Comment expliquez-vous l'instabilité de votre profession?
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Comment expliquez-vous l'instabilité de votre profession?C'est un métier où il n'y a pas assez de considération. Il est beaucoup plus question des joueurs, de l'équipe que de l'entraîneur. Pourtant son rôle ne se résume pas au jour de la compétition.Comment bâtir sans stabilité?Il vaut mieux installer un entraîneur pour plusieurs saisons. Mais en tant qu'homme de terrain, il se doit, vingt-quatre heures sur vingt-quatre de penser au jeu de son équipe et moins de ce qui se dit de ses joueurs. Il est un chercheur qui doit innover en permanence dans ses techniques d'entraînement. Les compétences sont reconnues à l'entraînement. Si on doit parler football, ce n'est pas par voie de presse, c'est sur le terrain d'entraînement. C'est là que vous êtes jugé.L'entraîneur se doit aujourd'hui d'avoir plusieurs casquettes.Certains s'impliquent dans le recrutement, dans les rapports avec la presse, dans les problèmes financiers, etc. Ça ne m'empêchera pas de penser que, s'ils font tout cela, ils ne seront pas aussi performants sur le terrain.En voulant s'impliquer dans le domaine sportif, les dirigeants ne sont-ils pas responsables de la fragilité de la profession?Les dirigeants qui n'ont pas la sagesse de laisser l'homme de terrain pratiquer seul se plantent. Tout le monde est capable de répondre devant les caméras. Mais qu'il viennent sur un terrain d'entraînement pour expliquer aux vingt bonshommes comment on doit s'y prendre pour évoluer.Comment voyez-vous évoluer la profession?On va directement vers un rôle d'"utilisateur des joueurs" mais je ne suis pas sûr que le football s'y retrouve. Ma crainte est que l'entraîneur devienne un mercenaire comme il y en a déjà beaucoup.Reste que l'entraîneur garde un atout : il a le pouvoir du terrain.Encore faut-il avoir les compétences. C'est beau de dire on va jouer comme ça, mais il faut s'en donner les moyens. Et ce n'est pas acheter un joueur plutôt qu'un autre, même s'il vaut mieux en avoir un bon qu'un mauvais. Mais il y a un cheminement à trouver ensemble, qui demande beaucoup de réflexion et de concentration de l'ensemble. C'est une invitation permanente à mieux courir ensemble. Toutes les équipes revendiquent vouloir prendre du plaisir. Mais c'est du vent! (ESM)