Positif

Doté de qualités techniques exceptionnelles (sa prise de balle est quasiment parfaite), il est aussi un vrai bosseur. Cette ardeur au travail et une remise en question continuelle lui ont permis de devenir le gardien le moins " passé " d'Europe avec 7 buts encaissés en 12 matches (moyenne 0,58 but/match).
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Doté de qualités techniques exceptionnelles (sa prise de balle est quasiment parfaite), il est aussi un vrai bosseur. Cette ardeur au travail et une remise en question continuelle lui ont permis de devenir le gardien le moins " passé " d'Europe avec 7 buts encaissés en 12 matches (moyenne 0,58 but/match). Ce gardien très doué possède des réflexes réellement exceptionnels, qui font de lui un des gardiens de but les plus forts sur sa ligne. Bien que peu sollicité face à la Hongrie et le Qatar, l'arrêt le plus difficile le fut sur une reprise à bout portant lors du premier des deux matches. Son intervention sur sa ligne du pied droit démontre à quel point ses réactions sont étourdissantes. En plus, cette parade était parfaitement réalisée car sa main droite était placée derrière son pied comme solution de repli. Le Liégeois a une très bonne frappe du pied droit. Ses dégagements au sol, même sans élan, arrivent à plus de 60 mètres et sont assez tendus. Ballon en main, il n'utilise jamais le drop et, chez les Diables, il privilégie l'axe plutôt que les flancs. Il y a évidemment plus de chances de joindre dans les airs Marouane Fellaini, Tom De Sutter ou Wesley Sonck que Kevin Mirallas ou Eden Hazard. Il est très fort en face à face. Il fait preuve d'énormément de promptitude pour se jeter dans les pieds du joueur arrivant seul face à lui. Il est également très performant pour inviter l'adversaire à tenter le dribble du côté où il souhaite qu'il aille. Il déstabilise également l'opposant en restant sur ses appuis jusqu'au dernier moment. La concentration fait également partie de ses grandes qualités même s'il donne parfois l'impression d'être détaché par rapport aux événements. Quand le ballon est loin dans le camp adverse, il lit aussi le jeu de manière très attentive. Il fait partie des gardiens qui affichent beaucoup de sobriété. Il recherche plutôt l'efficacité que les belles parades pour photographes. Faire trois roulés boulés après un arrêt miracle n'entre pas dans sa philosophie. Il préfère se repositionner immédiatement et passer à la phase suivante qui, pour lui, est la plus importante. Il est toujours disponible dans la construction au pied et offre toujours la solution de la passe en retrait pour un de ses défenseurs pressés par un adversaire. Il ne prend alors aucun risque et préfère dégager loin au lieu de mettre un partenaire en difficulté. Il utilise très rarement les dégagements à la main. Sa vitesse de démarrage est de très bon niveau et son jeu de jambes est également excellent. Il va très vite sur les premiers appuis et cela lui permet de couper les trajectoires sur les centres tendus au premier piquet ainsi que de plonger très rapidement latéralement sur les frappes. La détente permet de compenser - en partie - son manque de taille à un poste spécifique où la stature est très importante. Ses 180 centimètres font de lui un des plus petits gardiens de but du top du football mondial. Le fait de rendre une dizaine de centimètres à la plupart de ses collègues sera toujours un désavantage. C'est en grande partie pour cette raison que le Standard ne lui a pas fait totalement confiance en 1999. Ses sorties aériennes font forcément partie de ses principaux défauts. Il s'aventure rarement dans les airs quand plusieurs joueurs disputent le ballon de la tête. En équipe nationale, il place seulement un homme au premier poteau sur corner. Beaucoup de coaches qui postent deux joueurs aux poteaux le font pour couvrir les sorties aériennes de leur keeper : ce n'est pas le cas de Dick Advocaat avec Jean-François. Son pied gauche est beaucoup moins performant que le droit. Il a tendance d'ailleurs à contourner le gauche et ses coéquipiers en sont conscients : ils lui transmettent les ballons en retrait en direction de son meilleur pied. Ses longs dégagements du gauche manquent clairement de puissance. Il doit encore progresser dans le coaching de ses partenaires. Ce ne fut pas trop préjudiciable contre la Hongrie ou le Qatar, matches durant lesquels il a réussi à garder ses filets inviolés. Il devra prendre ses responsabilités dans les matches à enjeu face à des équipes plus fortes. Le fait d'être nouveau le bloque peut-être encore un peu. Notre nouveau gardien de l'équipe nationale, qui devra se battre contre la concurrence de Logan Bailly et de Silvio Proto, commet la même faute de placement que bon nombre de ses collègues sur les débordements profonds. Il a tendance à se coller à son premier piquet même lorsque le porteur du ballon se trouve sur la ligne de fond, à l'extérieur du rectangle. Comme l'adversaire ne peut pas marquer de cette position, il est donc préférable de se décaler vers le milieu du but pour couvrir une plus grande zone. Le fait qu'il n'utilise pas beaucoup les relances à la main est préjudiciable. Varier les dégagements rendrait le jeu des Diables moins prévisible que ce style kick and rush qu'on a pu voir contre la Hongrie et le Qatar. A moins que ce soient les consignes du coach ! Pour un gardien de la génération où la passe en retrait avec prise en mains est interdite et où les défenses évoluent quasiment toutes en ligne sans couvreur, il devrait se positionner plus haut dans le jeu surtout lorsque le ballon se trouve dans le camp adverse. Il joue trop bas et est parfois surpris par des longs services en profondeur qu'il aurait pu intercepter grâce à un placement plus avancé dans le jeu. Né en 1963, Etienne Delangre joua comme défenseur au Standard de 1981 à 1992 (267m en D1 et 6b, champion en 82 et 83). Ex-chargé de cours à l'Ecole du Heysel, il coacha de la P1 à la D1 (Charleroi).