Cette performance de nos hockeyeurs est-elle ce que vous avez vécu de plus beau ?
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Cette performance de nos hockeyeurs est-elle ce que vous avez vécu de plus beau ? Oui. C'est la consécration d'une belle aventure. J'ai commencé à les suivre en 2014 lors du Mondial à La Haye. Ma fille jouait au hockey et je l'accompagnais. J'ai découvert le milieu et je me suis renseigné pour connaître ses spécificités. J'ai eu beaucoup de discussions avec Marc Caudron, le président de la Fédération, et Maxime Luycx, notre consultant. Il y a eu des hauts et des bas, des tournois qui se sont moins bien déroulés, des matches commentés à 7 heures du matin, ... Oui, ce titre restera un moment unique, une apothéose que je serais incapable de comparer à un autre moment. Vous aviez pressenti ce titre ? J'ai été gagné par l'ambition de l'équipe. La Belgique appartenait au top 5 mondial et le noyau dégageait une sorte de force tranquille. Cela semblait une évidence pour les joueurs. Maxime avait aussi cet état d'esprit positif. Il y avait peu de doutes autour de cette équipe. Après, dans ce type de tournoi, différents paramètres entrent en ligne de compte : la forme, les blessures, la chance, ... Les Red Lions n'ont pas toujours eu de chance mais ces contretemps ont eu un impact positif. C'est facile de garder son objectivité quand on commente son propre pays en finale ? Oui. Etre commentateur sportif, c'est partager ses émotions. Je ne suis pas là pour créer de fausses sensations. Personne ne m'aurait cru si j'avais dit que le résultat m'importait peu. En même temps, je reste un journaliste et il y a des réflexes auxquels on n'échappe pas : évoquer le contexte et l'adversaire au début du match, décrire les actions de jeu, etc. C'est surtout à la fin que tu peux laisser parler tes émotions. Le ton aurait été différent si les Pays-Bas avaient émergé... En octobre, vous avez célébré la qualification des Espoirs (foot) pour l'EURO en tant qu'entraîneur-adjoint. 2018 aura été une belle année... Oui, même si les deux moments n'ont rien à voir. Entraîneur-adjoint et journaliste sont deux métiers différents : d'un côté, je suis acteur, de l'autre spectateur. Avec les Espoirs, je suis partie prenante d'un travail où d'autres ambitions naissent dès qu'on atteint une étape. L'avantage, et c'est le lien avec mon métier de journaliste, c'est que je connais la dose de labeur pour parvenir à un résultat, le nombre de gens qui agissent pour un but commun, les paramètres pour réussir... Et même quand ils sont là, il y a toujours une dose d'imprévu et de chance. Je suis très lucide par rapport à cette situation.