Il appartient au FC Metz mais, personne ne joue sans doute davantage que lui contre ses propres couleurs ! Rien d'étonnant, les Lorrains s'engagent toujours, contractuellement, à défier sur le terrain, chaque année, le club à qui ils cèdent sur base locative leur défenseur Ogushi Onyewu : La Louvière en 2003 et le Standard cette saison.
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Il appartient au FC Metz mais, personne ne joue sans doute davantage que lui contre ses propres couleurs ! Rien d'étonnant, les Lorrains s'engagent toujours, contractuellement, à défier sur le terrain, chaque année, le club à qui ils cèdent sur base locative leur défenseur Ogushi Onyewu : La Louvière en 2003 et le Standard cette saison. Ogushi Onyewu : Un peu des deux, sans doute. Si j'ai bonne souvenance, la première confrontation avait eu lieu le 5 septembre et tant le FC Metz que La Louvière étaient déjà entrés dans le vif du sujet en championnat. Cette fois, la rencontre s'est déroulée le 20 juillet, au moment où les deux clubs étaient encore en pleine phase de préparation. Aussi, comparaison n'est-elle pas nécessairement raison. J'ai lu que l'entraîneur messin, Jean Fernandez, avait trouvé le Standard plus fort la saison dernière. Pour ma part, sa propre équipe m'avait davantage plu aussi à ce moment-là. Douze mois après, je n'ai plus guère reconnu cette formation, dont les trois quarts des composantes n'étaient plus les mêmes. Le Standard a, bien sûr, lui aussi changé de physionomie à l'intersaison. Mais, par rapport aux Lorrains, son ensemble m'a paru beaucoup plus cohérent. Et, ce qui ne gâte rien : talentueux. A cet égard, j'ai incontestablement gagné au change en délaissant le Tivoli pour Sclessin. Même si je ne regrette pas mon passage chez les Loups. A tous points de vue, j'aurai été à bonne école là-bas et je serai toujours reconnaissant à Ariel Jacobs de m'avoir donné ma chance parmi l'élite du football belge. Jean Fernandez m'avait avisé, en avril dernier déjà, que je serais à nouveau loué. Il se disait satisfait de mon évolution mais estimait que je manquais encore de planches pour me défendre avec bonheur parmi l'élite du football français. Le coach messin se faisait fort de trouver un point de chute qui agréerait toutes les parties. De ce point de vue-là, il va de soi que je suis comblé avec le Standard. Trois autres cercles en Belgique, ainsi que deux de l'Hexagone, étaient également intéressés par mes services. Mais dès l'instant où les Rouches se sont manifestés, il n'y avait plus photo. C'est là que je voulais rebondir et nulle part ailleurs. Au plan de la reconnaissance, ce passage à Sclessin est très important pour moi. Il y a deux ans, après les Championnats du Monde des -20 ans aux Emirats Arabes Unis, j'avais eu l'honneur de rallier le FC Metz, tandis que deux autres compagnons d'âge, David Yeldell et Conor Casey rejoignaient respectivement les Blackburn Rovers et le FC Karlsruhe. Loin de moi l'idée de vouloir dénigrer les Loups, mais en passant du FC Metz au Tivoli, je rétrogradais automatiquement d'un, voire de plusieurs crans, dans l'esprit des gens aux Etats-Unis. En militant à présent au Standard, je me retrouve à nouveau au même niveau que les autres. Si pas plus. Car, si j'en crois pas mal de monde, les Rouches, en matière de notoriété, c'est beaucoup plus fort encore que le FC Metz ! Honnêtement, pas grand-chose. Hormis que c'était l'eldorado pour ceux qui, comme moi, rêvaient d'une carrière professionnelle. Le virus du football, je l'ai attrapé en 1994. A l'époque, je m'étais rendu pour la première fois de ma vie au Nigeria, le pays dont mes parents sont originaires. Je séjournais à Lagos, lorsque la World Cup battait son plein dans ma patrie d'adoption, les Etats-Unis. C'est dans ces circonstances que j'ai flashé pour le ballon rond et les Super Eagles nigérians, emmenés par Rashidi Yekini à la pointe de leur ligne d'attaque. Le Buffle de Kaduna aura été mon modèle (il rit). De retour au Maryland, où j'habitais avec mes parents, ma décision était prise : il n'était plus question que je joue au basket ou au base-ball. A 12 ans, c'est le soccer qui a retenu toute mon attention. J'ai commencé par jouer à l'école comme forward. Comme j'avais des dispositions, j'ai eu tôt fait d'être repris en sélection régionale. Quatre ans après ma visite au Nigeria, j'ai effectué mes débuts en formation représentative américaine des -17 ans. Je m'en souviens encore comme si c'était hier : le 14 février 1998, contre le Guatemala. Nous l'avions emporté 2-0 mais je n'avais pas marqué. En réalité, j'ai très vite effectué cette permutation. A l'occasion des qualifications pour la Coupe du Monde des -17 ans, un problème d'occupation s'est soudain posé dans l'axe de la défense. Afin de parer au plus pressé, l'entraîneur me demanda de jouer les dépanneurs. Je n'étais pas vraiment chaud à cette idée, mais j'acceptai en échange de l'autorisation de monter sur les phases arrêtées. Ce fut un coup dans le mille sur toute la ligne car non seulement, nous n'allions pas prendre le moindre but sur l'ensemble des deux matches mais, en outre, j'allais aussi me révéler comme le grand artisan de la victoire de mes couleurs avec trois goals dans ces deux confrontations. Du coup, je n'ai plus jamais quitté mon poste à l'arrière. Mais je n'ai plus jamais été aussi productif non plus (il rit). Tout simplement parce que je n'ai jamais été confronté à ce dilemme. Aux Etats-Unis, il y a des tas de joueurs d'origine africaine, comme moi, qui sont complètement inconnus sur le continent noir. Si Peter Odemwingie, mon ancien coéquipier chez les Loups, n'avait pas prévenu la fédération nigériane de la présence d'un autre joueur û moi, en l'occurrence û susceptible d'être aligné en sélection, tout le monde aurait sans doute continué à me considérer comme américain. Mais puisqu'une question de choix ne s'est jamais posée, il était logique que je joue sous la bannière américaine. Non, jamais. Question très difficile (il sourit). D'autant plus qu'au printemps de cette année, j'avais la possibilité de me qualifier avec la sélection américaine pour les Jeux d'Athènes. Et participer à l'épreuve sportive la plus médiatisée au monde n'était évidemment pas pour me déplaire. Finalement, la fédération nigériane ne s'est à aucun moment manifestée et La Louvière ne m'a pas donné l'occasion de participer au match crucial contre le Mexique. Résultat des courses : les -23 ans, qui forment l'ossature du team olympique, ont perdu 4 à 0 et, pour la première fois depuis 1976, il n'y aura pas d'équipe de football américaine aux JO. C'est dommage, car aux dires de la plupart des observateurs, jamais sélection ne fut aussi performante que celle-ci. Contrairement à Michael Klukowski, retenu lui aussi pour le compte du Canada, et qui était devenu vert de rage suite à la décision de la direction louviéroise de ne pas nous libérer, je me suis d'emblée montré plus philosophe. Un héritage de mon père, qui en a vu d'autres comme tant de Noirs aux Etats-Unis, et qui m'a dit un jour, ainsi qu'à mes deux frères et mes deux s£urs : -Les enfants, attendez-vous toujours au pire et vous ne serez jamais déçus. Aussi, quand je suis tributaire d'un autre, comme c'était le cas ici, je ne plane jamais. Je garde les pieds sur terre, c'est beaucoup mieux ainsi. Et cela évite pas mal de déceptions. J'espère étoffer mon registre et progresser à tous points de vue. Pour ce faire, j'espère durer dans l'équipe. Jusqu'à présent, j'ai alterné les bonnes et les moins bonnes sorties. Mais j'espère qu'il n'y paraîtra plus au moment où les choses sérieuses auront débuté. Mon ambition est de décrocher l'une des places qualificatives pour les préliminaires de la Ligue des Champions l'année prochaine. Après avoir fait l'apprentissage de la Coupe de l'UEFA avec La Louvière et, sous peu, avec le Standard, je serais bien sûr le plus heureux des footballeurs si l'opportunité m'était donnée de me produire sur la plus haute scène européenne : la Ligue des Champions. J'y crois. Je songe notamment à la Coupe du Monde 2006. Je n'ai pas encore goûté à l'honneur d'une cap chez les A mais je sais que le sélectionneur, Bruce Arena, ne me perd pas de vue. Tout porte à croire qu'il suivra personnellement mes évolutions au Standard. Les Rouches comme tremplin vers l'équipe nationale, ce serait fabuleux pour moi. A défaut d'Athènes, Sclessin sera mon Olympe (il rit). Bruno Govers" La Ligue des Champions AVEC LE STANDARD : le rêve absolu "