquant. A 30 ans, sa maturité fait la différence au c£ur de la ligne médiane. Le fils de Saint-Nicolas y joue à l'agent de police, règle la circulation de la balle, apporte son calme, s'occupe avec soin de la récupération tout en permettant à ses équipiers de mieux jouer. Son haut rendement lui a permis d'attirer le regard d'Aimé Anthuenis et de fêter son entrée en équipe nationale face à la France. Des clubs étrangers ont également apprécié ses spécialités liégeoises : c'était le moment ou jamais de le cuisiner. J'opte pour la Ville Lumière, sa classe, son prestige, son histoire. Son club de football bénéficie forcément de cette aura. Le PSG est une réalité à l'échelle française et internationale. Dortmund aussi, évidemment, avec son succès en finale de la Ligue des Champions contre la Juventus en 1997 (3-1) mais le Borussia n'a pas le parfum de l'équipe du Parc des Princes. Selon certains, le football allemand me convient mieux que celui pratiqué en France. La Bundesliga m'intéresse mais je vote quand même pour le PSG. Vahid Halilhodzic l'a requinqué et cela doit être un bonheur de jouer avec Pauleta, Danjel Ljuboja, etc. Paris constituerait un chouette cadre de vie pour ma famille. Luciano D'Onofrio m'a parlé de l'intérêt du PSG pour moi durant la trêve hivernale. Paris déplorait des blessés et des absents, retenus pour la CAN, et désirait que je vienne tout de suite. Luciano ne me l'a pas caché : -Paris te veut mais je ne te laisse pas partir. Puis, je crois que le Standard a salé le prix d'un éventuel transfert. Cet intérêt parisien m'a fait plaisir. Cela dit, si je suis revenu à Sclessin, où j'ai un accord d'un an, c'est pour rester. Mais, si on ne m'augmente pas, il n'y aura pas de nouveau contrat et je ne resterai pas au Standard. J'ai le sang italien et je suis supporter de la Juventus. Mais je suis Belge et c'est ici que j'ai ma vie, ma famille, mes enfants, mon avenir. La Belgique a donné du travail et du pain à mes parents. Je suis fier d'avoir été retenu parmi les Diables Rouges, même s'il était temps. J'ai souvent été blessé, et arrêté, avant l'un ou l'autre moment important de l'équipe nationale. Je méritais déjà l'honneur d'une première sélection alors que je cassais la baraque en Ecosse. Les Diables Rouges passent donc avant la Squadra Azzurra. Deux styles différents. Si je dois choisir, j'opte pour un Emile Mpenza à 100 %. Quand il est en possession de tous ses moyens, Emile peut faire mal partout avec sa puissance, sa vitesse, sa frappe. Au Standard, c'est le cas, et notre fer de lance devient de plus en plus un vrai buteur, pas seulement un dynamiteur des défenses. Emile et Mika sont complémentaires. J'adorais le style de Goossens. C'était la classe mais je suis déçu par le film de sa carrière. Il avait assez de talent pour faire beaucoup mieux. A mon avis, il a eu tort de quitter Gênes pour Schalke. En Italie, sa cote montait, même si Gênes ne jouait qu'en Série B, et le football latin lui convenait mieux que le football pratiqué en Bundesliga. Dominique D'Onofrio, et de loin. Le coach du Standard me comprend, m'offre un cadre tactique parfait, me parle, me fait confiance. Il a abattu un travail considérable. La qualité de jeu de notre équipe a souvent été impressionnante. Seul Anderlecht joue aussi bien que nous quand nous sommes au complet. Bruges est un ton en dessous, il n'y a pas assez de football dans son jeu. Maintenant, notre régularité, donc la collection des points, a été perturbée par les blessures, les absences et un évident manque de chance depuis le début du deuxième tour. Le courant entre Robert Waseige et moi ne passait pas. Je laisse tomber, je n'aime pas cet homme-là. Francorchamps car c'est le plus beau circuit automobile du monde. J'adore la F1 et si j'en ai l'occasion, je suivrai sur place le prochain GP de Belgique. Monza, j'apprécie aussi. J'y ai vécu et c'est une magnifique petite ville. Mes deux surnoms et j'opte pour le premier. Biscotte, il me semble que c'est un peu péjoratif, moqueur. On ne m'appelle d'ailleurs plus de la sorte. Bis, c'est plus direct, plus fort, plus tonique, plus le reflet de ma personnalité. Bodart pour la partie sportive de ma réponse, Carini, sans discussion, pour le volet humain. Gilbert Bodart était un immense gardien de but. Il était impressionnant et a gagné une foule de matches à lui tout seul. Dany Verlinden s'est récemment comparé à lui, en affirmant, dans la presse, qu'il avait été plus loin sur la scène internationale. Mais il y a palmarès et classe. Va pour le palmarès mais pour la classe, il n'y a pas photo. Je me demande encore pourquoi Gilbert Bodart n'a jamais gagné le Soulier d'Or. Par contre, je n'ai jamais apprécié la personnalité de Bodart. Il ne pensait qu'à lui, se foutait de l'intérêt commun, et était capable de vous tuer aux yeux du coach. Il racontait probablement n'importe quoi pour être important et le rester. C'est ce qu'il a fait avec moi auprès de Waseige. Bodart était donc influent, égoïste et dangereux. Maintenant, comme coach, on m'a certifié qu'il avait changé et défendait ses joueurs comme ce fut le cas à Visé. Il livre du bon boulot à Ostende. Carini, un bon keeper, est un homme très attachant, droit, honnête, mieux que Bodart dans ce domaine-là. Je ne bois pas et je ne connais pas le Chianti. C'est quoi ? J'accepte parfois un verre de vin blanc, pas plus, mais du bout des lèvres quand on fête quelque chose ou que cela ne va pas très bien. L'alcool fait de gros dégâts. En Ecosse, les joueurs ont souvent le gosier en pente. Cela fait partie de leur culture. Les Ecossais sortent, boivent du whisky, de la bière, de tout, mais ils laissent leurs voitures à la maison. Ils utilisent les taxis, qui ne sont pas chers, pour rentrer chez eux. Et en cas de java lointaine, ils dorment sur place. J'aimais bien Jean Thissen, qui fut mon entraîneur à Seraing, et je ne connais pas les raisons qui ont écourté son séjour au Pairay. Mes faveurs vont pourtant à Manu Ferrera. Il m'a emballé par ses compétences, tant à Seraing qu'à Charleroi. Manu était proche du groupe, en exploitait toutes les potentialités. Manu Ferrera est animé d'une mentalité qui plaît aux joueurs, sait de quoi il parle, a joué, a formé des jeunes. Il ne bénéficie pas du prestige et du respect qui lui reviennent pourtant de droit. Charleroi a réussi à le virer alors que les Zèbres étaient quatrièmes au classement général. On l'a tué. Pourtant, il s'est bien resitué en tant que directeur sportif à Courtrai. Manu mérite de retravailler un jour en D1. Je suis un grand joueur de cartes. Alors, poker. Il faut être malin afin de gagner même quand on n'a pas les meilleurs atouts. J'attends l'été avec impatience car après un bon barbecue, on joue aux cartes en famille. Ce sont des moments très simples mais c'est du vrai bonheur. La famille, c'est sacré pour moi. Les miens passent avant ma carrière. En Ecosse, j'ai failli couler mon couple. La vie y était triste, sans surprises au quotidien. Il y faisait toujours mauvais. En Belgique, c'est différent. Il y a ma famille, les amis, Liège. Luciano D'Onofrio s'est totalement engagé au profit du Standard. Il a amené de gens importants et y a investi de l'argent. En me faisant revenir à Sclessin, il m'a permis de relancer ma carrière. Il y avait pourtant eu un froid entre nous. Après ma saison à Charleroi, j'ai préféré aller en Ecosse que de revenir au Standard comme Luciano D'Onofrio me le demandait. Je connais bien Eric Black, un agent de joueurs qui me recruta pour Aberdeen. Maintenant, il coache Coventry et m'a contacté. Ce club avait déjà pensé à moi précédemment mais était sans le sou. Coventry a enregistré l'arrivée de nouveaux investisseurs. Un joueur ne peut jamais dire non. J'écoute, on verra. J'aimerais aller un jour à l'Opéra avec ma femme. Elle chante divinement bien. Quand elle s'y met, je le jure, j'ai les larmes aux yeux. Superbe. C'est de famille. Ses parents gèrent un karaoké à Liège, le Piano Bar Luigi. Luigi, le parrain de ma femme, a été un chanteur à succès dans les années 60. Il a eu un tube : -Pitié. Pitié, pitié, pour le coupable ; oui, c'est cela. A un moment, son impresario lui a fait une offre qu'il a refusée. Frédéric François, lui, a accepté et est devenu une star. Luigi a eu beaucoup de succès en Israël. Karaoké ou Opéra ? Karaoké pour l'ambiance. Au Pairay, c'était chouette, simple, familial. A Charleroi, j'ai eu la malchance de connaître le président Abbas Bayat. Il m'a carrément dégoûté en se permettant tout et n'importe quoi. Ainsi, il n'est pas intervenu alors qu'on me traînait dans la boue. Avant le match à Alost, on a dit que je m'entendais bien avec Manu Ferrera. Viré à Charleroi, il avait requinqué Alost. Et alors ? Est-ce que cela signifiait que j'allais lâcher quoi que ce soit sur le terrain ? Au début de la deuxième mi-temps, Enzo me remplaça. Il me désignait ainsi du doigt dans ce débat. J'ai pas apprécié et la presse me posa des questions à propos de mon amitié pour Manu. Je ne mange pas de ce pain-là. J'ai aussi été blessé à Charleroi où j'aimais la ferveur du public. Noir, tout était noir pour moi au Pays Noir. Jordan. Je détestais le basket mais j'adorais Michael Jordan. Je me levais la nuit avec mon fils pour voir ses matches de NBA. Dès qu'il arrêta, mon intérêt pour le basket a disparu. Pour moi, c'est le plus grand sportif de tous les temps avec Diego Maradona et Michael Schumacher. Je me coiffe comme lui car je perds mes cheveux. Je me préférais avec des cheveux... Non content d'être un grand joueur, David Beckham a un succès fou auprès de femmes. Ah, ses cheveux... Sclessin car c'est chez moi, je préfère, mais Celtic Park, c'est incomparable. Au Standard, il y a 25.000 spectateurs et le double à Celtic Park. C'est une immense cathédrale du football : quelle ambiance. J'aimerais tout recommencer. A 18 ans, c'est possible. Il faut parfois être pute dans la vie. Je le serais afin de vivre une plus belle carrière. Ou du moins je serais plus prudent, plus intelligent. Dans ce milieu, il ne faut pas toujours dire ce qu'on pense ou se battre pour la vérité. Je l'ai fait, cela s'est retourné contre moi. Pute, ce serait difficile mais je me tairais plus. Walter Baseggio est plus doué. C'est un vrai joueur de football. Contre la France, j'ai été étonné par les commentaires de la presse. L'Anderlechtois était le seul capable de rivaliser avec les Bleus sur le plan du football. Les autres ont surtout galopé, rien de plus. Et qui a-t-on poivré dans les journaux ? Baseggio. Pour moi, on ne fait pas beaucoup mieux que lui en Belgique. Je ne connais pas ce journal écossais. Ah, c'est une invention à vous ! De toute façon, la presse belge est bien plus brave que celle d'Ecosse qui cherche partout quand elle ne vous aime pas : vie privée, sortie, etc. Le Sun, par exemple, c'est gratiné. Et si le Glasgow News existait, ce serait corsé aussi. J'apprécie les deux. Justine est plus complète. Mais elle est capable de simuler une blessure afin de faire baisser la pression : là, j'aime moins. A ma place, je tacle proprement. Il faut récupérer la balle, permettre à son équipe de réorienter le jeu. Je n'ai même pas visité le lac du Loch Ness. C'était à une bonne heure de voiture de chez nous en Ecosse. Dommage. A Sclessin, les fantômes s'agitent vite quand cela va mal. C'est dur à vivre mais, un jour, ils feront la fête. La malchance finira bien par nous lâcher les baskets. Sans coups de bol, c'est plus difficile. Notre chienne, Luna, de race bouledogue anglais. Mes enfants l'adorent. Un chien occupe une plus grande place dans la vie de famille qu'un chat. Quand j'ai appris qu'Emile Mpenza allait être papa et songeait à Luna comme prénom, je lui ai parlé de notre Luna. A mon avis, il devrait changer. Le chat s'appelle Arthur. Nous l'avons recueilli et plus tard, on s'est rendu compte qu'Arthur était une femelle : trop tard pour changer de nom. Pierre Bilic" SANS AUGMENTATION, je ne reste pas au Standard "