Tout est politique. Même le foot. Surtout. Le foot se sert des politiques pour ériger des stades, pour obtenir des passe-droits. Les politiques se servent du foot pour faire des voix. Pour faire le beau là où ça gagne. Ensemble, ils font d'un pays sablonneux un pays verdoyant, d'un pays mafieux un pays merveilleux. Micmac pas net mais où tout le monde se retrouve à coups de tactique pas très claire. Je donne, je redemande, tu donnes tu redemandes. Un vrai " tiki-taka " mondialisé.
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Tout est politique. Même le foot. Surtout. Le foot se sert des politiques pour ériger des stades, pour obtenir des passe-droits. Les politiques se servent du foot pour faire des voix. Pour faire le beau là où ça gagne. Ensemble, ils font d'un pays sablonneux un pays verdoyant, d'un pays mafieux un pays merveilleux. Micmac pas net mais où tout le monde se retrouve à coups de tactique pas très claire. Je donne, je redemande, tu donnes tu redemandes. Un vrai " tiki-taka " mondialisé. Heureusement il y a une évolution qui ressemble fort à de la politique mais qui sent bon le foot. Le jeu penche de plus en plus à gauche et à droite. Le pouvoir de décision est devenu une histoire de déséquilibre stabilisé. Fini le temps où le jeu passait d'office par le centre. Où les cerveaux étaient les numéros 10. Tout ne part plus de l'axe mais la rotation ne s'en porte que mieux. Tout cela pour vous dire que les fameux " backs " deviennent des machines à créer. De vrais pistons pas pistonnés (dernière comparaison avec la politique. Promis !) Ici, on parle foot. Création, inventivité, implication, générosité, intelligence. Je pensais à cela en songeant à David Moyes. Drôle de pensée, me direz- vous ! Oui mais voilà, moi, dès que quelqu'un se fait lyncher pour des histoires de jeu, j'ai envie de le défendre. Surtout si le jeu qu'il prônait était porté vers l'avant. Je me disais qu'à Man City y avait PabloZabaletta qui dynamitait à droite, Gaël Clichy qui assurait à gauche. Alors qu'à Man United y avait Patrick Evra qui vieillissait à gauche et Raphael qui n'arrivait pas à grandir à droite. Je pensais qu'à Everton où Roberto Martinez est déjà comparé à un génie, les deux back dirigent beaucoup. Deux beaux coups réussis par Moyes. Avec plus de flair que d'argent. Leighton Baines et Seamus Coleman sont exceptionnels. Moyes est allé chercher Coleman aux Sligo Rovers. Vous connaissez ? C'est en Irlande du Nord. Il l'a payé 70.000 €. Coleman est dans l'équipe de l'année de Premier League. Baines est arrivé de Wigan pour 6M€. Tous les grands le veulent pour beaucoup plus. Je dis bravo Moyes. Mais y a pas qu'à Goodison Park que plus ça penche, plus ça file droit. Y a une autre révélation du côté de Southampton. Ce club qui forme des bombes atomiques. Sans effet néfaste pour les masses. Ils ont sorti Théo Walcott, Alex Oxlade-Chamberlain, Gareth Bale. Des joueurs qui labourent leur flanc de bonheur. A une vitesse où même les taupes n'ont pas le temps de rentrer la tête. Et puis y a le p'tit dernier. Luke Shaw. Waow, avec lui c'est " show time " perpétuel. Il demande, redemande, veut être celui par où tout commence et tout finit. Celui qui ouvre la voie sans l'élever. Pas besoin. Même les sourds ne sont pas aveugles. Ils entendent avec leurs yeux. Ils aiment qu'on leur offre LA solution. Shaw finira chez un grand. Pourquoi pas le Bayern de Pep. Celui qui, avant lui, voulait Leighton Baines. Il saura y faire. Pep a magnifié David Alaba et ressuscité Rafinha. Il leur demande de défendre, de créer et de distiller les offrandes. Régal de créativité désaxée. Personne n'a résisté avant de tomber sur les démineurs qu'Ancelotti leur a mis dans les pattes. Même Philip Lahm a pris une lame de fond. Les nôtres cherchent toujours la bonne vague. On espère qu'ils la trouveront aux larges des plages brésiliennes. Les " backs " sont devenus les révélateurs du jeu qu'un entraîneur veut proposer. Et les mecs de flancs ont plus de mérite que les autres. Ils doivent se coltiner un adversaire invisible mais très présent. Infranchissable. La ligne de touche. Cette limite qui pousse beaucoup de coaches à les faire jouer " contrariés " du côté de leur mauvais pied. Pour les faire rentrer. Non pas dans le rang mais dans le coeur du jeu. Les extrêmes ont le pouvoir. On s'en réjouit tant que leurs balles restent rondes et pacifiques. Tant qu'elles nous touchent en plein coeur. FREDERIC WASEIGELe pouvoir de décision est devenu une histoire de déséquilibre stabilisé.