L'année dernière a été une succession de hauts faits pour vous. Quel moment vous a le plus marqué ? Vincent Kompany : Le titre avec City, et plus précisément le but de Sergio Agüero à la dernière minute. Cela a certainement été le plus beau jour de la vie de la plupart des supporters de City. Ils ont éprouvé beaucoup d'émotions en peu de temps.
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L'année dernière a été une succession de hauts faits pour vous. Quel moment vous a le plus marqué ? Vincent Kompany : Le titre avec City, et plus précisément le but de Sergio Agüero à la dernière minute. Cela a certainement été le plus beau jour de la vie de la plupart des supporters de City. Ils ont éprouvé beaucoup d'émotions en peu de temps. Pour un petit pays comme le nôtre, il n'est pas fréquent d'avoir autant de bons joueurs en même temps. Nous avons profité de la proximité des plus grandes nations. La majorité des internationaux a effectué au moins une partie de sa formation aux Pays-Bas, en France ou en Angleterre. Et nous avons environ le même âge. À 26 ans, je suis un des aînés de l'équipe-type. Le fait qu'une petite partie du pays insiste pour obtenir son indépendance nous a aidés, dans la mesure où le reste de la nation, qui veut garder sa structure actuelle, accorde davantage d'intérêt aux symboles de l'unité de la Belgique. Dès que l'équipe en place aujourd'hui a été formée, le public l'a soutenue massivement. Nous devons sûrement être une équipe nationale différente des autres, en ce sens que nous ne possédons pas de super star. Si nous sommes populaires, c'est parce que nous prouvons notre implication aux fans. Pour le moment, la situation politique est tellement tendue en Belgique qu'il vaut mieux rester à l'écart. Mais bon, c'est notre pays et il serait ridicule de prôner autre chose que l'unité. Nous montrons à chaque match le potentiel et les bonnes choses que la Belgique possède encore plutôt que de nous fixer sur les différences qui pourraient exister. Nous insistons sur ce qui nous unit, pas sur ce qui nous divise. Notre principal défi est de nous qualifier pour cette épreuve. Nous devons nous libérer du poids que représentent notre longue absence des tournois et notre manque de qualités dans le passé. Nous devons franchir cet obstacle, à l'image de Manchester City l'année dernière. Avec de l'assurance, nous pourrons surprendre le monde. Dans ce genre d'affaires, il faut avant tout penser aux sentiments de la victime. D'un autre côté, la société se plaint que beaucoup de malfaiteurs, une fois libres, rechutent et sont pris dans une spirale négative dénuée de perspectives. Mais quand quelqu'un sort d'un cercle vicieux et reprend une vie normale, nous ne sommes pas satisfaits non plus. La presse a davantage insisté sur la faute qu'il avait commise que sur le courage qu'il faut pour tenter de refonctionner au sein de la société, comme Pelé l'a fait. Pour le moment, il est un exemple, un modèle de la manière dont on revient sur le droit chemin après avoir commis une faute. Ce n'est pas votre niveau d'études qui détermine votre intelligence. Je connais beaucoup de footballeurs qui n'ont pas étudié mais qui sont intelligents. Quand j'avais dix ans, je ne rêvais que de me produire dans des stades combles, de remporter des coupes, de marquer des buts et de bien défendre. Je ne me rappelle pas avoir rêvé de belles autos ni de filles. Ma motivation ne se situait pas à ce niveau. Selon moi, la réussite de quelqu'un dépend moins de sa formation que de ce qui l'intéresse pendant sa croissance. Parfois, je trouve que notre société pousse trop les enfants vers les choses matérielles, qu'elle les convainc qu'un travail est le moyen d'amasser des biens matériels alors qu'il faudrait mettre l'accent sur le contenu réel du travail. Le racisme est très présent dans les catégories d'âge. J'y ai été souvent confronté dans mon enfance, par exemple en me faisant insulter en déplacement. C'est arrivé quand j'avais six ans, huit ans, dix ans, jusqu'à ce que je frappe à la porte de l'équipe-fanion. À partir de ce moment, j'en ai moins souffert. Je ne me suis jamais considéré comme une victime. En fait, j'avais plutôt pitié de ceux qui criaient ces insultes. En général, dans les équipes d'âge de football, on est beaucoup trop laxiste à l'égard des remarques ou des comportements racistes. Ce qui est positif, c'est qu'on en parle beaucoup en Angleterre et que le moindre incident de ce genre a un impact énorme. Cela veut dire qu'on considère anormal ce type de comportement. C'est un bon signe. De ce point de vue, l'Angleterre est plus avancée que d'autres pays. Je ne me limiterai probablement pas à une seule activité. J'aime voyager et je n'y renoncerai pas. J'espère conserver une vie équilibrée au terme de ma carrière. The sky is the limit. Je ne me pose pas de limites, pas plus que pour tous les projets dont je m'occupe en dehors du football et qui m'aident en fait à rester concentré sur mon boulot. Je connais beaucoup de joueurs qui redoutent la fin de leur carrière, ne sachant pas ce qu'ils feront. Pas moi. J'entamerai une nouvelle carrière. Je vais certainement continuer à m'impliquer dans le Congo. Je ne me considère pas moitié Congolais et moitié Belge mais Congolais et Belge à 100 %. Je ne m'occupe pas d'oeuvres charitables pour soulager ma conscience ou un quelconque sentiment de culpabilité mais parce que c'est une priorité à mes yeux. Cela m'encourage à faire de mon mieux en football car mieux je suis coté dans mon sport, plus mon impact est grand dans ce que je réalise en dehors du terrain. PAR JAMES MONTAGUE - PHOTO: IMAGEGLOBE" Nous insistons sur ce qui nous unit, pas sur ce qui nous divise. "