J onathan Walasiak : " Mouscron était ma dernière chance. J'étais dans le trou. Il fallait que je retrouve un club qui croit en moi, qui puisse m'offrir une possibilité de me relancer. Suite au départ de Paco Sanchez à Dender, les Hurlus se sont mis à la recherche d'un flanc droit. Mon nom a circulé et ils ont tout de suite contacté le Standard. J'ai eu la chance d'aboutir à Mouscron dans les dernières heures du mercato. C'est ce dont j'avais cruellement besoin. Je n'ai pas tenté de comprendre ce qui m'arrivait. Une fois l'offre soumise, j'ai dit oui tout de suite. Je n'avais aucune autre opportunité. Pourtant, j'ai cherché dans presque toute la Belgique. Des agents ont sollicité des clubs à gauche et à droite. Moi, je ne tenais pas à conclure une affaire financière. L'argent, je m'en foutais. Mon désir, c'était de retrouver le terrain. Mais personne ne voulait prendre le risque de me transférer. Les clubs avaient tous peur. On ne croyait pas en mon retour, on pensait que j'étais fini. Cela a été très difficile à avaler. Je n'ai que 25 ans et j'ai encore tout l'avenir devant moi. J'en garde une certaine ranc£ur. Certaines équipes continuent de privilégier les étrangers de seconde zone plutôt que des jeunes belges talentueux. Mons ? Je n'ai eu aucun écho de sa part. On m'a dit que son noyau était complet. Les Dragons n'avaient pas besoin d'un flanc droit. Je ne les intéressais pas ".
...

J onathan Walasiak : " Mouscron était ma dernière chance. J'étais dans le trou. Il fallait que je retrouve un club qui croit en moi, qui puisse m'offrir une possibilité de me relancer. Suite au départ de Paco Sanchez à Dender, les Hurlus se sont mis à la recherche d'un flanc droit. Mon nom a circulé et ils ont tout de suite contacté le Standard. J'ai eu la chance d'aboutir à Mouscron dans les dernières heures du mercato. C'est ce dont j'avais cruellement besoin. Je n'ai pas tenté de comprendre ce qui m'arrivait. Une fois l'offre soumise, j'ai dit oui tout de suite. Je n'avais aucune autre opportunité. Pourtant, j'ai cherché dans presque toute la Belgique. Des agents ont sollicité des clubs à gauche et à droite. Moi, je ne tenais pas à conclure une affaire financière. L'argent, je m'en foutais. Mon désir, c'était de retrouver le terrain. Mais personne ne voulait prendre le risque de me transférer. Les clubs avaient tous peur. On ne croyait pas en mon retour, on pensait que j'étais fini. Cela a été très difficile à avaler. Je n'ai que 25 ans et j'ai encore tout l'avenir devant moi. J'en garde une certaine ranc£ur. Certaines équipes continuent de privilégier les étrangers de seconde zone plutôt que des jeunes belges talentueux. Mons ? Je n'ai eu aucun écho de sa part. On m'a dit que son noyau était complet. Les Dragons n'avaient pas besoin d'un flanc droit. Je ne les intéressais pas ". " Au Standard, j'avais le sentiment que Michel Preud'homme ne comptait plus sur moi. Lors de mon retour à Sclessin, en juin, j'ai réussi de bons matches de préparation. Mais j'ai eu le malheur de me blesser deux fois. L'opération était inévitable. Preud'homme a alors trouvé son équipe. Les résultats ont suivi et il n'a plus modifié ses cartes. C'est ce qui a fait pencher la balance en ma défaveur. Tout a été remis en cause et j'ai senti que l'on n'avait plus besoin de moi. Cela m'a fait mal. Mais, dans le football, l'intérêt du club passe avant celui des joueurs. Je ne veux pas me plaindre ". " Enzo Scifo est venu me trouver et m'a demandé : - As-tu encore faim de football ? Je lui ai répondu : -Oui. Je n'ai pas une petite faim mais un appétit de loup. Il a opiné. Les circonstances étaient telles que j'ai dû jouer dès le premier match. Je n'étais pas au top et cela s'est vu sur le terrain. Scifo m'a dit : -Ecoute, ce n'est pas un problème. Tu vas continuer à travailler et je t'attends au tournant dans deux ou trois semaines.Quand j'ai signé à Mouscron, j'avais conscience que beaucoup de transferts venaient d'être conclus. Au début, j'ai vécu des moments difficiles. Le club subissait une mue profonde et tous les joueurs, même les plus anciens, avaient perdu leurs repères. Aucune formation ne gère facilement un tel apport de sang frais. Mais je savais aussi que je recevrais ma chance. L'entraîneur m'a laissé le temps. Or, la situation n'était pas facile pour lui. Mouscron était dans le creux et accumulait les contre-performances. Finalement, son pari a réussi. Je dois le remercier. Il m'a rendu la confiance et m'a permis de retrouver mes sensations. Je vais mieux et je constate que l'équipe commence elle aussi à tenir le bon bout ". " Certaines personnes affirment qu'un grand joueur ne devient pas automatiquement un grand entraîneur et émettent des doutes par rapport aux capacités de Scifo. Ces mauvaises langues racontent beaucoup de bobards. Elles ne savent pas ce qui passe dans les vestiaires. Elles ne sont pas présentes à l'entraînement pour voir le travail quotidien du coach. Scifo est quelqu'un qui a envie de réussir et qui y parviendra si on lui donne les moyens. Il dégage une grande prestance. Il sait parler aux joueurs et les mettre en confiance. C'est important pour nous. Il est honnête, ce qui est rare dans le monde du football. Son message a de l'impact sur le groupe. Sa vision des événements montre qu'il a été un grand joueur. Il a tout de suite ciblé le problème de Mouscron. Nous avions tendance à perdre trop facilement le ballon. Il a donc mis l'accent sur la possession. Son message était clair : garder le cuir dans l'équipe nous permettrait de fatiguer l'adversaire et de nous créer plus de possibilités offensives ". " On m'a souvent demandé si j'éprouvais des regrets à avoir quitté le Standard alors que mon ancien club file vers un titre historique. Non. Opter pour Mouscron était un bon choix. J'avais vraiment besoin et envie de jouer. Rester six mois supplémentaires sur le banc ne m'aurait rien apporté de positif. Sur un CV, la mention " titre " donne toujours mieux mais je n'aurais pas eu l'impression d'y avoir contribué. Je n'en aurais retiré aucune satisfaction. Gregory Dufer a été légèrement blessé et on lui a laissé le temps de s'adapter. Au fil des matches il a commencé à marquer l'équipe de son empreinte. Si on m'avait donné ma chance, j'aurais été capable de faire la même chose que lui. Mais l'entraîneur a fait son choix. Je ne tiens plus à revenir là-dessus. C'est le passé. Je fais sans doute partie de la dernière génération du Standard à n'avoir pas remporté de trophées. Ce qui fait la différence cette saison, c'est la jeunesse. Les joueurs sont capables de faire la différence, de marquer et ont faim de prix. De mon temps, la qualité était aussi présente. Mais le noyau comptait trop de joueurs avec une belle carrière derrière eux et qui n'avaient plus assez d'appétit. L'esprit collectif faisait défaut. Maintenant, c'est la force du Standard. Une belle génération est en train d'émerger. Peut-être suis-je né trop tôt... Quand je vois les infrastructures et l'Académie Robert Louis-Dreyfus, je trouve cela magnifique. On ne voit ça nulle part ailleurs en Belgique. Les jeunes peuvent travailler dans d'excellentes conditions. Ils vivent comme des professionnels dès l'âge de 14 ans. Beaucoup de talents sortiront encore de là. Les dirigeants se sont donné les moyens de bâtir un grand projet. Ils ont compris qu'il était possible d'obtenir des résultats en misant sur les jeunes ". " Partir à l'étranger me tente toujours. Je n'ai pas été refroidi par mon expérience à Metz. Même si j'ai connu des moments difficiles là-bas. J'étais seul et, à un certain moment, je n'avais même plus le droit d'évoluer avec l'équipe Réserve. C'est dur de ne pas plus pouvoir pratiquer son métier et sa passion. Si c'était à refaire, je serais plus prudent. Lors de mon transfert, j'avais discuté avec Francis De Taddeo, l'entraîneur. Mais ce n'était sans doute pas suffisant. De Taddeo était l'ancien directeur du centre de formation. Il a eu tendance à privilégier les joueurs qu'il avait lui-même formés. Il a été limogé en décembre et remplacé par Yves Pouliquen. Quand je regarde les compositions d'équipe de Metz, je constate que beaucoup de joueurs sur lesquels De Taddeo misait ne font plus partie du noyau. Mais cette expérience fait partie du passé. C'est en commettant ce genre d'erreurs que l'on apprend ". " Ma carrière actuelle mérite un 6 sur 10. Durant deux ans et demi, je n'ai presque pas joué. C'est une longue période et cela fait baisser ma cote. Mais je suis encore jeune. Les belles années vont arriver. Pour l'instant, je m'accroche. Pour faire monter cette cote, je dois continuer à progresser, enchaîner les matches et retrouver le chemin des filets. A partir de ce moment, je pourrais viser un club qui évolue en coupe d'Europe. Mon parcours à Mouscron vaut actuellement un 7 sur 10. Je parviens à sortir de bons matches et je mets en application ce que Scifo exige de moi. Nous étions dans le trou et plongés en plein doute. L'entraîneur m'a demandé de mettre la main à la pâte, d'aider l'équipe à retrouver une bonne assise défensive. Je pense avoir respecté sa volonté. Mouscron a mis de la distance par rapport aux équipes descendantes. Je vais maintenant pouvoir laisser libre cours à mon tempérament offensif. Même si c'est difficile à estimer, un bon Walasiak vaut 10 buts et 10 assists par saison. Lors de ma meilleure année au Standard, j'y suis parvenu. Aujourd'hui, je travaille pour retrouver ce niveau. Mes sensations sont bonnes. Mais c'est encore loin d'être suffisant. Je connais mes faiblesses. La concrétisation me fait encore défaut. Mon pied gauche n'est pas au point. Mon travail défensif est à parfaire. Et j'ai un peu trop tendance à tenter des gestes difficiles. Mon atout, c'est la percussion. J'adore surgir de la seconde ligne, partir dans des dribbles pour déstabiliser l'adversaire. J'ai un bon pied droit. Je sais centrer. Retrouver l'équipe nationale constitue un autre objectif. Quand on y a goûté, on éprouve l'envie d'y retourner. Enfin, chaque chose en son temps. Il ne faut pas se précipiter ". par simon barzyczak - photos: belga