Eden Hazard, Thomas Vermaelen, Jan Vertonghen, Moussa Dembélé ou Kevin Mirallas ont ouvert la voie. Et aujourd'hui, tout le monde s'en félicite, Marc Wilmots en premier. Tout juste ados, ils sont partis terminer leur scolarité foot à l'étranger. Mais ces belles réussites ne doivent pas faire oublier de nombreux échecs cuisants et souvent douloureux. De ceux à qui on a monté la tête et qui se sont crashés à peine le décollage entamé. Malgré des infrastructures (enfin) dignes de ce nom, des exemples de plus en plus nombreux de jeunes issus du sérail qui percent dans nos clubs du top, certains préfèrent encore et toujours traverser les frontières. Sport/Foot Magazine a donné la parole à ceux qui pensent que le gazon est plus vert ailleurs.
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Eden Hazard, Thomas Vermaelen, Jan Vertonghen, Moussa Dembélé ou Kevin Mirallas ont ouvert la voie. Et aujourd'hui, tout le monde s'en félicite, Marc Wilmots en premier. Tout juste ados, ils sont partis terminer leur scolarité foot à l'étranger. Mais ces belles réussites ne doivent pas faire oublier de nombreux échecs cuisants et souvent douloureux. De ceux à qui on a monté la tête et qui se sont crashés à peine le décollage entamé. Malgré des infrastructures (enfin) dignes de ce nom, des exemples de plus en plus nombreux de jeunes issus du sérail qui percent dans nos clubs du top, certains préfèrent encore et toujours traverser les frontières. Sport/Foot Magazine a donné la parole à ceux qui pensent que le gazon est plus vert ailleurs. " Le dixième de l'argent que je gagne arrive dans ma poche, le reste est bloqué sur un compte en banque " " J'ai commencé dans la rue. Jusqu'à 10 ans, je n'avais pas de club. J'admirais Ronaldo, le vrai, il jouait comme un footballeur de rue. Encore aujourd'hui, je regarde des vidéos de lui. Je jouais des 4 contre 4 sur le terrain derrière chez moi à Droixhe-Bressoux. Je rentrais de l'école, et je filais jouer. En jouant dans la rue, tu développes ta technique mais tu apprends aussi à encaisser les coups car tu joues contre des gens plus âgés. Aujourd'hui, je n'ai pas peur sur un terrain. C'est en disputant le Sljivo avec une équipe du quartier que le Standard m'a repéré. J'y ai évolué deux ans (U11-U12). Et c'est à 12 ans que j'ai rejoint le PSV. Pourquoi le PSV ? On m'avait dit que la formation était plus poussée et j'ai tenté l'expérience... Une heure et demie de route, c'est pas non plus l' " étranger ". La première année, je rejoignais Eindhoven en train. Par après, on a reçu un appartement du club pour moi et mes parents. Je me rendais à école à Eindhoven, puis j'allais aux entraînements. Et tous les week-ends, je retournais à Liège. La différence avec la Belgique ? Les entraînements sont davantage encadrés, les coaches te corrigent. Avoir été élu meilleur jeune joueur du monde à la Nike Cup à l'âge de 15 ans, ça a été un honneur mais ça a aussi été un moment un peu difficile. Beaucoup d'agents ont commencé à rôder. J'ai hésité à partir du PSV. Je me suis même rendu à Manchester City pour y signer un contrat, ce n'est qu'au dernier moment que mon père m'a convaincu de changer d'avis. Et je suis revenu au PSV pour y signer en avril un contrat pro de trois ans L'argent ? Le dixième de ce que je gagne tombe dans ma poche, le reste est bloqué sur un compte en banque jusqu'à mes 18 ans. J'allais encore à l'école cette année pour apprendre le néerlandais, l'an prochain, je n'irai plus. Depuis mes15 ans, je m'entraîne une fois par semaine avec la première du PSV. Désormais, ce sera tous les jours. Je dois apprendre à simplifier mon jeu. Quand je dribble une fois, deux fois ça va mais après on me découpe. Mark Van Bommel (notamment). Mais il ne m'a jamais fait mal, les autres par contre... (il rit) Van Bommel m'a beaucoup aidé dans mon développement, comme Dries Mertens. L'an prochain, j'espère jouer quelques minutes avec la première. On m'a déjà comparé à Romario, une légende du club, à cause de mon style vif et dribbleur. Mais il me reste encore beaucoup de chemin à accomplir. Aujourd'hui, je parle comme les Hollandais (en insistant sur les rrr de la prononciation) mais je reste toujours le même, timide, réservé. Vous ne me verrez jamais parler à quelqu'un que je ne connais pas. " " Je ne savais pas dans quelle division Portsmouth jouait " " J'avais 15 ans quand un recruteur de Portsmouth est venu me proposer d'intégrer le club. Mon père a dû me préciser que le club évoluait en Premier League, je n'en avais aucune idée. Comment dès lors ne pas avoir des étoiles dans les yeux ? J'ai accepté pour me rapprocher de mon rêve : évoluer parmi l'élite anglaise. Ce fut complexe. Je me suis senti très seul et j'arrivais dans une structure bien plus grande que ce que j'avais connu à Mouscron. Je ne pipais pas un mot d'anglais mais je me suis accroché et à coup de cours et de courage je me suis fait une place dans les équipes d'âge. Stoke fut l'étape suivante. J'y ai intégré les classes d'âge avant de faire officiellement partie de l'effectif depuis l'été passé. Je n'ai toutefois pas mis les pieds sur les pelouses de Premier League. Le fait de côtoyer de grands joueurs comme Peter Crouch ou Michael Owen au quotidien ne peut que m'être utile. Je me rappellerai toujours comment Crouch m'a mis dans le vent à mon premier entraînement. Je me suis directement dit : " Flo, observe et bosse car si ces gars sont à ce niveau-là, c'est qu'il y a une raison. " Certes, il n'y a pas grand-chose à faire dans la ville de la poterie mais les gars sont présents tous les matins. Les gueules de bois et les yeux rouges à l'entraînement, ça n'arrive pas à Stoke. Ici, c'est tout ou rien et perdre un match d'entraînement cause régulièrement des engueulades. Tony Pulis, l'ancien coach des Potters, ne m'a jamais offert ma chance. Son jeu ne passait pas par l'entrejeu, un box-to-box comme moi ne rentrait pas dans ses plans. Il a toujours été honnête avec moi à ce point de vue. Jamais il ne m'a fait miroiter une place dans l'équipe. Après 1 an et demi au club, je voulais du temps de jeu. Walsall (League One - D3) m'a loué de janvier jusqu'en fin de saison. J'y ai joué 18 rencontres avec 4 buts à la clé. De telle sorte que la saison suivante j'y repartais en prêt. Malheureusement, tout ne s'est pas déroulé comme prévu. Je me suis explosé les ischios à trois reprises. Par deux fois, je suis revenu trop tôt à la compétition et je l'ai payé. Mon futur choix sera crucial. Je partirai en prêt en Championship la saison prochaine. Blackpool s'est manifesté mais n'est pas le seul. Peu importe le club, il faut juste que je m'y sente bien, que le manager croit en moi et me fasse jouer. Je pense avoir le niveau suffisant pour m'imposer en Championship voire même de faire mes premiers pas avec Stoke City d'ici la fin de saison. Tout dépendra également du nouveau coach (Mark Hughes, ndlr.) et si rien ne va comme prévu, je prendrai les décisions qui s'imposent en juin 2014. " " On venait me contrôler pour voir si je ne cachais pas du chocolat. " " J'ai d'abord joué à Diegem avant de partir à Genk à 11 ans. Presque tous les gros clubs de Belgique me désiraient mais Genk offrait la meilleure structure avec une famille d'accueil. A 16 ans, j'ai eu l'opportunité de signer à Monaco, le club était alors encore en L1. J'ai d'abord été incorporé au centre de formation et j'évoluais en CFA. Je n'ai pas eu peur du grand saut. Dans le foot, il faut savoir prendre des risques sinon tu n'y arrives jamais. Je suis plutôt un fonceur sur comme en dehors des terrains. J'aime bien m'amuser, faire le con mais sur un terrain je suis un gagneur... La première année a été difficile. J'avais signé mon premier contrat pro et je logeais seul dans un appartement du club. Il y avait des animateurs qui venaient une fois par semaine me " contrôler " et voir ce que j'avais dans les armoires, si je ne cachais pas du chocolat. J'allais manger toujours au centre, je ne faisais que dormir dans cet appart... Il faut évidemment faire attention à la vie monégasque. Là-bas, c'est la belle vie, les attractions sont nombreuses. Et tu peux avoir envie de sortir, d'aller voir tes amis, les filles, c'est normal il faut aussi se changer les idées. Mais l'objectif premier, c'est " penser foot ". Nabil Dirar a été important dans mon éclosion. Il est comme un grand frère pour moi. C'est le premier à me défendre même si j'ai toujours été quelqu'un de sociable : je parle avec tout le monde, avec les jeunes, avec les vieux (sic). L'étranger, c'est là que tu évolues le plus. Et même si ça ne marche pas, je peux toujours revenir en Belgique, j'aurai appris quelque chose. Cette saison, j'ai joué 27 matches comme titulaire malgré mon opération des amygdales et d'autres problèmes physiques, c'est pas mal... Claudio Ranieri n'a pas hésité à me lancer : il m'a appris le travail défensif, la tactique et m'offre une grande liberté offensive, surtout quand j'évolue derrière l'attaquant. Toutes ces stars (Radamel Falcao, JoaoMoutinho) qui débarquent l'an prochain, ça fait évidemment rêver. Pourquoi avoir peur de la concurrence ? Si c'était le cas, ça voudrait dire que je n'aurai jamais le niveau pour évoluer dans un grand club. Et même si je devais me retrouver sur le banc, je suis convaincu que j'évoluerai au contact de grands joueurs. En tout cas, la direction veut me garder. " " Anderlecht a les meilleurs jeunes du pays. Chelsea, les meilleurs du monde. " " Je sais qu'on a abondamment commenté le transfert des frères Musonda (Junior, Tika, Lamisha) à Chelsea l'été dernier. Et j'ai entendu pas mal de choses fausses à ce sujet. Premièrement, si on est parti à Cheslea, cela n'avait rien à voir avec l'argent. Manchester City nous en offrait d'ailleurs beaucoup plus. Mais on a estimé que Chelsea proposait la meilleure des formations pour les jeunes. En Belgique, on a de très bons joueurs. Anderlecht possède les meilleurs du pays. Mais à Chelsea, on trouve les meilleurs du monde. J'évolue avec des joueurs qui viennent des quatre coins de la planète, c'est très enrichissant. En partant si jeune à l'étranger, j'apprends aussi à m'adapter à un autre football, à me confronter à un jeu plus rugueux. Les premiers mois ont d'ailleurs été difficiles avec la réserve ; je n'évoluais pas à ma place de prédilection et je prenais beaucoup de coups. Le championnat des réserves est encore plus accrocheur que la Premier League, ça vous donne une idée. Beaucoup de coups directs y sont donnés. Mais c'est comme ça que l'on apprend. Je suis devenu plus guerrier, et même si physiquement je suis plus léger que la moyenne, c'est dans la tête que le déclic s'est opéré. En Belgique, pour percer, il faut aussi de la chance. Regardez les parcours de Dries Mertens ou de Michy Batshayi qui ont été rejetés en jeunes. L'avenir ? Je vais faire la présaison avec Chelsea avant d'être vraisemblablement prêté. Pourquoi pas aux Pays-Bas ou même en Belgique ? Je veux passer une étape et évoluer chez les pros l'an prochain. J'ai eu la chance de m'entraîner plusieurs fois avec l'équipe première. Oscar et FrankLampard m'ont donné des conseils, tout comme Eden Hazard, qui est vraiment un super gars. Mais je ne suis encore qu'un joueur de l'équipe réserve, je dois apprendre à faire mon trou par moi-même. La vie à Londres ? Je ne connais pas bien la ville. Toute la famille habite à Surrey dans la banlieue, où la plupart des joueurs vivent. C'est calme, à l'écart de la métropole. C'est parfait. Je suis à Chelsea pour le foot et rien d'autres. " " Alex Ferguson nous parlait tous les jours individuellement " " Pour être honnête, je n'ai pas eu peur de faire le grand saut. Jouer à Manchester a toujours été mon rêve, je supportais ce club plus jeune, la décision a donc été rapide même si d'autres clubs étaient intéressés. J'avais 18 ans quand je suis parti, un peu après avoir terminé mes secondaires. C'était important pour moi d'avoir un diplôme avant de partir à l'étranger. S'il m'arrive une grave blessure, je peux toujours me retourner. Défensivement, je suis devenu bien meilleur depuis mon départ du Standard. A Liège, j'étais loin de l'équipe première. Ce n'est que quand on a appris que j'intéressais United que l'on m'a convié à m'entraîner avec les A. Mais ma décision était prise d'autant que je n'ai jamais eu le sentiment qu'on avait confiance en mes qualités. Ça s'est vraiment bien passé la saison dernière. Je me suis retrouvé plusieurs fois sur le banc, j'ai même joué un match en Carling Cup (Coupe de la Ligue). J'espérais peut-être davantage d'apparitions. Avec la réserve, nous avons aussi été champions, on a gagné la Cup également. On a disputé plusieurs gros matches sur la fin, ce qui explique peut-être pourquoi je n'ai pas joué davantage avec la Première. Quand Sir AlexFerguson a annoncé son retrait de la compétition, j'étais dans les vestiaires et il y avait un silence assourdissant. C'était deux heures avant qu'il ne l'annonce à la presse. Personne ne s'y attendait, d'autant qu'avec ce nouveau titre de champion, on pensait qu'il en voudrait encore plus. Mais il devait en avoir assez. Désormais, il peut se relaxer. Et aimer le jeu sans toute cette tension. Il était très passionné et demandait à chaque joueur d'être à 200 % à chaque match. Tous les jours, à l'entraînement, il nous parlait individuellement. Il était un peu une figure de père pour chaque joueur. Jouer avec de grands noms, c'est évidemment grisant. Je me rappelle encore regarder la Ligue des Champions à la télé et quelques mois après, je me retrouvais à m'entraîner avec eux. Mais au final, ce sont simplement des personnes normales. Ryan Giggs et Paul Scholes m'ont donné le plus de conseils. Ce sont deux énormes joueurs qui aiment transmettre leur vécu aux jeunes. Ils sont aussi passés par ce que l'on vit. Ils savent comment il est difficile pour un young boy de se retrouver au milieu de grands joueurs. La presse anglaise me compare parfois à Gary Neville. Mais je suis encore loin du compte, Neville était tellement impressionnant défensivement. Mais je fais des progrès, je suis devenu plus costaud au fil du temps, ce qui est indispensable pour réussir au plus haut niveau. Quand je suis arrivé, j'ai beaucoup souffert physiquement. A mon arrivée, tout le monde me semblait si fort. J'avais un programme individuel avec du travail de musculation quasi chaque jour. Quand je suis arrivé, je me rappelle que je ne poussais que 50 kilos en développer-coucher et mes bras tremblaient après 6 allers-retours. Désormais, j'arrive à pousser 95 kilos, ce qui est quand même une grande différence (il rit). " PAR THOMAS BRICMONT ET ROMAIN VAN DER PLUYM" On m'a déjà comparé à Romario. " Zakkaria Bakkali " Dans le foot, il faut savoir prendre des risques sinon tu n'y arrives jamais. " Yannick Ferreira-Carrasco " C'est quand on a appris que j'intéressais Manchester que l'on m'a incorporé dans le noyau A du Standard. " Marnick Vermijl