Une nouvelle saison va débuter et, comme c'est souvent le cas, on en profite pour peaufiner, redessiner, re-décorer, actualiser, moderniser, branchiser, designiser ses matières ou ses effectifs.
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Une nouvelle saison va débuter et, comme c'est souvent le cas, on en profite pour peaufiner, redessiner, re-décorer, actualiser, moderniser, branchiser, designiser ses matières ou ses effectifs. Ainsi, votre magazine préféré m'a demandé de tenir une rubrique tout au long de cette saison 2003-2004, chose que j'ai bien sûr acceptée, sachant toute la liberté qui s'offre à moi ; et j'espère être à la hauteur de ce défi. Les potins du foot, les détails, les problèmes, les infos, les tactiques, les rumeurs, nous, on adore ça. Mais je n'essaierai pas de vous raconter les bienfaits ou méfaits du 4-4-2, du 4-3-3, du 3-5-2, du 4-5-1, du 3-4-3 et ainsi de suite. Je ne pense pas qu'il y ait là un intérêt fondamental car ce qu'on aime avant tout, c'est le jeu, le beau jeu, le spectacle, les buts, les dribbles, les belles actions. Bref, on veut vibrer, on veut de l'émotion. Mais les Belges sont-ils vraiment des connaisseurs ? Pour la bière, le bon vin, le chocolat, je n'en doute pas un seul instant, mais pour le foot, je me le suis demandé lors de mes vacances en Italie, où j'ai profité avec mon fils Sasha û ma fille étant à l'école primaire en juin û du soleil, des pâtes, enfin de ce pays fabuleux. Je fus gentiment arrêté par des Italiens qui m'avaient reconnu et, fatalement, on discuta foot. Après avoir évoqué Naples et ses malheurs actuels, on me demanda : " Ma come si fa che adesso giochi a Lier... Lierse ?" (Comment se fait-il que maintenant tu joues au Lierse ?) Je leur expliquai brièvement que c'était un bon club en Belgique, type Udinese ou Chievo, toutes proportions gardées. Je rencontrai peu après des Belges qui me demandèrent : " -Tiens, tu joues encore au foot ? Depuis combien de temps as-tu arrêté ?" Je leur répondis bien sûr que j'étais devenu entraîneur du Standard et qu'on espérait être champion cette année.... Mais au fond, je préfère qu'on s'intéresse à Justine ou à Kim : leurs exploits sont bien plus formidables. Lorsqu'il y a quelques années, nous avons battu Manchester avec Anderlecht, nous aurions volontiers fait la bise à la reine Paola. Seulement, je pense qu'elle aurait préféré la faire à Beckham plutôt qu'à Walter... (Ça, c'est pour Walt !) Il n'empêche que, connaisseurs ou pas, ce qu'on aime, nous les Belges, c'est... les Belges. On aurait aimé en voir plus au Tour de France mais on leur pardonne. C'est tellement dur et puis, LanceArmstrong, c'est pas du jeu : il ne fait qu'une course par an. Cette année, j'ai changé de club, de couleurs et de... numéro. Débarquant au Lierse, j'ai repris le numéro d' Axel Smeets, qui était le 23. Je me suis aperçu qu'un peu plus tard, ce sacré Beckham, encore lui, en avait fait de même. Sympa de sa part. C'est mon pote Richard 23 de Front 242 qui est ravi de cette coïncidence. Bon, les vacances sont bel et bien finies, la rentrée des footballeurs est là. Mon nouveau prof s'appelle Emilio Ferrera et je suis le nouvel élève de la classe. Nouvelles méthodes d'entraînement, nouveaux concepts, j'ai été sidéré de voir que j'apprends énormément à son contact, là où j'aurais pu croire que j'avais tout connu. Erreur, car ce changement d'air va me faire le plus grand bien. On parlera du Lierse cette année, croyez-moi ! Néanmoins, ces trois mois de transition (juin, juillet, août) m'ont rappelé à quel point le bonheur des vacances pouvait étrangement compromettre celui des hommes. La canicule tue des gens, des forêts, des maisons et le chemin des vacances s'arrête parfois effroyablement dans des accidents terribles sur des autoroutes surpeuplées. Les infos évoquent impassiblement ces tragédies humaines dont la gravité dépasse largement l'attente insoutenable de savoir si PärZetterberg sera dans le onze de base ou pas, ou encore si la Belgique va se qualifier pour l'EURO 2004. Et puis, pour nous achever, on nous annonce la disparition de Guy Thys, ce grand monsieur, ce personnage qui nous a donné du bonheur et de la fierté. Quelle triste nouvelle... Il m'avait offert ma première sélection avec les Diables. C'était le 1er mai 1991. Je m'en souviens parfaitement, comme de sa gentillesse et de ses paroles de père, celles qui comptent pour affronter la vie. Jean Dockx, Guy Thys, ces deux hommes de coeur nous ont quittés et je m'en voudrais de ne pas leur rendre hommage, les remercier, leur dire que tous les terrains de foot sont un peu les leurs maintenant... comme toutes les salles de ciné sont un peu celles de Marie Trintignant depuis qu'elle repose doucement, après nous avoir offert tant de ses sourires un peu tristes, de ses regards si étranges. Vous allez nous manquer. A bientôt. ( B. Crasson) Georges Heylens commente le championnat.