Il est conscient que sa première saison à Anderlecht n'a pas été marquée du sceau de la réussite. Pourtant, Hernán Losada ne s'est pas dérobé à la demande d'interview. " Au contraire ", dit-il. " Posez les questions que vous souhaitez, je suis prêt à y répondre sans détours. Je suis même heureux de pouvoir enfin m'exprimer, afin de rétablir certaines vérités, car ce que j'ai lu dans la presse a pu semer le trouble dans l'esprit des supporters. "
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Il est conscient que sa première saison à Anderlecht n'a pas été marquée du sceau de la réussite. Pourtant, Hernán Losada ne s'est pas dérobé à la demande d'interview. " Au contraire ", dit-il. " Posez les questions que vous souhaitez, je suis prêt à y répondre sans détours. Je suis même heureux de pouvoir enfin m'exprimer, afin de rétablir certaines vérités, car ce que j'ai lu dans la presse a pu semer le trouble dans l'esprit des supporters. "HernánLosada : Je vais vous expliquer. A mon retour de vacances, après le premier entraînement, j'ai été abordé sur le parking par un groupe de journalistes qui m'ont questionné à propos de ma situation. Je leur ai répondu que j'étais serein, mais que si je recevais une proposition d'un autre club, je l'analyserais et qu'après je la soumettrais à l'approbation d'Anderlecht. Depuis lors, je n'ai plus eu le moindre contact avec la presse. Des extraits d'articles se sont ensuite retrouvés sur le site internet du Sporting et j'ai alors constaté que ce que j'avais expliqué s'était traduit par " Je veux partir ". J'ai demandé à ce qu'un démenti soit apporté, car je n'ai jamais déclaré cela ouvertement. Entre vouloir partir et être ouvert à toute proposition, il y a certaines nuances. En outre, je ne serai pas seul à décider. Il faudra aussi que le club donne son accord. Cela m'ennuie surtout pour les supporters. Un jour ils lisent ceci, le lendemain ils lisent le contraire. Ils ne savent plus ce qu'ils doivent croire. Ma priorité à moi a toujours été de réussir à Anderlecht. Il me reste trois ans de contrat, et je suis conscient de faire partie de l'effectif d'un des plus grands clubs d'Europe. Je verrai au fil des semaines comment la situation évoluera. Pour l'instant, il y a très peu de mouvement sur le marché des transferts. Rien ne bouge, nulle part. Sauf au Real Madrid, mais c'est une exception. Si je dois partir, définitivement ou sous forme de prêt, j'examinerai le pour et le contre. Oui, je suis rentré deux semaines au pays. J'ai un peu fait la fête, car j'en ai profité pour épouser ma fiancée. On en est parti en voyage de noces, puis je suis revenu en Belgique. Les vacances ont été courtes, mais elles m'ont fait du bien. Sauf que j'ai attrapé une petite grippe... Rassurez-vous : ce n'est pas la grippe mexicaine. Un simple refroidissement, car c'est l'hiver en Argentine. Oui, bien sûr. Si j'établis le bilan de ma première saison à Anderlecht, je dois reconnaître qu'il est négatif. Tant sur le plan collectif qu'individuel. Pour ma part, je n'ai pas joué autant que j'espérais. Et l'équipe n'a pas atteint ses objectifs. On a été éliminé de la Ligue des Champions par BATE Borisov, on l'a été en Coupe de Belgique par Malines et on a perdu le championnat contre... Tubize ! Autant d'équipes qui, avec tout le respect que je leur dois, sont largement inférieures à Anderlecht. On ne peut donc pas être satisfait. C'est surtout mon temps de jeu qui me laisse sur ma faim. Je m'attendais à jouer beaucoup plus. Et pourtant, je n'ai pas regretté mon choix une seule seconde. Si c'était à refaire, j'opterais à nouveau pour Anderlecht. Il y a un an, j'avais eu d'autres offres. Certaines étaient même, d'un point de vue financier, plus intéressantes que celle du Sporting. Mais j'ai donné la priorité au sportif. J'avais confiance, aussi, dans les propos de l'entraîneur et du manager du club. Ils ont trouvé les mots justes, pour nous convaincre, mon père et moi. Oui, mon père ! C'est mon manager... J'ai eu plusieurs managers durant ma carrière, et je n'en ai pas conservé que des bons souvenirs. Alors, depuis mon transfert définitif d'Independiente au Germinal Beerschot, c'est mon père qui veille à mes intérêts. Si je ne peux pas lui faire confiance à lui, à qui le pourrais-je ? Je pense que je ne suis pas un cas unique. Beaucoup de joueurs confient leurs intérêts à un membre de leur famille. Parfois c'est lui, parfois ce sont les clubs qui téléphonent. En Belgique, sans vouloir être prétentieux, je pense pouvoir dire que tout le monde me connaît. Certains m'apprécient, d'autres pas, mais j'ai joué plus de 50 matches de championnat et on sait ce que je vaux. A l'étranger, ce n'est pas nécessairement le cas. A l'heure qu'il est, il y a des clubs intéressés, belges et étrangers. De toute façon entre un vague intérêt et une offre concrète, il y a de la marge. Pour l'instant, je me concentre sur ma préparation. Je veux être prêt lorsque les matches officiels reprendront. Pour l'instant, je me sens bien... mais ce serait d'autant plus frustrant d'être à 100 % de sa condition et de devoir faire banquette. J'ai 27 ans, l'âge idéal pour un footballeur, et ce serait dommage de gaspiller ses plus belles années. C'est votre impression ? Oui, vous avez peut-être raison. Je me sens bien, en effet. Physiquement et mentalement. Je ne suis plus blessé. Et je connais désormais le groupe, l'entraîneur et le système de jeu, ce qui n'était pas le cas il y a un an. Je pars donc, théoriquement, avec des atouts supplémentaires par rapport à l'an passé. Bon, on verra. Je ne peux que donner le meilleur de moi-même aux entraînements et dans les matches amicaux. Après, c'est l'entraîneur qui forme l'équipe. Je sais que ce n'est pas facile de devoir choisir 11 titulaires à Anderlecht. Des relations tout à fait normales. Celles que doit avoir n'importe quel joueur avec n'importe quel entraîneur. Celles que j'avais avec mes entraîneurs précédents dans mes clubs antérieurs. Des relations de travail, empreintes de respect. Citez-moi un club où la concurrence et la pression n'existent pas. Elles étaient moindres au Germinal Beerschot ? Je ne suis pas d'accord. Là-bas aussi, il fallait se battre pour sa place. Tout comme à l'Independiente. Je ne suis pas maître du jeu. Je ne spécule ni sur un départ, ni sur une blessure d'un coéquipier. Je veux m'imposer par mes qualités propres. Et je rappelle que, lorsqu'Anderlecht s'était intéressé à moi la saison dernière, les joueurs que vous me citez étaient déjà présents. On me m'a jamais dit : - OK, tu peux venir, maispourquetupuissesjouer, ilfaudrad'abordquequelqu'uns'enaille !Je ne sais pas. J'ai déjà cherché à maintes reprises la raison de ce qu'il faut bien appeler un échec. Sans, pour autant, trouver LA réponse. L'entraîneur n'a peut-être pas trouvé le meilleur moyen de m'utiliser. Ou, s'il l'avait trouvé, il n'a peut-être pas eu l'occasion de m'aligner à ce moment-là. Je ne veux pas chercher d'excuses. Le passé est le passé. Maintenant, c'est à moi à faire en sorte que le futur soit meilleur. Si ce n'était pas le cas, je raccrocherais les crampons et je rentrerais à la maison. Oui, c'est clair. D'un autre côté, j'ai l'avantage d'être assez polyvalent. Tant en Argentine qu'au Germinal Beerschot, j'ai occupé différentes positions. Souvenez-vous, à un certain moment, j'ai même occupé le poste d'arrière droit à Anvers. Je ne dis pas que j'en étais enchanté, mais j'ai rempli mon rôle. En d'autres occasions, j'ai joué comme ailier gauche. Je ne crois pas que beaucoup de collègues soient capables de se débrouiller dans des rôles aussi différents. Je préférerais une place fixe, à une position qui m'offre beaucoup de possibilités pour créer, mais je dois considérer cette polyvalence comme un atout. Je verrai comment se passeront les prochaines semaines. Au retour du stage en Autriche, ma condition physique devrait encore être meilleure. Au fur et à mesure que l'on approchera de la reprise officielle, les contours d'une équipe-type se dessineront. Il sera toujours temps d'analyser s'il serait préférable pour moi de rester à Anderlecht ou d'aller voir ailleurs. Je n'ai pas discuté personnellement avec lui, mais mon père lui a parlé de mon cas avant le début de la préparation. Il n'a rien dit de spécial, hormis ce que je viens de vous confier : qu'il vaut mieux attendre la fin de la préparation avant de décider de quoi que ce soit. Officiellement, je ne suis au courant de rien. J'ai entendu ces rumeurs, comme vous. Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai été très bien traité durant les deux années passées à Anvers. Ce qui est aussi le cas au Sporting, où j'ai toujours été encouragé par les supporters, que ce soit au stade, aux entraînements ou sur le forum du club. Je les en remercie, car ils avaient le droit d'être déçus de mon rendement. Apparemment, ils savent ce que je peux apporter à l'équipe et mon style de jeu a l'air de leur plaire. Encore faut-il le démontrer sur le terrain... Non, je peux le comprendre. J'étais entré à Anderlecht par la grande porte. Une somme que je ne qualifierais pas de faramineuse, mais tout de même d'assez conséquente, avait été déboursée pour acquérir mes services. Cela laissait penser que le Sporting voyait en moi un joueur capable d'élaborer des actions et aussi de faire jouer les autres. Cette mission, qui n'était déjà pas facile au départ, s'est encore compliquée à partir du moment où l'équipe a davantage cherché à trouver directement l'avant-centre dans le rectangle adverse qu'à combiner dans l'entrejeu. On a peut-être trop attendu de moi. Pour ma part, je ne me considère pas comme un transfert raté. J'en veux pour preuve les réactions des supporters et aussi celles de mes coéquipiers, qui m'ont toujours soutenu. Pour moi, ces marques de soutien valent davantage qu'un titre. Chacun connaît mon jeu, je crois. par daniel devos - photos: reportersLes marques de soutien des supporters valent davantage qu'un titre.