C'était il y a six mois. En mai 2008, Jean-Pierre Jacqmin était nommé directeur de l'information et des sports des rédactions de la RTBF après avoir cuisiné plus de 2.000 invités dans Matin Première. Jacqmin recevait le même titre que Michel Lecomte (directeur des Sports). Mais pour quelle différence ?
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C'était il y a six mois. En mai 2008, Jean-Pierre Jacqmin était nommé directeur de l'information et des sports des rédactions de la RTBF après avoir cuisiné plus de 2.000 invités dans Matin Première. Jacqmin recevait le même titre que Michel Lecomte (directeur des Sports). Mais pour quelle différence ? En quoi consiste votre rôle exact ? Je suis le supérieur de Michel Lecomte. Mais ma volonté est de travailler en duo. Michel a les pieds dans ce secteur depuis très longtemps et a beaucoup à m'apprendre. Mon but est de veiller à ce que les émissions respectent le cadre fixé par la RTBF. C'est-à-dire qu'elles assurent leur mission de service public. Je décide aussi quelles compétitions nous couvrirons et quelle couverture médiatique nous assurerons. Dans ce contexte, je m'occupe de la répartition des budgets. Quand vous avez pris vos fonctions, vous aviez déclaré vouloir observer avant d'agir. Aujourd'hui, quels changements comptez-vous apporter ? Au sein de la RTBF, il y a parfois du dédain vis-à-vis des journalistes sportifs. Certains ont des difficultés à les considérer comme des journalistes à part entière ! Quand le Tour de France a eu lieu, on s'est même demandé s'ils devaient couvrir les affaires de dopage. Moi, je les ai encouragés et l'équipe s'en est très bien tirée. Je veux que cette image change et j'attends d'eux qu'ils n'hésitent pas à se montrer impertinents. Il est encore trop tôt pour parler de grands projets. Mais je souhaiterais que l'information sportive réintègre davantage les journaux télévisés et radio. Pas dans un cadre strictement descriptif. Les angles doivent être plus politiques et sociologiques. Le sport est pour moi un reflet de la société. Un sportif a des points communs avec un directeur d'entreprise. Les deux cherchent la performance, avec les dérives que cela peut impliquer. Comme le dopage. Ce sont ces enjeux que nous devons tenter de décrypter. Le Standard boycotte la RTBF depuis sept mois et on a l'impression que la chaîne a finalement laissé tomber les bras dans ce dossier.Cela bouge. (NDLR. De source interne, on apprend qu'on tente de privilégier une dernière fois la négociation avant de durcir les positions). Dire que nous sommes contents de la situation n'est pas vrai. Mais cette crise a permis d'être plus subtil et imaginatif. Dans certains cas, nous avons fait appel à des anciens joueurs qui avaient plus de liberté et qui ont beaucoup mieux commenté la situation que les joueurs qui, eux, restent liés au club et rechignent à s'exprimer.