"C'est quand même beau le football ! ", glisse Lucien D'Onofrio en quittant l'Emirates Stadium aux côtés de Michael Verschueren, fils de Mister Michel et membre du conseil d'administration du RSCA. Les sourires sont éclatants même chez l'ex-homme fort du Standard de Liège. Olivier Giroud, absent des débats et naturellement moins guilleret, s'en va lui aussi, lâchant : " Anderlecht, c'est surprenant. Mais ce qui l'est encore plus, c'est leur public. Chapeau ! " Un peu plus loin, les joueurs anderlechtois grimpent un à un dans le car. Sans fanfaronner mais avec le rictus de circonstance. Comme souvent, c'est leur président qui se montre le plus volubile et démonstratif. " Tout le monde va se rappeler cette soirée ! Un truc magique s'est passé ", s'emballe alors Roger Vanden Stock. Une demi-heure plus tôt, Aleksandar Mitrovic venait d'égaliser sous les yeux d'un Arsène Wenger médusé par ce come-back (3-0 ; 3-3) légendaire. Un renversement de situation qu'à vrai dire, personne ou presque n'avait vu venir. " A 3-0, j'aurais signé pour en rester là ", reconnaissait Herman Van Holsbeeck le lendemain, jour de ses 60 printemps, en gare de Saint-Pancras. Le scénario semblait même irréel en comparaison avec les discours résolument pessimistes de la délégation bruxelloise le lundi matin, deux jours après le point sauvé in extremis face à Lokeren (1-1). Quelques heures avant d'affronter les Gunners, Roger Vanden Stock, lors d'un lunch réunissant médias, politiques (Alain Courtois, Ivan Mayeur) ou chefs d'entreprise (notamment Johan Beerlandt de Besix), avouait même ne pas y croire du tout. Dès lors, comment expliquer le double visage d'une équipe qui a dû attendre plus de 270 minutes pour inscrire un but en trois rencontres (Genk, Standard, Lokeren) à domicile mais capable d'en planter trois en moins d'une demi-heure chez un membre du Big Four ?
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"C'est quand même beau le football ! ", glisse Lucien D'Onofrio en quittant l'Emirates Stadium aux côtés de Michael Verschueren, fils de Mister Michel et membre du conseil d'administration du RSCA. Les sourires sont éclatants même chez l'ex-homme fort du Standard de Liège. Olivier Giroud, absent des débats et naturellement moins guilleret, s'en va lui aussi, lâchant : " Anderlecht, c'est surprenant. Mais ce qui l'est encore plus, c'est leur public. Chapeau ! " Un peu plus loin, les joueurs anderlechtois grimpent un à un dans le car. Sans fanfaronner mais avec le rictus de circonstance. Comme souvent, c'est leur président qui se montre le plus volubile et démonstratif. " Tout le monde va se rappeler cette soirée ! Un truc magique s'est passé ", s'emballe alors Roger Vanden Stock. Une demi-heure plus tôt, Aleksandar Mitrovic venait d'égaliser sous les yeux d'un Arsène Wenger médusé par ce come-back (3-0 ; 3-3) légendaire. Un renversement de situation qu'à vrai dire, personne ou presque n'avait vu venir. " A 3-0, j'aurais signé pour en rester là ", reconnaissait Herman Van Holsbeeck le lendemain, jour de ses 60 printemps, en gare de Saint-Pancras. Le scénario semblait même irréel en comparaison avec les discours résolument pessimistes de la délégation bruxelloise le lundi matin, deux jours après le point sauvé in extremis face à Lokeren (1-1). Quelques heures avant d'affronter les Gunners, Roger Vanden Stock, lors d'un lunch réunissant médias, politiques (Alain Courtois, Ivan Mayeur) ou chefs d'entreprise (notamment Johan Beerlandt de Besix), avouait même ne pas y croire du tout. Dès lors, comment expliquer le double visage d'une équipe qui a dû attendre plus de 270 minutes pour inscrire un but en trois rencontres (Genk, Standard, Lokeren) à domicile mais capable d'en planter trois en moins d'une demi-heure chez un membre du Big Four ? Dimanche dernier, face à Gand pour un sommet Jupiler qui devait décerner le titre très honorifique de champion d'automne, Anderlecht a sorti une copie bien moins flamboyante. Mais efficace, sérieuse, pour un premier succès (0-2) en championnat face à une équipe du top 6. Cette première semaine de novembre aurait pu noircir un premier bilan. Il n'en est rien. Anderlecht pointe en tête du championnat et occupe une position avantageuse en Ligue des Champions qui doit lui permettre de passer l'hiver sur la scène européenne. Besnik Hasi reste cependant critique. " Je ne suis pas content du début de saison. Je veux tout gagner et en jouant bien. Je pense par contre qu'en Champions League, on n'a pas reçu ce qu'on méritait. " Une façon de résumer un début de saison à deux bandes. Souvent hésitants en championnat, les Mauves se sont montrés enthousiasmants sur la scène européenne à l'exception de 45 minutes suffocantes face à Dortmund. Ces dernières semaines, Hasi, l'homme clef du titre inespéré de l'an dernier, a dû essuyer ses première critiques. La nervosité devenait de plus en plus visible, entraînant une communication moins maîtrisée et symbolisée par des critiques envers le corps arbitral auxquelles on n'avait pas encore été habitués. En venant saluer, seul, les 3.000 bruyants supporters anderlechtois qui s'étaient amassés dans un coin de l'Emirates, recevant en retour une ovation, Besnik Hasi a pu souffler quelque peu et apprécier. Cinq jours plus tard, au micro de Belgacom TV (néerlandophone), Hasi est pourtant apparu à nouveau irrité quand le journaliste lui a rappelé le peu d'occasions que son équipe s'était créées lors des 45 premières minutes. Les observateurs et supporters en demanderaient-ils trop à une des plus jeunes équipes de l'histoire du club - six joueurs de moins de 21 ans étaient alignés dimanche ? " J'ai voulu une équipe jeune et ambitieuse et je l'ai ", reconnaît l'entraîneur kosovar. " Avec ce type de joueurs, tu peux en retirer beaucoup. Ils sont capables de s'adapter au rythme et si celui-ci est élevé comme en Ligue des Champions, on joue avec. On l'a vu lors des deux matches face à Arsenal. Mais on doit également apprendre à élever le rythme dans des rencontres fermées. Et je peux vous assurer qu'à l'entraînement, on travaille tout le temps la possession de balle dans les 20 derniers mètres. Que ce soit contre Genk, le Standard ou Lokeren, on a à chaque fois dominé mais sans se créer suffisamment d'occasions. Je maintiens toutefois que c'est le manque de fraîcheur qui a compliqué nos duels d'octobre. L'équipe doit aussi grandir. Contre le Standard, on n'a pas été bons mais on avait le contrôle sur la rencontre. On doit apprendre à geler ce genre de match quand ça va moins bien, quitte à se contenter d'un 0-0... " L'accumulation de matches, un noyau manquant de planches, des blessures en pagaille ont alourdi les jambes anderlechtoises. " J'aurais aimé laisser souffler certains joueurs mais je n'en ai pas eu la possibilité ", déplore l'entraîneur du Sporting. " Depuis le début de la saison, je n'ai jamais été en mesure d'aligner ma défense type. Anthony Vanden Borre n'est revenu dans le coup que mi-octobre. Avant cela, c'était Fabrice Nsakala et puis Bram Nuytinck qui se sont retrouvés sur la touche. Et maintenant, c'est Chancel Mbemba qui connaît des pépins. Peut-être a-t-on attendu trop longtemps la décision de Daniel Van Buyten... Quand il nous a annoncé qu'il mettait un terme à sa carrière, on n'avait pas vraiment de solution de rechange, hormis Marcin Wasilewski, ce qui est peut-être une erreur. " Une erreur qui devrait être réparée en janvier si l'on en croit les propos d'Herman Van Holsbeeck qui annoncent qu'une partie de l'argent glané grâce à la Ligue des Champions sera investie dans un défenseur central. Les blessures importantes de titulaires en puissance ont obligé Besnik Hasi à innover et trouver des solutions étonnantes comme le positionnement de Frank Archeampong au poste de latéral gauche. Un pari qui s'avère être un coup dans le mille. " Je suis très satisfait de son comportement même si on voit encore à sa manière de défendre qu'arrière gauche n'est pas sa positon naturelle. Ce n'est jamais idéal de positionner des joueurs offensifs à un poste défensif. Et je dois reconnaître que si Deschacht et Nsakala sont fit, je ne commence pas un match européen avec Frank à l'arrière gauche. Contre Galatasaray, j'ai décidé de le positionner là suite à la blessure de Nuytinck car je savais que le club turc n'attaquait essentiellement que par le centre. Je voulais que Franck fasse mal sur son côté gauche, d'autant qu'il allait bénéficier d'espace, ce dont il a besoin pour exprimer pleinement son potentiel. " La semaine écoulée a été marqué par le retour au premier plan d'Anthony Vanden Borre, dont c'était la 100e pour le compte du Sporting face à Gand, et qui au-delà de ses deux buts face à Arsenal, a su sonner la charge en endossant le costume de patron ou le treillis de " salopard " en fin de match. Et pourtant, que ce soit face à Alexis Sanchez à qui il a chatouillé les chevilles dans les arrêts de jeu mais surtout Oxlade Chamberlain, voire même devant Benito Raman, AVB a souqué cette semaine. " Anthony revient seulement de blessure, il ne faut donc pas juger son explosivité sur les dernières rencontres ", précise Hasi. " Et s'il a connu des difficultés face à la vitesse de Chamberlain, il n'est pas le seul en Europe à souffrir face à un tel joueur qui est encore plus rapide qu'Archeampong et bien plus costaud. Anthony va venir, il lui manque simplement encore quelques matches. " Sacha Kljestan est, lui, revenu au premier plan, palliant l'absence de Steven Defour. Rallié après s'être fait déborder comme un bleu sur le but égalisateur face à Galatasaray, coupable également d'une perte de balle sur le troisième but d'Arsenal, l'Américain a prouvé malgré tout qu'on pouvait compter sur lui au niveau de la récupération. Pour ce qui est de confier ses états d'âme, on attendra. Kljestan continue à s'enfermer dans son mutisme devant la presse belge... Critiqué durement ces dernières semaines, Aleksandar Mitrovic a, lui, fait taire ses détracteurs, que ce soit à l'Emirates ou à la Ghelamco Arena. Hasi : " Les torts sont partagés. On n'utilise pas Mitro comme on le devrait mais lui non plus n'a pas été à la hauteur. Depuis plusieurs semaines, il manquait d'agressivité, de réaction dans la couverture de balle, ce qui doit être sa force. Face à Arsenal, on a vu un tout autre Mitro, bien plus fort dans les duels ou dans sa façon d'utiliser son corps. Malgré les problèmes qu'il a rencontrés, il reste mon premier choix en attaque. " Youri Tielemans ne doit certainement pas craindre pour sa place, lui qui a toujours fait figure d'incontournable aux yeux de Besnik Hasi même quand ça rigole moins comme ces dernières semaines. Une prolongation de contrat qui a traîné et un entourage quelque peu instable n'ont pas facilité la vie du youngster qui peut parfois faire la moue sur le terrain comme en dehors. " Youri est un garçon intelligent qui a de la personnalité et qui est conscient qu'il doit encore franchir un palier ", précise Hasi. " Et ce n'est peut-être pas plus mal qu'il ait connu un moins bon match à Arsenal alors qu'il avait été très bon à domicile. Il voit qu'il a encore du travail. Mais le plus important, c'est que les qualités, il les a... Peut-être se met-il un peu trop de pression mais cette pression n'émane pas de ma part. En tout cas, il bosse chaque jour et il est toujours opérationnel le lendemain d'un match, il a une grosse faculté de récupération. " Après une semaine compliquée mais totalement réussie d'un point de vue comptable, reste à gommer les enfantillages comme sur le penalty à Arsenal ou le coup franc de Mitrovic à Gand. " Le fait qu'ils sont plusieurs à vouloir le tirer est une bonne chose ", conclut Hasi. " Je m'inquiéterais davantage si personne ne voulait prendre ses responsabilités comme ç'était le cas il n'y a pas si longtemps quand on traînait cette malédiction sur penalty. " PAR THOMAS BRICMONT - PHOTOS: BELGAIMAGE" Peut-être a-t-on attendu trop longtemps la décision de Daniel Van Buyten... " Besnik Hasi