Joueur de l'Année et champion de Belgique : qui l'eut cru, en plein mois d'août, lorsque les équipes ont repris le chemin des salles pour la préparation ? " Pas moi ", reconnaît Jean- MarcJaumin (36 ans). " J'ai très mal débuté, j'ai eu des ennuis de santé et on disait que j'aurais dû mettre un terme à ma carrière. Je perdais parfois connaissance lors des matches ou des entraînements. Je me suis posé des questions et je suis allé jusqu'à me dire, au vu de certains sportifs décédés en pleine action d'un arrêt cardiaque, que cela n'arrivait pas qu'aux autres. J'étais inquiet. Heureusement, il n'y avait rien d'alarmant et mon état s'est progressivement amélioré. L'équipe a bien commencé le championnat, mais a ensuite connu un passage à vide. Il y a eu, selon moi, deux tournan...

Joueur de l'Année et champion de Belgique : qui l'eut cru, en plein mois d'août, lorsque les équipes ont repris le chemin des salles pour la préparation ? " Pas moi ", reconnaît Jean- MarcJaumin (36 ans). " J'ai très mal débuté, j'ai eu des ennuis de santé et on disait que j'aurais dû mettre un terme à ma carrière. Je perdais parfois connaissance lors des matches ou des entraînements. Je me suis posé des questions et je suis allé jusqu'à me dire, au vu de certains sportifs décédés en pleine action d'un arrêt cardiaque, que cela n'arrivait pas qu'aux autres. J'étais inquiet. Heureusement, il n'y avait rien d'alarmant et mon état s'est progressivement amélioré. L'équipe a bien commencé le championnat, mais a ensuite connu un passage à vide. Il y a eu, selon moi, deux tournants : d'abord, l'arrivée d' ElvirOvcina en janvier, un pivot très performant. Puis, l'arrivée de l'ailier TobyBailey lorsque LavorPostell s'est blessé, en mars. C'était un pari : on savait qu'il était pétri de talent, mais aussi qu'il n'avait pas joué pendant huit mois et qu'il manquait de rythme ". Ce rythme, il l'a retrouvé au meilleur moment. Ostende a terminé en pole position et Jaumin été élu Joueur de l'Année. A 36 ans, il est presque temps de regarder dans le rétroviseur. Les bons souvenirs sont légion. Jimmy restera, à tout jamais, le premier Belge à avoir remporté une Coupe d'Europe. C'était la Coupe Korac, en 2001, sous le maillot de Malaga. " L'année précédente, on avait perdu la finale ", se souvient-il. " Je pensais qu'une chance pareille ne se représenterait jamais. On ne l'a pas laissé passer. En outre, on a gagné la coupe en Serbie, à Vrsac. C'était la dernière Korac de l'histoire. Le lendemain du match, on est allé se recueillir sur la tombe de RadivojKorac, l'ancien joueur du Standard qui a donné son nom à cette coupe. Un moment très émouvant ". Autre grand moment : les deux mois passés au Real Madrid. " Jouer dans ce club mythique avait toujours été mon rêve. Mon idole de jeunesse était DrazenPetrovic. En quittant le Cibona Zagreb, il était parti au Real. Je voulais suivre ses traces. Porter une seule fois le maillot immaculé m'aurait déjà comblé de bonheur. Je l'ai porté pendant deux mois et demi. Je me suis éclaté. En outre, j'ai eu l'opportunité, lors du tournoi de Noël, de jouer contre une sélection All Star emmenée par MagicJohnson. J'ai joué contre lui et... avec lui, car il a joué une partie du match du côté du Real Madrid ". Si Petrovic était l'idole de jeunesse de Jaumin, c'est en raison de ses origines croates. Jimmy est né à Bruxelles, mais sa mère était croate. Et il a passé six ans à Karlovac, chez sa grand-mère maternelle : de 12 à 18 ans, précisément la période où l'on forme les basketteurs : " J'ai tout appris là-bas. Six heures d'entraînement par jour : de 6 à 8 avant l'école, puis entraînement individuel de 13 à 15 heures, et encore entraînement avec l'équipe Première le soir, de 19 à 21 heures. Lorsque les jeunes d'aujourd'hui entendent cela, ils tombent des nues ". Au retour de Croatie, Jaumin joua d'abord à l'UAA Etterbeek. " En fait, c'est le club où j'avais joué chez les jeunes. Et comme on ne m'avait pas désaffilié lorsque je suis parti en Croatie, j'ai dû jouer là, en D4 et en Juniors, alors que je pouvais rejoindre le Maccabi Bruxelles, en D1 : l'arrêt Bosman n'existait pas encore. Fleurus m'a sorti de là. J'inscrivais 50 points par match en D4 et j'avais tapé dans l'£il d' AndréRobert. J'aurais pu gagner trois fois plus à Malines, mais j'ai privilégié le temps de jeu : Malines était emmené par RonnyBayer, qui jouait 35 minutes par match. Après Fleurus, j'ai eu le choix entre Malines ou Ostende. J'ai de nouveau privilégié le temps de jeu : à Ostende, mon seul réel concurrent était Jean- PierreSenecaut... avant que Ronny ne débarque quelques mois plus tard. Cela n'a pas fait mes affaires la première saison. Mais Ronny s'est blessé et vous connaissez le dicton : le malheur des uns fait le bonheur des autres ". Jaumin allait remporter ses deux premiers titres de Joueur de l'Année en 1995 et 1997. DANIEL DEVOS