Si tout se passe comme prévu, Youri Tielemans devrait compter 100 rencontres de D1 à tout juste 19 ans ; c'est sans compter les trois participations de suite à la Coupe d'Europe, les deux Ligue des Champions, et la découverte de l'équipe nationale. On parlera alors de joueur chevronné alors qu'à cet âge, ils sont bien plus nombreux à seulement espérer goûter au monde professionnel. Youri Tielemans fait partie de ceux qui ont choisi de faire tout avant tout le monde. Et de le faire plutôt bien, très bien même. Il y a deux ans déjà, le préféré du public mauve a déposé sa signature en quelques coups de patte un après-midi d'été. Désormais, on doit l'appeler " Monsieur " dixit Roger Vanden Stock peu après avoir rendu public la prolongation de contrat pour une durée de 5 ans apposée dès l'âge de la majorité. Et pourtant la bouille ne ment pas : Young Youri a bien 18 ans. Un âge où l'on fait timidement ses premiers pas dans le monde des grands. Tielemans, lui, a déjà quelques gifles à son actif. Demandez à Mathew Ryan, Yohann Thuram ou Matz Sels à qui il a nettoyé les filets. Une telle précocité dénote et interpelle évidemment. Surtout que le bonhomme ne semble pas prendre la trajectoire de ces ados stars qui multiplient les sorties de route. Non, on est plutôt frappé par sa maturité et son discours carré. Celui d'un bon élève du foot pro, sorte d'anti Anthony Vanden Borre au même âge. Un phénomène sur et en dehors des terrains. Rencontre.
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Si tout se passe comme prévu, Youri Tielemans devrait compter 100 rencontres de D1 à tout juste 19 ans ; c'est sans compter les trois participations de suite à la Coupe d'Europe, les deux Ligue des Champions, et la découverte de l'équipe nationale. On parlera alors de joueur chevronné alors qu'à cet âge, ils sont bien plus nombreux à seulement espérer goûter au monde professionnel. Youri Tielemans fait partie de ceux qui ont choisi de faire tout avant tout le monde. Et de le faire plutôt bien, très bien même. Il y a deux ans déjà, le préféré du public mauve a déposé sa signature en quelques coups de patte un après-midi d'été. Désormais, on doit l'appeler " Monsieur " dixit Roger Vanden Stock peu après avoir rendu public la prolongation de contrat pour une durée de 5 ans apposée dès l'âge de la majorité. Et pourtant la bouille ne ment pas : Young Youri a bien 18 ans. Un âge où l'on fait timidement ses premiers pas dans le monde des grands. Tielemans, lui, a déjà quelques gifles à son actif. Demandez à Mathew Ryan, Yohann Thuram ou Matz Sels à qui il a nettoyé les filets. Une telle précocité dénote et interpelle évidemment. Surtout que le bonhomme ne semble pas prendre la trajectoire de ces ados stars qui multiplient les sorties de route. Non, on est plutôt frappé par sa maturité et son discours carré. Celui d'un bon élève du foot pro, sorte d'anti Anthony Vanden Borre au même âge. Un phénomène sur et en dehors des terrains. Rencontre. TIELEMANS : Mon premier match en pro face à Lokeren. C'était évidemment un match particulier d'autant qu'il avait lieu devant tous les supporters d'Anderlecht. TIELEMANS : Les gens ont peut-être été surpris car c'était mon premier match mais c'est mon jeu. Lors des deux-trois premières touches, j'étais un peu tendu. J'ai donc joué simple et puis j'ai pris confiance. TIELEMANS : C'est ce qu'on nous apprend en jeunes à Anderlecht. Que ce soit un numéro 6,8 ou 10. Un milieu de terrain doit pouvoir apporter du danger. Chez les pros, j'ai dû quelque peu freiner mon jeu. Et apprendre à choisir entre la prise de risque et la sécurité. TIELEMANS : J'ai développé ça lors d'entraînements individuels à Saint-Nicolas (ndlr, école d'Anderlecht partenaire du RSCA). Ça me permet d'accélérer le jeu tout en portant la balle. TIELEMANS : Je déteste perdre. J'ai ce côté compétiteur depuis très jeune déjà. Quand je perds un match avec Anderlecht, faut plus me parler. Aujourd'hui, je me suis un peu calmé car c'est pas facile pour l'entourage. Mais je boude encore un peu... TIELEMANS : Oui. Le judo est un sport individuel où on apprend à être déterminé et exigeant. En judo, si tu n'es pas au top, tu ne peux pas gagner. Et j'essaie de transposer ça au foot. Mais je pense aussi être parfois trop exigeant avec moi-même. Un peu trop sévère parfois. Je l'ai remarqué au fil du temps lors de mes deux premières saisons en équipe première. TIELEMANS : Dès mes deux-trois premiers matches difficiles, les gens se sont posés des questions ; ce qui est normal. Cette pression, on doit l'accepter quand on joue à Anderlecht. Même en jeunes, il y avait de la pression car on devait gagner tous les matches. Désormais, ce n'est plus la même pression car il y a les journalistes, les supporters, et la pression du staff, en plus de la nôtre par ce qu'on veut gagner, parce qu'on est à Anderlecht. TIELEMANS : Je tirais la tête. Je sais que j'ai les qualités pour être titulaire mais quelque chose clochait chez moi. A l'entraînement, je faisais toujours mon boulot mais je me mettais une pression inutile en match. Je voulais top bien faire. C'est peut-être pour ça que je jouais mal. Mais tout jeune joueur connaît un contrecoup, c'est normal. TIELEMANS : A Anderlecht, chez les jeunes, chaque génération possède une des meilleures équipes de Belgique. On gagne quasiment tous les matches et on est donc pratiquement champion chaque année. C'est vrai qu'évoluer au sein d'une bonne équipe, c'est plus facile, d'autant que j'ai longtemps évolué avec les mêmes équipiers. On se trouvait pratiquement les yeux fermés. TIELEMANS : Ce qui me vient en tête c'est que je suis Bruxellois, j'ai toujours joué à Anderlecht et je vis pour ce club, tout simplement... TIELEMANS : J'ai grandi ici et j'ai donc développé le style maison. C'est à dire toujours jouer au football et gagner. TIELEMANS : Ça n'a rien à voir avec de l'arrogance. Anderlecht a gagné 33 titres de champion, ce qui fait beaucoup. Les gens en ont marre de les voir gagner et on aime donc nous faire passer pour les mauvais, les prétentieux. Mais ce n'est pas de l'arrogance, on joue simplement notre football. TIELEMANS : Non, on ne fait pas les malins (il rit). Avant de partir à un tournoi, on avait toujours droit à un briefing où on nous demandait d'être exemplaire car on représente Anderlecht. Entre les matches, certains jeunes mangent des frites, se dispersent. Nous, nous devions rester à l'écart de tout ça. Les gens prennent ça parfois pour de l'arrogance alors que ça n'a rien à voir. TIELEMANS : C'est sûr que c'est attirant d'être suivi par des grands clubs même quand on est encore gamin. Mais la première raison qui explique pourquoi je suis resté, c'est l'école. Je voulais terminer mes études ici, en Belgique. Mes parents m'encourageaient en ce sens. Et la deuxième raison, c'est que j'avais envie de rester à Anderlecht. TIELEMANS :Bien sûr. J'ai toujours eu le coeur mauve. Avant d'être joueur, j'étais supporter. C'est plutôt rare quelqu'un qui débute à 4 ans dans un club et qui rejoint son équipe première. TIELEMANS :Non pas du tout. Je voulais simplement attendre l'âge de ma majorité avant de signer. C'était très clair. Je l'avais directement précisé à Monsieur Van Holsbeeck dès que l'on m'a proposé le contrat. TIELEMANS :Non pas du tout. Ça, ce sont les journalistes qui se le sont racontés. Monsieur Van Holsbeeck a toujours eu confiance en ma parole. TIELEMANS :Non pas impatient, j'attends le bon moment. Je sais que je suis encore à Anderlecht pour encore une saison au moins. Je n'y pense même pas en fait. TIELEMANS :Bien sûr. Je sais que si j'étais parti cet été, je ne jouerais nulle part. Alors qu'ici, je vais continuer à progresser. TIELEMANS :Comme l'a pointé le coach, je dois gagner en volume de jeu, je dois faire davantage de courses sans ballon, me retrouver plus souvent dans le rectangle. J'ai fait un pas vers l'avant mais ce n'est pas suffisant. TIELEMANS :Oui, je dois être capable de calmer le jeu puis de l'accélérer davantage. Je dois encore trouver le bon moment. TIELEMANS :Je ne pense pas. Si je prends l'exemple des play-offs, on jouait par moments un foot fantastique, comme à Bruges. Mais à la mi-temps ce n'était que 0-1 parce qu'on était incapable de terminer les actions. Et puis on n'arrivait pas à garder le zéro derrière notamment à cause des phases arrêtées. C'est un peu l'accumulation de tout ça qui nous a fait perdre ce titre. A nous d'en tirer les conclusions. TIELEMANS :Oui c'est sûr, ça ne peut plus arriver. Le tournant a été ce match nul face au Standard. Et puis il y a eu ce match à Courtrai où tout le monde était abattu... TIELEMANS :Oui car c'était quand même lourd de combiner les deux. Physiquement ça allait mais mentalement c'était difficile. Quand on avait fini l'entraînement du matin, mes équipiers retournaient chez eux se reposer alors que j'allais à l'école, j'avais des présentations, des examens à préparer. Maintenant c'est derrière moi tout ça mais je suis content d'avoir été au bout. Je me sens plus relâché même si je ne m'en rends pas encore bien compte. C'est en septembre que je vais vraiment réaliser. TIELEMANS :Une après-midi de PlayStation de temps en temps, ça fait pas de mal (il rit). Mais je ne me suis pas encore vraiment posé la question. TIELEMANS :C'est vrai que parfois quand on m'arrête dans la rue pour faire une photo, ça fait bizarre. Mais les relations avec les vrais amis ne changent pas. Et les autres, ceux qui veulent profiter de la situation, tu les repères très vite. TIELEMANS :Non pas du tout. Je ne savais même pas que j'étais le plus gros contrat. Ce n'est pas l'argent qui m'obsède. TIELEMANS :Si vite non mais je savais qu'un jour, je pouvais y arriver. Surtout quand je suis passé des U15 aux U17 où j'ai fait des progrès énormes. Mais quand on m'a invité au stage de l'équipe première à la fin de ma saison en U17, c'est Mo (Ouahbi) qui me l'a annoncé. Et ma première réaction fut : T'es sérieux ? PAR THOMAS BRICMONT ? PHOTOS BELGAIMAGE/CHRISTOPHE KETELS" Je pense parfois être trop exigeant avec moi-même. " YOURI TIELEMANS " Je sais que si j'étais parti cet été, je ne jouerais nulle part. " YOURI TIELEMANS