Jean-Jacques Missé Missé : " Si je n'ai pas gardé un souvenir impérissable de mon séjour au Sporting du Portugal, où je me suis retrouvé souvent sur le banc durant ma seule saison en 1996-97, j'ai quand même pris mon pied une fois à Lisbonne. Paradoxalement, ce n'était pas au stade José Alvalade mais dans les installations de l'ennemi juré, Benfica.
...

Jean-Jacques Missé Missé : " Si je n'ai pas gardé un souvenir impérissable de mon séjour au Sporting du Portugal, où je me suis retrouvé souvent sur le banc durant ma seule saison en 1996-97, j'ai quand même pris mon pied une fois à Lisbonne. Paradoxalement, ce n'était pas au stade José Alvalade mais dans les installations de l'ennemi juré, Benfica. A l'époque, l'Estadio da Luz avait effectivement servi de cadre, en cours de campagne, à un match de bienfaisance entre une sélection européenne et son homologue africaine dont je faisais partie en tant que Camerounais d'origine. Dans cette équipe figuraient, entre autres, mon partenaire de club, le Marocain Mustapha Hadji, ainsi que le Ghanéen Abedi Pelé, promu capitaine pour la circonstance. Dans l'équipe d'en face, il y avait pas mal de beau monde. Comme Paul Gascoigne, par exemple. Mais, personnellement, je ne flashais que pour un joueur : Andreas Möller. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours eu un faible pour cet Allemand atypique, en ce sens qu'il avait plutôt tendance à faire courir le ballon plutôt qu'à se dépenser sans compter, à l'image de la plupart des sociétaires de la Bundesliga. A la mi-temps de cette partie, que nous avions finalement emportée par 3-2, j'avais demandé à Andy s'il était d'accord de procéder à un échange de maillot. Il s'était exécuté sans problème mais, de plus, il avait eu l'extrême gentillesse de me céder une vareuse du Borussia Dortmund, son équipe à ce moment-là. Quelques mois plus tard, au printemps 1997, les Jaune et Noir allaient remporter la Ligue des Champions. C'est dire si ce maillot a une valeur sentimentale certaine pour moi. J'en suis à ma 21e année professionnelle à Malines, aujourd'hui, et j'ai bourlingué par pas mal de clubs durant cette période : l'Entente Ngaoundéré d'abord, puis l'Union et le Rail de Douala, et ensuite le Canon et le Diamant de Yaoundé, au Cameroun, avant de mettre le cap sur l'Europe : la Belgique en premier lieu, où j'ai défendu les intérêts du CS Andenne et du Sporting Charleroi avant d'effectuer un périple qui m'a conduit tour à tour à Lisbonne, Trabzonspor, Dundee, La Louvière, Ostende et les Sang et Or à présent. Si j'ai conservé une tunique de tous les endroits où je suis passé, je regrette d'avoir dû attendre ma toute première sélection chez les Lions Indomptables pour avoir eu l'occasion d'échanger enfin mon bien avec celui d'un autre, entendu que la fédération camerounaise ne tolérait pas ce manège chez les jeunes, faute de moyens. Finalement, la première s'était déroulée lors d'un match contre l'Egypte et ma requête s'était adressée à un jeune qui faisait ses débuts comme moi : Hossam Hassan, qui a mis fin à sa carrière internationale après avoir porté pendant deux décennies le maillot des Pharaons. Comme quoi, j'ai souvent eu la main heureuse dans le choix de mes victimes. Ceci dit, j'ai quelquefois joué de malchance. Je me souviens, par exemple, d'une tournée que le Cameroun avait effectuée à la fin des années 80 sous la houlette du technicien français Claude Leroy au Brésil. Au cours de cette expédition, les Lions Indomptables avaient rencontré le gratin du football carioca : Flamengo, Vasco de Gama et Fluminense. J'avais été verni au moment même car j'avais recueilli les tenues de garçons qui étaient déjà considérés comme des futures stars à ce moment-là : Romario et Bebeto. De retour au pays, j'ai malheureusement eu la très mauvaise idée de montrer à tout le monde les souvenirs que j'avais ramenés. Quelques heures plus tard, ils avaient disparu ! C'est dommage car j'y tenais évidemment. Il n'empêche que c'est une belle collection que je léguerai, plus tard, à mon fils. Avec l'espoir qu'il en retirera la même satisfaction que moi. Pour l'instant, en tout cas, il n'est pas plus branché que ça sur le foot. Seul le basket l'intéresse. Il est donc grand temps que je m'occupe sérieusement de lui (il rit) ... " Propos recueillis par Bruno Govers