Vous avez commenté Standard-Courtrai. Comment l'avez-vous vécu ? Sereinement ou avec la peur au ventre ?

Ma réflexion sur cette question est assez globale. Quelle est la différence entre ce que je fais aujourd'hui par rapport à hier ? La prise de conscience de la menace potentielle d'un attentat. C'était déjà le cas il y a quelques mois mais il a fallu les événements à Paris et les actions à Bruxelles pour s'en rendre compte. Dire que cela ne me fait rien n'est pas vrai. Oui, je suis un peu plus inquiet, mais pas pour moi. Je pense à mes enfants, la société, l'équilibre de vie ...

Ma réflexion sur cette question est assez globale. Quelle est la différence entre ce que je fais aujourd'hui par rapport à hier ? La prise de conscience de la menace potentielle d'un attentat. C'était déjà le cas il y a quelques mois mais il a fallu les événements à Paris et les actions à Bruxelles pour s'en rendre compte. Dire que cela ne me fait rien n'est pas vrai. Oui, je suis un peu plus inquiet, mais pas pour moi. Je pense à mes enfants, la société, l'équilibre de vie des citoyens,.... Lors de la prise d'antenne de Standard-Courtrai, j'ai annoncé que je ferais mon métier avec professionnalisme car j'estime que le public a le droit de s'évader. Le foot est un vecteur d'émotions et de partage. Je ne dis pas qu'il faut relativiser la situation mais il faut s'en tenir aux recommandations des autorités. Ce n'est pas la Pro League qui a décidé de jouer Standard-Courtrai mais les autorités de la ville de Liège. Et ces gens-là ne sont pas des cinglés. Je ne me suis pas dit : " Incroyable, pourquoi joue-t-on ? " Oui, j'étais inquiet, mais par rapport à l'événement global. A Liège, l'indice de menace était à 3, pas à 4. Prenons l'exemple de Lokeren-Anderlecht. Les autorités ont remis le match car il n'y avait pas de renfort de la police fédérale. On aurait très bien pu dire : on joue à huis-clos. Mais Lokeren a-t-il vraiment envie de disputer une telle affiche sans supporters et sans rentrées financières ? Beaucoup de paramètres interviennent. La Pro League est composée de gens appartenant aux clubs et ce n'est pas une seule personne de la Pro League qui a imposé un choix. En France, on a joué, non ? Je comprends, chacun pense ce qu'il veut. Mais quelle différence y aura-t-il dans deux semaines ? C'est pour cette raison que je parle de prise de conscience. Je ne suis pas à la place de Philippe et sa réaction était peut-être légitime. Sans dire que le niveau 4 n'était pas justifié, je pense qu'il y a eu un contraste entre la réalité présentée par les médias et la vie à Bruxelles. Je me suis promené à la place Flagey, à Ixelles et dans un supermarché : des gens étaient là mais pas un seul vigile. Or, quand je suis arrivé au Standard, on m'a tout de suite demandé comment cela se passait à Bruxelles, comme si c'était l'état de siège. PAR SIMON BARZYCZAK" Les autorités qui ont décidé de disputer les matches ne sont pas constituées de cinglés. " JEAN-FRANÇOIS REMY