Alors qu'il avait fait l'impasse sur l'équipe nationale pour mieux défendre ses chances au Real Madrid, le couperet est tombé la semaine dernière: notre compatriote a été averti que l'option ne serait pas levée et qu'il pouvait se mettre en quête d'un nouveau club.
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Alors qu'il avait fait l'impasse sur l'équipe nationale pour mieux défendre ses chances au Real Madrid, le couperet est tombé la semaine dernière: notre compatriote a été averti que l'option ne serait pas levée et qu'il pouvait se mettre en quête d'un nouveau club.Aviez-vous senti le vent venir?Jean-Marc Jaumin: Pas du tout. La semaine précédente, j'avais encore eu une entrevue très positive avec l'entraîneur Sergio Scariolo. Il m'avait laissé comprendre qu'il était très satisfait de mes services et que la collaboration avait toutes les chances de se poursuivre. J'ignore pourquoi il a subitement changé d'avis. Avait-il besoin d'un bouc émissaire? Ces dernières semaines, le Real Madrid était fréquemment battu en déplacement. L'ironie du sort, c'est que ma mise à l'écart m'a été signifiée juste après le match à Gran Canaria, où nous avions remporté l'une de nos rares victoires à l'extérieur et où j'avais joué 30 minutes, suite à la blessure de Sacha Djordjevic. N'auriez-vous pas dû jouer davantage votre carte personnelle?J'ai fait ce que l'on me demandait. Dès mon arrivée au Real Madrid, on m'avait expliqué qu'il y avait suffisamment de marqueurs dans l'équipe et qu'il n'était pas nécessaire que j'inscrive 20 points par match. Je devais essentiellement défendre et approvisionner mes équipiers. J'ai donc sacrifié mes statistiques personnelles.La décision vient-elle de l'entraîneur ou de plus haut?Non, de l'entraîneur. Sergio Scariolo m'a simplement expliqué que je n'étais pas le style de joueur dont il avait besoin. C'est étonnant, car il me connaissait depuis mes deux saisons à Malaga. Il a préféré engager Stefano Attruia, un Italien qui évoluait à Rosetto où ses statistiques n'ont rien d'exceptionnelles: 12 points, 1 rebond et 0,8 assist par match dans une équipe de bas de classement... Un entraîneur italien qui engage un compatriote: c'est curieux, non?C'est un rêve qui se termine?Oui, mais je garderai malgré tout un bon souvenir de cette expérience. Ce que j'ai vécu, on ne pourra jamais me l'enlever. Je pourrai écrire sur ma carte de visite que, pendant deux mois, j'ai porté le maillot du Real Madrid. C'est un privilège.De quoi sera fait votre avenir?Je rebondirai très rapidement. J'ai déjà une autre équipe espagnole en vue...où je pourrai jouer dans mon style.