J an Koller-Tomasz Radzinski, Wilfried Van Moer-Louis Pilot, Jef Jurion-Pierre Hanon, Milan Jovanovic-Dieumerci Mbokani, Paul Van Himst-Jan Mulder, Nicolas Dewalque-Léon Jeck, Hanu Tihinen-Vincent Kompany, Ludo Coeck-Juan Lozano, André Cruz-Stéphane Demol, Mbo et Emile Mpenza, etc. D'hier à aujourd'hui, les couples soudés apportent beaucoup à la vie de leurs équipes. La vie est plus facile à deux...
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J an Koller-Tomasz Radzinski, Wilfried Van Moer-Louis Pilot, Jef Jurion-Pierre Hanon, Milan Jovanovic-Dieumerci Mbokani, Paul Van Himst-Jan Mulder, Nicolas Dewalque-Léon Jeck, Hanu Tihinen-Vincent Kompany, Ludo Coeck-Juan Lozano, André Cruz-Stéphane Demol, Mbo et Emile Mpenza, etc. D'hier à aujourd'hui, les couples soudés apportent beaucoup à la vie de leurs équipes. La vie est plus facile à deux... Samedi passé, Kanu, suspendu pour trois matches suite à son tacle sur Yassine El Ghanassy de Gand, a déserté le centre de la défense du Standard. Et William Vainqueur, bloqué par cinq cartes jaunes, a fait l'impasse sur ce voyage à Lokeren . José Riga a donc dû puiser dans sa caisse à outils. Il avait longtemps £uvré pour trouver les bons équilibres de la cave au grenier avec six joueurs axiaux décisifs dans leur zone d'influence naturelle. Il ne suffit pas d'additionner les qualités : les entraîneurs n'ignorent pas qu'il faut aussi du temps pour que la formule chimique révèle ses secrets, ses richesses mais aussi ses imperfections. Dans ce contexte, il était important, vital même, que le Standard trouve une assise défensive. En 2007 et en 2008, ce département, commandé par Oguchi Onyewu, assuma un rôle important dans la conquête de deux écussons nationaux. Le départ de ce gratte-ciel généra des problèmes qui ne furent pas faciles à résoudre. Il suffit de se remémorer les trous d'air qui, durant six mois la saison passée, minèrent tous les plans de la défense du Standard avec des collisions, un manque de métier, une absence de dialogue entre des arrières ne parlant pas la même langue. Laurent Ciman dépanna en s'alliant avec Felipe, Victor Ramos ou EliaquimMangala. En janvier 2011, les Liégeois recrutèrent Kanu, sa taille, son engagement, son savoir-faire et son indiscutable présence. Ceux qui ne retiennent que son engagement, parfois excessif, ont oublié que le Brésilien venu de Beira Mar a tout de suite huilé les mécanismes de la défense du Standard. Mangala avait trouvé son guide de montagne qui l'a aidé à ne plus dévisser et à tenir le coup par mauvais temps. Kanu a assumé un rôle essentiel, mais peu médiatisé, dans le formidable réveil du Standard, vice-champion et vainqueur de la Coupe après un début de campagne 2010-2011 pour le moins brouillon. Malgré une envie de retour au Portugal, Kanu est resté à " Rio de Liège " et son travail aux côtés de Felipe (ou de Ciman) est plus qu'appréciable. La défense liégeoise n'aurait pas la même allure sans lui " Personne ne conteste son importance mais cela ne signifie pas pour autant que son jeu n'est pas perfectible ", explique Olivier Doll. " Et cela peut se comprendre en le comparant à Roland Juhasz d'Anderlecht. Le Hongrois est un peu plus grand mais Kanu est très fort aussi dans le trafic aérien défensif et offensif. Juhasz est cependant plus réaliste, plus concret sur le terrain. Il réfléchit plus alors que Kanu se laisse parfois emporter par son désir de monter. En cas de perte de ballon, il doit revenir à grande vitesse et on sent alors que la défense est perdue sans lui. Juhasz choisit mieux ses moments et ne va à l'abordage que sur les phases arrêtées : son équipe le sait et prend ses dispositions. Kanu est précieux, personne ne peut le contester, mais je le trouve parfois imprévisible et impétueux. Il a descendu inutilement El Ghanassy et encaissé une suspension de trois matches de championnat. Quand on a autant de métier que lui, il est dommage de commettre une telle faute et pénaliser son équipe. " Scout du Standard, Henri Depireux met les choses au point : " Je rigole quand Manu Ferrera qualifie Kanu de tueur. Pour moi, c'est de loin le meilleur arrière central de D1 et il ne m'étonnerait pas, si je suis bien renseigné, de le retrouver un jour en équipe nationale brésilienne. Il m'impressionne. C'est un crack sur le plan défensif. Kanu bonifie ses équipiers ". Juhasz a été exclu contre Louvain mais la carte rouge a été jugée suffisante. La différence est importante : Juhasz est-il plus malin que Kanu ? " Il réfléchit moins mais a quand même solidement aidé Mangala la saison passée, et en fait désormais de même avec Felipe ", continue Doll. " L'autre Brésilien a progressé de façon plus nette. Kanu reste le patron mais Felipe assimile de mieux en mieux son rôle d'arrière central et a amélioré son bagage technique. Il ne prend pas de risques et, quand c'est nécessaire, dégage le ballon en dehors des limites de jeu sans état d'âme pour que sa défense puisse se réorganiser. Felipe calque encore son jeu sur celui de Kanu mais quand un adversaire perce dans l'axe, c'est régulièrement lui qui sort du c£ur de la défense pour intercepter le danger. Felipe justifie désormais les espoirs placés en lui et il a tout pour devenir un arrière central très intéressant. Vu sa taille (1,94 m), il est évidemment très fort dans le trafic aérien. L'axe central de la défense du Standard est robuste, c'est important en Belgique où la différence se fait souvent sur phases arrêtées. Le duo est solide même s'il pourrait connaître des problèmes face à des attaques misant sur la vivacité. Ces tours éprouvent parfois des difficultés pour se retourner ". Le retour du grand Jelle Van Damme en Belgique fit du bruit. Pour le Standard, ce fut une réussite sur toute la ligne. On se souviendra quand même que les Rouches durent batailler ferme pour que Jelle ne passe pas de Wolverhampton au Club Bruges. L'agent de joueurs Nico Vaesen se retrouva avec un dossier compliqué sur les bras. Vaesen fait partie du bureau de management Star Factory dirigé par Didier Frenay. Ancien milieu de terrain ou arrière central (Seraing, Cercle Bruges, Charleroi, Linz, Alost, Cannes, Steyr, Roulers), Frenay le Liégeois connaît parfaitement Van Damme et se rappelle : " Le Standard était le premier sur la balle mais a préféré attendre que Wolverhampton revoie ses prétentions financières à la baisse. Bruges s'est jeté dans le débat et a trouvé un accord avec les Anglais. C'est à ce moment-là, peut-être étonné par l'offensive brugeoise, que le Standard a accepté de payer le montant exigé par Wolverhampton et a fait une meilleure proposition que Bruges à Van Damme. Qu'est-ce que Bruges et le Standard voyaient en Van Damme ? Un caractère, une personnalité, de la présence sur le terrain et dans le vestiaire car il y avait un déficit d'hommes forts dans les deux clubs. En Angleterre, Jelle ne jouissait pas de cette réputation de guerrier. Il n'était pas assez connu pour cet aspect dans un championnat où les courageux ne manquent pas. Au Standard, il n'avait pas à faire ses preuves. "JVD fut la locomotive derrière laquelle les Rouches attachèrent les wagons. Le puissant Jelle tira le train de Dominique D'Onofrio et de Sergio Conceiçao avec toute son énergie. Axel Witsel et d'autres bénéficièrent de cet apport mais c'est peut-être cette saison que Van Damme est le plus important. Seul survivant d'une grande ligne médiane après le départ de Witsel, Steven Defour et Mehdi Carcela, il a porté ce secteur sur ses épaules avant que les choses se mettent en place à l'arrivée de Vainqueur. " Jelle est un joueur polyvalent qui peut rendre des services à quatre places : arrière central, back gauche, médian gauche ou pare-chocs défensif ", intervient Frenay. " A plus long terme, il est destiné à une place au centre de la défense. Riga a eu une excellente idée en positionnant Jelle au centre de la ligne médiane. Il peut y donner libre cours à son abattage. Plus à gauche, Jelle doit débouler, centrer, gagner des duels homme contre homme. Dans sa position actuelle, il a un plus gros impact, que ce soit à la récupération, dans les airs ou à la percussion. Quand un Van Damme fonce, il fait peur aux adversaires. "Henri Depireux abonde dans le même sens : " A gauche, on avait un demi-Van Damme. Son replacement est une réussite totale car il peut y donner la pleine mesure de ses atouts. Il forme un couple essentiel avec Vainqueur. La naissance de ce duo a équilibré tout le Standard. Vainqueur est une trouvaille, un transfert qui vaut son pesant d'euros. Van Damme y va avec tout son c£ur et a besoin d'un métronome près de lui. Le Français est ce régulateur, élégant, efficace, qui ne perd pas de ballons. Vainqueur n'est pas souvent en difficulté techniquement. Il ne perd pas le nord et on pourrait peut-être lui trouver un manque de vivacité dans les premiers mètres mais il joue un rôle essentiel dans cette équipe que Riga a construite en quelques mois : chapeau. Cela dit, si Vainqueur évolue devant sa défense, Van Damme jaillit de la deuxième ligne et pèse mais n'est pas un chef d'orchestre. C'est un autre joueur qui apporte la finesse : Luis Manuel Seijas. Ce gaucher voyage, rentre dans le jeu et crée du danger offensif. J'insisterai aussi sur le rôle de Zoro Cyriac dans ses missions de 9,5. Il décroche dans l'axe et constitue un trait d'union indispensable. Sans Cyriac et Seijas, tout serait bien plus difficile pour Vainqueur et Van Damme. " Orphelin de tout soutien direct en début de saison, MéméTchité a erré comme une âme en peine avant de retrouver de la bonne poudre. C'était étonnant alors qu'il avait craché le feu la saison passée avec, le plus souvent, le soutien d'un Aloys Nong qui n'a plus voix au chapitre, pas plus que Mbaye Leye. Tchité rua plus d'une fois dans les brancards, affirmant clairement aux médias qu'il " ne recevait pas de bons ballons " et " qu'ajouté à sa solitude en pointe, cela expliquait ses problèmes devant le gardien de but adverse ". Cette panne sèche constituait un énorme problème. Spectateur attentif de tous les matches à Sclessin, la légende Léon Semmeling a sa petite idée : " Tchité avait pris ses habitudes avec une grande ligne médiane. Or, les joueurs relais sont partis en été : Witsel, Defour, Carcela. Même si les équipes sont désormais des blocs de plus en plus monolithiques, c'est quand même dans les lignes médianes que se joue le sort des rencontres. C'est le secteur le plus essentiel du football moderne. Je suis persuadé que Riga ne voulait pas laisser Tchité seul en pointe. Il songeait probablement à Cyriac mais ce dernier n'était pas encore totalement remis d'une lourde intervention chirurgicale au genou. Au vu de la pression extérieure, il était probablement tentant de le lancer au jeu. Riga a préféré miser sur la prudence et la patience. Une rechute de Cyriac aurait ruiné tous les plans offensifs du Standard. Cette sagesse a été récompensée. De plus, ce duo s'est mis en place en même temps que la ligne médiane. Tchité et Cyriac sont complémentaires. Ils se trouvent les yeux fermés, devinent tout de suite où se trouve leur partenaire d'attaque. Tchité fait peur aux défenseurs adverses car, quand il se sent bien, on ne peut pas lui laisser un ballon. Seul, il était pris en charge par un arrière central et l'autre tirait la couverture. Mémé était privé d'espace, devait se replier dans le jeu et perdait ainsi une partie de ses atouts. Cyriac l'a libéré car il attire forcément l'attention des défenseurs. Cyriac lit parfaitement le jeu, est capable de distiller de bonnes passes mais aussi de piquer un sprint de 50 m pour être ensuite à la réception d'un centre devant le gardien. Quand Tchité et Cyriac plongent dans l'axe, cela va vite. Et qu'est-ce qui est le plus important dans le football actuel ? La rapidité. " L'ancien joueur, T2 et T1 du Standard précise encore : " Le fameux binôme une tour et une petite fusée n'est plus tout à fait d'actualité. Deux sprinters, c'est encore mieux. Mais Cyriac n'est pas qu'un avion à réaction. Il est doté d'une détente verticale exceptionnelle qui, malgré son 1,74 m, lui permet de monter très haut. Tchité se sent infiniment mieux avec lui. La preuve par un paradoxe : contre Gand, il est revenu jusqu'au point de corner du Standard pour défendre. Il l'a fait en sachant que Cyriac était là pour animer le contre. Le Standard a la chance de disposer désormais d'une double colonne vertébrale. Il faut la garder. Tout départ en janvier d'un des six joueurs qui la compose serait très embêtant : il faudrait recomposer un puzzle, ce qui n'est jamais facile. "PAR PIERRE BILIC - PHOTOS : IMAGEGLOBE" Il ne m'étonnerait pas du tout que Kanu se retrouve un jour en équipe nationale brésilienne " (Henri Depireux) " Riga a eu une excellente idée en positionnant Jelle au centre de la ligne médiane "(Didier Frenay) " Tchité et Cyriac sont complémentaires et se trouvent les yeux fermés "(Léon Semmeling)